INTRODUCTION
La
temporada 2005 présente, par comparaison à celles qui
l'ont immédiatement précédée, quelques traits originaux.
D'abord, à cause des mesures sanitaires imposées par
la fièvre catarrhale du mouton (langue bleue), interdisant
les importations de bovins élevés dans des zones contaminées,
le bétail présenté dans nos arènes a échappé au conformisme
habituel. L'intérêt de l'aficionado s'en est trouvé
éveillé. Quelques élevages inédits n'ont pas déçu. Les
élevages français, sollicités plus que de coutume, sont
loin d'avoir démérité. Nous y reviendrons plus en détail.
Si
la dichotomie entre corridas commerciales et corridas
dites dures a encore prévalu, il semble bien s'amorcer
une réaction des publics qui fait que des corridas pour
vedettes ne connaissent plus le succès escompté alors
que d'autres, opposant des taureaux sérieux à de bons
lidiadores, parviennent à capter l'intérêt et à remplir
des arènes.
Le
bétail des novilladas s'est, d'une manière générale,
montré supérieur à celui des corridas, mais ce n'est
pas nouveau.
Beaucoup de novilladas sans picador ont été organisées.
Elles bénéficient d'une assistance parfois trop modeste
mais elles attirent de plus en plus d'aficionados. Et
puis, de nombreux très jeunes gens y trouvent, avec
des prix d'entrées raisonnables, l'occasion de découvrir
notre fiesta et de s'y attacher.
Les
notes qui nous ont été adressées par ceux qui ont collaboré
à la rubrique ouverte sur ce site sous le titre "La
temporada", les débats consacrés à l'examen de
cette temporada lors de l'assemblée générale de notre
Congrès, le 29 octobre à Vauvert, fournissent matière
à la petite revue chronologique qui va suivre.
Revue rapide et en style pratiquement télégraphique
parce qu'il ne s'agit que de marquer des repères, examen
non exhaustif parce que, d'une part, nous nous interdisons
de juger ce que nous n'avons pas vu, d'autre part, que
de très nombreuses courses de qualité moyenne ou médiocre
ne méritent pas de remarques particulières.
Quand le fait constaté recoupera le champ de nos préoccupations
les plus essentielles et constantes, nous développerons
un petit commentaire que nous détacherons sous forme
d'encadré coloré.
Quant
à l'afeitado et à l'affaire João Folque de Mendoça,
elle méritera, à elle seule, un chapitre particulier.
Inversant
l'habitude, nous commencerons par énumérer ce qui ne
nous a pas plu, passant ensuite à ce qui ne nous a pas
déplu. Ainsi notre faena ne pourra qu'aller a mas !
Dernière
remarque, il arrivera qu'une même course apparaisse
dans la liste des mauvais points puis dans celle des
bons pour des raisons évidemment différentes.
MAUVAIS POINTS
Nîmes,
Primavera :
5
mars - Toros de Montalvo pour Conde, El Juli,
Miguel Angel Perea - Bétail catastrophique de faiblesse
!
Arles
- Feria pascale :
28 mars - Toros de Puerto de San Lorenzo pour
Ponce, El Cid, El Capea - Un scandale ! Comment
oser présenter un lot de taureaux invalides,
se traînant, allant, pour deux d'entre eux, jusqu'à
se déboîter les antérieurs ? Devant de tels spectacles
la tentation de rejoindre le clan des anti-corrida ne
tarderait pas à s'installer parmi nous !
Nîmes, Pentecôte :
Vendredi 13 mai - Toros du Capea pour El Cid,
Sébastien Castella, Miguel Angel Perera. Encore une
calamiteuse faiblesse du bétail !
Samedi 14 mai - matinée. Corrida mixte, deux toros du
Capea pour Pablo Hermosa de Mendoza et quatre d'Alcurrucen
pour José Maria Manzanares (padre), Julio Benitez "
El Cordobes " (hijo). Les aficionados en ont assez
de ces shows mixtes, en réalité de très mauvais festivals
vendus au prix de corridas de luxe, de véritables escroqueries
!
Mont
de Marsan :
20 juillet - Toros de Baltasar Iban pour El Fundi,
Fernandez Meca, Julien Lescarret. Taureaux faibles
et aux armures douteuses. Le numéro 4, né en septembre2004,
ne comptait que 4 herbes.
21 juillet - Toros de Garcigrande pour Salvado Vega,
Salvado Cortes, El Juli. Faiblesse insigne et armures
indignes.
Roquefort
:
14 août, après midi. - La novillada était excellente,
nous y reviendrons dans le chapitre suivant. Ici nous
regrettons d'avoir à tancer le comportement du Picador
Marc Raynaud dont le moins que nous puissions
dire est qu'il se soucie peu de soigner ses prestations.
Il massacra le 5ème novillo de manière éhontée.
Notre
Fédération a toujours souligné l'importance
du premier tiers et réclamé sa pleine réhabilitation.
Incontestablement des progrès ont été accomplis
en France au cours de la dernière décennie
: Emergence d'excellents chevaux dans nos
deux écuries de pique, allègement du caparaçon,
influence du matador Stéphane Fernandez Meca
qui a très bien compris qu'il pouvait construire
une bonne part de ses succès au premier tiers,
apparition de jeunes picadors Français soucieux
de bien faire.
Pourtant un énorme travail reste à accomplir.
Ici, nous tenons à faire entendre, une fois
de plus, que les aficionados considèrent le
premier tiers comme une phase essentielle
du combat et qu'ils resteront toujours très
attentifs à son bon déroulement...
Que tous les professionnels de l'arène, les
picadors et leurs matadors au premier chef,
veuillent bien en prendre conscience ! |
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Carcassonne
:
27 août, après midi - Novillos de Salustiano Galache
pour Jéremi Banty, Sergio Marín, Mehdi Savalli. Les
novillos furent décevants, immobiles et
sans race. Mais le plus insupportable culmina dans le
comportement de la cuadrilla de Mehdi Savalli quémandeuse
de trophées. Quelle pitoyable vulgarité !
C'est l'occasion d'ouvrir une plus large parenthèse
qui déborde, bien entendu, le cadre Carcassonnais :
La
fâcheuse manie qui conduit des subalternes
ou des gens du callejón à interférer ostensiblement,
quelquefois bruyamment, dans le déroulement
d'une course est insupportable. Ce n'est pas
la première fois que nous dénonçons ce type
de comportement mais nous ne nous lasserons
pas de le faire tant qu'il faudra !
Les cuadrillas doivent rester à leur place,
les empresas ( que celle de Nîmes en prenne
de la graine ! ), les apoderados et autres
membres de l'organisation, s'imposer un devoir
de réserve.
Quant à ceux qui appartiennent à
la complaisante "clientèle" qui encombre inutilement
les "callejones", s'ils souhaitent
se faire entendre, qu'ils commencent par payer
leurs places, ils le feront alors à
partir des gradins sans encourir de reproche
! |
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Bayonne
:
4
septembre, matin - Quelle peut être la signification
de l'indulto d'un veau de deux ans qui ne subit
pas l'épreuve de la pique ?
Le troisième becerro de Santafé Martón, ridiculement
" indulté ", présentait, en outre, des cornes très vilainement
implantées. Son acquéreur, Jean-Louis Darré, va-t-il
réellement l'utiliser comme étalon ?
La
dangereuse nouvelle mode de l'indulto tous
azimuts prend un tour caricatural. Si nous
n'y mettons un terme nous courons vers la
suppression des corridas intégrales et donc
des corridas tout court.
Que les critères (morphologie, trapío, cornes,
force, vaillance, nombre minimum de piques
et banderilles, combativité, alegria, charge,
caste,...) qui autorisent la grâce d'un toro
(sûrement pas d'un becerro et probablement
pas d'un novillo) soient revus et soigneusement
précisés ! Un indulto ne doit intervenir que
tout à fait exceptionnellement, l'accord du
ganadero étant indispensable et la décision
du président de la course souveraine.
Une opinion exprimée, en outre, par de nombreux
aficionados lors de notre Congrès concerne
le matador. En cas d'indulto, puisqu'il n'a
pas à estoquer et que son rôle se réduit à
celui d'un tentador, tout trophée lui est
interdit. Il est certain que si une telle
disposition était promulguée, proclamée et
appliquée, l'indulto retrouverait du même
coup son caractère d'exception. |
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Vendanges
de Nîmes :
17
septembre, matin - Corrida mixte, toros de Alcurrucen
pour Pablo Hermoso de Mendoza, José Mari Manzanares,
Julio Benitez " El Cordobes ". Encore une fois, assez
! La mixité n'a pas dissipé un profond ennui !
18 septembre, matin - Toros de Sanchez Arjona pour Javier
Conde, Morante de la Puebla, mano a mano. Les deux "
artistes " sont sortis sous les cris de : Remboursez
! Remboursez !
18 septembre, après midi - Toros de Victoriano del
Rio pour Cesar Rincón, Sébastien Castella, mano
a mano. Taureaux aux cornes intolérablement réduites.
Que la cause en soit frauduleuse ou naturelle, c'est
indigne d'une arène qui se veut de 1ère catégorie.
UN
TRÈS MAUVAIS POINT : L'AFEITADO ET L'AFFAIRE FOLQUE
DE MENDOÇA
Ce
n'est pas en 2005 que nous avons découvert l'afeitado
mais cette année a été marquée par des évènements retentissants.
La lutte contre cette plaie a, peut-être, pris un tour
nouveau...
Ceci
se résume comme une tragi-comédie en cinq actes.
Premier
acte :
L'Union des Villes Taurines de France (U.V.T.F.), pour
la première fois, ce qui est très bien, publie intégralement
les résultats des analyses de cornes qu'elle avait fait
diligenter en 2004. Sur 85 paires de cornes analysées,
15 se sont révélées amoindries sur une seule corne et
15 sur les deux. 30 paires touchées sur 85, cela donne
un pourcentage de 35% des cornes ayant subie une perte
de substance artificielle.
En présence de tels résultats et compte tenu du protocole
de saisie et critères d'interprétation des résultats,
protocole et critères très laxistes que la Unión de
Criadores de Toros de Lidia (U.C.T.L.) est parvenue
à imposer à l'U.V.T.F., l'aficionado, même le plus optimiste
et le mieux disposé, admettra que l'afeitado est une
pratique bien réelle.
C'est une incitation à ne pas se résigner mais, au contraire,
à continuer de dénoncer et combattre cette fraude si
préjudiciable à l'éthique à la pérennité de la fiesta
de toros.
Deuxième
acte :
La constatation d'une manipulation portant sur les quatre
cornes saisies sur des lots de taureaux de Juan Pedro
Domecq et Palha conduit l'U.V.T.F., au cours de son
assemblée général du 5 février 2005, à recommander la
mise à l'index de ces deux élevages durant la saison
2005. Recommandation majoritairement approuvée.
Troisième
acte :
Coup de théâtre ! Suite aux pressions pourtant intolérables
du ganadero de Palha, l'U.V.T.F. suspend, pour cet élevage,
l'application de cette sanction et accepte le très contestable
principe d'une contre-expertise. Cette contre-expertise
est réalisée par le Professeur Sautet, le 28 juin 2005
à Toulouse. Les biométries confirment des pertes de
substance importantes sur toutes les cornes " en appliquant
la règle espagnole du 1/7 pourtant très laxiste ", comme
le précise l'expert dans ses conclusions.
Quatrième
acte :
A partir de là, Mr João Folque de Mendoça ne choisit
pas de se taire. Au contraire, il se déchaîne, joue
la victime éplorée, s'en prend à l'U.V.T.F., à l'Association
Française des Vétérinaires Taurins (A.F.V.T.), aux "
Aficionados-talibans Français " liés ou manipulés par
de puissants intérêts, cachés bien entendu, pour lui
porter préjudice. Lire
ou relire le texte de l'interview qu'il a accordé le
15 août au quotidien " Le Midi Libre ".
Cinquième
acte :
Les aficionados ainsi mis en cause, auxquels nous nous
honorons d'appartenir et que nous sommes fiers de représenter,
ne se privent pas de faire savoir qu'ils délivrent un
carton rouge (" plus mauvais geste taurin de la temporada
") à ce Monsieur Folque tandis qu'ils sont heureux de
décerner un " prix Tio Pepe " aux Vétérinaires Taurins
Français qu'il a calomniés.
Cette
affaire est exemplaire. Il n'est pas mauvais qu'elle
touche un élevage prestigieux et obtienne ainsi un retentissement
dont nous ne nous privons pas d'amplifier l'écho.
Faisons-nous bien comprendre, les taureaux, eux-mêmes,
en général très bons, ne sont pas en cause. Au terme
de la sanction qui, nous l'attendons, sera prononcée
et unanimement respectée, pour peu que la " langue bleue
" les autorise alors à venir, nous voulons revoir des
Palhas dans nos arènes, oui ! Des Palhas honteusement
amoindris, non !
BONS
POINTS
Nîmes, Primavera :
Dimance
6 mars, après midi - Novillada (de la Cape d'or) organisée
par la Peña Antonio Ordóñez avec des novillos
de Gallon pour Salvador Cortes, José Luis Torres, Alejandro
Morilla. Très bons novillos de Gallon. Le seul
moment heureux de cette Primavera !
Arles,
Feria de Pâques :
25 mars, matin - Excellents novillos de Blohorn.
26 mars, matin - Bonne prestation de Mehdi Savalli à
l'occasion de sa première novillada piquée.
27 mars, matin - Bons novillos de Piedras Rojas.
27 mars, après midi. Toros de Yonnet pour "El
Fundi", Denis Loré, Juan José Padilla. Une des meilleures
corridas de la saison ! Taureaux tout à fait remarquables
et comme les aiment les aficionados, du trapío,
des cornes, de la caste ! Devant eux, trois maestros
à la hauteur, Denis Loré flamboyant ! Les oreilles
coupées avaient une signification ! Arène comble
!
A comparer avec les deux corridas commerciales programmées
lors de cette même feria : Celle du samedi avec des
Victoriano del Rio très faibles et celle du lundi avec
des Puerto de San Lorenzo complètement invalides.
Alès
:
7 mai - Toros de Tardieu pour Davila Miura, Luis Vilches,
Luis Bolivar. Très bon lot de Tardieu.
Nîmes,
Pentecôte :
Samedi 14 mai - Toros d'El Pilar pour Juan Bautista,
Matias Tejela, Eduardo Gallo. Bon lot de taureaux
avec un très grand sixième.
Vic-Fézensac, Pentecôte :
15 mai, matin - Corrida concours intéressante.
Prix au toro de La Quinta
15 mai, après midi - Bon lot de Criado Holgado, bonne
prestation de Luis Vilches.
16 mai - Bon comportement des trois toreros ; "El
Fundi", "El Cid", Julien Lescarret devant des Charro
de Llen violents, compliqués, dangereux.
Vauvert
:
11
juin - Intéressante novillada concours. Prix
au taureau de Cuillé.
12 juin - Bons novillos de Jaime Brujo.
Tarascon
:
24 juin - Très intéressante novillada concours d'élevages
français. Prix au novillo de Gallon.
Saint-Sever
:
26 juin - Une novillada de verdad avec des Barcial
à la caste un peu rustre.
Eauze
:
3 juillet, après midi - Excellent toro (le sixième
sorti) de Javier Perez Tabernero remarquablement
toréé et mis en valeur par Julien Lescarret au
3ème tiers. Mais cela méritait-il un indulto ?
Céret
:
10 juillet, matin - Novillos de Yonnet bien présentés,
supportant 14 véritables piques, mobiles, encastés,
excellents.
Bayonne :
14 juillet, matin - Novillada sans picador à porter
à l'actif de la Peña Taurine Côte Basque avec
d'excellents erales d'El Palmeral.
14
juillet, après midi - Très bons novillos de Puerto
de San Lorenzo, sérieux, solides, supportant 12
véritables piques, provoquant deux chutes... Comment
expliquer la faiblesse des pensionnaires du même élevage
quand ils atteignent un an de plus ?
Plaisance
du Gers :
14 juillet - Bonne novillada sans picador avec
des erales de Jean-Louis Darré pour moitié
et d'Alain et Frédérique Tardieu
pour l'autre moitié. Il convient d'apprécier
et de saluer comment une nouvelle tradition des " NSP
" s'installe solidement dans cette sympathique petite
plaza.
Lunel :
17 juillet, après midi - Bonne novillada concours
de ganaderias françaises (16 piques). Prix au taureau
du Laget.
Mont
de Marsan :
18 juillet - Toros de Garcia Jimenez pour Javier Conde,
"El Juli" Miguel Angel Perera. Remarquable
tarde du "Juli" devant des taureaux plutôt difficiles.
Hagetmau
:
31 juillet-2 août - Très bonnes novilladas. Une
mention aux novillos d'Adelaïda Rodríguez du
lundi 1er août.
Parentis
:
6 août - Novillada. Une découverte, la ganaderia Pablo
Mayoral (origine Santa Coloma) qui fait partie de
l'Asociacíon. Ses novillos se sont révélés "encastés"
et ont pris 14 piques.
Béziers
:
14 août, après midi - Toros de Valdefresno pour
Luis Francisco Espla, Juan José Padilla, Luis Miguel
Encabo. Belle corrida dans le type Atanasio. Technique
et difficile mais intéressant.
Roquefort
:
14
août - Novillos de Yonnet pour Raul Cuadrado,
David Mora, Alberto Aguilar. Très bon lot de novillos,
mobiles et "encastés", 13 piques. Le 6ème est gratifié
d'une vuelta posthume. Excellent public qui imposa la
vuelta au ganadero après que les novilleros, jugés en
dessous, eurent quitté l'arène.
Saint-Laurent-d'Aigouzes
:
20
août - Excellente becerrada de Pagès-Mailhan.
Saint-Gilles
:
20 août - Bonne corrida concours d'élevages français,
lot attribué au François André.
21 août - Toros de Margé pour Denis Loré, Julien Miletto,
Jonathan Veyrunes. Bons toros de Margé, un peu
justes à la pique, mais encastés et mobiles. Très
bon comportement des piétons et de Julien Miletto en
particulier.
Carcassonne :
28 août, après midi - Novillos de Miguel Zaballos
(encaste Saltillo) pour Ismael Lopez, Jiménez Caballero,
João Antonio Fereira. Formidable lot de novillos,
grands, beaux, bien armés, mobiles très " encastés ".
Bayonne :
4 septembre, après midi - Toros de Adelaïda Rodríguez
pour " El Fundi ", Stéphane Meca, Luis Vilches. Devant
ces taureaux un peu faibles, à la caste réservée mais
parfois violente, la satisfaction vient de la remarquable
prestation de Luis Vilches et de l'excellent comportement
de sa cuadrilla.
Arles
:
11 septembre - Corrida concours pour Meca, Encabo,
Robleño. Bien que le prix au meilleur taureau n'ait
pas été décerné, cette corrida difficile, technique,
fut très intéressante à suivre. Le prix au meilleur
lidiador, décerné à Robleño eut été indiscutable s'il
s'était préoccupé de la lidia de ses adversaires durant
les premiers tiers au lieu de l'abandonner à sa cuadrilla
qui fit à peu près n'importe quoi !
Nîmes
:
18
septembre - Toros de Victoriano del Rio pour Cesar Rincón,
Sébastien Castella, mano a mano. Un bon point au
public qui a réclamé et obtenu le renvoi au corral du
4ème taureau impropre un combat pour insuffisance de
cornes. Un mauvais point implicite au président
de la CTEM et à son vétérinaire qui, lors de l'examen
préalable prescrit par l'article 55 du R.T.M., n'avaient
pas vu ou voulu voir que ce taureau avait perdu, en
même temps que ses cornes, son aptitude au combat.
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|
Cette
remarquable et trop rare réaction du public
n'a pas soulevé beaucoup d'écho dans la
presse. Les chroniqueurs professionnels
craindraient-ils de mécontenter le mundillo
en donnant de la publicité à un évènement
qui risquerait de faire tâche d'huile ?
Mesurons, en regard,
l'intérêt d'une tribune comme celle-ci.
Une tribune qui appartient aux aficionados,
où ils s'expriment librement sans circonvolutions
ni langue de bois, avec pour seuls objectifs
de défendre l'éthique de la tauromachie
et leur intérêt collectif.
_________________________________________________________________
Ci-contre
le taureau de Victoriano Del Rio, n°77,
tellement potesté par le public,
le 18 septembre à Nîmes, qu'il
fut renvoyé au corral.
Cette photo a été prise dans
les corrals par Lilian Puech.
|
|
Décernons,
en outre, un bon point à la Présidence qui,
ce même jour à Nîmes, contre
vents et marées, a su faire respecter le règlement
(article 73 paragraphe 6) en imposant les
deux piques.
C'est l'occasion de reproduire la question
que les représentants de notre Fédération
ont posée, le 5 mars 2005,au cours de l'Assemblée
Générale de l'U.V.T.F. à Saint-Gilles :
" L'U.V.T.F. est-elle enfin prête à imposer
partout le respect de son règlement, c'est
à dire ne plus accepter la monopique assassine
ou le simulacre avec de pauvres bovins invalides.
" |
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Saint-Sever
:
11 novembre - NSP , 4 novillos de El Añadio pour
"El Santo", Israël de Córdoba, Juan Carlos Venegas,
Santiago Naranja. Novillos un peu faibles
mais "encastés". Les garçons se sont bien
comportés et ont bien tué.
Bonne fin de temporada !
CONCLUSIONS
En
récapitulant ce qui précède, il apparaît que 14 mauvais
points ont été distribués et 33 bon points décernés.
Sur les 14 mauvais points :
- 6 sanctionnent l'indigence du bétail présenté dans
des corridas de toros (Montalvo, Puerto de San Lorenzo,
Capea, Baltasar Iban, Garcigrande)
- 1 celui du bétail d'une novillada (Salustiano Galache)
- 3 fustigent des toreros, - 2 soulignent la vacuité
des corridas dites mixtes,
- 1 stigmatise notre profonde réprobation des indultos
inconséquents.
Cela fait 13.
Le quatorzième prend un poids non négligeable puisque
nous l'avons réservé à l'afeitado et à Mr João Folque
de Mendoça !
Une
analyse similaire des bons points révèle que :
- 1 souligne une bonne réaction du public (18 septembre
à Nîmes),
- 1 conforte les Présidents qui ont le courage de faire
respecter les deux piques réglementaires,
- 3 constatent l'intérêt de corridas concours,
- 10 s'appliquent à des corridas de toros intéressantes
à des titres et degrés divers, que le mérite revienne
surtout au bétail, au bétail et aux toreros à part égale,
surtout aux toreros,
- 18 vont à des novilladas ou des novilladas sans picador.
Les aficionados fédérés constatent, une fois de plus,
que l'authenticité de la fiesta est souvent mieux préservée
dans les novilladas que dans beaucoup de corridas de
toros bruyamment médiatisées. Au cours de cette temporada
2005, le phénomène fut particulièrement éclatant, nous
avons pris beaucoup de plaisir à assister à des novilladas
piquées ou non piquées.
L'intérêt que portent ces mêmes aficionados fédérés
aux corridas et novilladas concours ne s'est pas démenti
en 2005. Les 6 courses de ce type, 3 corridas de toros
et 3 novilladas, ont toutes été bien notées et figurent
parmi nos bons points, même si elles furent loin d'être
triomphales et même quand le prix ne fut pas attribué
(Arles, 11 septembre).
Il faut remarquer que l'une des corridas et les trois
novilladas étaient à base d'élevages exclusivement français.
La revue du bétail montre que les lots les plus appréciés,
en y introduisant certains bémols placés, ci-après,
entre parenthèses, ont été :
- Parmi les toros : Yonnet, Tardieu, El Pilar, Criado
Holgado, Javier Perez Tabernero (essentiellement un
taureau), Garcia Jimenez (magnifiés par " El Juli),
Valdefresno, Margé, Adelaïda Rodríguez (bonifiés par
Luis Vilches et sa cuadrilla),
- Parmi les novillos et erales : Gallon, Blohorn, Piedras
Rojas, Jaime Brujo, Barcial, Yonnet (deux fois : Céret
et Roquefort), El Palmeral, Puerto de San Lorenzo, Jean-Louis
Darré, Adélaïda Rodríguez, Pablo Mayoral, Pagès-Mailhan,
Miguel Zaballos, Bonnet, El Añadio...
Une des caractéristiques de la temporada française 2005
est la part éminente qu'y ont pris les élevages français,
3 élevages remarqués sur 8 parmi les toros et 8 sur
16 parmi les novillos et becerros !
Sans faire preuve d'un chauvinisme excessif, il est
permis de considérer que le ganadero vainqueur de la
saison est Hubert Yonnet qui a présenté le 27 mars dans
les arènes d'Arles un lot de toros exceptionnel et au
moins deux fois, à Céret et à Roquefort, de très remarquables
novillos.
Les organisateurs ne peuvent plus rester insensibles
à l'intérêt que les aficionados portent aux élevages
français, surtout si les difficultés liées à la " langue
bleue " persistent.
Puissent nos éleveurs, si nous nous projetons dans les
dix ans qui viennent, réussir à développer leurs camadas
!
En dépit de la " langue bleue ", l'Espagne ganadera
nous a apporté, aussi, un petit lot de satisfactions
avec des confirmations comme celles de Criado Holgado
et de Miguel Zaballos ou d'heureuses surprises comme
celle de Pablo Mayoral.
Côté toreros, nous avons assisté à une relative discrétion
des figuras. Les Ponce, Rincón, " El Cid ", Conde, ...
n'ont pas connu des succès mémorables. Seul " El Juli
" a su démontrer qu'il était toujours là et bien là.
Des toreros comme Denis Loré, " El Fundi ", Luis Vilches,
Fernando Robleño, Luis Miguel Encabo, ont maintenu ou
augmenté un considérable capital d'estime.
Autre
caractéristique de 2005, l'année aura été très propice
aux toreros Français :
Denis Loré, irréprochable tout au long d'une saison
strictement française et limitée à dix contrats, a fait,
devant des taureaux authentiques, jeu au moins égal
avec " El Fundi " à chacune de leurs confrontations.
Julien Lescarret avait très bien commencé une temporada
malheureusement écourtée par sa grave blessure.
Juan Bautista semble revenir doucement.
Julien Miletto a montré, le 21 août à Saint-Gilles,
beaucoup d'envie et de progrès ; puisse-t-il bénéficier
de nouvelles opportunités en 2006 !.
Quant
à Sebastien Castella, même s'il n'a pas cueilli ses
lauriers les plus importants en France, il mérite une
particulière attention. Il a réussi, en effet, ce qu'aucun
matador Français n'avait jamais réalisé avant lui, faire
essentiellement sa saison en Espagne, couper des oreilles
à de difficiles taureaux " Isidrils ", devenir ainsi
la coqueluche du public madrilène, tendido 7 inclus,
et terminer sa saison en figurant parmi les cinq premiers
de l'escalafón !
Côté
novilleros, Mehdi Savalli est le triomphateur incontesté
en France et en Espagne.
En non piquée, " El Santo " accomplit des " miracles
" qui ne doivent rien à son apodo, tandis que, derrière
lui, des Patrick Villebrun, Marco Leal, Vicente Cardo...
parviennent à se faire remarquer.
Une
temporada qui n'a pas été particulièrement grandiose
mais qui a entretenu l'intérêt des aficionados attentifs
et qui a été favorable à la plupart de ses acteurs Français.
Ce n'est pas si mal !
REMERCIEMENTS ET SOUHAITS
Au risque de nous répéter, rappelons que tout ce qui
précède a été directement inspiré par des aficionados
qui partagent les objectifs de notre Fédération, soit
qu'ils aient participé à l'assemblée générale de notre
Congrès, le 29 octobre, soit qu'il aient régulièrement
alimenté la chronique de notre site : "Regards sur la
temporada française 2005"
A
ces correspondants bénévoles, aux photographes qui nous
ont permis d'illustrer notre site, le Président et les
membres du Bureau de notre Fédération adressent leurs
plus vifs remerciements.
Ils souhaitent, en outre, que le processus initié assez
tardivement en 2005, et qui s'est voulu comme un coup
d'essai, se perpétue en s'amplifiant au cours de la
temporada 2006.
Qu'aux pionniers qui sont venus enrichir nos "regards
sur la temporada..." s'ajoutent en grand nombre d'autres
aficionados ! Nous invitons, donc, tous nos lecteurs
à participer dorénavant à cette collecte de l'information.
Ne seraient-ce que huit à dix lignes que nous adresse
(par courriel à webmaster@toroftf.com)
le spectateur effectif et identifiable d'une manifestation
tauromachique, quelle qu'elle soit, nous sont très utiles.
Nous
invitons aussi ceux qui ont des talents de photographe
à nous faire parvenir des photos numériques, surtout
si elles sont " parlantes " et se prêtent à illustrer
de bons ou de mauvais points.
Ainsi,
grâce à l'ubiquité de multiples yeux, parfois doublés
d'objectifs photographiques, nos regards fédérés porteront
sur l'ensemble de la prochaine temporada et rien de
notable ne pourra leur échapper.
Notre ambition est de faire retentir avec suffisamment
d'objectivité, de force et d'ampleur l'opinion de l'afición
!
Notre espoir est qu'elle soit mieux entendue et prise
en compte !