La temporada française 2005

.Introduction

.Mauvais points

.Affaire Folque de Mendoça

.Bons points

.Conclusions

.Remerciements et souhaits

 

Vic 15 mai - Corrida concours
Le taureau de La Quinta à la pique.
Photo : Christophe Solin
Aire su Adour 19 juin - Tête du taureau de Palha sorti en 5ème position. Photo : Christophe Solin

 

INTRODUCTION

La temporada 2005 présente, par comparaison à celles qui l'ont immédiatement précédée, quelques traits originaux. D'abord, à cause des mesures sanitaires imposées par la fièvre catarrhale du mouton (langue bleue), interdisant les importations de bovins élevés dans des zones contaminées, le bétail présenté dans nos arènes a échappé au conformisme habituel. L'intérêt de l'aficionado s'en est trouvé éveillé. Quelques élevages inédits n'ont pas déçu. Les élevages français, sollicités plus que de coutume, sont loin d'avoir démérité. Nous y reviendrons plus en détail.

Si la dichotomie entre corridas commerciales et corridas dites dures a encore prévalu, il semble bien s'amorcer une réaction des publics qui fait que des corridas pour vedettes ne connaissent plus le succès escompté alors que d'autres, opposant des taureaux sérieux à de bons lidiadores, parviennent à capter l'intérêt et à remplir des arènes.

Le bétail des novilladas s'est, d'une manière générale, montré supérieur à celui des corridas, mais ce n'est pas nouveau.

Beaucoup de novilladas sans picador ont été organisées. Elles bénéficient d'une assistance parfois trop modeste mais elles attirent de plus en plus d'aficionados. Et puis, de nombreux très jeunes gens y trouvent, avec des prix d'entrées raisonnables, l'occasion de découvrir notre fiesta et de s'y attacher.

Les notes qui nous ont été adressées par ceux qui ont collaboré à la rubrique ouverte sur ce site sous le titre "La temporada", les débats consacrés à l'examen de cette temporada lors de l'assemblée générale de notre Congrès, le 29 octobre à Vauvert, fournissent matière à la petite revue chronologique qui va suivre.
Revue rapide et en style pratiquement télégraphique parce qu'il ne s'agit que de marquer des repères, examen non exhaustif parce que, d'une part, nous nous interdisons de juger ce que nous n'avons pas vu, d'autre part, que de très nombreuses courses de qualité moyenne ou médiocre ne méritent pas de remarques particulières.
Quand le fait constaté recoupera le champ de nos préoccupations les plus essentielles et constantes, nous développerons un petit commentaire que nous détacherons sous forme d'encadré coloré.

Quant à l'afeitado et à l'affaire João Folque de Mendoça, elle méritera, à elle seule, un chapitre particulier.

Inversant l'habitude, nous commencerons par énumérer ce qui ne nous a pas plu, passant ensuite à ce qui ne nous a pas déplu. Ainsi notre faena ne pourra qu'aller a mas !

Dernière remarque, il arrivera qu'une même course apparaisse dans la liste des mauvais points puis dans celle des bons pour des raisons évidemment différentes.


MAUVAIS POINTS

Nîmes, Primavera :
5 mars - Toros de Montalvo pour Conde, El Juli, Miguel Angel Perea - Bétail catastrophique de faiblesse !

Arles - Feria pascale :
28 mars - Toros de Puerto de San Lorenzo pour Ponce, El Cid, El Capea - Un scandale ! Comment oser présenter un lot de taureaux invalides, se traînant, allant, pour deux d'entre eux, jusqu'à se déboîter les antérieurs ? Devant de tels spectacles la tentation de rejoindre le clan des anti-corrida ne tarderait pas à s'installer parmi nous !

Nîmes, Pentecôte :
Vendredi 13 mai - Toros du Capea pour El Cid, Sébastien Castella, Miguel Angel Perera. Encore une calamiteuse faiblesse du bétail !
Samedi 14 mai - matinée. Corrida mixte, deux toros du Capea pour Pablo Hermosa de Mendoza et quatre d'Alcurrucen pour José Maria Manzanares (padre), Julio Benitez " El Cordobes " (hijo). Les aficionados en ont assez de ces shows mixtes, en réalité de très mauvais festivals vendus au prix de corridas de luxe, de véritables escroqueries !

Mont de Marsan :
20 juillet - Toros de Baltasar Iban pour El Fundi, Fernandez Meca, Julien Lescarret. Taureaux faibles et aux armures douteuses. Le numéro 4, né en septembre2004, ne comptait que 4 herbes.
21 juillet - Toros de Garcigrande pour Salvado Vega, Salvado Cortes, El Juli. Faiblesse insigne et armures indignes.

Roquefort :
14 août, après midi. - La novillada était excellente, nous y reviendrons dans le chapitre suivant. Ici nous regrettons d'avoir à tancer le comportement du Picador Marc Raynaud dont le moins que nous puissions dire est qu'il se soucie peu de soigner ses prestations. Il massacra le 5ème novillo de manière éhontée.

Notre Fédération a toujours souligné l'importance du premier tiers et réclamé sa pleine réhabilitation. Incontestablement des progrès ont été accomplis en France au cours de la dernière décennie : Emergence d'excellents chevaux dans nos deux écuries de pique, allègement du caparaçon, influence du matador Stéphane Fernandez Meca qui a très bien compris qu'il pouvait construire une bonne part de ses succès au premier tiers, apparition de jeunes picadors Français soucieux de bien faire.
Pourtant un énorme travail reste à accomplir. Ici, nous tenons à faire entendre, une fois de plus, que les aficionados considèrent le premier tiers comme une phase essentielle du combat et qu'ils resteront toujours très attentifs à son bon déroulement...
Que tous les professionnels de l'arène, les picadors et leurs matadors au premier chef, veuillent bien en prendre conscience !

Carcassonne :
27 août, après midi - Novillos de Salustiano Galache pour Jéremi Banty, Sergio Marín, Mehdi Savalli. Les novillos furent décevants, immobiles et sans race. Mais le plus insupportable culmina dans le comportement de la cuadrilla de Mehdi Savalli quémandeuse de trophées. Quelle pitoyable vulgarité !
C'est l'occasion d'ouvrir une plus large parenthèse qui déborde, bien entendu, le cadre Carcassonnais :

La fâcheuse manie qui conduit des subalternes ou des gens du callejón à interférer ostensiblement, quelquefois bruyamment, dans le déroulement d'une course est insupportable. Ce n'est pas la première fois que nous dénonçons ce type de comportement mais nous ne nous lasserons pas de le faire tant qu'il faudra !
Les cuadrillas doivent rester à leur place, les empresas ( que celle de Nîmes en prenne de la graine ! ), les apoderados et autres membres de l'organisation, s'imposer un devoir de réserve.
Quant à ceux qui appartiennent à la complaisante "clientèle" qui encombre inutilement les "callejones", s'ils souhaitent se faire entendre, qu'ils commencent par payer leurs places, ils le feront alors à partir des gradins sans encourir de reproche !

Bayonne :
4 septembre, matin - Quelle peut être la signification de l'indulto d'un veau de deux ans qui ne subit pas l'épreuve de la pique ?
Le troisième becerro de Santafé Martón, ridiculement " indulté ", présentait, en outre, des cornes très vilainement implantées. Son acquéreur, Jean-Louis Darré, va-t-il réellement l'utiliser comme étalon ?

La dangereuse nouvelle mode de l'indulto tous azimuts prend un tour caricatural. Si nous n'y mettons un terme nous courons vers la suppression des corridas intégrales et donc des corridas tout court.
Que les critères (morphologie, trapío, cornes, force, vaillance, nombre minimum de piques et banderilles, combativité, alegria, charge, caste,...) qui autorisent la grâce d'un toro (sûrement pas d'un becerro et probablement pas d'un novillo) soient revus et soigneusement précisés ! Un indulto ne doit intervenir que tout à fait exceptionnellement, l'accord du ganadero étant indispensable et la décision du président de la course souveraine.
Une opinion exprimée, en outre, par de nombreux aficionados lors de notre Congrès concerne le matador. En cas d'indulto, puisqu'il n'a pas à estoquer et que son rôle se réduit à celui d'un tentador, tout trophée lui est interdit. Il est certain que si une telle disposition était promulguée, proclamée et appliquée, l'indulto retrouverait du même coup son caractère d'exception.

Vendanges de Nîmes :
17 septembre, matin - Corrida mixte, toros de Alcurrucen pour Pablo Hermoso de Mendoza, José Mari Manzanares, Julio Benitez " El Cordobes ". Encore une fois, assez ! La mixité n'a pas dissipé un profond ennui !
18 septembre, matin - Toros de Sanchez Arjona pour Javier Conde, Morante de la Puebla, mano a mano. Les deux " artistes " sont sortis sous les cris de : Remboursez ! Remboursez !
18 septembre, après midi - Toros de Victoriano del Rio pour Cesar Rincón, Sébastien Castella, mano a mano. Taureaux aux cornes intolérablement réduites. Que la cause en soit frauduleuse ou naturelle, c'est indigne d'une arène qui se veut de 1ère catégorie.

 

UN TRÈS MAUVAIS POINT : L'AFEITADO ET L'AFFAIRE FOLQUE DE MENDOÇA

Ce n'est pas en 2005 que nous avons découvert l'afeitado mais cette année a été marquée par des évènements retentissants. La lutte contre cette plaie a, peut-être, pris un tour nouveau...

Ceci se résume comme une tragi-comédie en cinq actes.

Premier acte :
L'Union des Villes Taurines de France (U.V.T.F.), pour la première fois, ce qui est très bien, publie intégralement les résultats des analyses de cornes qu'elle avait fait diligenter en 2004. Sur 85 paires de cornes analysées, 15 se sont révélées amoindries sur une seule corne et 15 sur les deux. 30 paires touchées sur 85, cela donne un pourcentage de 35% des cornes ayant subie une perte de substance artificielle.
En présence de tels résultats et compte tenu du protocole de saisie et critères d'interprétation des résultats, protocole et critères très laxistes que la Unión de Criadores de Toros de Lidia (U.C.T.L.) est parvenue à imposer à l'U.V.T.F., l'aficionado, même le plus optimiste et le mieux disposé, admettra que l'afeitado est une pratique bien réelle.
C'est une incitation à ne pas se résigner mais, au contraire, à continuer de dénoncer et combattre cette fraude si préjudiciable à l'éthique à la pérennité de la fiesta de toros.

Deuxième acte :
La constatation d'une manipulation portant sur les quatre cornes saisies sur des lots de taureaux de Juan Pedro Domecq et Palha conduit l'U.V.T.F., au cours de son assemblée général du 5 février 2005, à recommander la mise à l'index de ces deux élevages durant la saison 2005. Recommandation majoritairement approuvée.

Troisième acte :
Coup de théâtre ! Suite aux pressions pourtant intolérables du ganadero de Palha, l'U.V.T.F. suspend, pour cet élevage, l'application de cette sanction et accepte le très contestable principe d'une contre-expertise. Cette contre-expertise est réalisée par le Professeur Sautet, le 28 juin 2005 à Toulouse. Les biométries confirment des pertes de substance importantes sur toutes les cornes " en appliquant la règle espagnole du 1/7 pourtant très laxiste ", comme le précise l'expert dans ses conclusions.

Quatrième acte :
A partir de là, Mr João Folque de Mendoça ne choisit pas de se taire. Au contraire, il se déchaîne, joue la victime éplorée, s'en prend à l'U.V.T.F., à l'Association Française des Vétérinaires Taurins (A.F.V.T.), aux " Aficionados-talibans Français " liés ou manipulés par de puissants intérêts, cachés bien entendu, pour lui porter préjudice. Lire ou relire le texte de l'interview qu'il a accordé le 15 août au quotidien " Le Midi Libre ".

Cinquième acte :
Les aficionados ainsi mis en cause, auxquels nous nous honorons d'appartenir et que nous sommes fiers de représenter, ne se privent pas de faire savoir qu'ils délivrent un carton rouge (" plus mauvais geste taurin de la temporada ") à ce Monsieur Folque tandis qu'ils sont heureux de décerner un " prix Tio Pepe " aux Vétérinaires Taurins Français qu'il a calomniés.

Cette affaire est exemplaire. Il n'est pas mauvais qu'elle touche un élevage prestigieux et obtienne ainsi un retentissement dont nous ne nous privons pas d'amplifier l'écho.
Faisons-nous bien comprendre, les taureaux, eux-mêmes, en général très bons, ne sont pas en cause. Au terme de la sanction qui, nous l'attendons, sera prononcée et unanimement respectée, pour peu que la " langue bleue " les autorise alors à venir, nous voulons revoir des Palhas dans nos arènes, oui ! Des Palhas honteusement amoindris, non !


BONS POINTS

Nîmes, Primavera :
Dimance 6 mars, après midi - Novillada (de la Cape d'or) organisée par la Peña Antonio Ordóñez avec des novillos de Gallon pour Salvador Cortes, José Luis Torres, Alejandro Morilla. Très bons novillos de Gallon. Le seul moment heureux de cette Primavera !

Arles, Feria de Pâques :
25 mars, matin - Excellents novillos de Blohorn. 26 mars, matin - Bonne prestation de Mehdi Savalli à l'occasion de sa première novillada piquée.
27 mars, matin - Bons novillos de Piedras Rojas.
27 mars, après midi. Toros de Yonnet pour "El Fundi", Denis Loré, Juan José Padilla. Une des meilleures corridas de la saison ! Taureaux tout à fait remarquables et comme les aiment les aficionados, du trapío, des cornes, de la caste ! Devant eux, trois maestros à la hauteur, Denis Loré flamboyant ! Les oreilles coupées avaient une signification ! Arène comble !
A comparer avec les deux corridas commerciales programmées lors de cette même feria : Celle du samedi avec des Victoriano del Rio très faibles et celle du lundi avec des Puerto de San Lorenzo complètement invalides.

Alès :
7 mai - Toros de Tardieu pour Davila Miura, Luis Vilches, Luis Bolivar. Très bon lot de Tardieu.

Nîmes, Pentecôte :
Samedi 14 mai - Toros d'El Pilar pour Juan Bautista, Matias Tejela, Eduardo Gallo. Bon lot de taureaux avec un très grand sixième.

Vic-Fézensac, Pentecôte :
15 mai, matin - Corrida concours intéressante. Prix au toro de La Quinta
15 mai, après midi - Bon lot de Criado Holgado, bonne prestation de Luis Vilches.
16 mai - Bon comportement des trois toreros ; "El Fundi", "El Cid", Julien Lescarret devant des Charro de Llen violents, compliqués, dangereux.

Vauvert :
11 juin - Intéressante novillada concours. Prix au taureau de Cuillé.
12 juin - Bons novillos de Jaime Brujo.

Tarascon :
24 juin - Très intéressante novillada concours d'élevages français. Prix au novillo de Gallon.

Saint-Sever :
26 juin - Une novillada de verdad avec des Barcial à la caste un peu rustre.

Eauze :
3 juillet, après midi - Excellent toro (le sixième sorti) de Javier Perez Tabernero remarquablement toréé et mis en valeur par Julien Lescarret au 3ème tiers. Mais cela méritait-il un indulto ?

Céret :
10 juillet, matin - Novillos de Yonnet bien présentés, supportant 14 véritables piques, mobiles, encastés, excellents.

Bayonne :
14 juillet, matin - Novillada sans picador à porter à l'actif de la Peña Taurine Côte Basque avec d'excellents erales d'El Palmeral.
14 juillet, après midi - Très bons novillos de Puerto de San Lorenzo, sérieux, solides, supportant 12 véritables piques, provoquant deux chutes... Comment expliquer la faiblesse des pensionnaires du même élevage quand ils atteignent un an de plus ?

Plaisance du Gers :
14 juillet - Bonne novillada sans picador avec des erales de Jean-Louis Darré pour moitié et d'Alain et Frédérique Tardieu pour l'autre moitié. Il convient d'apprécier et de saluer comment une nouvelle tradition des " NSP " s'installe solidement dans cette sympathique petite plaza.

Lunel :
17 juillet, après midi - Bonne novillada concours de ganaderias françaises (16 piques). Prix au taureau du Laget.

Mont de Marsan :
18 juillet - Toros de Garcia Jimenez pour Javier Conde, "El Juli" Miguel Angel Perera. Remarquable tarde du "Juli" devant des taureaux plutôt difficiles.

Hagetmau :
31 juillet-2 août - Très bonnes novilladas. Une mention aux novillos d'Adelaïda Rodríguez du lundi 1er août.

Parentis :
6 août - Novillada. Une découverte, la ganaderia Pablo Mayoral (origine Santa Coloma) qui fait partie de l'Asociacíon. Ses novillos se sont révélés "encastés" et ont pris 14 piques.

Béziers :
14 août, après midi - Toros de Valdefresno pour Luis Francisco Espla, Juan José Padilla, Luis Miguel Encabo. Belle corrida dans le type Atanasio. Technique et difficile mais intéressant.

Roquefort :
14 août - Novillos de Yonnet pour Raul Cuadrado, David Mora, Alberto Aguilar. Très bon lot de novillos, mobiles et "encastés", 13 piques. Le 6ème est gratifié d'une vuelta posthume. Excellent public qui imposa la vuelta au ganadero après que les novilleros, jugés en dessous, eurent quitté l'arène.

Saint-Laurent-d'Aigouzes :
20 août - Excellente becerrada de Pagès-Mailhan.

Saint-Gilles :
20 août - Bonne corrida concours d'élevages français, lot attribué au François André.
21 août - Toros de Margé pour Denis Loré, Julien Miletto, Jonathan Veyrunes. Bons toros de Margé, un peu justes à la pique, mais encastés et mobiles. Très bon comportement des piétons et de Julien Miletto en particulier.

Carcassonne :
28 août, après midi - Novillos de Miguel Zaballos (encaste Saltillo) pour Ismael Lopez, Jiménez Caballero, João Antonio Fereira. Formidable lot de novillos, grands, beaux, bien armés, mobiles très " encastés ".

Bayonne :
4 septembre, après midi - Toros de Adelaïda Rodríguez pour " El Fundi ", Stéphane Meca, Luis Vilches. Devant ces taureaux un peu faibles, à la caste réservée mais parfois violente, la satisfaction vient de la remarquable prestation de Luis Vilches et de l'excellent comportement de sa cuadrilla.

Arles :
11 septembre - Corrida concours pour Meca, Encabo, Robleño. Bien que le prix au meilleur taureau n'ait pas été décerné, cette corrida difficile, technique, fut très intéressante à suivre. Le prix au meilleur lidiador, décerné à Robleño eut été indiscutable s'il s'était préoccupé de la lidia de ses adversaires durant les premiers tiers au lieu de l'abandonner à sa cuadrilla qui fit à peu près n'importe quoi !

Nîmes :
18 septembre - Toros de Victoriano del Rio pour Cesar Rincón, Sébastien Castella, mano a mano. Un bon point au public qui a réclamé et obtenu le renvoi au corral du 4ème taureau impropre un combat pour insuffisance de cornes. Un mauvais point implicite au président de la CTEM et à son vétérinaire qui, lors de l'examen préalable prescrit par l'article 55 du R.T.M., n'avaient pas vu ou voulu voir que ce taureau avait perdu, en même temps que ses cornes, son aptitude au combat.

 

Cette remarquable et trop rare réaction du public n'a pas soulevé beaucoup d'écho dans la presse. Les chroniqueurs professionnels craindraient-ils de mécontenter le mundillo en donnant de la publicité à un évènement qui risquerait de faire tâche d'huile ?

Mesurons, en regard, l'intérêt d'une tribune comme celle-ci. Une tribune qui appartient aux aficionados, où ils s'expriment librement sans circonvolutions ni langue de bois, avec pour seuls objectifs de défendre l'éthique de la tauromachie et leur intérêt collectif.

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Ci-contre le taureau de Victoriano Del Rio, n°77, tellement potesté par le public, le 18 septembre à Nîmes, qu'il fut renvoyé au corral
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Cette photo a été prise dans les corrals par Lilian Puech.

Décernons, en outre, un bon point à la Présidence qui, ce même jour à Nîmes, contre vents et marées, a su faire respecter le règlement (article 73 paragraphe 6) en imposant les deux piques.
C'est l'occasion de reproduire la question que les représentants de notre Fédération ont posée, le 5 mars 2005,au cours de l'Assemblée Générale de l'U.V.T.F. à Saint-Gilles :
" L'U.V.T.F. est-elle enfin prête à imposer partout le respect de son règlement, c'est à dire ne plus accepter la monopique assassine ou le simulacre avec de pauvres bovins invalides. "

Saint-Sever :
11 novembre - NSP , 4 novillos de El Añadio pour "El Santo", Israël de Córdoba, Juan Carlos Venegas, Santiago Naranja. Novillos un peu faibles mais "encastés". Les garçons se sont bien comportés et ont bien tué.
Bonne fin de temporada !


CONCLUSIONS

En récapitulant ce qui précède, il apparaît que 14 mauvais points ont été distribués et 33 bon points décernés.
Sur les 14 mauvais points :
- 6 sanctionnent l'indigence du bétail présenté dans des corridas de toros (Montalvo, Puerto de San Lorenzo, Capea, Baltasar Iban, Garcigrande)
- 1 celui du bétail d'une novillada (Salustiano Galache) - 3 fustigent des toreros, - 2 soulignent la vacuité des corridas dites mixtes,
- 1 stigmatise notre profonde réprobation des indultos inconséquents.
Cela fait 13.
Le quatorzième prend un poids non négligeable puisque nous l'avons réservé à l'afeitado et à Mr João Folque de Mendoça !

Une analyse similaire des bons points révèle que :
- 1 souligne une bonne réaction du public (18 septembre à Nîmes),
- 1 conforte les Présidents qui ont le courage de faire respecter les deux piques réglementaires,
- 3 constatent l'intérêt de corridas concours,
- 10 s'appliquent à des corridas de toros intéressantes à des titres et degrés divers, que le mérite revienne surtout au bétail, au bétail et aux toreros à part égale, surtout aux toreros,
- 18 vont à des novilladas ou des novilladas sans picador.

Les aficionados fédérés constatent, une fois de plus, que l'authenticité de la fiesta est souvent mieux préservée dans les novilladas que dans beaucoup de corridas de toros bruyamment médiatisées. Au cours de cette temporada 2005, le phénomène fut particulièrement éclatant, nous avons pris beaucoup de plaisir à assister à des novilladas piquées ou non piquées.

L'intérêt que portent ces mêmes aficionados fédérés aux corridas et novilladas concours ne s'est pas démenti en 2005. Les 6 courses de ce type, 3 corridas de toros et 3 novilladas, ont toutes été bien notées et figurent parmi nos bons points, même si elles furent loin d'être triomphales et même quand le prix ne fut pas attribué (Arles, 11 septembre).
Il faut remarquer que l'une des corridas et les trois novilladas étaient à base d'élevages exclusivement français.

La revue du bétail montre que les lots les plus appréciés, en y introduisant certains bémols placés, ci-après, entre parenthèses, ont été :
- Parmi les toros : Yonnet, Tardieu, El Pilar, Criado Holgado, Javier Perez Tabernero (essentiellement un taureau), Garcia Jimenez (magnifiés par " El Juli), Valdefresno, Margé, Adelaïda Rodríguez (bonifiés par Luis Vilches et sa cuadrilla),
- Parmi les novillos et erales : Gallon, Blohorn, Piedras Rojas, Jaime Brujo, Barcial, Yonnet (deux fois : Céret et Roquefort), El Palmeral, Puerto de San Lorenzo, Jean-Louis Darré, Adélaïda Rodríguez, Pablo Mayoral, Pagès-Mailhan, Miguel Zaballos, Bonnet, El Añadio...

Une des caractéristiques de la temporada française 2005 est la part éminente qu'y ont pris les élevages français, 3 élevages remarqués sur 8 parmi les toros et 8 sur 16 parmi les novillos et becerros !
Sans faire preuve d'un chauvinisme excessif, il est permis de considérer que le ganadero vainqueur de la saison est Hubert Yonnet qui a présenté le 27 mars dans les arènes d'Arles un lot de toros exceptionnel et au moins deux fois, à Céret et à Roquefort, de très remarquables novillos.
Les organisateurs ne peuvent plus rester insensibles à l'intérêt que les aficionados portent aux élevages français, surtout si les difficultés liées à la " langue bleue " persistent.
Puissent nos éleveurs, si nous nous projetons dans les dix ans qui viennent, réussir à développer leurs camadas !

En dépit de la " langue bleue ", l'Espagne ganadera nous a apporté, aussi, un petit lot de satisfactions avec des confirmations comme celles de Criado Holgado et de Miguel Zaballos ou d'heureuses surprises comme celle de Pablo Mayoral.

Côté toreros, nous avons assisté à une relative discrétion des figuras. Les Ponce, Rincón, " El Cid ", Conde, ... n'ont pas connu des succès mémorables. Seul " El Juli " a su démontrer qu'il était toujours là et bien là.
Des toreros comme Denis Loré, " El Fundi ", Luis Vilches, Fernando Robleño, Luis Miguel Encabo, ont maintenu ou augmenté un considérable capital d'estime.

Autre caractéristique de 2005, l'année aura été très propice aux toreros Français :
Denis Loré, irréprochable tout au long d'une saison strictement française et limitée à dix contrats, a fait, devant des taureaux authentiques, jeu au moins égal avec " El Fundi " à chacune de leurs confrontations.
Julien Lescarret avait très bien commencé une temporada malheureusement écourtée par sa grave blessure.
Juan Bautista semble revenir doucement.
Julien Miletto a montré, le 21 août à Saint-Gilles, beaucoup d'envie et de progrès ; puisse-t-il bénéficier de nouvelles opportunités en 2006 !.

Quant à Sebastien Castella, même s'il n'a pas cueilli ses lauriers les plus importants en France, il mérite une particulière attention. Il a réussi, en effet, ce qu'aucun matador Français n'avait jamais réalisé avant lui, faire essentiellement sa saison en Espagne, couper des oreilles à de difficiles taureaux " Isidrils ", devenir ainsi la coqueluche du public madrilène, tendido 7 inclus, et terminer sa saison en figurant parmi les cinq premiers de l'escalafón !

Côté novilleros, Mehdi Savalli est le triomphateur incontesté en France et en Espagne.
En non piquée, " El Santo " accomplit des " miracles " qui ne doivent rien à son apodo, tandis que, derrière lui, des Patrick Villebrun, Marco Leal, Vicente Cardo... parviennent à se faire remarquer.

Une temporada qui n'a pas été particulièrement grandiose mais qui a entretenu l'intérêt des aficionados attentifs et qui a été favorable à la plupart de ses acteurs Français.
Ce n'est pas si mal !


REMERCIEMENTS ET SOUHAITS

Au risque de nous répéter, rappelons que tout ce qui précède a été directement inspiré par des aficionados qui partagent les objectifs de notre Fédération, soit qu'ils aient participé à l'assemblée générale de notre Congrès, le 29 octobre, soit qu'il aient régulièrement alimenté la chronique de notre site : "Regards sur la temporada française 2005"

A ces correspondants bénévoles, aux photographes qui nous ont permis d'illustrer notre site, le Président et les membres du Bureau de notre Fédération adressent leurs plus vifs remerciements.
Ils souhaitent, en outre, que le processus initié assez tardivement en 2005, et qui s'est voulu comme un coup d'essai, se perpétue en s'amplifiant au cours de la temporada 2006.
Qu'aux pionniers qui sont venus enrichir nos "regards sur la temporada..." s'ajoutent en grand nombre d'autres aficionados ! Nous invitons, donc, tous nos lecteurs à participer dorénavant à cette collecte de l'information.
Ne seraient-ce que huit à dix lignes que nous adresse (par courriel à webmaster@toroftf.com) le spectateur effectif et identifiable d'une manifestation tauromachique, quelle qu'elle soit, nous sont très utiles.

Nous invitons aussi ceux qui ont des talents de photographe à nous faire parvenir des photos numériques, surtout si elles sont " parlantes " et se prêtent à illustrer de bons ou de mauvais points.

Ainsi, grâce à l'ubiquité de multiples yeux, parfois doublés d'objectifs photographiques, nos regards fédérés porteront sur l'ensemble de la prochaine temporada et rien de notable ne pourra leur échapper.

Notre ambition est de faire retentir avec suffisamment d'objectivité, de force et d'ampleur l'opinion de l'afición !
Notre espoir est qu'elle soit mieux entendue et prise en compte !