Juan Bautista a su partir à l'acmé de sa carrière de torero après 20 ans d'alternative et les dernières années d'actuation où il est allé a mas.

Il a su gérer sa carrière et il a su organiser son dernier combat en en faisant un vrai événement. L'organisateur ambitieux qu'il est désormais a logiquement choisi le bon moment en s'attribuant la Goyesque 2019. Le cartel initial a certes été modifié mais si son souhait de transmission à la jeune génération s'est heurté à la défection d'Andrès ROCA REY pour cause de blessure, il a su rebondir en associant à la fête un grand frère en la personne de Enrique PONCE de retour de blessure. Les conditions pour que la fête soit réussie ont été réunies au delà des espérances de beaucoup et peut-être de lui-même. Les taureaux choisis pour l'évènement sont sortis selon un ordre bien calculé : deux toros pour lancer la course et chauffer le public, les deux bonbons au poivre pour corser le spectacle avec la séquence émotion aurait pu dire Nicolas Hulot, et deux taureaux de sang Domecq pour faire monter la pression et libérer le maximum de trophées dans l'euphorie générale devant une arène comble.

Ne boudons pas notre plaisir puisque la réussite a été complète hormis une présidence qui en a trop fait en accordant des oreilles généreuses, une queue et deux vueltas injustifiées, c'est vraiment beaucoup. On peut comprendre la volonté de triomphe compte tenu du contexte mais là cela respirait l'incompétence et a basculé dans le ridicule. Heureusement l'affection de la foule portée à Jean Baptiste et l 'adhésion à l'esprit de circonstance a estompé cet aspect négatif.

 

Côté taureaux le Nunez del Cuvillo a été d'une noblesse insipide, le Garcigrande a manqué de présence. Malgré un premier tiers sévère, l'Adolfo Martin a pu mettre en difficulté son opposant. Le La Quinta a été un très bon taureau malgré une tête de peu d'envergure. Le Domecq a été un bon taureau de troisième tiers et le Vegahermosa a été le plus complet même s'il sort seul de la deuxième pique.

 

Côté Hommes, Enrique Ponce s'est exprimé devant son premier et son troisième dans son style habituel et avec la maîtrise des faenas qu'on lui connait. Trop de trophées octroyés mais ce n'est pas de son fait. Un détail désagréable : ce ne me semble pas au torero de solliciter la musique.

Juan Bautista a largement assumé sa dernière corrida tirant ce qu'il y avait à tirer du Garcigrande, en menant une très méritoire et puissante faena devant l'exemplaire de La Quinta cependant ternie par une épée atravesada et transperçante et en montrant au mieux Ingenioso qu'il va mener à la grâce que concède logiquement la présidence.

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rapporter les différents moments vécus d'un événement qui préfigure une évolution de la corrida vers la corrida spectacle et scénarisée, restont sur les visages heureux qui s'affichaient à la sortie des arènes et le bon moment que nous avons passé. Jean Baptiste a parfait sa sortie, nous le regretterons.

 

         Le lendemain aura été un tout autre jour avec le retour des Pahla qui toutefois ne manifestent plus la sauvagerie d'antan même si, exit Pinto Barreiro, leur nouvelle origine Baltasar Iban a permis de voir un très bon lot de taureaux au comportement inégal mais de très belle présentation : des cornes, du muscle, de l'envie d'en découdre, de belles charges au cheval en venant de loin alors que certains ont été plus que malmenés à la pique.

La confrontation s'est déroulée devant une bonne demie arène en mode corrida concours avec le picador situé à l'arrastre et un seul péon pour assister le torero.

Les taureaux seront présents avec un total de 17 piques et en suivant aux banderilles, le péon de Lopez Chavez se faisant prendre à la cuisse gauche. Le 4 sera le plus difficile à toréer et les 3 et 6 les plus nobles.

Domingo Lopez Chavès a été très présent aussi bien comme chef de lidia que liliador. Il livre un travail très propre à son premier qui met la tête et il conclue d'une entière en place et d'un descabello radical ce qui lui vaut de saluer au centre et d'effectuer une vuelta. Applaudissements à l'arrastre.

Son second va à la pique en réfléchissant et sans pousser. C'est un manso qui se défend sur place et ne concède que des demies charges. Domingo ne cède pas et fait montre d'une ténacité remarquable effectuant une démonstration méthodique de domination que le public n'a pas su évaluer à la hauteur du mérite du torero devant ce taureau très difficile. Il tue en trois gestes après un avis. Salut au centre.

Octavio Chacon n'est pas au mieux ; s'il a effectué un quite au premier taureau de Lopez Chavès il ne parviendra pas à s'imposer devant son premier un manso con caste qu'il fait assaisonner à la pique et qui sera compliqué aux banderilles.Le taureau mène la danse, joue de la tête et se retourne court. Touché par 2/3 d'épée donnés au centre il se réfugie aux planches en trottinant. A noter qu'il est resté tonique malgré un premier tiers sévère. Salut au tiers et quelques sifflets, applaudissements à l'arrastre

Son second sera châtié durement à la pique sous les protestations du public. Il conserve des forces malgré quelques fléchissements. Chacon ne pèse pas suffisamment sur lui et le perd à plusieurs reprises. Le taureau finit dans sa querencia. Silence.

Pepe Moral a tiré le lot des deux taureaux les plus « malléables ». Il passe bien dans la muleta sauf à gauche où il réduit ses charges, faisant preuve d'une noblesse ardente. Le travail du torero facilité par son allonge lui vaut une première oreille.

Son second est applaudi à sa sortie, s'implique fortement dans la cape et pousse aux piques bien posées qui valent le prix attribué au picador.Le taureau fait l'avion sur les deux cornes sans effort particulier du torero qui s'en tient un peu loin. Conclusion d'une entière et 2 oreilles plus vuelta au taureau. Abondance de trophées peut nuire.

 

En résumé la distinction toreriste version spectacle et toriste version affrontement s'est trouvée confortée par la programmation de cette feria du riz qui aura été un bon millésime.