Toros y Campo sur les rives du Libron un rendez-vous désormais incontournable

Le rendez-vous de l'aficion torista s'impose petit à petit à Boujan, cette arène qui désormais a trouvé sa place à côté des arènes du plateau de Valras. Le public averti, amateur de novilladas, vient du Sud Est et du Sud Ouest à une date qui aurait pu être cette année un handicap, coupe du monde 2018 oblige et facteur aggravant le France Argentine qualificatif pour les quarts.

La fréquentation a été sensiblement équivalente les samedi et dimanche frôlant les 2/3 avec une proportion significative de jeunes sur les gradins et à l'organisation. Temps ensoleillé et juste le vent minimal pour ventiler « la poêle à frire » sans défriser capes et muletas. Les absents ont eu tort...

Samedi 30 juin 18h30 6 Oyo de la Gitana pour Maxime SOLERA, Yanis el ADOUREÑO et Carlos OLSINA.

Le bétail de fort tamaño, certains déjà bien formés, pêchaient par des têtes majoritairement brochos. Ils sont allés à la pique pour en moyenne 2 piques mais en perdant rapidement leur charge.

C'était la reprise pour Maxime SOLERA après sa grave blessure au genou, il se fait méchamment prendre d'entrée au centre de la piste. Il reprend en boîtant bas et en grimaçant et accomplit véroniques et media. Après 2 piques bien posées, le tiers de banderilles n'appelle aucun commentaire. Conduit an centre par des doblones le novillo accepte 4 séries à droite avant de s'éteindre. Les naturelles sont tardives et la faena s'éternise avant une estocade main gauche faite de 4 envois. Salut au tiers.

L'ordre de passage sera modifié pour permettre à Maxime Solera de bénéficier de soins, il revient donc en sixième position. Son adversaire est un véritable taureau qui embiste dans la cape. Gabin Rehabi l'accueille alors qu'il lui est lancé de loin dans le cheval sans mise en suerte, il sortira sous les ovations après avoir bien géré les 3 assauts. Bien que boîtant bas, Maxime Solera réalise une bonne entame puis devra gérer la perte de charge. Il s'attache à tirer des passes une à une après avoir refusé la musique. Il tue d'un bajonazo contraire. Une Oreille lui est attribuée.

El ADOUREÑO ne confirme pas la réputation acquise en Espagne en 2017 même si à Boujan ses prestations ont été mieux appropriées que celles de ce printemps ; il y a l'envie mais il reste à comprendre le taureau. Le premier novillo le déborde à la cape, subit 3 piques dont la première sera longue, puis il suit aux banderilles. Il charge mettant le novillero en difficultés lequel se désunit. Après des naturelles et le novillo s'avisant il tue d'une entière bien placée après un avis. Une Oreille indulgente et applaudissements à l'arrastre.

Il reçoit un beau second dans l'indifférence du public. Les 2 piques sont posées et reposées... Le démarrage de la faena sera laborieux le novillo s'avisant rapidement. Il tue d'une entière bien placée. Salut au tiers. Question : El Adoureño, est-il prêt à prendre l'alternative au mois d'août prochain ?

Carlos OLSINA, originaire de Biterre et en formation en Andalousie hérite d'un patas blancas puissant qui le désarme à la cape. Mal mise en suerte et doté d'une charge désordonnée, il désarçonne le cavalier à la première pique. Le président exige une troisième pique où il s'emploie et pousse. Aux banderilles 2 paires sur 3 à distinguer. Tardo au cite le novillo embiste tête dans le sable mais passe rapidement à des demies charges et hésitations qui conduisent à un accrochage sans conséquences. Après des manoletinas sans gloire un pinchazo et une entière mènent à une mort rapide. Salut au tiers.

La deuxième prestation vaudra par la présentation du novillo, le tiers de piques où Nicolas Bertoli s'exprimera en bon cavalier qu'il est, toréant réellement son opposition. Le président exigera les 3 paires de banderilles. Puis rien, nada, la faena sera conclue d'un pinchazo qui fait tomber l'animal lequel est relevé à la puntilla avant une deuxième épée. Sifflets à l'arrastre et salut au tiers.

Le prix du meilleur picador est attribué à Gabin Rehabi. Le prix de la meilleure faena est déclaré disierto.

 

Dimanche 11h 4 Erales de Robert Margé pour Manuel REYES, Clément ARGOUS et Hugo FRANCO « NIÑO ».

Les erales sont tous vraiment justes de taille mais avec des têtes bien faites et une bonne présence en piste. Parmi les jeunes postulants « NIÑO » se distingue par son entrega et son approche libérée du toro ; il pose les banderilles et tue bien malgré sa petite taille pour 2 Oreilles.

 

Dimanche 18h - 6 Raso de Portillo pour Alejandro FERMIN, Maxime SOLERA et Christobal REYES.

Les novillos présentés sont athlétiques et bien charpentés ; ils font des sorties en piste spectaculaires en rematant aux planches et seront sollicités au premier tiers par un nombre de piques qui ont pu être préjudiables au troisième tiers.

Alejandro FERMIN reçoit à la cape un bel exemplaire applaudi à son entrée. Celui-ci, tardo, surprend le picador qui sera aussi mis en dificulté au deuxième assaut et qui l'assaisonnera au troisième après qu'il se soit fait prier pour charger. Il suivra aux banderilles. Après l'avoir légèrement contraint en le doublant le novillero conduira une faena gentille ou plus précisément prudente en s'exposant peu. Il est vrai que le novillo a rapidement perdu l'essentiel de sa charge et se défend sur place même s'il paraîssait largement toréable. Il le tue après un avis d'une demie épée. Silence.

Son second sort avec beaucoup de jus. Alejandro le reçoit d'une larga afarola de rodillas suivi d'un retour immédiat du bicho auquel il sert véroniques et media. Mise en suerte par chicuelinas marchées à la première pique. Il sort seul et sans avoir poussé à la seconde. Le novillero effectue alors un sacré soleil lors de cambiadas au centre sans gravité heureusement. Il se reprend avec rage mais se fait promener à gauche pour une faena sans rythme et donc ennuyeuse. On peut émettre l'avis que la noblesse de la bête n'a pas été exploitée. Fin d'une demie épée après avis. Applaudissements à l'arrastre et silence pour le piéton.

Le premier adversaire de Maxime SOLERA sort avec force et puissance et remate. Il colle dans la cape avant 3 piques où il pousse permettant à Gabin Rehabi d'être légitimement applaudi. Applaudissement du péon à la troisième paire de banderilles. Après l'avoir bien doublé Maxime, encore gêné par les conséquences de la cogida de la veille, entame une faena engagée et un peu brouillonne, un désarmé le poussant à aller plus loin encore ce qui porte sur les gradins. Il conclue par un bon travail de la corne gauche suivi d'un pinchazo et d'une entière portés de la main gauche dans la suerte contraire. Une Oreille.

Il accueille son second, un vrai taureau, à la cape sans fioritures mais efficacité. 3 piques suivront où le bicho poussera, longtemps à la première et fort à la troisième en s'abîmant les cornes dans le caparaçon.. Jouant de la tête il touchera souvent le leurre et ralentira ses mouvements finissant à l'arrêt après avoir perdu un onglet. 5 gestes et deux avis seront nécessaires pour le coucher dans sa querencia où il se colle aux planches.

Cristobal REYES réussit d'entrée avec une cape dominatrice. Á l'issue des 3 piques posées un échange de quites avec Alejandro Fermin donne du rythme. Il pose lui même les banderilles et engage la faena conduite sur les 2 cornes avec la même volonté mais sans peser suffisamment sur le novillo qu'il tue d'une estocade très engagée légèrement tombée suivie d'une longue agonie et après avis. Applaudissements à l'arrastre et salut au tiers.

Le dernier de la tarde sera long à fixer dans la cape plutôt fugueur et jouant de la tête.4 piques suivent, la première en poussant, en sortant seul sur les 2 et 3, la quatrième en venant de loin mais posée trop en arrière. Ce novillo se révèle très bon alliant grande noblesse et présence permettant au piéton de templer ses gestes et de lier les séries sur les 2 rives terminant son exercice par des naturelles de la main droite. Il conclue par un pinchazo et un encuentro opportun l'épée étant caïda. Une Oreille et vuelta généreuse au novillo.

En conclusion, le bétail a été intéressant et a permis d 'évaluer les qualités des novilleros mis devant leurs responsabilités, à noter le mérite de Maxime SOLERA d'avoir assumé son second contrat du weekend malgré ses blessures de la veille et l'envie de Cristobal REYES le protégé de Christian Lamoulie qui mérite d'être revu.