Eauze en Armagnac – 8 juillet 2017 par DV

 

Sous vigilance orange la journée taurine élusate s'est déroulée par un temps lourd et variable avec de brèves averses pendant la corrida. La fréquentation a été bonne le matin pour la novillada sans picador et conséquente (¾ d'arènes) l'après midi, le cartel ayant attiré du monde.

 

Novillada sans picador 4 erales du Lartet pour :

Ismaël JIMENEZ, école taurine de Badajoz,

Dorian CANTON, école taurine Adour Aficion

Le bétail de Paul et Jérome Bonnet a satisfait l'assistance par sa présentation et son comportement. Les spécimens présentés ont eu l'avantage de ne jamais lâcher les novilleros exploitant toute faiblesse ou relâchement de leur part, de vrais toros-école en quelque sorte qui seront tous les quatre applaudis à l'arrastre. L'éleveur sera appelé à saluer.

 

Ismaël JIMENEZ a eu du mal à fixer son novillo ce qu'il n'a pu faire qu'en ayant rejoint le centre. Quite de Dorian et réplique d'Ismaël qui sera applaudi à la pose des banderilles. Malgré les passes de châtiment infligées, le novillo prend le dessus sans que le garçon ne recule. Mais il se fait bousculer puis désarmer. Il le châtie à nouveau avant de le tuer au centre d'une entière hémorragique.

L'accueil de son second permet à Ismaël de confirmer ses aptitudes à jouer de la cape en élargissant son registre dont deux gestes effectués d'une seule main. Il répondra au quite classique de Dorian en variant encore son exercice. Après avoir posé les banderilles avec aisance il entreprend son novillo au centre. Celui-ci montrera de l'allant bien qu'en cherchant à s'esquiver. Le novillero fera preuve de domination bien que sa pratique l'éloigne un peu trop du bicho.Il le tue d'une entière très légèrement tombée. 1 Oreille.

 

Dorian CANTON fixe rapidement son premier adversaire qui est très présent au centre du ruedo. Quite d'Ismaël. Il laisse les banderilles à sa cuadrilla avant d'entreprendre sa faena à genoux près des planches. Il sollicite depuis le centre son novillo qui montre de la noblesse. Les gestes sont suaves jusqu'à la faute sur la corne gauche exploitée par le novillo ce qui déstabilise Dorian qui le cadrera avec difficultés, l'affaire se concluant par 3 pinchazos et une entière. Salut au tiers.

Son second impressionne dès sa sortie, il l'accueille d'une larga de rodillas près des planches puis laisse oeuvrer ses péons. Il entame la faena par des cambiadas au centre, torée sur les 2 rives un novillo qui tourne court et revient sur lui. L'accord parvient à se faire avant un cadrage difficile suivi d'une entière contraire nécessitant un descabello. 1 Oreille

 

Corrida 6 toros la Dehesilla (Huelva) pour Juan José Padilla, Juan Bautista et Thomas Dufau

En préambule, André Viard fait une déclaration en défense de la corrida et des pratiques régionales après une minute d'applaudissements à la mémoire d'Ivan Fandiño.

Les taureaux sont irréprochables de présentation avec des armures développées à l'exception du deuxième, Ventoso, qui est cornicorto. Les taureaux sortis en 2, 3 et 4 méritent une mention pour leur noblesse et leur présence en piste. Peu de piques prises trop souvent d'une seule corne et en restant collé au caparaçon.

 

Juan José PADILLA fera le minimum syndical à son premier sans poser les banderilles au grand dam du public qui le lui fait savoir. Il est vrai que ce spécimen saute haut dans la cape en donnant de la tête. 2 piques (la deuxième demandée par le président Jean Michel Lattes) pompées et sans pousser. Quite de Jean Baptiste. Le taureau, parado, finira par accepter le châtiment en renonçant aux mouvements de la tête sans séduire ni le torero ni le public, les passes ne pouvant être liées. Après un 1/3 d'épée en arrière le puntillero sera blessé au front et le taureau puntillé par l'arrière. Silence.

Son second plus docile et faible ne connaîtra qu'un seul assaut avec une pique mal posée. Ensuite, sous l'averse, ce sera un festival Padilla aux banderilles et pour une faena volontaire et trémendiste sur les 2 cornes. Á genoux à la cape et à la muleta, desplantes se succèdent... La ½ épée plate sera d'effet rapide le public arrachant à la présidence une deuxième oreille de gala...

 

Juan BAUTISTA a montré de l'envie à son premier, noble et de bonne charge et fait montre de son métier à son second, faible et parado. Une seule pique et un bon quite de Juan Bautista précèdent les passes de châtiment données un genou en terre avant un désarmé. Ce bon taureau charge de loin à la commande mais sera délicat à gauche. Le final dominateur se fera sur la corne gauche avant un recibir d'école qui fera tomber les 2 mouchoirs. 2 oreilles donc, la competencia est lancée.

De belle présentation le second donne rapidement des signes de faiblesse. Accueilli par des véroniques données à genoux, il ne s'engage pas à la pique unique où il est merveilleusement mis en suerte. Tardo et sans transmission il subira le métier de JB qui en tire ce qui peut en être tiré sans toutefois peser sur le public. Ce travail technique conclu dans un final encimiste sera peu rémunérateur. Entière par volapié un peu en arrière et légèrement tombée. Salut au tiers.

 

Thomas DUFAU démarre par des cambiadas au centre comme d'habitude. Ce beau taureau met la tête dans la cape. Peu de style à la pique avant un quite par chicuelinas. Le taureau boit la muleta et régale le torero qui manque toutefois de registre pour faire tout voir de son adversaire qui connaît quelques faiblesses. Il le couche d'une entière légèrement atravesada. 1 oreille et protestation de la seconde qui sera logiquement refusée.

Plus difficile, le second ne s'engage pas dans la cape ; il prend 2 piques mal posées et pompées en s'employant à la première. Peu franc de charge, il pose problème aux banderilles. La faena se fait aux forceps et se termine par des gestes encimistes avant un pinchazo suivi d'une entière tombée. Avis et silence.

 

Pour conclure, ce fut une journée "plaisante" avec des taureaux ayant du trapio mais globalement faibles supportant peu de piques pour un total de 8 seulement. Padilla dans ses œuvres et sa démesure à son second, JB motivé qui délivre 2 faenas différentes exposant son savoir faire et Thomas Dufau à son avantage, plus délié qu'à l'habitude mais mal servi à son second.