Novembre 2010

 

Rappel de nos propositions à
l’Union des Villes Taurines de France

Tercio des piques en péril

Depuis quelques années nous avons alerté l’UVTF sur l’importante dégradation du déroulement du tercio des piques et sur la nécessité primordiale de faire respecter le règlement municipal de l’UVTF dans toutes les arènes (1ère, 2ème et 3ème catégorie). Lors de la dernière assemblée générale, nous avions présenté les points à améliorer et nos suggestions.
Aucune amélioration n’a été constatée quant au respect du règlement, ce qui n’est pourtant pas le plus difficile à améliorer. Il faut pour cela une volonté commune de la Mairie, de l’organisation, de la Présidence et des membres de la CTEM, mais il semble bien que personne ne veut tenir le gouvernail ! Les maestros, les picadors et les banderilleros sont les maîtres à bord d’un navire qui part à vau-l’eau ! Leur demander de se conformer aux règles n’est pas un manque de respect.

Le public aficionado a aussi sa part de responsabilité.

La corrida ne peut se dérouler comme une représentation théâtrale, comme un spectacle commun, elle doit être contrôlée pour garder sa valeur exceptionnelle. C’est le but du règlement qui donne les bases d’une corrida digne, d’une corrida respectable et défendable.

Voici le rappel de nos propositions pour que le premier tiers retrouve son rôle et sa beauté :

  • Que l’UVTF demande à tous ses membres de faire respecter impérativement le règlement.
    Ceci, quelle que soit la catégorie de l’arène :
  • Deux piques minimum impératives. Une seule pique est une aberration, la réelle bravoure ne s’exprime qu’à partir de la deuxième rencontre (notons qu’un Toro de lidia, digne de ce nom, doit supporter ces deux rencontres normalement données et que dans les arènes sérieuses, cela ne souffre d’aucune discussion),
  • Intervention effective d’un délégué aux piques, notamment pour le montage correct des puyas (en relevant les noms des picadors qui auraient modifié le montage après vérification),
  • Le picador doit se placer le plus loin possible de la porte du toril. Suggestion : un trait perpendiculaire permettra au picador de situer son positionnement. (Sachant qu’un Toro manso pourra justifier le déplacement du picador),
  • Valoriser le travail des picadors : annoncer par panneau particulier (ou avec les caractéristiques du Toro), le nom du picador qui va exécuter la suerte,
  • Intégrer la qualité de réalisation du premier tiers (mises en suerte, puyazos corrects) dans les critères d’octroi des trophées, notamment la deuxième oreille.
    Ces propositions devraient améliorer considérablement le tercio des piques, sans faire « la révolution », et être appliquées dès maintenant. Les Organisateurs, les Ganaderos, les Maestros et les Picadors doivent être prévenus de la volonté de l’UVTF de faire respecter les fondements de la lidia en France.
  • Faire intervenir les alguacilillos lorsque nécessaire.
    Suggestion : Les munir d’une oreillette en liaison avec la présidence qui devra les faire intervenir suite à tout manquement au règlement,
  • Conforter la présidence dans son propre rôle et aller dans le sens d’une homogénéisation : éditer un texte rappelant les charges qui lui incombent et les critères de décision. Ce document, distribué à toutes les présidences, devra comporter une obligation de dialogue avec les maestros et les picadors. Ceci afin de les rassurer, de les informer de la volonté de soigner le premier tiers et des règles qui seront respectées (voir ci-après un exemple de document présidence),

Exemple de document Présidence

(Liste non exhaustive)

Le matin : présence à l’apartado

Voir les toros, le sorteo, noter l’ordre de sortie, voir les sobreros

S’informer des particularités éventuelles qui peuvent influer sur le déroulement de la course

L’après-midi (patio) :

Parler aux Maestros et aux Picadors pour les informer et les rassurer :

importance du premier tiers, volonté de « voir » les toros : mise en suerte, éviter les piques trop fortes ou trop longues (surtout la première), plutôt trois piques normales que deux très fortes…,

Deux piques minimum : les deux rencontres avec le cheval seront impératives,

Si nécessaire (toro très puissant ou manso), il y aura autant de piques qu’il le faudra.

Se mettre en accord avec les Alguacilillos

Présidence de la course

Attention au temps nécessaire pour atteindre la Présidence (escalier encombré par exemple),

Attendre le signe de l’Alguazil pour la sortie des toros,

Clarines pour l’entrée des picadors : quand le toro est fixé sur le capote et attendre la fin d’une série de passes de cape,

Changement de toro

Le toro doit sortir sans handicap physique,

S’il y a problème, attendre au maximum, si possible s’informer auprès du vétérinaire (au besoin utiliser la communication avec le callejon),

Si le toro est sorti limpio mais devient impropre à la lidia, c’est l’organisation qui décide de payer un toro supplémentaire ou pas : utiliser la communication avec le callejon,

Changement de tiers

Seulement après les deux piques minimum, ne pas céder à la demande du maestro (qui a été prévenu).

Attendre que le toro sorte du cheval (pour juger de sa mobilité) avant de mettre le mouchoir, sauf si la pique est excessive,

Si le toro est manso, il n’y a plus de loi sur l’emplacement du picador et le nombre de piques ; attendre que le toro soit réellement piqué même si le public réagi fortement,

Répondre au salut du picador au sixième toro.

Deuxième tiers :

Trois paires de banderilles (sauf cas exceptionnel), notamment en novillada piquée ou non piquée (pour lesquelles la demande d’arrêt après la deuxième paire est devenu quasi systématique),

Exiger un minimum de quatre banderilles posées avant de changer le tiers,

Ne pas oublier la musique si le maestro pose lui-même et ensuite ne pas faire sonner les clarines trop vite (le maestro peut demander à poser une quatrième paire par exemple),

Troisième tiers :

Mesurer le temps à partir de la première passe,

La musique est fonction du travail du maestro et du comportement du toro, elle doit venir avec l’émotion artistique de la faena, pas avec l’émotion du combat,

Arrêter la musique si le maestro se fait prendre,

Ne pas mettre la musique très tard dans la faena,

Arrêter la musique au moment où le maestro prend l’épée de muerte,

Faire sonner les avis dans les temps (10, 13 et 15 minutes), attendre quelques secondes si le maestro présente l’épée pour la mise à mort,

Les deux premiers avis ne sont pas des sanctions mais des informations sur le temps passé,

Attention au salut du maestro avant son retour à la barrière (après la mise à mort de son toro),

Ne pas faire jouer la musique avant la fin de l’arrastre.

Les trophées :

Tenir compte de l’estocade, surtout dans la façon d’effectuer la suerte,

Ne pas mettre le ou les mouchoirs trop vite : bien attendre la réaction du public et mesurer l’importance du nombre de mouchoirs et non pas des cris (surtout s’il s’agit de «l’oreille du public»),

Si la présidence décide d’octroyer deux oreilles, attendre là aussi et mettre les deux mouchoirs en même temps,

Laisser le ou les mouchoirs sur le balcon afin qu’ils soient bien vus

La vuelta au Toro ne peut être octroyé qu’à un toro très bien présenté, excellent durant toute la lidia et ayant pris un minimum de trois piques avec classe et bravoure,

L’indulto !
Rarissime, pour un toro  excellentissime durant la totalité du combat (et non pas un collaborateur idéal !).

Suggestions de modification du règlement :

- Pour faciliter le contrôle, en piste, du bon sens de la puya : faire peindre celle-ci dès la fabrication, en blanc, côté face de la pyramide et en rouge, côté de l’arête. Le public pourra donc également constater le sens de montage. (voir photo ci-après)

- Créer un corps régional de Présidents expérimentés, avec un règlement spécifiant leurs droits et devoirs ainsi que les modalités d’accréditation,
Le Président de la corrida, indépendant de la ville et de l’organisation, serait nommé par le corps régional, la CTEM nommerait les assesseurs dont un vétérinaire de l’AFVT.

Il est évident que d’autres améliorations peuvent encore être réalisées. Nous sommes prêt à travailler sur ce sujet avec les différentes entités.

L’utilisation d’une puya différente ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. En effet elle ne résout pas les problèmes de non-respect du règlement cités plus haut et elle ne doit pas faire oublier La manière de piquer (dont tout dépend).
Une nouvelle puya peut améliorer ce tercio des piques, mais avant d’être validée, elle doit être étudiée et testée dans toutes les configurations avec les différent types de toros qui peuvent être combattus.
Le but n’étant pas de faciliter « l’utilisation » de toritos pour vedettes !