VIC FEZENSAC - Samedi 19 juin 2018 (matin)

Novillada de quatre « EL RETAMAR » pour Miguel Angel PACHECO (rouge basque et or) et Yannis DJENIBA « EL ADOURENO » (bleu à parements jais et or).

Novillos sérieux, bien présentés et bien armés, qui sont venus au cheval sans rechigner mais sans s’employer outre mesure et ont ensuite montré des comportements différents, entretenant ainsi l’intérêt de cette course du matin.

1er (3 ans 4 mois) : colorado claro, sort abanto puis vient bien au cheval pour prendre trois piques de plus en plus courtes dans ce qui est en fait un ersatz de tercio de varas. Poursuite aux banderilles. Le placement marginal de Pacheco à droite lui vaut un avertissement et les retours secs de son adversaire à gauche l’obligent à reculer. La charge se raccourcit et le retour à droite se passe dans la difficulté. Le novillero pense enfin aux passes de châtiment mais se fait désarmer ; quand rien ne va … Bajonazo applaudi (!) et mort au centre. Le salut aux tiers m’a quelque peu surpris.

2ème (3 ans 2 mois) : un long colorado claro bragado qui sort prudemment puis se montre circonspect face aux capes et serre à gauche. Il saute à la tête du cheval et prend une pique appuyée dans l’épaule, une 2ème, vrillée, dans l’autre épaule (ce picador a le sens de la symétrie), une 3ème très en arrière, sortant de suite et, pour finir, une 4ème, enfin correcte ; à noter que les quatre mises en suerte ont à chaque fois placé le novillo à la même distance. Banderilles sans poursuites. El Adoureño ne double pas un animal qui, bien que de peu de charge et allant aux planches, lui saute au visage, cogne dans la muleta puis l’avertit à gauche et ne pense qu’à aller au toril. Le novillero aura « séché » devant ce manso il est vrai pas commode. Arrivent enfin les passes de châtiment, suivies de deux tiers d’une lame verticale portée comme par surprise et de cinq descabellos. Mort au toril, silence, et musique déclenchée dès l’accrochage de la dépouille.

3ème (3 ans 4 mois) : beau colorado, astifino, qui charge mufle au sol et s’échappe pour prendre une pique mal placée ôtée de suite ; suivent une 2ème pique, en arrière et elle aussi levée de suite, puis une 3ème enfin correcte. La 3ème paire de banderilles est spectaculaire, le peon se couchant quasiment sur le frontal pour clouer. L’animal baissant la tête mais trébuchant, Pacheco le ménage en toréant à mi-hauteur et en lui laissant des temps de repos ; c’est propre, mais long, d’autant plus que la musique a été déclenchée de suite et pour moi sans raison. Deux circulaires inversées pour plaire (au moins à certains), passes aidées, tiers de lame en avant et entière tombée en s’engageant. Avis ponctuel, oreille sur demande limite et bien sûr applaudissements à l’arrastre.

4ème (3 ans 5 mois) : autre beau colorado claro, bizco mais astifino, coureur ; rien à la cape. Il malmène cheval et cavalier lors d’une 1ère pique longue et en place, en prend une autre mal placée et levée de suite puis, remis loin, se rapproche pour une 3ème correcte et courte, et enfin vient facilement du centre pour la 4ème. Il aura fallu attendre ce dernier novillo pour voir enfin un tercio de piques digne de ce nom, qui déclenche une ovation méritée pour Laurent Langlois. 2ème tiers correct et poursuites molles. Devant cet animal noble, qui vient de loin, le novillero débute sa faena par deux passes changées au centre puis procède par séries courtes, réclame la musique de façon peu élégante, faisant au passage un geste de mépris envers son novillo. Il ne comprend pas que le public lui demande simplement d’être sérieux et croit bien faire en « nous » donnant une circulaire inversée, justement sifflée. Cela continue en répondant aux remarque et injonction « pico » et « sitio » par une nouvelle circulaire ! Désarmé pour couronner le tout, passes aidées basses tardives, ¾ de lame basse et descabello. Mouchoir bleu et silence pour l’homme qui, espérons-le, se rendra compte a posteriori qu’il a gâché un bon, voire excellent, novillo.

Présidence correcte de Pierre Caunille, assisté de Pascal Londero et de Thomas Couach.

Paseillo retardé de dix minutes (en fait sept) « parce que les gens se lèvent tard » ! On croit rêver … enfin, un mauvais rêve.

 

VIC FEZENSAC - Samedi 19 juin 2018 (après-midi)

Corrida composée de trois  VALDELLAN et de trois LOS MAÑOS pour Manuel ESCRIBANO (bleu roi à parements blancs et or), Sergio FLORES (banane et jais) et Sebastian RITTER (fraise et or), remplaçant Manolo VANEGAS, blessé.

Cette corrida présentait bien … sur le papier, et ce fut une déception. Non pas que les toros aient été mal présentés, pas du tout, mais leur comportement a beaucoup laissé à désirer, c’est le moins que l’on puisse dire. Quant aux hommes, ils sont mis à l’unisson, en laissant la composante « lidiador » de leur métier dans leurs chambres d’hôtel. Le genre de course dont on peut sortir avec une impression bizarre de choses confuses, avec une alternance de moments d’intérêt et de moments d’ennui ; après, c’est une question de dosage …

1er, VALDELLAN (5 ans 4 mois) : negro bien armé, reçu par larga à genoux. Mis en suerte au milieu de la piste, il prend une pique bien en arrière, une 2ème mieux placée et l’on arrête là, alors que peut-être voir une 3ème n’aurait pas été inintéressant. Escribano banderille sans brio, le toro suivant. L’animal trébuche sur les doblones d’entame puis s’agenouille tant à droite qu’à gauche. Après s’être un peu croisé, le torero revient au placement marginal, et le public le lui fait savoir ; prolongeant trop sa faena, il se fait promener par son opposant et tue d’une entière caidita et en avant. Silence. Tiens … aujourd’hui, la musique attend la sortie de l’arrastre pour jouer.

2ème, LOS MAÑOS (4 ans 1 mois) : beau càrdeno oscuro bien armé, reçu élégamment par Flores. Il pousse sous une pique basse et trasera ; replacé au centre, il vient au galop pour une 2ème brève ; enfin, placé cette fois plus près, il se contente de secouer. Poursuite des hommes aux banderilles. La faena débute par un avertissement à droite sur des doblones suivi d’un autre à gauche sur les premières naturelles. Probablement déstabilisé, Flores n’insiste pas et abrège par passes de châtiment. Deux pinchazos portés prudemment, entière en avant et le public fait savoir au matador par ses sifflets qu’il a plié bagages un peu vite à son goût.

3ème, VALDELLAN (5 ans 1 mois) : un negro bragado lucero qui se met à boiter et est changé après avoir pris une pique dans l’épaule. Entre un autre VALDELLAN (5 ans 2 mois) d’armure moyenne qui occasionne un 1er tercio spectaculaire : 1ère pique en s’échappant et culbutant la cavalerie, 2ème basse, 3ème en désarçonnant le picador. Une banderille dans chaque flanc et une paire font quatre. Ritter entame sa faena par statuaires puis se fait avertir à droite ; il continue cahin-caha, cédant du terrain à chaque passe ; cependant, lui au moins ne renonce pas et conclut par pinchazo et demi-lame en avant. Silence, alors qu’un salut pour le courage ne m’aurait pas choqué.

4ème, LOS MAÑOS (4 ans 1 mois) : burraco corpulent reçu par deux largas à genoux et mal piqué en trois rencontres : 1ère en arrière et poussée, 2ème, tardo, au milieu du dos, 3ème, tardo de nouveau, appuyée. Les banderilles d’Escribano sont cette fois plus sincères, avec poursuites. Le torero reste marginal face à un toro qui met la tête mais passe avec difficulté à gauche ; sur le retour à droite, l’animal se met à sortir distrait de la passe et se rapproche du toril. L’homme en profite pour abréger par mono-passes. Pinchazo, entière basse portée al encuentro probablement pas voulu, et le toro se relève par deux fois à la vue du puntillero. Avis, légère division pour le matador (qui n’aura pas forcé son talent aujourd’hui ou bien aura montré ses limites sans équivoque) et applaudissements pour l’arrastre.

5ème, VALDELLAN (4 ans 1 mois) : negro bien armé, corne gauche escobillée, rien à la cape. Une pique en arrière, cavalier couché sur le toro et deux autres après s’être rapproché pour rester passif. L’engagement du cornu continue en se figeant aux banderilles (deux plus une plus une égalent quatre). Il se révèle noble mais brusque de charge dans la muleta de Flores qui lui sert une faena principalement composée d’adornos et s’arrête vite, le toro s’éteignant. Une passe dans le dos osée, une entière en avant et six descabellos avec raccompagnements (un voyage aller vers le centre et un retour vers les planches) et démarrages. Avis et sifflets, l’homme s’éloignant de son adversaire encore en vie. Un toro pas intéressant et dangereux.

6ème, LOS MAÑOS (4 ans 2 mois) : negro armé court. Une pique dans l’épaule sans mise en suerte, une autre correcte, une 3ème manquée puis en place mais pompée i Olé ! Poursuites sans ambiguïté au 2ème tiers. Doublé soigneusement, le toro regarde l’homme puis l’avertit à deux reprises. Ritter, ne sachant trop quoi faire, abrège par passes de châtiment et conclut laborieusement avec pinchazo profond, mete y saca, demi-lame portée prudemment et descabello. Silence. Ce toro aura, malgré sa médiocrité, réussi à mener les « débats » du début à la fin de sa vie publique.

       Présidence sans histoire de Joaquin Camacho, assisté de Pascal Lavigne et de Jean-Franck Passicos.

     

VIC FEZENSAC - Dimanche 20 juin 2018 (matin)

Corrida concours dédiée à l’encaste SANTA COLOMA pour Domingo LOPEZ CHAVES (rouge basque et or), Pepe MORAL (gris à parements blancs et or) et Tomàs CAMPOS (nacre et or).

1er, LA QUINTA (5 ans 7 mois) : càrdeno bragado armé correctement mais très, voire trop lourd, reçu par une larga à genoux et bien piqué par Oscar Bernal, avec le respect de l’éloignement progressif lors des mises en suerte. 1ère pique courte, 2ème avec choc dans le cheval et poussée, 3ème en venant de loin et au galop ; le picador est ovationné. 2ème tiers correct avec poursuites molles. A la muleta, Lopez Chaves torée proprement, avec temple, allongeant le bras, s’adaptant remarquablement à son toro, noble et de charge lente, lui ménageant de ce fait des temps de repos entre les séries. Final par doblones et changement de terrain pour le cadrer plus aisément. Ce travail intelligent se termine hélas moins bien avec deux demi-lames en suerte naturelle, trois descabellos et un salut au centre digne. Le refus du mouchoir bleu pour le toro, refus pour moi justifié par le fait qu’il n’est pas allé a mas au 3ème tiers, alimentera les conversations de l’après-midi et même du lendemain. Avis à onze minutes et ovation méritée pour la dépouille d’Olivito.

2ème, PILAR BUENDIA PALLARES (4 ans 4 mois) : beau càrdeno fin de ligne et d’armure, avec ce regard caractéristique de l’encaste, qui remate aux planches. Il vient bien pour trois piques à la charge de Francisco Romero, 1ère placé trop loin et en arrière, 2ème encore en arrière, 3ème courte, puis ne suit pas les hommes aux banderilles. D’abord de charge franche, il est toréé main haute et sur le pico par Moral, plus effectiste que torero, puis il s’éteint, et l’homme insiste au lieu d’abréger. Pinchazo et entière basse au centre, silence pour le matador et applaudissements pour l’arrastre.

3ème, Héritiers de Christophe YONNET (4 ans 4 mois) : ce toro remplace le FRAILE prévu et mort au campo ; il sera lidié hors concours, puisque n’appartenant pas à l’encaste Santa Coloma. C’est un negro fin et bien armé qui désarme Campos puis se montre tardo pour prendre passivement trois piques (Manuel Burgos), étant placé d’abord trop loin, puis encore plus loin, puis plus près, vu son entrain pour venir. Rien non plus au 2ème tiers. Face à un animal noble mais sans intérêt, l’homme essaie de faire les choses bien mais n’arrive pas à enchaîner et a le tort de poursuivre alors que la charge s’est épuisée. Entière tombée et en avant, six descabellos, avis et silence.

4ème, SAN MARTIN (4 ans 1 mois) : bragado charpenté et armé correctement, ce toro remplace l’exemplaire de VINHAS qui s’est abîmé les cornes lors du débarquement. Lopez Chaves le reçoit par deux largas à genoux puis peine à l’arrêter pour la mise en suerte ; 1ère pique (Francisco Javier Gonzalez) correcte avec poussée de la corne gauche, 2ème en venant au trot et en crabe, rectifiée, 3ème en venant cette fois au pas. Poursuite molle aux  banderilles. Le 3ème tiers montre un animal qui boitille de l’arrière, se met sur la défensive et se retourne sur place. Le torero réussit à allonger un peu la charge à droite, tandis que cela ne passe pas à gauche. Retour à droite, passes de châtiment et nouvelles difficultés à la mort avec ¼ de lame plate, deux pinchazos et ¾ de lame, plate de nouveau. Silence et sifflets à l’arrastre.

5ème, Ana ROMERO (4 ans 4 mois) : càrdeno oscuro bien armé, bien reçu par véroniques, chicuelina et revolera. Rien à voir sur les trois piques de Juan Antonio Carbonell, poursuites aux banderilles puis, à la muleta, ce toro se met à tomber et retomber. Moral réussit ensuite à le tenir à peu près debout, mais c’est la soseria qui se met alors en évidence ; deux séries de naturelles un peu plus animées précèdent un estoconazo, l’épée résultant plate et contraire, et ce toro qui ne tenait pas debout se relève à la vue du puntillero. Applaudissements discrets.

6ème, LOS MAÑOS (4 ans 1 mois) : càrdeno claro, reçu par véroniques genou ployé et demie. Entre Gabin Rehabi, qui se révèlera le Gabin des mauvais jours ; toro placé trop loin, 1ère pique en trois trous, 2ème en deux trous, vrillée et appuyée en carioca, 3ème en venant au galop, dans l’épaule. Comme quoi mieux vaut attendre la sortie du picador pour l’applaudir … Poursuites franches aux banderilles. A la muleta, l’animal charge mufle au sol ; Campos débute sa faena laborieusement puis se croise à droite. Le passage à gauche se fait sans conviction, et l’homme n’est pas loin de se faire accrocher. Conclusion par pinchazo profond, 1/5ème de lame, mete y saca, demi-lame et descabello. Sifflets pour un beau gâchis.         

Présidence solide de Philippe Lalanne, assisté de Pascal Darquié et de Mathieu Cazalet.

 

VIC FEZENSAC - Dimanche 20 juin 2018 (après-midi)

Corrida de RASO DE PORTILLO pour Octavio CHACON (vert prairie et or), Antonio NAZARE (bleu nuit à parements blancs et or) et Alberto LAMEMAS (blanc et jais).

  Un lot dans lequel on a pu trouver « à boire et à manger ». Une fois de plus, les carences dans la lidia ont contribué à générer quelques moments d’ennui, mais le 3ème, exigeant, et le 4ème, manso, ont relevé le niveau d’intérêt de l’ensemble. Quel organisateur aura l’idée -et le courage- de présenter un lot de six (ou même trois seulement) « El Quiñon » ?

1er (4 ans 2 mois) : negro lucero cornicorto, réception propre de Chacon, trois piques correctes de Juan Melgar (1ère posée après contact) prises normalement sans plus, puis poursuite des hommes au 2ème tiers. A la muleta, le torero gère avec calme et vista un toro qui le cherche, l’avertit puis lui vient dessus ; il procède par séries courtes sur les deux bords et termine dans le berceau. Echec à la mort avec pinchazo bas, mete y saca, tiers de lame basse, ¾ de lame très basse et descabello. Avis, salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre (?).

2ème (4 ans 5 mois) : negro sans excès de poids qui domine l’homme d’entrée de jeu et s’échappe pour une pique basse, appuyée et poussée (Antonio Galvàn) ; remis en suerte assez loin, il se rapproche puis secoue ; 3ème en place mais vrillée. Le cornu se bloque aux banderilles, avec deux passages en faux pour quatre palos plantés. Nazaré se montre prudent à droite, alors que la charge est plutôt franche de ce côté, et procède en s’aidant de l’épée sur la gauche, moins fréquentable. Tiers de lame, bajonazo, silence et nouvel arrastre applaudi.

3ème (4 ans 5 mois) : Lamelas est appelé à saluer en piste avant la sortie d’un magnifique castaño liston bien armé et marqué du fer d’EL QUIÑON. Chacon, en chef de lidia efficace, supplée par deux fois à une cuadrilla lamentable pour éviter que le toro fonce seul sur le cheval ; la 1ère pique (David Prados) est prise au galop, Alberto est dominé sur la mise en suerte pour une 2ème bonne pique correcte, la 3ème est plus banale. Le 2ème tiers se déroule dans la peur, l’animal voyant tout, faisant ce qu’il veut depuis un moment et blessant un peon au bras suite à une chute. A la muleta, ce sont des doblones rapides puis une faena style combat de rue, avec une charge courte et des retours secs, surtout à droite, la corne gauche s’avérant quelque peu moins chercheuse. Le manque de dominio du matador se paie par des démarrages au moment de monter l’épée ; deux tiers de lame basse et en avant, autre lame plus basse portée a recibir (subi), salut aux tiers et, cette fois, vrais applaudissements pour un toro qui s’est fait respecter.

4ème : (4 ans 2 mois) : negro plus léger, armé vers le haut de deux poignards, distrait. Mis en suerte bien assez loin, il pousse, secoue et est long à sortir ; suivent cinq refilones avant que Santi Pérez coince ce manso dans une carioca justifiée. De fait pas vraiment fixé, il va où il veut au 2ème tiers, arrêté à quatre banderilles. Chacon le double en reculant (pour lui « donner confiance » ?) mais il doit constater que c’est désespéré, le toro sortant de la passe tête haute et cherchant de tous côtés. Au milieu des capes qui volent, il tente de tuer honnêtement avec trois fois ¼ de lame, pinchazo, entière basse en avant et trois descabellos. Cet animal dur, manso, de caste incertaine, résiste bouche fermée avant de sortir sous une division d’opinions.

5ème (4 ans 5 mois) : negro liston bien armé, pas fixé au capote. Deux piques basses et appuyées d’Espartaco, une 3ème an arrière, et ce toro marche sans arrêt. Entre passages en faux et poses manquées, il déclenche une belle panique dans la cuadrilla au 2ème tiers. Changement de comportement à la muleta, l’animal devenant soso, avec une charge lente sans problème (au moins vu des gradins). D’abord prudent, Nazaré se croise un peu à droite puis insiste alors que son adversaire charge au pas. Entière en place et quelques applaudissements.

6ème (4 ans 5 mois) : negro liston très armé, reçu par larga à genoux suivie d’un capeo volontaire et court. Une pique en place mais pompée (Prieto), une autre en présentant le cheval de travers, une 3ème de nouveau pompée, le toro s’étant approché pas à pas, Lamelas restant spectateur de ce 1er tercio. A la muleta, le torero se croise et allonge la charge de son opposant, puis ce dernier commence à se retourner sur l’homme ; la faena, prolongée inutilement, comporte au moins deux séries superflues, sur lesquelles « s’empilent » des bernadinas. Pinchazo, demi-lame basse et en avant, descabello, avis et silence.

Présidence de Bernard Sicet, assisté d’Yves Samin et de Patrick Capbern.

 

VIC FEZENSAC – Lundi 21 juin 2018

Corrida de PEDRAZA DE YELTES pour Curro DIAZ  (sang et or), Daniel LUQUE (écarlate et or) et EMILIO DE JUSTO (blanc et or).

Des toros bien assez (trop) lourds et une piste peut-être trop dure ont entraîné plusieurs glissades et dérobades du train arrière ; est-ce la raison de tercios de banderilles bâclés dans la peur ? Toujours est-il que cette corrida a paru très longue jusqu’au 6ème qui, heureusement, sans être un foudre de guerre, nous a sorti de la somnolence.

1er (5 ans 8 mois) : vieux (!) et énorme colorado très armé qui prend trois piques sans montrer grand-chose. Poursuites irrégulières et salut d’un peon aux banderilles. S’adaptant à la faiblesse du train arrière de son toro, Diaz cite de près et torée main haute, sur le voyage, parsemant sa faena de quelques détail « maison » tels que trinchera, changement de main, firma ..  en quelque sorte une faena sans bavure face à un adversaire sans intérêt, qui porte stoïquement ses kilos. Entière bien portée qui résulte basse, salut discret, applaudissements à l’arrastre.

2ème (5 ans 8 mois) : un autre vétéran colorado moins volumineux et armé vers le haut ; à noter une belle demie de Luque. Le toro pousse à la 1ère pique, moins à la 2ème, se rapproche seul à la 3ème, puis arrive sur les piétons en accélérant, occasionnant ainsi deux poses de banderilles manquées. Des doblones très légers sont suivis de derechazos d’abord prudents puis plus sincères et templés, ponctués d’un changement de main remarquable de fluidité. Entière un peu tombée, descabello avec démarrage, salut aux tiers et applaudissements à la dépouille. Onze minutes sans avis.

3ème (5 ans 8 mois) : encore un « vieux de la vieille », castaño bien armé. Il s’échappe au cheval, pousse un peu, tarde à sortir puis vient en trottinant pour la 2ème pique comme pour accomplir son devoir syndical. Trois fois une seule banderille plus une paire à cornes passées. De Justo réalise une longue, trop longue faena ponctuée des chutes de son opposant et termine en lui –et en nous- imposant des passes aidées alors que la charge est devenue symbolique. Pinchazo profond, quasi-entière en place, descabello et applaudissements mesurés aux deux protagonistes.

4ème (5 ans 5 mois) : colorado de poids plus raisonnable armé veleto, qui remate aux planches et est long à fixer. Une longue pique, poussée et appuyée, tardant à sortir, puis deux autres prises en poussant après être venu au pas. Peur au 2ème tiers avec une paire posée de côté, une autre à côté, le tout sans poursuite. D’abord relâché (trop ?), le torero se fait prendre sur la 1ère série de naturelles ; volontaire voire rageur, il revient en piste mais abrège, concluant d’une entière très en avant portée dans une sorte de recibir au ralenti. Salut aux tiers un peu chahuté.

5ème (5 ans 7 mois) : un magnifique castaño armé large, hélas changé suite à un problème au postérieur droit. Entre un sobrero du même fer, negro plus léger, d’armure fine et ouverte. Une pique pompée au milieu du dos, de plus avec la sortie fermée et deux autres courtes, puisque le (sale) « boulot » est fait, venant de loin et entrant violemment dans le cheval. Encore une fois, le 2ème tiers se déroule dans la peur, le toro ralentissant a juridiccion. A la muleta, Luque démarre élégamment, semble calmer l’enthousiasme précoce du public par un geste de la main comme pour dire « Attendez, vous n’avez pas tout vu », puis sert une faena sur mode alternatif, tantôt distant, tantôt plus croisé, tandis que son adversaire, d’abord de bonne charge, s’éteint rapidement. Longueurs au moment du cadrage, demi-lame dans l’épaule (voulue ou bien c’est le toro qui a dévié sa charge ?) et silence.

6ème (4 ans 8 mois) : le « jeunot » du lot, un colorado moins armé et long à fixer. Il pousse et secoue sous une longue pique correcte et pousse de nouveau à la 2ème ; la 3ème, courte et placé trop près, sera donnée sur l’insistance bienvenue du palco, et le picador sort sous les applaudissements. De Justo, toujours aussi bruyant, démarre sa faena sur le voyage, son opposant baissant de ton et, comme par hasard, la charge se réanime quand le torero se croise, mais ce moment ne dure que peu. Suit une séquence de porfia, l’homme arrachant les passes à l’unité, insistant au-delà du raisonnable, et ce qui devait arriver arrive : cogida avec choc au crâne. Il revient en grimaçant, son toro, tête haute, se réfugie aux planches, et conclut par mete y saca et bajonazo. L’oreille est accordée suite à une demande plus hurlante que blanche de mouchoirs ; logiquement, compte-tenu de la lidia et l’estocade, elle n’aurait pas dû l’être, mais la paix sociale dans les tendidos a elle aussi son prix … Rappelons-nous la corrida concours de 2017, avec le même président, et cette oreille « volée » à Lopez Chaves qui avait entraîné le comportement indigne d’une partie du public lors de l’annonce à l’entrée des cinq toros suivants.

Présidence de Marc Amestoy, assisté de Yannick Jaoul et Jean-Michel Lattes.

 

Globalement, une feria vicoise 2018 décevante sauf sur un point : la présentation des toros, dans l’ensemble irréprochable. Cela dit, la caste et la bravoure, variables côté bétail, le niveau technique, le bon et le mauvais vouloir, également variables côté hommes, ont produit une sorte de montagnes russes, avec hélas plus de bas que de hauts en termes d’intérêt. Mais au moins, il n’a pas plu !