98e Congrès National de la Fédération des Sociétés Taurines de France

Colloque du samedi 18 octobre

« Accompagnons nos enfants à la corrida »

 

De gauche à droite, Ferdinand Jaoul, Emilio Dorléans, Caroline Grellier, Jean-Jacques Dhomps,
Dr Robert Babeau, Jacques Teissier, Chloé (jeune aficionada de 13 ans), Joé Gabourdès, Roger Merlin

Monsieur Ferdinand Jaoul, Conseiller Régional, délégué aux traditions taurines, représentant M. Damien ALARY, Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, a honoré de sa présence l’ouverture du colloque.

En préambule au débat, il a manifesté aux congressistes son bonheur de constater que ce congrès avait choisi de siéger à Alès  en Languedoc-Roussillon.  « Vous avez la noble tâche de défendre la culture taurine, a-t-il ajouté, et nos traditions locales auxquelles je suis, pour ma part, très attaché. 
Efforcez-vous de ne pas laisser la parole aux seuls animalistes anti-taurins. Pour que les politiques vous écoutent vous devez vous faire entendre d'eux et leur rappeler que vous constituez une partie non négligeable de leurs électeurs. »

Il a conclu en souhaitant beaucoup de succès à ce congrès et à la FSTF.

Des applaudissements nourris ont ponctué sa chaleureuse intervention.

I– Approche psychiatrique et philosophique

Les antitarins voudraient faire interdire l’accès des arènes aux enfants sous prétexte que le spectacle de la corrida les traumatiserait, les accoutumerait à la violence, fragiliserait leur sens moral, perturberait leur appréciation des valeurs.

Ils prétendent aussi que la mort donnée en public à un animal est une perversion absolue et jugent scandaleux que des enfants puissent y assister. D’autant que, pour faire bonne mesure – même si ça ne retient pas trop l’attention de ces moralisateurs – des toreros, donc des hommes, peuvent aussi, occasionnellement, être blessés ou tués dans l’arène en présence d'enfants.

Nous avons invité Dr Robert Babeau, psychiatre, à répondre à la question : Est-il pertinent d’accompagner nos enfants à la corrida ?
Son argumentation, parfaitement claire et rigoureuse, mérite d’être lue attentivement. Nous vous invitons à la trouver ici.

Pour répondre à la question morale posée par le problème de la mort donnée en public, nous avons interrogé un philosophe et un prêtre.

Le philosophe est Bernard Salignon, Professeur à L’université Paul Valery, Montpellier III. Ce qu’il a écrit est délectable, nous élève, nous rend plus intelligents, nous fait du bien. Il faut le lire et relire ici.

Jacques Teissier, “l’abbé des toreros” n’est plus à présenter. Il s’est amusé à nous donner une petite leçon de catéchisme qui peut rencontrer l’approbation de tous, incroyants compris.  C’est à déguster ici.

 

II – Expériences de terrain

Caroline Grellier, médiatrice culturelle du Museon Arlaten, administré par le Conseil général des Bouches du Rhône, et Yannick Jaoul, Président de « La Muleta », nous ont présenté les séances scolaires proposées à l’année par le Museon.

Il s’agit ici d’une intéressante approche culturelle, car il n’est pas possible de cacher, en dépit de ceux qui font effacer la silhouette d’un torero sur un emballage de jambon Serrano, à quel point les jeux, combats, religions, sacrifices, où le taureau figure font partie de nos cultures méditerranéennes.

Arles romaine et romane, pays d’Arles et Camargue, terres de bious et de toros, lieux de courses libres et de corridas, tout se lie intimement.

Le musée ethnologique d’Arles a constitué son fond à partir du manuel de collecte élaboré par Frédéric Mistral. Depuis quatre années, il anime des actions pédagogiques destinées aux collégiens et lycéens.

Caroline Grellier commente les visites des monuments de la ville organisées par le Museon Arlaten au profit de collégiens ou lycéens en prenant le taureau comme fil conducteur. Il était déjà présent à partir du premier siècle dans les arènes romaines, où il figurait comme gibier dans des venationes (simulacres de chasses). La mythologie le met en scène au travers des diverses représentations ; Zeus et Europe, Io, le Minotaure... Le taureau, symbole de puissance devient divinité et offrande. Le culte de Mithra fonde la codification de la Camargue et de la course de biou par le marquis Falco de Baroncelli. L’animal sacré se fait taureau de Luc au tympan du portail de Saint-Trophime et se prête au sacrifice d’Abraham sur un chapiteau du cloître.

Comme l’indique Yannick Jaoul, les séances se poursuivent au siège de “La Muleta” où est présentée la corrida espagnole « sans détourner le regard des enfants et sans prosélytisme » avec le seul souci d’illustrer ce continuum culturel par l’une de ses dimensions contemporaines.

En 2014, douze séances ont été organisées pour environ 150 enfants avec des retours positifs, avec souvent de féconds débats.

Ceux de ces jeunes qui voudront par la suite approfondir ces connaissances culturelles, entretenir et exercer leur propre esprit critique, iront, par exemple, découvrir au musée Réatu ce que cette corrida a inspiré à Picasso ou au photographe arlésien Lucien Clergue.
 

Emilio Dorléans, de “l’Association des Aficionados Prácticos” touche à un autre aspect de l’accompagnement des jeunes en décrivant l’action d’intégration sociale et inter-quartiers que son association conduit à Nîmes. Il engage son intervention par un dogme : « On ne discute pas, on agit ». Voir ici la suite.
 

Joé Gabourdès, Président de la coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard présente le Printemps des Jeunes Aficionados organisé depuis 8 ans à Nîmes puis à Saint Gilles, avec l’espoir de retourner dans les arènes romaines.

Il s’agit d’un weekend d’initiation gratuit avec travaux pratiques et ateliers. Le but est d’ouvrir les arènes au public le plus large et de se reposer sur des « aficionados initiateurs ». Tientas de machos, démonstration commentée de novillos sont suivies d’une novillada sans picador pour présenter la mort du taureau. La transmission horizontale ne souffre pas la médiocrité et exige un niveau élevé de qualité et le respect des principes. Faire découvrir l’envers du décor, allier ambiance, convivialité et dynamisme guident l’élaboration du programme et sa réalisation. Le modèle est reproductible.
 

Alain Gaido, Président délégué de L’Union des Villes Taurines de France présente les actions engagées en citant les objectifs de l’UVTF : défendre la corrida, communiquer et transmettre. En matière de transmission est en cours d’élaboration un passeport qui sera délivré aux enfants ayant suivi une initiation théorique. Le passeport commun à toutes les villes taurines de France permettra l’accès gratuit aux arènes sous réserve de disponibilité.
 

Roger Merlin intervient pour évoquer les actions de transmission des cultures taurines organisées sur la ville de Bayonne :

Politique tarifaire en faveur des jeunes : tarifs jeunes, gratuité pour les novilladas sans picador,

Organisation d’encierros TZIKI,

Toreo de salon à destination des jeunes (même lors du réveil du roi Léon !),

Installation d’une aire de jeux sur le thème de la corrida.