2et 3 octobre 2021, un bon cru en Crau

 

Impossible de ne pas parler du weekend taurin organisé par la Unica, du toro était annoncé du taureau il y a eu et tous issus d'élevages locaux avec des présentations exemplaires.

Samedi 02 octobre 2021 – 16h30 – 6 taureaux d'élevages distincts pour Gomez del Pilar, Andy Younès et Jesus Enrique Colombo.

Grosse ½ arène (pas loin des 2/3), température agréable et vent fort. Cavalerie Bonijol et pique UVTF officielle.

Présidence : Albert Lescot est assisté de Paola Mélani et de Renaud Maillard.

Gomez del Pilar réceptionne le cinqueño Romanito, un Tardieu frères – 560kg, né en juin 2016, qui jette les pattes en avant dans la cape et joue de la tête qu'il porte haut.

La première pique est bien placée mais lourdement assaisonnée, la deuxième est aussi bien posée. Le taureau devient tardo peut être du fait d'un excès de capes et coupe les terrains aux banderilles. Derrière la muleta il cherche des deux cornes restant sur la réserve bien tanqué dans le sable. Le torero légitimement prudent ne parviendra pas à lever les blocages et le couche en deux temps la deuxièmeépée tombée étant d'effet rapide. Applaudissements à l'arrastre.

Le Madrilène hérite ensuite deTasador, le Pagès Mailhan – 515kg né en mai 2016, auquel il sert un long exercice à la cape en allers et retours dela barrière au centre. Après une première pique poussée, Tasador désarçonne à la deuxième le picador qui avait présenté son cheval dans les règles. Brindis au public suivi d'une entame faite d'une larga de rodillas puis de belles séries templées sur les deux cornes. Il profite d'un bon taureau brave à la pique puis noble à la muleta en toréant dans un espace limité. Il le tue d'une entière lui valant une Oreille.

Andy Younès doit affronter Laino, le Alain Tardieu – 500kg né en mai 2017 – très présent dans la cape. Les deux piques sont mal placées, le cheval toujours perpendiculaire à la charge. Marco Léal salue aux banderilles avant le brindis au public. La faena récitée manque de saveur et d'aguante, elle se termine après un avis et un désarmé de deux pinchazos et d'une épée trop basse.

L'Arlésien ne fera pas mieux avec son second, Obligado, le Laget – Jalabert – 535kg né en novembre 2016 très bien piqué par Gabin Rehabi lors des 3 assauts applaudis par le public. Le brindis aux spectateurs sera suivi d'une faena trop mécanique pour émouvoir et porter sur le taureau qui désarme Andy. Deux épées, la deuxième entière, le conduisent à saluer au tiers. Applaudissements à l'arrastre.

Jesus Enrique Colombo accueille Opresoro, le Gallon – 485kg né en mars 2016 – de rodillas. Après les deux piques règlementaires le maestro entraîne le public en posant efficacement les banderilles. Son toreo intéressant mais un peu trop rapide mériterait d'être plus posé. Final par manoletinas avant une épée entière un peu basse.Applaudissements à l'arrastre et Oreille pour le maestro.

Le Vénézuélien poursuit et conclue avec Trianero, le Turquay – 510kg né en avril 2017. Un Santa Coloma très bien présenté et qui promettait par son comportement à la cape. La première pique posée en pointillé est poussée avant la deuxième mieux posée.Mais le taureau part quand il le décide ce qui complique les mises en suerte. Bon tiers de banderilles assuré par le maestro qui brinde son taureau à JB Jalabert. Il n'y aura quasiment pas de suite, le torero ne trouvant pas la clé et décidant d'écourter laissant le Turquay inédit. Celui-ci mourra en brave après deux épées, la deuxième entière mais demandant quatre descabellos.

 

Dimanche 03 octobre 2021 – 11h – 6 Yonnet 6 pour Octaio Chacon, Alberto Lamelas et Miguel Angel Pacheco.

Demie arène, température douce mais vent aux rafales violentes. Cavalerie Bonijol et pique officielle.

Ouverture et clôture avec deux Christophe Yonnet, les quatre autres marqués du fer Hubert Yonnet, une grande corrida qui aurait pu être présentée dans des arènes de catégorie. Quasiment tous rematent violemment aux planches sans conséquences pour les cornes. Homogènes de présentation, tous cuatreños et de poids respectable( de 530 à 580 kgs).

Octavio Chacon, chef de lidia, combattra le sixième exemplaire, M.A Pacheco blessé à son premier ne revenant pas dans l'arène.

Présidence: Albert Lescot est assisté de Paola Mélani et Yves Charpiat

Octavio Chacon débute avecTramontane, un Christophe Yonnet – 570kg né en février 2017 par un travail appliqué et très technique à la cape. Le vent du boulet souffle pour le picador dont l'équipage est renversé et qui se venge au deuxième assaut, le taureau revenant de lui même au cheval par deux fois malgré le châtiment. L'entame de la faena se fait main basse pour un toreo réfléchi face à un taureau avisé qui part seul de sa propre initiative et se révèle encore plus délicat à gauche. Après avoir réussi à lier une petite poignées de passes, le final se fait par des naturelles aidées de bonne facture. L'épée entière est engagée, le torero recevant un coup de tête dans sa poitrine. Le public encore froid ne demande pas le trophée qui aurait été mérité, Octavio Chacon faisant une vuelta.

Lui succède Mistralet un Hubert Yonnet – 540kg né en mars 2017 – qui se révèle plus facile à la cape, pousse aux deux piques mais ne suit pas aux banderilles. Chacon engage un toreo « prudentiel » trop ? Non puisqu'il débouche sur quelques séries qui déclenchent la musique. Il tue mal après deux avis et huit tentatives. Le torero applaudit lui même la dépouille avant de saluer au tiers.

Le dernier lui incombe pour suppléer Pacheco blessé, c'est Levant le deuxième Christophe Yonnet – 530kg né en février 2017. qui au premier tiers enferme Chacon aux planches. Après deux piques peu significatives, celui-ci pose sa montera sur la barrière à la porte de l'infirmerie à destination de Pacheco. Suivent de belles séries droitières avant de passer à gauche au moyen de naturelles aidées avant de revenir à droite. Douceur des gestes et fermeté des intentions dévoilent le plaisir qu'il a à toréer. Le final se fait avec une jolie série de passes sur les deux cornes dans un mouchoir de poche. Une demie épée malheureusement conclue de trois descabellos le privent encore d'un trophée. La présidence accorde la vuelta au taureau en l'absence de pétition du public.

Alberto Lamelas dont c'est l'anniversaire et qui n'est arrivé à Saint Martin qu'à six heures du matin après avoir coupé la veille deux oreilles à 1200 kilomètres de là ne présente aucun signe de fatigue. Il affronte le lot le plus lourd avec en premier Ventoulet un Hubert Yonnet – 580kg né en février 2017 – qu'il accueille dans la cape et dont il semble maîtriser la violence sans toutefois réussir une bonne conclusion. Après deux piques, la première bien poussée il entame une faena difficile ou le taureau revient toujours sur l'homme. Il réussit ce combat âpre par des mini-séries de deux passes + pecho empreintes du courage qui est le sien. Il conclue la rencontre après un avis suite à une entière tombée un peu trop verticale pour être concluante. Le descabello foudroyant qui suit emporte l'enthousiasme du public qui lui octroie une première Oreille.

Le deuxième du lot, Largado, un Hubert Yonnet – 580kg né en février 2017 – a le comportement de la maison, difficile à la cape, difficile à mettre en suerte, poussant d'une corne avec des coups de tête lors des trois rencontres avec la cavalerie. Après l'avoir offert à ses amis du Sud Ouest qui se reconnaîtront, Alerto Lamelas construit une faena d'envie nourrie d'un travail efficace obtenant la soumission du taureau. L'épée très basse mais concluante n'empêche pas l'octroi d'une Oreille.

Miguel Angel Pacheco doit faire avec Orsuro, un Hubert Yonnet – 560kg né en janvier 2017 – qui remate violemment aux planches. Les fortes rafales de vent gênent le travail de cape d'où un premier désarmé. Suit un bon tiers de pique avec poussée de l'équipage jusqu'au centre de l'arène après l'avoir soulevé, la force tranquille. La deuxième pique sera moins signifcative, on le comprend. Brindis au public. Il se révèle maniable même s'il soulève le torero, le jette à terre puis le menace encore. A gauche il s'arrête en cours de passe et désarme Pacheco. Il est tué d'une épée entière un peu basse après un avis et se relève à la puntilla.

Avec Vic et Céret, Saint Martin de Crau confirme une ligne éditoriale toriste avec la spécificité de soutenir les éleveurs français qui ont démontré qu'ils pouvaient relever le défi.