En
qualité de Webmaster de ce site, je prends l'entière reponsabilité
de ce petit texte de présentation. Notre
président, Roger Merlin, vient en effet, de me transmettre le courriel
qu 'il a reçu d'un jeune aficionado de Bruxelles, Esteban Salido, à
charge d'en faire part, voir ci-après. J'en suis très heureux car,
comme vous le constaterez, ça ne manque ni de pertinence, ni d'allure ! Notre
objectif à la Fédération est d'accueillir, de réunir,
d'encourager, le plus grand nombre possible d'aficionados sincères
sans considérer un sorte de hiérarchie qui les distinguerait selon
leur profil, leur prétendue expérience ou leur génération. Dans
le mundillo aficionado, nous comptons de rares flamboyants imbéciles
"toréristes" et de non moins rares mais épais idiots bruyamment
autoproclamés "toristes". La toile des forums taurins déborde
de leurs pénibles et stériles polémiques. Le plus risible
de nos défauts, défaut si humain et largement partagé, est
de croire que nous en savons plus que les autres, que notre jugement est souverain,
que tous ceux qui ne le partagent pas sont insignifiants et méprisables.
Il est des aficionados, je dis bien aficionados au sens plein, et des plus estimables,
sans véritable connaissances taurines, sensu sticto, mais qui ont une telle
disposition naturelle à capter les impressions et sensations les plus subtiles,
qu'ils peuvent saisir dans le spectacle de l'arène de vifs, délicats,
riches et merveilleux moments, qui échapperont malheureusement aux plus
chenus et chevronnés d'entre nous. Nombre de poètes, artistes, plasticiens
en témoignent, non sans quelques redondances, tandis que beaucoup de modestes,
sans aucune culture au sens des conventions sociales, accèdent eux aussi
à ce plaisir immédiat et profond qui, signe de pure autenticité,
leur reste ineffable. Une des immenses qualités de notre fiesta est
que sa prodigieuse richesse offre de multiples niveaux de lecture, sans que l'un
vaille mieux que l'autre, et provoque une intense et pleine communion de milliers
de spectateurs au départ disparates. Le pire défaut des malheureux
vieillissants, défaut universel qui transcende le monde taurin, est de
considérer qu'ils ont tout vu, que désormais, puisqu'ils n'y prennent
plus d'intérêt, tout est fini! Rien de plus redoutable que ces vieux
aficionados sentencieux qui déversent, ubi et orbi, leur aigre pessimisme.
Il
est indéniable que, parce que des retraités pas encore tout à
fait cacochymes disposent de loisirs, nous leur confions les principales responsabilités,
par ailleurs bénévoles, de nos associations taurines si bien que,
sans nous en rendre compte, nous perpétuons une sorte de gérontocratie
qui aurait tendance à s'isoler des jeunes. Même si ç'est loin
d'en constituer la cause principale, comme le fait remarquer Esteban Salido :
"les tendidos sont occupés de nos jours par un public dont l'âge
moyen est supérieur à 40 ans". Les
jeunes ont sur leurs aînés un grand avantage, c'est qu'en nouveaux
et véritables Européens, ils effacent les frontières de notre
petit continent (Bruxelles, Rome, Madrid, ici réunis !), ils sont,
bien sûr, le levain et l'avenir de la fiesta de toros, nous devons
les soutenir. ¡
Suerte a la Juventud taurina ! J-J
D............................. |