Ce premier alinéa
de l'article 58-1 C Les armures laisserait croire que les trois
responsables désignés choisissent librement deux paires de cornes
(2 taureaux) sur un lot de 6 taureaux. Et pourtant, ce n'est plus le cas :
"...
La procédure de prélèvement a évolué au cours du temps, s'agissant depuis 2001
(à la demande de l'U.C.T.L.) d'un tirage au sort avant chaque corrida de deux
taureaux sur un minimum de quatre, deux ayant pu être au préalable déclarés
"arréglés" et exclus à ce titre du tirage au sort par le ganadero ou son représentant.
Ces derniers sont depuis toujours informés avant la course et systématiquement
invités à assister au prélèvement des cornes après l'arrastre..."
(Extrait du Communiqué de l'Association Française
des Vétérinaires Taurins (AFVT) du 8 mars 2005)
Nous
mesurons ici à quel point l'UVTF, qui a accepté une procédure aussi
contestable, est sensible aux pressions qu'exercent sur elle, avec l'appui plus
ou moins affiché des représentants des toreros et des organisateurs,
les éleveurs
Espagnols appartenant à "la Unión de
Criadores de Toros de Lidia" (UCTL).
Autant
il est normal, en effet, que des contrôles de qualité soient pratiqués sur des échantillons tirés au hasard dans
une production industrielle en série, par exemple, autant il serait nécessaire
que, lors de contrôles visant à vérifier une absence de
manipulation frauduleuse (voir article 45), les
experts choisissent en toute liberté les échantillons qu'ils souhaitent
examiner.
D'autre part, la
possibilité laissée aux éleveurs d'exclure deux taureaux,
déclarés "arréglés", du tirage au sort,
leur offre une totale impunité dans le cas où ils auraient "réduit"
sélectivement, dans un lot de six, une ou deux "fortes têtes".
Il serait souhaitable que, quand un éleveur a déclaré un
ou deux taureaux "arréglés", le fait soit porté,
en précisant le ou les numéros des animaux en question, à
la connaissance du public par un avis, soit placardé à l'entrée
de l'arène, soit diffusé par haut-parleur avant le début
de la course.