PARENTIS en BORN  – Samedi 10 août 2019

Novillada de AGUADULCE et José Maria ARISTRAIN DE LA CRUZ (même origine : Carlos NUÑEZ) pour Aquilino GIRON (blanc et argent), Emilio SILVERA (bleu ciel et or) et Héctor GUTIERREZ (rose des sables à parements jais et or).

Que dire de cette novillada sinon que, après la course intéressante des mêmes fers vue l’an dernier ici, nous espérions un peu voir la même, oubliant, en tant qu’aficionados rêveurs, que les répétitions d’élevages se passent en général plus ou moins bien, et surtout plus ou moins mal. De là vient la déception générée par ces novillos, certes bien présentés, mais manquant de beaucoup de choses, et avant tout de forces et de fond, au moins pour les quatre premiers, sans parler des lidias, ou plutôt des absences de lidia à en pleurer ; et pourtant, plusieurs sont morts au centre, bouche fermée. Mais que demandons-nous ? En fait, peu de choses : des lidias propres. La fin, particulièrement lamentable, m’a fait avoir une pensée pour ceux qui voyaient leur première course ; espérons qu’ils reviendront quand même … A la sortie, j’ai été surpris par la réaction, pour moi exagérée, venant d’aficionados con criterios, comme si c’était la première fois qu’ils voyaient une « mauvaise course ».

1er (3 ans 7 mois) : lourd, allant du colorado claro au jabonero, astillé à droite (annonce faite au micro), mal piqué en deux rencontres ; il s’échappe pour une pique au milieu du dos, poussant d’abord modérément puis obtenant la chute du cheval, sort seul d’une autre pique aussi mal placée et appuyée, et enfin revient pour une 3ème, courte. Aux banderilles, il s’effondre à la 1ère paire, correcte, mais suit, mollement puis mieux, aux deux suivantes. A la muleta, il n’a pas besoin d’être doublé pour mettre les cornes dans le sable puis serre à droite et chute. Tardo à gauche, il revient sur l’homme et s’éteint lors du retour à droite. Entière tombée et en avant avec accrochage, descabello et applaudissements.

2ème (3 ans 9 mois) : negro plus fin d’armure moyenne, bien reçu par véroniques pieds joints. Il secoue sous une pique correcte et courte puis, après une mise en suerte en trois « manches », se montre tardo ; le picador manque sa cible, ce qu’il fera encore à la 3ème rencontre, et on en restera là ; autant dire que ce novillo n’a que peu été piqué. Attente des hommes au 2ème tiers et poursuites molles ; à noter une 3ème paire exposée. La charge vive au 3ème tiers dure moins de trois minutes ; Silvera toréée avec le pico, se fait avertir sur un pecho, et voit rapidement son adversaire se défendre sur place. Pinchazo bas, quart de lame plate, entière et deux descabellos. Silence.

3ème (3 ans 8 mois) : negro liston, armé vers l’avant et un peu fermé, de charge courte et irrégulière. En l’absence d’une lidia digne de ce nom, sans mise en suerte, il prend une pique carioquée, chute à deux reprises et revient pour une 2ème levée de suite. Poursuites aux banderilles. Le novillo cherche l’homme à droite dès l’entame de la faena, et ce n’est guère mieux à gauche. Dépassé, Gutierrez renonce, arrive à donner quelques passes de châtiment et tue d’un bajonazo. Applaudissements (à qui, à quoi, pourquoi ?).

4ème (3 ans 8 mois) : negro fin de ligne, astifino, coureur. Il sort d’un choc au burladero (provoqué ?) avec le piton gauche éclaté. Deux piques, la 1ère au milieu du dos, replacée au même endroit puis quelque peu avancée avec deux trous supplémentaires (l’art du pointillé ?), la 2ème un peu mieux mais encore trasera. Banderilles à cornes passées et sans poursuite. Après deux tercios sabotés de la sorte, Giron fait preuve de mauvais goût en brindant son novillo au public ; noblote, l’animal fait illusion sur trois séries puis fléchit sur ses boulets ; une série de naturelles nous sort brièvement du néant. Devant le manque de fond de son opposant, l’homme aurait peut-être dû ménager des temps de repos entre les séries. La mise à mort, lamentable, complète harmonieusement ce qui a précédé, avec cinq pinchazos portés depuis la rocade et deux descabellos avec démarrage. Avis et silence.

5ème(3 ans 7 mois) : negro astifino, armé large ; la réception est soignée. Le novillo pousse sous une 1ère pique, prise tête haute, pompée et vrillée ; pour la 2ème, en place, il sort seul après avoir dû être placé et replacé, se moquant éperdument du cheval. Néanmoins, il suit aux banderilles. Bien que son opposant sorte tête haute de chaque passe, Silvera ne baisse la main que sur une série et ne se croise qu’à l’occasion. Les quatre naturelles finales, de face mais avec le leurre accroché, montrent que le novillero n’a pas dominé son sujet. Demi-lame basse et en arrière, deux descabellos avec démarrage, deux avis et silence.

6ème(3 ans 9 mois) : negro bien armé et coureur qui, violent dans la cape, domine de suite Gutierrez. Il vient sur l’homme lors de la mise en suerte, ou plutôt de la tentative et va seul au cheval, que, sous une pique dans l’épaule puis rectifiée, il soulève ; il s’échappe de nouveau pour une pique en arrière et revient pour une 3ème. La cuadrilla, dépassée, réalise le 2ème tiers comme elle peut, et le président arrête sagement le pensum après la pose de deux paires. A la muleta, la panique succède à la peur et asseoit la domination du novillo, l’homme marchant à reculons devant lui. Pas une passe ne sera donnée et le pauvre Gutierrez vivra le calvaire pour mettre son adversaire à mort. Deux piqûres à distance, lame sous-cutanée, tiers de lame en travers, tandis que Giron, en vrai chef de lidia, tente de réconforter son compagnon ; au moins quatorze descabellos, entre démarrages et poursuites, nous mènent tout près du 3ème avis. Petite bronca.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 11 août 2019

Novillada du Centenaire de la corrida à Parentis en Born , avec six novillos d’élevages choisis parmi ceux qui ont marqué l’histoire des arènes, pour Juan Carlos CARBALLO (rose et blanc), José CABRERA (bleu roi et or) et Cristobal REYES (rouge basque à parements blancs et or).

Enfin des novilleros qui banderillent, au moins pour deux d’entre eux !

1er : RASO DE PORTILLO (3 ans 4 mois) ; negro entrepelado armé correctement sans plus. La réception, appliquée, est un peu heurtée. Il vient au pas pour une pique posée volontairement en arrière, de plus pompée ; après une mise en suerte laborieuse, la 2ème est mieux placée, les deux étant subies sans entrain, comme le seront les poursuites aux banderilles. Après des doblones légers en allant vers le centre, la 1ère série de derechazos est prudente et la suivante donnée en perdant du terrain. La musique serait-elle lancée pour calmer les vociférations de certaines peñas ? La 3ème, citée de loin, est courte ; suit un passage à gauche peu concluant. Nouvelle série à droite et de profil, trinchera, et Carballo n’arrive pas à arrêter un novillo jamais vraiment dominé. Entière tombée portée al encuentro (subi ?), avis et oreille sur demande que j’ai vue limite ; le Raso, applaudi à l’arrastre, méritait mieux.

2ème : PRIETO DE LA CAL (3 ans et demi) ; jabonero sucio quelque peu efflanqué d’armure correcte, long à fixer. Il cogne et s’abîme le piton gauche. Pas arrêté, il prend une pique basse et courte puis, remis au centre, vient au trot pour ne rien montrer. 2ème tiers à la charge de Cabrera, correct et avec poursuites. Après des doblones rugueux, le novillo révèle une charge chiche à droite tandis qu’à gauche, il s’arrête au niveau du leurre et cherche l’homme. Ce dernier insiste à droite par demi-passes et conclut par pinchazo vertical, entière en place et quatre descabellos. Silence.

3ème : VALDELLAN (3 ans 5 mois) ; negro mulato qui, lui aussi, se fait éclater le piton gauche en cognant. La réception, par véroniques posées, est suivie de deux largas. La 1ère pique, posée au milieu du dos, est rectifiée et la 2ème, prise au galop, est, elle, vrillée ; pourquoi pas une 3ème ? Reyes banderille correctement son adversaire,  qui suit en accélérant, mais que de capotazos ! Débutant sa faena à genoux, il se fait accrocher sur le pecho puis doit sortir son novillo des planches ; la 2ème série à droite se solde par une poursuite vers la querencia. L’homme ramène l’animal au centre, prend la main gauche puis se résout à le toréer là où le cornu l’a décidé. Encore deux séries et extinction des feux. Peinant à cadrer, Reyes en termine par une entière en place au prix d’un nouvel accrochage et deux descabellos. Avis, mort au toril et salut aux tiers.

4ème : PABLO MAYORAL (3 ans 8 mois) ; long càrdeño acapachado qui se montre d’abord peu intéressé par les capes. Après une mise en suerte cafouillée avec désarmé, le novillo gratte, recule puis consent à venir pour une pique en place mais remise plus en arrière ; Carballo est de nouveau en difficulté pour replacer son opposant que, de nouveau, le picador doit aller provoquer. Attente des hommes et pas de poursuite au 2ème tiers. Noble, de charge lente, l’animal donne un coup de tête à la fin de chaque passe et finit soso. Faena trop longue, conclue d’une entière contraire ; quelques applaudissements.

5ème : LOS MAÑOS (3 ans 5 mois) ; lourd negro mulato bragado bien reçu. Enfin une vraie poussée sous une pique un peu en arrière ; le novillo se rapproche puis vient au galop à la 2ème, brève, effectue une vuelta de campana et en prend une 3ème en venant de près ; le picador a été globalement correct. Poursuite aux banderilles de Cabrera. Après une conduite au centre par doblones, la 1ère série à droite, correcte, déclenche la musique. Le novillero observe des temps de repos, et l’animal vient bien dès qu’il se croise, mais l’homme doit le sortir par trois fois du toril. La faena, courte, est conclue de deux pinchazos profonds avec poursuite aux planches et d’une entière verticale tombée. Mort au toril et vuelta, pour moi généreuse au vu de la fin, pour la dépouille de Segoviano, suivie de celle de Cabrera, accompagné d’une jeune fille (fille de l’éleveur ?).

6ème : RASO DE PORTILLO (3 ans 4 mois) ; remplace l’exemplaire prévu de TABERNERO DE VILVIS, ainsi que les deux remplaçants successifs, l’un mort, les autres s’étant cassé une corne. C’est un negro lucero qui désarme Reyes et va seul au cheval pour une pique en arrière suivie d’une autre basse, les deux prises avec une poussée modeste. Banderilles médiocres de la cuadrilla, limitées à deux paires. L’homme double sérieusement son novillo puis sert des derechazos propres et templés. Le cornu devient tardo et distrait, le novillero insiste puis opte pour de nouveaux doblones après avoir constaté que son adversaire s’est « réveillé » pendant le changement d’épée. Entière en place portée avec foi et oreille.

Présidence de Bernard Sicet.