14 janvier 2008

Suite des aventures de Ponce aux Amériques

9 janvier 2008 à Manizales, une première mondiale :

Trois avis, une oreille !

L'estocade est-elle encore utile ?

" Ponce est une tête avec des ailes qui torée " remarque Caballero (Antonio),
se référant à la maxime de Belmonte " Pour toréer il faut oubler que nous avons un corps. "

Nous avons déjà signalé l'histoire du scapulaire d'or à Lima, au Pérou, que Ponce a plus ou moins remporté devant des toros insignifiants et aux armures douteuses. Voir.

Cette fois-ci le "champion des indultos" franchit un nouveau pas, il reçoit à Manizales, en Colombie, une oreille après avoir entendu trois avis !

Bien évidemment la presse colombienne est admirative et dithyrambique. Quant à l'Européenne, elle lui emboite allègrement le pas (publicité de Ponce oblige) ou se fait très discrète. Rendons grâce à André Viard qui fustige cet évènement sans son éditorial d'aujourd'hui,14 janvier.

Ici, nous ne mettons pas en cause les très grandes qualité toreras du maestro Enrique Ponce. Nous estimons toutefois que par ses "démonstrations", son "art" de toréer le public (ici en renonçant au verdugo et en invitant un public sans repères à scander bruyamment une agonie trop longue), il joue un rôle déplorable dans l'évolution et le devenir de notre fiesta. Quel héritage cette génération de toreros va-t-elle laisser ?

Notre devoir est de dénoncer sans compromission des comportements aussi irresponsables et préjudiciables. Nous avons reproduit et traduit ci-dessous des passages de l'article de Ricardo Rondón daté du 11 janvier et paru sur le site du quotidien colombien El Espacio : El Espacio.com.co - El diario del pueblo colombiano.
Un véritable délire ! Mais nous soupçonnons l'auteur se s'être amusé et d'avoir voulu laisser permettre une lecture au deuxième degré.
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Remarque : Les taureaux combattus ce jour-là appartenaient à la ganaderia colombienne de César Rincón, Las Ventas del Espíritu Santo.

¡ La catedral de la tauromaquia !

Ricardo Rondón - 11 01 08......

Tocado por los ángeles tutelares de la exquisitez y la inspiración, así estuvo Enrique Ponce, en la que ya se habla como la histórica corrida del 9 de enero en Manizales, donde salió por la puerta grande, en medio del delirio de una plaza a reventar, al lado del colombiano Luis Bolívar.

Extraits choisis et traduits :

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"Ponce es una cabeza con alas que torea", apunta Caballero, respaldado en la máxima de Juan Belmonte cuando se refería que "para torear hay que olvidarse de que se tiene cuerpo".

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" Ponce est une tête avec des ailes qui torée " remarque Caballero (Antonio), se référant à la maxime de Belmonte " pour toréer il faut oublier que nous avons un corps".

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En su primer ejemplar, al que le cortó las dos orejas, sentó magisterio, aun cuando el toro más que bravo era un dulzón con mimos de perrito faldero.

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A son premier taureau, auquel il coupa les deux oreilles, il étala son magistère, même si l'animal plus que brave était à l'eau de rose avec des mimiques de petit chien-chien à sa mémère.

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Por supuesto que tuvo más mérito el segundo: un toro que salió apagado de la cabalgadura y que no abrigaba mayores esperanzas. Toro quieto, parado, sin fijeza.

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Bien entendu, le deuxième taureau était attendu : Il est sorti éteint du cheval et n'abritait pas de grandes espérances. Un taureau tranquille, arrêté, sans fixité.

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Enrique se sobró en la lidia de su segundo ejemplar, toreando por bajo, en pases de tres en uno -a lo Julio Aparicio-, arrimando la taleguilla a la cuna de los pitones, toreando en redondo con una parsimonia y un genio de prestidigitador, "pensando por el toro", como dice de él Antonio Caballero:

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Henri se surpassa dans la lidia de son second adversaire, toréant par le bas, par passes de trois en une, à la Julio Aparicio, la taleguilla dans le berceau des cornes, par passes en rond avec une économie et un génie de prestidigitateur, " en pensant pour le taureau " comme le dit de lui Antonio Caballero

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Ponce, a esas alturas de la lidia tenía metida la plaza en la chaquetilla. Los gritos de ¡maestro, maestro!, no cesaban. Las bellas manizalitas de los tendidos envidiaban a Paloma Cuevas, la esposa del torero. Su suegro y apoderado, Victoriano Valencia, observaba atónito el prodigio con el mentón fijo sobre los tableros; los comentaristas radiales apostados en los palcos de transmisión del callejón, estaban al borde de la hilaridad, y hasta el cielo manizalita, que al principio del festejo se mostró cerrado y gris con presagios de lluvia, se abrió de repente, como en sortilegio cósmico, para presenciar, lo que los letrados del Renacimiento, hubieran reseñado como un cataclismo místico. Después de esa embriaguez de torería, el maestro valenciano se dispuso a pasaportar al ejemplar. Dejó la toledana en buen sitio pero algo ladeada y sin efectos contundentes. Ahí empezó la lenta y prolongada agonía del animal. Ponce no dejó que intervinieran los subalternos para debilitar el toro con los percales. Dejó que doblara con dignidad, aún cuando sonaron los tres avisos: tres clarines y una oreja, y el barullo en 'crescendo' de los tendidos.

Así, la cabeza con alas, de la que habla Caballero, salió airosa y ceñida por los laureles del triunfo. La plaza, en ese preciso instante, estaba hecha un manicomio.

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Ponce, à ce niveau de sa prestation, avait mis la plaza dans sa poche. Les cris " Maestro ! ", Maestro ! " ne s'interrompaient pas. Les belles des gradins enviaient Paloma Cuevas, l'épouse du torero. Son beau-père et mandataire, Victoriano Valencia, observait abasourdi le prodige, menton rivé aux planches. Les commentateurs radiophoniques, sur les plates-formes de transmission du callejón, étaient au bord du délire. Et jusqu'au ciel de Manizales qui, fermé, gris et chargé de pluie au début de la course, s'ouvrait par repentance, sortilège cosmique apparu pour témoigner de ce que les lettrés de la Renaissance auraient qualifié de cataclysme mystique. Après cette ivresse de toreria, le maestro valencien entreprit de dépêcher l'animal. Il laissa l'acier de Tolède en bonne place quoiqu'un peu à côté et sans effets contondants (ou accablants). Là commença la lente et longue agonie de l'animal. Ponce ne permit pas que les subalternes le fatiguent de leurs capes. Il voulut qu'il fléchisse avec dignité, même si les trois avis ont sonné : trois avis et une oreille, et le tohu-bohu crescendo des gradins.

Ainsi, la tête avec des ailes, dont Caballero parle, est sortie auréolées des lauriers du triomphe. Dans cet instant précis, le cirque était devenu un asile d'aliénés.

Informations complémentaires ajoutées le 20 janvier :

D'Agnès Perronet dans Corrida Tv :

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La seconde faena de Ponce est un pur delice. Estricto est brave au cheval et ne sort pas seul de la pique. L´Espagnol reste dans son classisme habituel avec des touches inédites, telles deux séries de naturelles en depliant, au dernier moment, la muleta pour exécuter le "cartucho de pescado". Pour la première fois de la feria la banda de musica entame l´hymne de Manizales et inlassablement Escrito baisse la tête devant le señor Ponce. La faena est longue intense et vibrante: les Oles de Manizales sont les plus forts du monde ! l´épée est parfaite, mais le puntillero* de Cali, lui, d'habitude si efficace, râte le coup de grâce. Le toro tarde à mourir et les trois avis sonnent, privant Ponce de deux oreilles largement meritées... Même la queue est méritée, tellement la faena est puissante et crescendo d´intensité. Deux vueltas et une oreille récompensent injustement Ponce qui signe ici une grande page de sa maestria.
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* N.D.L.R. : Ce maladroit puntillero aurait donc privé "injustement" Ponce de deux oreilles et la queue !
Il faut adopter le pistolet à puntiller préconisé par Mr Colmon !


Extrait de la chronique de Víctor Diusabá Rojase dans "toros.com" - México

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El tres en uno y el pasodoble de la feria. Unos recortes más para no privarse de nada. Y esa espada, un poco atravesada, que dio paso a la muerte lenta del toro digno. Los tres avisos y la emoción a cántaros. Una oreja que nadie recuerda. Un faenón para no olvidar. Dos vueltas al ruedo. En fin.
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Extrait de la chronique de Enrique Avilán dans
" toros.com" - México :

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Con Estricto no. No. 325 y 464 kilos, castaño requemado albardado cornidelantero, instrumentó cinco verónicas y la media.
Buena vara de Rogelio Cerquera, quite por larga belmontina. Buen tercio de banderillas de Mauricio del Olmo y Rafael Eusebio.
No brindó en lo que pareciera que no iba a ser nada especial por la condiciones del toro. Equivocados estábamos. Con muletazos de aliño, cambios de mano y el forzado, seis derechazos y el forzado de pecho, comenzó a encontrar la verdadera esencia del ejemplar. A distancia lo metió en la muleta para siete derechazos que hicieron sonar la música. Dos tandas por derecha e izquierda tirando del toro. De allí en adelante, el torero de Chiva se regustó en faena imensa, el público se le entregó, sonó el pasadoble Feria de Manizales reservado para las grandes faenas en esta plaza, circular eterno.
Estoconazo al volapié en todo lo alto. Cayó el toro, lo levantó el puntillero Miguel Ángel Rivas, volvió a doblar y a levantarse y, finalmente, se derrumbó en un proceso que duró más de ocho minutos*, suficiente tiempo para que sonaran los tres avisos.
Oreja, aplausos al toro, dos vueltas al ruedo que pudieron ser más en medio de la apoteosis. Aplausos al toro que no merecía
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N.D.L.R. : Au Mexique le règlement stipule que le troisième avis est donné six minutes après le coup d'épée. Si l'intervalle a été de plus de huit minutes, puisque le taureau s'écroula au terme de la sonnerie, le chronomètre du président s'était montré très complaisant.
Voir le règlement taurin Mexicain (Artículo 71)