Samedi 25 juillet à Arles, au Congrès de la Fédération :

Colloque sur le tercio de piques

Photos : Anita Albertini De gauche à droite : Laurent Giner, président de l’A.N.D.A., Jean-Charles Roux, revue « Toros », Alain Dervieux, représentant la Ville d’Arles, Alain Bonijol, empresa de caballos, Yannick Jaoul, président du club organisateur « la Muleta », Roger Merlin, Président de la F.S.T.F. et animateur du Colloque, Hubert Yonnet, ganadero, Gérard Bourdeau, président de l’Association des Vétérinaires Taurins Français, Michel Volle, presse taurine « Toromag », Dominique Dubois, administrateur de l’Union des Clubs Taurins Paul Ricard

Intéressant « colloque-débat »  qui l’eut été bien davantage si les professionnels invités, toreros, picadors, n’avaient pas fait faux bond et si André Viard, auteur du remarquable opus n° 19 de « Terres Taurines » consacré à la pique, avait su vaincre ses hésitations et était venu y participer.

Dans ces conditions, les intervenants étant à peu près consensuels, l’utilisation d’une langue de bois fleurie de tautologies, de truismes, de redondances étaient à redouter. Finalement, ce piège fut à peu près évité et il émergea des propositions intéressantes que la Fédération présentera à l’UVTF lors de son prochain Congrès et que je résume  :

Les picadors sont à mieux considérer. Le nom du picador de turno doit figurer sur le panneau d’affichage en dessous de celui du matador (Yannick Jaoul, Roger Merlin).
Redéfinition des raies concentriques. Augmenter la distance entre la plus extérieure et la barrière, augmenter la distance entre les deux « pour une meilleure mise en scène du premier tiers » Alain Bonijol
Seul le picador de turno doit être présent dans l’arène (Dominique Dubois).
La bonne présentation de la pique, une face plane de la pyramide vers le haut, est à matérialiser, soit par un trait de peinture (Roger Merlin), soit par l’adjonction d’une barrette métallique supplémentaire, en regard d’une face plane de la pyramide et verticalement perpendiculaire à la cruceta (Patrick Colleoni)
Quasi unanimité pour l’établissement d’une liste (d’un corps) de présidents (Jean-Michel Roux, Alain Dervieux). Les présidents seraient choisis dans cette liste de manière à être indépendants de l’empresa et de la ville où ils auraient à officier.
Dans le même esprit, redonner un rôle plus éminent à l’alguazil. Améliorer la communication Président-Alguazil. (Michel Volle

Les deux piques sont à respecter et le président doit en informer impérativement l'ensemble des toreros avant la course. Alain Bonijol insiste sur ce point et entraîne l'approbation générale.

Bien entendu tout le monde avait été d’accord pour fustiger la faiblesse actuelle du bétail brave.

Nous avons encore entendu :

Laurent Giner qui considére que l’arsenal réglementaire serait largement suffisant s’il était bien respecté
 

mais qu’il fallait bien s’entendre sur le type de corrida auquel on se référait : corrida avec de véritables taureaux ou "moderne" corrida sans taureaux de plus en plus fréquente mais qui n’entrait pas dans l’objet du débat ? Hubert Yonnet et Gérard Bourdeau qui déplorent que les taureaux ne soient pas bien mis en suerte à la pique. Hubert Yonnet qui constate pour le regretter que l’élevage actuel, trop complaisant aux demandes des « figuras », fabrique des taureaux de plus nobles mais en même temps de plus en plus faibles.

En outre, le Docteur Vétérinaire Gérard Bourdeau, président de l’Association Française des VétérinairesTaurins, a présenté, dimanche matin un bref exposé très intéressant sur les lésionsprovoquées par le modèle de pique actuel et la manière dont il est utilisé. Terribles constatations post mortem qui montrent que la pique est beaucoup plus dévastatrice que les aficionados de base ne l’imaginent. Il est à regretter que cet exposé ne soit pas intervenu samedi après midi en introduction au colloque. Il lui aurait probablement fait prendre un autre cours.

Il est encore plus regrettable qu’une question tout à fait inévitable dans le contexte actuel, celle relative à un éventuel changement de la pique elle-même, n’ait été évoquée qu’en toute fin de séance et bâclée à la sauvette.

Alain Bonijol qui avait posé auparavant une question fondamentale à laquelle personne n’avait répondu : « Quand vous envisagez de restaurer le tercio de piques, à quel modèle vous référez-vous ? » eut, néanmoins, le temps de préciser qu’il fallait adopter, selon lui, une pique, type pique de tienta, qui interdise aux cordes de pénétrer. Par exemple une pique à butoir en forme de citron avec un cône d’acier à la place de la pyramide. Cette proposition sembla laisser perplexe, pour ne pas dire pantoise, la brochette des intervenants et la suite n’aurait probablement pas manqué d’intérêt si la séance n’eut été levée !

En conclusion certaines idées font lentement leur chemin, nous avons retenu de ce colloque quelques suggestions opportunes, mais la discussion sur le tercio de piques est loin d’être close.

J’invite les lecteurs de ce site à l’entretenir, disons… jusqu’à la fin de l’année. Voir ici comment.

                                                                                    Jean-Jacques Dhomps

 

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