Le décès la semaine dernière du Maestro Ivan Fandino dans une modeste arène française a donné lieu sur les réseaux sociaux, comme on pouvait s’y attendre, à un déversement de haine, de rage, et d’indécence de la part des fantassins pouilleux du lobby anti-corrida. Inutile donc de revenir sur l’étalage de vulgarité et d’ignorance crasse qui alimente la bave malsaine de ces « défenseurs » de la cause animale pour qui la mort tragique d’un homme ne vaut pas plus que la mort – fut-elle glorieuse – d’un taureau.

En revanche il faut s’arrêter sur cet Himalaya de l’ignoble, sur cet Everest de l’ordure, atteint sur les ondes d’un media d’état – France Inter – le 23 juin dernier : dans une émission plus ou moins dirigée par une animatrice belge qui, de fait, possède un physique de radio, un énergumène improbable et à la voix de crécelle est venu étaler toute son absence de talent et son manque d’humanité en parodiant de manière infâme une chanson populaire. Si le prix de la liberté d’expression est de laisser l’opportunité à des matamores d’opérette de vomir en 140 signes leur exécration frelatée de la tauromachie, il n’est pas acceptable qu’un media financé sur nos impôts autorise un guignol à débiter des horreurs au mépris de la douleur d’une veuve, d’orphelines, et accessoirement, de tous ceux qui se lamentent de cette perte immense. Je dois à l’honnêteté de dire que la camarilla de bobos subventionnés présents sur le plateau était tire-bouchonnée de rire à l’écoute de cette pitoyable parodie. Un rire nerveux, mécanique. Un rire mauvais.

Ivan Fandino représentait tout ce qu’ils ne seront jamais : l’élégance, le courage, la culture (la vraie). Fandino a utilisé son existence à approcher l’essentiel, à faire de sa vie une oeuvre modelée par les vents de l’esthétique et de l’éphémère, du don de soi et de la gratuité du geste. Fandino est éternel, n’en déplaise à – et au contraire de – cette bande d’anonymes tâcherons du rire systématique, de la dérision de seconde main, de l’esprit d’arrondissement.

Un instant contaminé par le fétide air du temps qui a envahi – et pas seulement sur ce sujet – France Inter, j’ai failli écrire pour faire joli : « vous n’aurez pas notre haine ». Mais si, en fait…

 

                                                                              Ollivier GIMENEZ-ESPINOS 
                                                                            Membre du Club Taurin de Bruxelles.