ÉTATS GÉNÉRAUX DES TAUROMACHIES

2020-2021

RESTITUTION

 


Nous poursuivons la restitution des questionnaires par celle du troisième.

Comme pour les précédentes, l'étude de son contenu engage la suite des États Généraux des Tauromachies avec la tenue au mois de janvier 2021 des Ateliers Thématiques.

 

Restitution du Q3 :

Économie et Management des Tauromachies

 

Le questionnaire n°3 est commun à toutes les Tauromachies, il aborde le sujet en 3 volets : économie, gestion des arènes, et management.

Ce troisième questionnaire enregistre une faible audience avec 17 % du total des questionnaires reçus. Publié en juillet, il a certainement souffert du déconfinement et aussi de l'aridité de thèmes pourtant essentiels à l'amélioration et à l'adaptation des Tauromachies au monde moderne évoqué dans le premier questionnaire.

NB : Les réponses aux questions à choix multiples sont restituées sous forme de pourcentage de citations dans les questionnaires. Sont retenues les trois premières plus la quatrième si le pourcentage est identique ou proche de celui de la troisième.

Identification des répondants : 375

La moyenne d’âge s'établit à 60 ans et 10 mois, 16% de réponses émanent de femmes. 72% sont des spectateurs, par ailleurs, 17 professionnels, 7 élus et 58 bénévoles ont aussi participé. Enfin 73% des répondants se déclarent membres d’une association taurine (+8 points par rapport au deuxième questionnaire).

La corrida espagnole est citée dans 98% des questionnaires, elle est suivie par la course camarguaise 36%, les fêtes et jeux 34%, le rejoneo 28%, la course landaise 22 % et le recorte 15 %. Ces constatations sont proches de l'analyse du deuxième questionnaire. 

 


Commentaire :

Les résultats sont conformes au profil type établi sur l'ensemble des 5 questionnaires. Cela apporte de la cohérence aux réponses fournies au fil des questionnaires.

 

  1. Volet économique

    1. Selon vous l’équilibre des spectacles devrait être principalement assuré par :

Le classement des réponses donne le résultat suivant :

a ) La recette au guichet arrive en tête, citée dans 96% des questionnaires.

b ) Le sponsoring et les partenariats sont cités dans 64% des questionnaires.

    c ) Les recettes accessoires (buvettes, soirées, produits dérivés…) sont citées dans 54% des questionnaires.

    Puis viennent l’apport du bénévolat (équipes médicales, vétérinaires, personnel d’arène et de piste, présidence…) pour 36% des questionnaires, les subventions 28%, et en dernier les cotisations de socios (8%).

     


    Commentaire :

    Le maintien du sponsoring suppose que la méfiance envers nos activités due à l'activisme animaliste soit combattue. La place des subventions est conforme à la réalité qui tend à leur disparition qui pourtant ne devrait pas être inéluctable en terme d'équité entre les activités bénéficiaires.

    La bonne place du bénévolat montre que les répondants ont conscience de son importance et du poids économique théorique qu'il représente, c'est un sujet essentiel dont les ateliers thématiques devront s'emparer.

    Parmi les commentaires en texte libre, on retiendra :

    • Le spectacle doit s'équilibrer pour viser l'indépendance financière.

    • La croix est faite sur les subventions mais il est demandé un outil pour mesurer l'apport des spectacles à l'économie locale.

    • Le bénévolat, fondamental pour les petites organisations et les spectacles de promotion, est jugé très fragile (la permanence médicale notamment).

    • Est évoquée favorablement la solution partielle de clubs de socios, mais ceci n’est mentionné que dans peu de questionnaires (8%)

    •  

      1. Selon vous, pour chacune des trois tauromachies, les trois difficultés économiques majeures proviennent :

    La question est traitée distinctement par Tauromachie :

    Corrida et rejoneo :

    a ) Le prix de revient des spectacles dont les exigences des professionnels pour leurs cachets cité dans 79% des questionnaires.

    b ) Le prix trop élevé des places suit avec 63% de citations.

    c ) La désaffection du public revient dans 53% des questionnaires.

    La baisse des subventions est citée dans 25% et l’excès de spectacles dans 10% seulement.

    Course camarguaise et Course landaise les réponses sont similaires, mais classées dans un ordre différent à celui de la corrida.

    a ) - la désaffection du public,

    b ) - la baisse des subventions.

    c ) - Le prix de revient des spectacles n’arrive qu’en troisième position

    Ce tiercé est suivi pour la Course Camarguaise par l’excès de spectacles et pour la Course Landaise par le prix trop élevé des places.

     


    Commentaire :

    Chaque Tauromachie a ses spécificités toutefois le coût du spectacle pour le consommateur est à repenser, sachant que la crise économique aggrave le problème.

     

    Les contributions libres précisent les choix retenus et vont au-delà :

    • C'est le coût total de la journée qui doit être considéré (déplacement, repas...).

    • Si le prix des places devient trop lourd il ne faut toutefois pas faire de fixation sur les rémunérations des professionnels.

    • La cause principale est à rechercher dans la désaffection du public.

    • Trois causes sont précisées : le prix des places bien sûr, mais aussi la qualité des cartels, hommes et bétail, et l'absence de supports médiatiques positifs.

     

      1. D’après vous les solutions les plus importantes passent par :

    Parmi les pistes proposées le palmarès est le suivant :

    a ) Obtenir le taux réduit de TVA (spectacle vivant) (88% de oui).

    b ) Réduire la rémunération des vedettes (86% de oui).

    c ) Minimiser le coût de certains services en les mutualisant (68% de oui).

    Les deux derniers items : réduire la composition des équipes (27%) et réduire le nombre de spectacles (23%).

     


    Commentaire :

    Ces résultats étaient attendus mais ils proposent des solutions difficiles à atteindre. Au regard du nombre faible mais déterminant de professionnels français pour l'ancrage de la Corrida en France, la réduction des cuadrillas est rejetée.

    Dans les commentaires en texte libre :

    • Pour le spectateur « la dépense se cumule sur une durée courte, un peu plus d'un trimestre, d'où un problème de trésorerie pour beaucoup ».

    • La solution de facilité consistant à baisser les rémunérations est contrebalancée par l'idée de créer une part variable selon la fréquentation.

    • « Fragiliser la situation déjà précaire de nombre de professionnels serait une hérésie ».

    • Quelques propositions pour mutualiser certains services sont avancées (assurances, sécurité).

    • Est évoquée la création d'un fonds de sauvegarde.

     

      1. Parmi les objectifs suivants précisez ceux qui vous paraissent prioritaires :

        Les 3 objectifs retenus par les répondants sont :

    a ) Protéger et aider les spectacles de promotion (novilladas avec ou sans chevaux, taureaux jeunes…) (cité dans 83% des questionnaires).

    b ) Soutenir les écoles taurines (58%).

    c ) Harmoniser les calendriers par région (47%).

     


    Commentaire :

    Les réponses montrent l'importance accordée aux spectacles de promotion et aux écoles taurines, gages de pérennité.

    Quelques apports supplémentaires dans les commentaires libres :

    • La nécessité de rendre obligatoires des spectacles de promotion dans les grandes férias.

    • La création souhaitée d'une « licence jeunes aficionados».

     

    1. Volet gestion des arènes

    2-1 Selon vous quel est le mode de gestion le mieux adapté

    Les priorités se dégagent sans de grands écarts :

    a ) Gestion directe par une association (54% de oui).

    b ) Régie municipale (49% de oui).

    c ) Délégation de service public (43% de oui).

    A noter le nombre important de sans opinion (de 25 à 37%).

     


    Commentaire :

    La pertinence de la question est à nuancer au regard de la diversité des situations. Le sujet aurait dû distinguer a minima les catégories d'arènes.

    Les commentaires en zone de texte confirment cette appréciation :

    • Il n'y a pas de solution idéale : « L'important est de se renouveler, d'être créatif, bon gestionnaire ».

    • Et un résumé quelque peu radical : « Tout est bon à partir du moment où les taureaux embistent ».

     

    2-2 Exprimez votre avis sur les affirmations suivantes

    a ) La qualité des plateaux repose sur le choix d’acteurs sincères et engagés (94% de oui).

    b ) La qualité des plateaux repose sur le choix d’élevages à découvrir ou redécouvrir (91% de oui).

    c ) La qualité des plateaux repose sur le choix de jeunes prometteurs (88% de oui).

    d ) Le cumul des fonctions (organisateur, agent, fournisseur du bétail) est à discuter (pour 75%).

    L’évolution vers des plateaux vendus clés en main est-elle profitable aux tauromachies, arrive en dernier choix (6%).

     


    Commentaire :

    Les réponses évoquent des sujets majeurs qui mériteront des discussions de fond et esquissent des évolutions massivement attendues.

    En texte libre, un commentaire intéressant :

    • Non au cumul de fonctions « dans la même ville ».

    • Avant une conclusion consensuelle : « il faut de l'équilibre et de l'originalité ».

       

    2-3 Choisissez trois priorités dans la liste proposée :

    Réponses des organisateurs et autres professionnels 

    a ) La qualité et la présentation du bétail font la quasi-unanimité, citées dans 94% des questionnaires.

    b ) La réussite économique dans 82%.

    c ) Le choix de bétail et de professionnels locaux dans 41%.

    Noter que l’aspect spectacle (show) est cité dans 35% des questionnaires.

    NB : à cette question le nombre de réponses dépasse celui des organisateurs et professionnels ayant complété le questionnaire, en effet certaines personnes ont répondu en extrapolant ce que devraient être, selon elles, les choix des organisateurs et professionnels.

    Réponse des 7 élus :

    a ) 7/7 la qualité du bétail,

    b ) 6/7 le prix des places et le choix d'acteurs locaux

     

    Réponse des amateurs-spectateurs

    a ) La qualité et la présentation du bétail (citées dans 82% des questionnaires).

    b ) Le prix modéré des places (52%).

    c ) La réussite économique du spectacle (39%).

    d ) L’information et l’accompagnement du public (36%).

    L’aspect spectacle (show) n’est cité que dans 12% des questionnaires.

     


    Commentaire :

    Organisateurs/autres professionnels et spectateurs se rejoignent sur la qualité du bétail, mais est-ce bien des mêmes qualités dont il s’agit ?

    À l’opposé l’aspect spectacle (show) est cité dans 35% des questionnaires des professionnels et seulement 12% de ceux des spectateurs.

    Quelques commentaires libres rappellent des avis bien connus :

    • Les intérêts des organisateurs et des aficionados sont estimés contradictoires. La réussite économique se fait au détriment du payeur.

    • « Et en plus nous payons le prix fort pour cet inconfort (des gradins) et des spectacles décevants ».

    • Est avancée la notion de « prix intelligent » sans que n'en soit précisé le contenu, on peut extrapoler qu'il sous-entend la transparence de sa construction.

     

    1. Volet management

    3-1 Selon vous une structure fédérant les tauromachies devrait agir dans les domaines suivants

    a ) La défense des Tauromachies vire en tête avec 96% de oui.

    b ) La promotion des Tauromachies vient en deuxième position avec 86%.

    c ) L’assistance juridique et technique des Tauromachies talonne avec 85% .

    Viennent ensuite le développement d’actions communes (78% de oui) et en dernière position mais quand même majoritaire avec 57% l’écriture d’une charte déontologique commune aux trois Tauromachies.

     


    Commentaire :

    Les objectifs communs aux Tauromachies sont bien identifiés, ils sont à la fois défensifs mais aussi offensifs et tangentent également les préoccupations éthiques.

    Les commentaires en texte libre attestent de la difficulté de l'exercice qui ne doit pas être minorée :

    • Les doutes exprimés s'appuient sur les disparités importantes entre les Tauromachies. La mort de l'animal rend leur rapprochement difficile voire impossible.

    • Commentaires à l'opposé « un socle commun reste à définir et à construire », l'union ne peut se faire que « avec tact et subtilité ». En tout état de cause l'union suppose le respect des spécificités de chaque Tauromachie.

    •  

    3-2 Une telle structure devrait fonctionner en tant que

    a ) Un lieu de promotion et de défense des trois Tauromachies : oui à 86%.

    b ) Un lieu d’échange entre tous les taurins : oui à 78%.

    c ) Le Parlement des Tauromachies consulté par les fédérations et l’UVTF : oui à 62%.

    d ) Un lieu d’études et recherches : 60% de oui.

     


    Commentaire :

    La nécessité d'échanger, de parler et de concerter se retrouve dans de très nombreuses réponses. Transparaît l'idée de créer une sorte d'Observatoire aux missions élargies !

    En commentaire en texte libre

    • Réticences et doutes s'expriment quant à la création d'une nouvelle structure.

    • Les attentes évoquent « un ONCT développé et musclé ».

    • Des attentes aussi envers l'UVTF qui doit se renouveler et envers les élus qui doivent « se mouiller un peu plus ».

     

    3-3 Exprimez votre opinion sur le fonctionnement des principales entités existantes qui participent à la gestion et à l’animation des tauromachies :

    • Fédération de la Course Landaise : 72% sans opinion, 12% de réponses positives et 13% avec évolutions, 3% de réponses négatives.

    • Fédération de la Course Camarguaise : 58% sans opinion, 9% de réponses positives, et 27% avec évolutions, 6% de réponses négatives.

    • UVTF : 21% de réponses positives, 52% de positives mais avec évolutions, 17% de réponses négatives et 10% sans opinion.

    • ONCT : 39% de réponses positives, 35% de positives mais avec évolutions, 10% de négatives et 16% sans opinion.

    • Union des Clubs Taurins de France (ex-Ricard) : 21% de réponses positives, 35% avec évolutions, 11% de négatives et 34% sans opinion

    • FSTF : 40% de réponses positives, 36% de positives mais avec évolutions, 3% de négatives et 21% sans opinion.

    L'appréciation des fédérations de Course Camarguaise et Landaise ne peut être interprétée au regard des trop nombreuses réponses sans opinion.

    Quelques classements : les entités les plus connues en considérant les sans opinion : UVTF, ONCT, FSTF. En terme d'image positive : FSTF, ONCT, UVTF et UCTF. En terme de nécessaire évolution : UVTF, FSTF, ONCT et UCTF.

     


    Commentaire :

    Le décalage entre les déclarations souvent entendues et l'opinion laissée par « les institutions » est révélé ici dans le sondage. Les appréciations négatives ne mobilisent que 17% pour l'UVTF à 3% seulement pour la FSTF. Leur existence n'est donc pas remise en cause, en revanche aucune n'échappe à une forte attente d'évolution de leur mode de fonctionnement et d'action.

    Plusieurs commentaires en texte libre précisent les limites évoquées et éclairent les votes :

    • Les critiques tournent autour du manque de visibilité et de communication des instances citées qui ne sont connues ni du grand public, ni de beaucoup d'aficionados.

    • Elles portent aussi sur « l’entre-soi entretenu ».

    • L'UVTF manque de transparence et cultive l'opacité, elle doit être plus combative.

    • L'ONCT doit être revisité en revenant aux bases de sa création et être moins personnalisé.

    • La FSTF n’est pas connue de l’aficionado lambda et doit être plus militante.

    • La question est posée d’une Union de Villes et Villages Taurins de France représentative de la culture rurale.

    • L’insuffisance de la place réservée aux jeunes dans ces instances est rappelée.

     

    Au terme du questionnaire remarques et/ou propositions

    En conclusion, quelques contributions viennent compléter l'appréciation du thème en élargissant le focus :

    • « L'heure est grave, les sujets doivent être mis sur la table » et être concertés.

    • La Tauromachie doit se renouveler sans se renier.

    • Ce qu'il faut gagner c'est la bataille des idées.

    • Dans le désordre sont évoquées la création d'une mutuelle pour suppléer le désengagement des assurances, la nécessité de mieux considérer « le public itinérant », ces aficionados qui vont d'arènes en arènes, la distribution des places invendues aux jeunes...