19 novembre 2008

Suite aux « libres propos » de Jean-Jacques Dhomps publiés ici le 5 novembre, intitulés «Vers le toro (?) de demain !», nous avons reçu un courriel signé de Jocelyne Porcher et Carlos Pereira, organisateurs du colloque « Toréer sans la mort ? », les 5 et 6 décembre prochains, à Paris, Centre Culturel Gulbenkian et à Versailles à l’INRA.

Bien entendu les « Libres propos » de Jean-Jacques Dhomps n’appartiennent qu’à lui mais il nous revient, à nous, Fédération, de reproduire la réponse qu'ils ont provoquée. Ci-après, donc, la message tout à fait courtois que nous ont fait parvenir les instigateurs du colloque, accompagné de précisions très utiles et d’un programme détaillé que vous trouverez plus bas. Nous laisserons néanmoins à Jean-Jacques Dhomps, membre de notre Bureau, le soin et la responsabilité de poursuivre l’échange de correspondance qu’il a déclenché, d’exprimer son opinion sur la teneur de ce prochain colloque.

 

lundi 17 novembre 2008 14:21

Monsieur, Suite à votre demande sur le site : http://www.torofstf.com/Infos2008/lp_051108verstorodedemain.html, voici ci-dessous des informations sur le colloque "Toréer sans la mort ?" que nous organisons, et un lien vers le site internet de l'INRA. Nous sommes surpris des termes dans lesquels vous envisagez, ou plutôt vous n'envisagez pas, des discussions sur la corrida et la culture taurine. Nous tenons à vous informer que ce colloque n'a strictement rien à voir avec les rencontres "Animal et société" et qu'il en est même très éloigné. Il s'agit de rencontres scientifiques. Notre objectif est de comprendre, c'est-à-dire d'abord d'écouter, et de faire des ponts entre disciplines, entre personnes, entre passions afin que, compte tenu des enjeux -qu'il nous appartiendra de mettre au jour lors du colloque-, les choses puissent changer plutôt que de disparaître. Nous tenons à donner la parole à chacun afin que la "culture taurine" que vous prétendez défendre puisse être connue un peu plus largement qu'elle ne l'est, de même que les arguments des personnes insensibles à cette culture pour des raisons qu'elles nous expliqueront. Ceci dans le respect de la parole de l'autre, ce qui est un pré-requis minimum lorsqu'il s'agit de penser. Compte tenu de votre connaissance de la culture taurine, vous êtes tout à fait bienvenu à ces journées. Merci de vous inscrire en ligne sur le site ci-dessous. Bien cordialement à vous, Jocelyne Porcher et Carlos Pereira

https://colloque.inra.fr/travail_tauromachique

Ce message comporte un programme détaillé que vous trouverez en bas de page et la présentation qui suit , tout à fait intéressante :

 

Le programme des Rencontres

*Jeudi 4 décembre 9h-17h30 - Centre Culturel Gulbenkian, 51 avenue d’Iéna, Paris 16ème * 9h – Accueil des participants 9h30 - Introduction : Jocelyne Porcher. Chargée de recherche INRA. 1ere partie : La mort dans les tauromachies européennes et latino-américaines 9h45 - Séance présidée par Nathalie Zaccaï-Reyners, Sociologue, Université libre de Bruxelles Frédéric Saumade. Anthropologue. Les tauromachies françaises : un système dialectique d’inversion de la corrida Jean François Auby. Juriste. Statut de la tauromachie dans les différents pays à tradition tauromachique au regard de la mort de l’animal Anne-Marie Quint. Professeur de littérature. Combat chevaleresque ou lutte dérisoire ? Bimarder et le taureau Carlos Pereira. Enseignant-chercheur. Tuer ou ne pas tuer, dialectique de la tauromachie portugaise Regard d'ailleurs : Marie Frédérique Bacqué, psychologue, Société de Thanatologie Débat avec la salle 14h - Séance présidée par Jacques Roux, sociologue, CNRS Bartolomé Bennassar. Hispaniste. La corrida : un drame logique Dominique Fournier, Ethnologue, La mort publique de l’animal : un acquis social décisif Jean Baptiste Maudet. Géographe. Risques, violence et mise à mort dans les jeux taurins européens et américains. Elisabeth Hardouin Fugier. Historienne. Faire flèche de tout bois, ustensiles et armes des fêtes taurines populaires (Europe, Amérique). Jacqueline Penjon. Professeur de civilisation brésilienne. Vers une culture métisse : de la tourada au bumba-meu-boi Regard d'ailleurs : Patrick Vassort, Sociologue, Université de Caen Débat avec la salle * Vendredi 5 décembre 9h30-17h30 - INRA, route de St Cyr, Versailles*

9h30-12h-30 - 2ème partie : Table ronde : A quoi sert la mort dans le travail tauromachique ? Mario Coelho. Toréro à pied Freddy Porte, cavalier tauromachique Francine Yonnet, éleveur de taureaux de combat Joao Telles, cavalier tauromachique Jean-Pierre Garouste. Eleveur de bovins Jean Clopes, guardian camargue Patrick Simeon, rasetteur, camargue José Manrubia, matador, école de taureaux de Nîmes Débat avec la salle 14h-17h30 - 3ème partie : Questions morales et philosophiques Séance présidée par Eric Hamraoui, Philosophe, Laboratoire de Psychologie du Travail et de l'Action du CNAM Eric Baratay. Historien, Lyon 3, La mort de l'animal, moteur occulté de l'histoire de la corrida. Sébastien Mouret. Sociologue, INRA, Le rapport moral des éleveurs à la mort de leurs animaux Anne Vonesch. Théologienne et militante de la protection des animaux. L’animal, la mort, la paix et la création J.B. Jeangène Vilmer, Philosophe, Corrida et argumentation : les justifications philosophiques François Zumbiehl, Anthropologue et écrivain, Le sens de la mort dans la corrida, dans l'esprit des toreros, des éleveurs et des aficionados. Regard d'ailleurs : Jean-Baptiste Navarro. Prêtre. Théologien Débat avec la salle Synthèse des deux journées et conclusion du colloque par Vinciane Despret, Philosophe, Université de Liège

 

Réponse de Jean-Jacques Dhomps :

le 19 novembre 2008

Je remercie Jocelyne Porcher et Carlos Pereira d’avoir bien voulu répondre à mes interrogations par ce courriel adressé à notre Fédération. Je prends acte de leur bonne volonté et j’admets que le colloque « Toréer sans mort ? » n’a aucun rapport direct avec les rencontres "Animal et société", même si ces deux évènements ne déparent pas dans l’air du temps.

Je pense qu’il est abusif de qualifier ce colloque de "scientifique" car thanatologie scientifique m’apparaît comme un oxymore, le terme de sociales succédant à sciences me semble favoriser des foisonnements incontrôlables et des approximations douteuses et puis, ni la théologie, ni la philosophie, ni la littérature, ni le sacerdoce, dont nombre d'intervenants se réclament, ne sont des sciences. Mais enfin, si l’évocation de la geste plus ou moins pastorale du chevalier Bimarder permet d’éclairer le débat… Et Pourquoi se priverait-on d'une théologie militante de "L’animal, la mort, la paix et la création" ? Nul doute aussi que " les arguments des personnes insensibles à cette culture " (taurine) ne deviennent déterminants… Il ne faut rien refuser à la science !

Je cite ce qui est dévoilé comme objectif :

« En favorisant la rencontre –de bonne volonté- entre professionnels de la tauromachie, opposants à la violence envers les animaux, éleveurs, chercheurs de différentes disciplines et participants de divers horizons, notre objectif est de questionner, dans le respect de la parole de l'interlocuteur, la place de la mort dans le travail tauromachique et plus largement la place de la souffrance et de la mort dans le travail avec les animaux, et dans le travail tout court. …… La tauromachie peut-elle perdurer sans changer ? »

“Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille” pour parodier le vieux rat de La Fontaine. D’autant que l’objectif est avoué, favoriser l’évolution vers une sorte de consensus mou d’où émergerait une forme de tauromachie nouvelle qui recueillerait l’acceptation des taurins et l’approbation des « animalitaires », en fait principaux animateurs de ce colloque.

J’attends désormais, avec pas mal d’impatience, une ferme prise de position de notre Observatoire National des Cultures Taurines.

J’attends aussi que Francine Yonnet et François Zumbiehl qui sont tous deux membre fondateurs de l’Observatoire, nous expliquent pourquoi, dans quel esprit, ils ont accepté de participer à ce colloque et nous fassent savoir, en temps, utile ce qu’ils en auront retenu.

Mes très respectueuses et meilleures salutations à Madame Jocelyne Porcher et à Monsieur Carlos Pereira.

 

Jean-Jacques Dhomps

Membre du Bureau de la FSTF
Chargé de la communication