Oui

Jean Lacouture s’en est allé. Fin inéluctable d’un personnage qui ne pouvait laisser indifférent. Les hommages ont afflué malgré la période estivale peu propice, laissant croire que les nécrologies sont écrites à l’avance. Nul ne peut nier la place qu’il a occupée dans le journalisme, le vrai journalisme, le journalisme d’opinion, Cet homme respecté parce que respectable n’a jamais rompu avec son Sud-Ouest, nourri d’opéra, de rugby et de corrida. A noter que les commentaires et les témoignages se sont librement exprimés sur sa passion pour la corrida sans la censure ni les réserves souvent habituelles et glissées perfidement quand le fait est évoqué. Un autre signe de la reconnaissance dont bénéficie cet aficionado : ses ouvrages sur la corrida sont difficiles à trouver sur le marché de la bibliophilie et chez les bouquinistes.

Oui

Le Maire de La Brède ne s’en est pas laissé « compter » et demande des « comptes » au jeune torero en recherche de notoriété qui lui a fait faux bond d’une manière désinvolte et contraire à toute éthique. Et que penser du ou des médecins qui ont signé les certificats d’incapacité et de reprise de l’activité. De telles pratiques ne sont pas acceptables même si un renoncement à un contrat peut toujours être envisagé. Istres versus La Brède, le choix invoqué par celui qui se joue la vie ne devrait pas être incompatible avec le respect des aficionados qui lui permettent d’exercer. Il y a des convenances sociales à considérer et sur la forme et sur le fonds ; en l’espèce ce n’a pas été le cas. Les excuses ne suffisent pas, des négociations seraient en cours, soutenons Michel Dufranc dans sa réaction fière et juste.

Et un Non majuscule à un certain organisateur de spectacles qui, n’acceptant pas la réaction de l’édile, promet 2 à 3 contrats à l’impétrant indélicat. Promesse de gascon ? Non, bravade lorsqu’on consulte les cartels de la féria du provocateur né, avec une seule opportunité offerte.

Oui à Morenito de Nîmes qui pouvait espérer un geste pour sa despedida mais le mundillo a la mémoire courte et le 16 septembre 2012 est déjà loin. Il ne doit pas être « negociable » comme l’on dit dans la péninsule.

Un Oui mais

En ce printemps et ce début d’été taurin, l’habit n’a pas fait les moines puisque la présentation irréprochable des taureaux dits de respect n’a pas permis de satisfaire nos attentes. Le jeu servi ni à l’encerrona de Fandiño, ni à la semaine toriste de Madrid, ni à Pampelune, ni à Céret ne nous a pas totalement satisfait. Mais tout n’est pas négatif et la cause n’est pas perdue. Il y a eu en ce début de saison des Baltazar Iban, des Valdellan et des Pedraza de Yeltes qui méritaient plus que le respect qu’on leur porte.

La question du taureau est un sujet inépuisable et incontournable, nous l’avons retenu pour le colloque de notre 99° congrès avec un axe qui doit permettre de confronter nos exigences d’un taureau encasté aux contraintes subies par les éleveurs poussés à produire un taureau commercial. En voilà l’argumentaire :

“Éleveurs de bravos et aficionados, un dialogue essentiel”

« Le toro est la matière première de notre fête. Celui que nous voulons, nous, aficionados fédérés, est beau, armé en pointes, puissant, fort, brave, présent d’un bout à l’autre de la course, capable de s’illustrer au premier tiers, de courir de belles trajectoires au deuxième, de dérouler une noble continuité non dépourvue de fiereza (sauvagerie originelle) au troisième et d’y mourir avec panache. Le tout sans reproduire un aspect et un comportement monotone mais en exprimant les qualités physique et comportementales inscrites dans son encaste ce que permet de moins en moins la généralisation d’un encaste unique. Enfin, nous exigeons que l’intégrité physique de l’animal apparaissant dans l’arène soit respectée et ses cornes irréprochables. Pourquoi leurs éleveurs “fabriquent ”ils des taureaux qui correspondent rarement à nos attentes?

Sans faire preuve d’angélisme, il appartient à la communauté des aficionados de ne pas renoncer à la confrontation des points de vue, en clair il nous appartient de mettre la jambe.

Il est aussi de notre rôle de dénoncer la présentation de certains taureaux en places de première catégorie. Non, les réactions timorées qui prétendent que dénoncer ces faits, preuves visuelles à l’appui, ne sert pas la cause, ne peuvent pas être soutenues. Sans aucun doute, défendre l’éthique de la corrida passe par la dénonciation des comportements déviants.