Un jour « sans » et un jour « avec »

 

Par l'odeur alléchés les aficionados se sont pressés sur les gradins (un quasi plein, demie et trois quart d'arène) pour les trois courses de toro-toro proposées. En effet l'affiche proposait ce qui a marqué les esprits l'année dernière ou ce printemps. Les frères cadets de Jardinero puis ceux d'août en Vic et ceux d'ici même avec le souvenir de la double prestation de Manolo Vanegas en 2016.

 

Un jour « sans » comme s'il fallait expier le plaisir pris à les voir combattre et surtout les espérances mises dans leur retour. Un jour « sans » avec les pupilles de Los Maños étonnamment privés d'armure pour la plupart (à distinguer favorablement les 4 et 5) les cornes étant qualifiées de « commodes, détériorées, abîmées, douteuses » par les observateurs. Dommage, la réputation de l'éleveur pourrait en souffrir s'il ne s'exprime sur ce fait regretté par l'assitance et l'organisateur. Pour information les novillos sont arrivés direct de Saragosse le matin même ! Mais surtout un jour « sans » avec un comportement homogène qui n'a pas permis au cartel français, ce qui aujourd'hui se fait de mieux, de s'exprimer. Un festival de demies charges molles, de faiblesse chronique, de sournoiserie avec toutefois deux renversements de la cavalerie. Un éleveur français émettait l'hypothèse que la camade présentée soit issue d'une branche d'avant le rafraîchissement, pourquoi pas ? Là aussi la justification du naisseur serait la bienvenue d'autant plus que Boujan revendique désormais et mérite la reconnaissance de place toriste par l'effort de programmation proposée.

 

Côté Hommes, Andy YOUNES, à la veille de combattre à Madrid, n'a pas pu s'exprimer devant des novillos faibles qu'il tuera mal. Tibo GARCIA salue à son premier dont le ralenti aurait pu laisser croire au temple avant que son second se désintéresse et se réfugie aux planches, il les tue avec difficultés. Á son premier, Adrien SALENC bénéficie d'une éclaircie à main gauche avant que la tension ne retombe, puis accueille son second d'une larga de rodillas sans que l'accord ne se fasse entre les deux interlocuteurs qui restent sur la réserve ; là aussi échec à l'épée. Á noter que les mises en suerte à la pique ont toutes été réalisées avec soin.

 

Un jour « avec » le dimanche consacré aux produits de Dolorès Aguirre à qui on peut faire crédit en matière de présentation de son bétail.

 

Le matin, 4 erales déjà formés et armés ont mis les novilleros en difficulté. Christian MONTORO qui a banderillé le sien a dû affronter un chat en voulant à ses basques. Il ne pourra le dominer même en baissant la main et ne pourra le tuer, le novillo refusant de se laisser cadrer d'où les trois avis. Applaudissements à l'arrastre et salut à la barrière. Carlos CARMONA va a porta gayola devant un novillo entreprenant dont il parviendra courageusement à allonger la charge mais il le tue mal. Applaudissements à l'arrastre et vuelta pour le torero. El PERE accueille un novillo bisco mais bien armé qui est applaudi à son entrée avant qu'il présente un problème de mobilité qui le verra se décomposer et se défendre sur place. Il le tue d'une demie lame trasera qu'il retire à la main avant une épée entière. El RAFI a l'avantage du sorteo, se met en valeur aux banderilles et domine son adversaire à la charge allègre et empreint de noblesse qui ira a menos près des planches et, surprise, bénéficiera d'une vuelta généreuse ; deux oreilles. Les commentaires allaient bon train à la sortie soulignant la présentation très forte du bétail pour une non piquée, les deux premiers sortis auraient mérité une pique, c'est vrai...

 

L'après-midi, 6 novillos, s'ouvre avec un hommage à Dolorès Aguirre et l'annonce de cornes abîmées pour deux novillos, le réembarquement aux corrals de Millas ayant été très agité. Les deux premiers novillos seront écartés par le landais Baptiste Borde (déjà vu à son avantage en cet exercice devant les Victorino Martin en octobre à Mont de Marsan) qui sera légèrement blessé et devra renoncer.

Miguel Angel PACHECO fait sévèrement piquer son premier qui montrera des signes de faiblesse. Malgré ce, il ne pèsera jamais sur la trajectoire du bicho qu'il pinche deux fois avant une entière trop plate. Son second est applaudi à l'entrée et accepte une cape élégante et dominatrice. Faible le novillo soulève cependant le cheval par deux fois sans pousser. La faena sera ennuyeuse, sans émotion et trop longue. Bis repetita à la mort.

 

 

 

 

 

Luis Manuel CASTELLANOS doit faire avec un novillo faible qui reste appuyé au cheval lors des deux confrontations. La faena sera sans saveur, le novillero toréant sur le passage. Une longue attente avant de descabeller après deux gestes non décisifs. Son second adversaire puissant offrira à Gabin Rehabi l'opportunité d'un grand tiers fait de quatre piques en venant de loin.Tout est vu, le novillo se réfugie aux planches et se défend en désarmant les hommes à pied et en refusant la mort qui sera laborieuse.

Maxime SOLERA a été le plus en vue montrant de la détermination à défaut d'élégance. Il accueille son premier de rodillas et gagne du terrain à la cape. Il sait montrer la longue charge du novillo sans vraiment construire une faena bien qu'alternant sur les deux rives. Le final encimiste manquera d'élan et d'émotion. L'épée atravesada nuit à l'impression positive, mais n'empêche pas la vuelta. Son second adversaire l'enferme à la cape. Il sera châtié de quatre piques sévères et pompées. Maxime démarre avec beaucoup d'envie la faena par des doblones. Il torée essentiellement sur la corne droite, la gauche étant délicate, sans se croiser. Le final sera encimiste avant une estocade problématique.

 

 

 

 

 

 

Á noter que le prix du meilleur novillero n'ayant pas été attribué, le club L'Aficion décide de primer la prestation du picador Gabin Rehabi montant la jeune jument de 5 ans Bellisama déjà vue à son avantage devant Jardinero à Vic. Gabin dédie son trophée à la mémoire d'Ivan Fandiño.