DAX - Samedi 17 août 2019 (matin)

       NSP de LA QUINTA) pour Cristiàn PAREJO (bleu nuit à parements blancs et or) et Niño JULIAN (rouge et or).

       Erales bien présentés, le 2ème plus fin, nobles. Devant un tel bétail, les novilleros auraient peu toréer avec plus d’engagement ; au lieu de cela, ils se sont contentés de faire des passes. En revanche, ils ont fait montre d’esprit de compétition au moment des quites, avec de la variété dans leur toreo de cape.

1er : càrdeno ; réception sans histoire de Parejo, puis Juliàn se fait accrocher sans mal sur son quite par chicuelinas. Poursuites molles aux deux (!) paires de banderilles. Après des doblones, l’homme prend de suite la main gauche mais reste sur le voyage. ; à droite, l’animal chute et sa charge s’amenuise, puis se réveille lors du retour à gauche. Le novillero alterne désormais sur les deux bords avec des séries courtes et doit ramener au centre son eral qui cherche les planches. Echec à l’estocade avec quatre pinchazos verticaux plus ou moins profonds suivi d’une entière. Mort au centre alors que l’avis sonne (onze minutes) et salut aux tiers.

2ème : negro meano reçu par véroniques, chicuelinas et larga. Quite de Parejo par véroniques lentes et larga, auquel Juliàn répond par delantales et larga. Là, nous avons droit à trois paires de banderilles (ce sera la seule fois sur les quatre lidias) du novillero, dont deux à cornes passées. La faena débute par des passes hautes, suivies de derechazos donnés en reculant légèrement ; à gauche, Juliàn bouge beaucoup, torée trop précipitamment et c’est son adversaire qui mène les choses à sa guise. Les bernadinas finales se soldent par une poursuite. Entière au milieu du dos et trois quarts de lame basse verticale et en avant. Salut aux tiers demandé de façon confidentielle et applaudissements mérités à l’arrastre de cet eral intéressant et mobile jusqu’au bout.

3ème : càrdeno claro, armé gachito, prend la cape en « faisant l’avion » ; quite de Juliàn par véroniques et revolera tandis que Parejo, dominé, voit le sien avorter. Banderilles sans poursuite, avec un « loupé » en guise de 3ème paire. A la muleta, l’homme baisse la main mais oublie de se croiser, ce qui vaut d’être soulevé sans mal apparent. Quelques passes surprenantes car avec la sortie donnée par le haut alors que nous sommes en fin de faena, suivies de circulaires genou ployé (pour corriger le tir ?). Entière tombée et oreille gentille.

4ème : càrdeno oscuro bragado, armé plus long et vers le bas, le 1er à remater aux planches, reçu par farol à genoux avec désarmé ; quite en tablier de Parejo. Banderilles sans poursuite, avec une paire à cornes passées et un quiebro. Entamant sa faena aux planches, Juliàn subit un nouveau désarmé, puis torée au centre par naturelles données sur le pico. L’animal est noble tout en encensant dans le leurre et désarme de nouveau le novillero puis le poursuit sur une tentative de circulaire inversée citée de loin. Encore un final laborieux avec trois quarts de lame très en avant, deux pinchazos, trois quarts de lame verticale dans le cou et deux descabellos entrecoupés de démarrages avec poursuites. Avis à onze minutes et à treize minutes cinquante, silence.

Logiquement, le vainqueur de cette finale est Parejo, qui, lui au moins, a mis une estocade correcte, la seule de la matinée.

Présidence trop complaisante pour tronquer les tercios de banderilles, en retard pour sonner les avis, par ailleurs mélomane à l’excès.

 

DAX - Samedi 17 août 2019 (après-midi)

Corrida de Ana ROMERO pour Domingo LOPEZ CHAVES (rouge fané à parements blancs et or), Pepe MORAL (rouge sang à parements blancs et or) et Adrien SALENC (coquille d’huître à parements blancs et or).

            Lot juste de présentation et d’armures. Même si l’on sait que les toros de cet encaste ne sortent en général pas armés comme des aurochs, il y a des limites. De plus, quasiment tous étaient faibles, d’où des tercios de pique minimalistes. Le scandale est venu avec le sobrero sorti en 5 bis (cf infra). Quand on se dit et / ou se veut arène de 1ère catégorie, il y a un minimum de respect à avoir pour l’aficionado, qui n’est pas que le « cochon de payant », d’autant plus que le sorteo mentionnait un second sobrero, de José CRUZ ; pourquoi ne pas avoir sorti ce dernier ? Dans ce contexte, quid des hommes ? Lopez Chaves, toujours professionnel, a eu un comportement surprenant au 4ème, Moral, comme souvent, n’a pas forcé son talent, et Salenc faisant les choses avec sérieux, a bien tiré son épingle du jeu ; pourvu qu’il continue sur ce chemin !

1er (4 ans 9 mois, 515 kg) : càrdeno claro long à fixer, il manifeste de suite sa faiblesse dans les véroniques templées de Lopez Chaves. Le picador ne se place pas face au toril ; une pique légère, le cornu s’affaisse, une autre en forme de vaccin, et c’est tout. Et pourtant, l’animal suit au 2ème tiers. Au 3ème, face à une charge longue et noble, le torero, vu la faiblesse, n’oblige pas son opposant, se centre peu à peu et le cadre en une trinchera. Mete y saca, entière penchée en avant, descabello, avis et applaudissements.

2ème (4 ans 10 mois, 520 kg) : càrdeno oscuro armé brochito. Après une mise en suerte bâclée, il pousse par à-coups  sous la 1ère pique puis prend la 2ème, courte, au galop. Banderilles correctes, sans poursuite, avec une 2ème paire exposée. A la muleta, la charge est plutôt vive mais heurtée ; après doblones avec changement de main, Moral « torée » par demi-passes données à bonne distance. Pinchazo porté tout aussi prudemment, quasi-entière basse et silence.

3ème (4 ans 10 mois, 520 kg) : càrdeno claro la réception soignée, par véroniques et demie, est applaudie. Le toro s’échappe à la mise en suerte ; la 1ère pique, en arrière, est peu appuyée et  la 2ème, prise tête haute, est tout aussi brève. Poursuites molles au 2ème tiers, avec affalement à la 1ère paire. Salenc s’applique à bien faire, citant muleta en avant, se croisant et baissant la main ; son adversaire tantôt se montre soso, tantôt donne des coups de tête dans le leurre, provoquant ainsi un désarmé. Entière tombée d’effet immédiat et oreille.

4ème (5 ans 7 mois, 525 kg) : enfin un toro bien armé, veleto, càrdeno claro. Lopez Chaves doit le sortir des planches en reculant. Poussée sans excès (!) à la 1ère pique, correcte ; la 2ème, prise de près, est trasera et brève. Poursuites irrégulières aux banderilles. Le cornu se retourne vite sur les doblones, et le matador prend la gauche de suite ; il reste sur le voyage mais fait ce qu’il peut pour allonger la charge, baisse la main progressivement et se croise seulement en fin de faena. Il peine à cadrer, loge une demi-lame en avant, un quart de lame au même endroit puis une entière plate. Pourquoi attendre alors qu’a sonné le 2ème avis ? Division pour l’homme, applaudissements pour l’arrastre (et peut-être aussi pour tromper la morosité ?).

5ème (5 ans 8 mois, 535 kg) : càrdeno très armé, astifino, il met les cornes dans le sol et sort probablement blessé de de l’épisode ; nouvelle mise en suerte bâclée, le toro s’affaisse sous la pique, le public proteste, et le président sort le mouchoir vert. Le sobrero, càrdeno oscuro salpicado, du même fer (4 ans 5 mois, 505 kg annoncés) déclenche une bronca sonore à sa sortie, de par son (petit) gabarit et surtout de par son (manque d’) armure, ridiculement courte ; la lidia se déroulera sous les protestations puis sous les quolibets. Pour arranger les choses, ce très peu cornu est faible lui aussi, de sorte que la 1ère pique est levée de suite et la 2ème se résume à un picotazo. Agenouillement à la 1ère paire de banderilles et arrêt du tercio à la 2ème. La faena débute sous des i Olé ! moqueurs, et le bovin trébuche sur les derechazos lents du torero. Ce dernier sert des naturelles sans obliger l’animal, qui retrouve un peu de charge après des temps de repos. Final par trincheras et échec à la mort avec trois pinchazos, dont un a recibir surprenant, entière tombée verticale et deux descabellos avec démarrage. Bronca générale.

6ème (4 ans 10 mois, 520 kg) : negro entrepelado armé correctement qui prend une pique brève puis, placé au centre, pousse modérément à la 2ème. Trébuchement puis poursuites aux banderilles. Des doblones élégants sont gâchés par de nouveaux trébuchements et Salenc constate très vite que son toro ne passe plus à droite et se retourne vite à gauche ; le retour à droite confirme l’extinction des feux, déjà pas très ardents au départ. Passes de châtiment, entière basse portée loyalement, mort au toril et silence dans un mélange d’indifférence et d’écoeurement. 

                Bien sûr, bronca finale, amplement méritée.

                Présidence correcte et pas de tout repos de Guy Bournac, assisté de Nicolas Pétriat et de Nathalie Neaume.