LA MAUVAISE PENTE
(A propos de l'" indulto " d'un toro à Dax)
Par Philippe VIGNAU
Président de l'association « Pour une Tauromachie Authentique 33 »
Rés. Pascal Triat -Les Tamaris - Appt. 631- Rue du Dr. Roger Romefort - 33520 BRUGES
Tél. 05.56.28.74.40 -Courriel : ph.vignau@wanadoo.fr
Le 7 septembre dernier, dans les arènes de Dax, lors de la Feria « Toros y Salsa », un taureau de l'élevage de
Victoriano del Rio (le 6ème de la corrida) a été grâcié à la demande du public et après une faena donnée par
Miguel Angel Perera, au cours de laquelle le toro n'a pas arrêté de foncer sur la muleta du matador, avec une
noblesse extraordinaire.
Que dire de tout cela ?
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à la suite de cet événement, Sud-Ouest a publié une chronique de Zocato le lendemain, puis un article de Rémi
Monnier, le surlendemain, en bonne place (4ème de couverture avec une belle photo) ;
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cette « grâce était-elle méritée, alors que le toro n'a reçu qu'un « picotazo » et que la grâce ne doit être accordée
qu'aux toros vraiment « braves », c'est-à-dire, ayant répété à la pique ?
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donc, la grâce n'a récompensé qu'une bravoure partielle du toro et,surtout, sa noblesse, sa faculté de charger
droit à la muleta; ce n'était pas un toro complet, un toro de « bandera », comme on le qualifie en Espagne ;
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comme l'amorçait la chronique de Zocato, en disant que certains aficionados ne seraient pas d'accord, j'estime,
avec ceux-la, que la corrida, les toros, les toreros, le public et les médias, sont engagés « sur une mauvaise
pente » : celle qui privilégie les toros faciles qui passent tout seuls, qui ne sont pas piqués, souvent faibles de
pattes, et qui sont grâciés alors qu'ils « n'ont rien dans le ventre » : à savoir qui manquent de cette hargne et de
cette dangerosité propres à la caste sauvage et qui ne sont des collaborateurs dociles et innocents, on dirait
sans odeur et sans saveur;
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ce phénomène est récent et ne concerne, en général, que des élevages « commerciaux » et/ou d'origine Juan
Pedro Domecq) comme le note en annexe Rémi Monnier : depuis 2001, en France – élevages de Victoriano del
Rio, Juan Pedro Domecq, Zalduendo, Cebada Gago, Robert Margé, Javier Perez Tabernero, notamment ;
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ce phénomène est devenu une mode, fait partie de la fête (le public se « goberge » en réclamant la grâce) et,
quelquefois, est « téléphoné » par l'éleveur, ce qui fait que cela devient banal ;
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comment vont-être les descendants de cet animal conservé pour la reproduction : à nouveau des toros dotés
d'une grande noblesse, mais certainement pas d'une grande bravoure ?
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ainsi, sera prise la pente qui privilégie le troisième tiers et la noblesse du toro, au détriment de la bravoure et
du premier tiers essentiel pour déterminer cette bravoure ;
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que deviendront alors les élevages de toros-toros, vont-ils céder à la même tentation ou vont-ils disparaître ?
les corridas ne deviendront-elles qu'un spectacle de ballet où le toro est diminué ou absent ?
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les « aficionados a los toros » comme ils sont désignés en Espagne, disparaîtront-ils, eux aussi ?
En ce qui me concerne, à la dernière question je réponds NON, j'essaie de me battre pour préserver la corrida « authentique » celle qui est basée sur l'affrontement du taureau sauvage et de l'homme intelligent, et je fais appel à
tous ceux qui partagent cette conviction.
À Bruges, le 11 septembre 2008
Philippe VIGNAU
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