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15 11 07, reçu
ce jour par courrier postal :

Dr
Bernard Grimaud
Neuropsychiatre
34070 Montpellier
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01
11 07 D'une
Assistante sociale de Le Cannet : JE
CO SIGNE LA LETTRE DU DOCTEUR MALER JOELLE
TESSIER Assitante
sociale LE CANNET 06110 |
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10 07 D'une
psychologue clinicienne entre CÖTE D'AZUR et le pays d'ARLES en passant par La
Cour d'APPEL d'AIX EN PROVENCE.... .......
A l'est la Côte d'Azur, berceau
du luxe, des paillettes et de la couardise mais sans arènes... et plus loin les
pays taurins, le pays d'ARLES, la sauvage Camargue, pétris de culture tauromachique.
Est-ce à croire que l'enfant assistant au spectacle d'une corrida serait plus
fragilisé, perturbé dans son sens des valeurs ? .......
Est-ce dire que partout en France n'existeraient que de gentils garnements, paisibles
et pacifistes et que les pays taurins n'engendreraient que des graines de sanguinaires
rompus à la barbarie ? .......
Raccourci simpliste... .......
La fragilisation d'un système moral et la perturbation du sens des valeurs, dans
l'irrespect de l'autre, dans l'émergence de la violence n'a rien de géographique
ou de culturel mais dépend du sens du discours et des actes des parents vis à
vis de leurs enfants. .......
Statistiquement, c'est au Nord
que sont dénombrés le plus grand nombre d'affaires d'inceste, de viol et autres
agressions et les expertises psychologiques, qui bien que décriées par certains
psychanalystes, n'en demeurent pas moins le levier clinique pour témoigner d'une
perversion, d'une violence physique ou psychologique faite à l'enfant sans que
jamais il n'ait été fait état de prédisposition à l'agressivité pour cause de
passion tauromachique... .......
Les indicateurs de perte de valeurs
se trouvant davantage dans les carences affectives, dans les sanctions abusives,
dans les abus sexuels, dans les paradoxes du discours, dans la maltraitance de
parents sur des enfants soumis à leur autorité et qui reproduiront le même schéma
parental.... Ceux là même qui crient à l'abolition de la corrida, s'insurgeant
contre cette violence montrée dans un sursaut de bonne conscience. .......
La violence familiale arrive
en tête sur la violence copiée, encore que le défilement d'images télévisées de
séries américaines, les jeux de massacre sur Internet, les sites pédophiles ou
la déferlante violente de supporters de foot n'en sont pas très loin... face à
des enfants, scotchés à leurs écrans et seuls face à leur interrogation. .......
L'enfant d'aficionado n'est jamais seul dans l'arène. On lui parle, on partage
avec lui, on donne sens à cette tragédie qu'est la corrida, sens de cette esthétique
dualité entre le maestro adulé et ce toro vénéré dont on applaudit la beauté sombre
de sa charge. .......
Plus grave et plus dangereux,
ces adultes qui sur des "blogs" personnels invitent de jeunes internautes à célébrer
la mort d'un torero, la mort d'un homme...sous couvert d'une idéologie fasciste
dans une parodie de protection animale.... Perte des valeurs ou intox à l'intolérance
? .......
Que dire de ces ex stars oubliées, en mal de notoriété qui jugent, qui sanctionnent
sans avoir jamais vu la moindre faena ? Perte de l'essence même du mot philosophie
et de l'argumentaire objectif... Pour mémoire, le siècle des Lumières, berceau
des valeurs de l'humanisme et qui a permis la montée en puissance de la tauromachie
n'a jamais considéré que la corrida allait à l'encontre des valeurs humaines qu'il
prônait. ....... Bien au contraire, il trouvait
dans la corrida un rituel raffiné, une histoire singulière qui confine au sacré. .......
La lecture symbolique de l'élément
taurin prend sens dans ce combat authentique, élevé au rang d'art par tant d'artistes,
entre sol y sombra, entre homme et animal, entre intelligence humaine et force
primitive. ....... Non ! le jeune camarguais
ne deviendra pas un vil être assoiffé de sang mais un aficionado, inscrit dans
le roman familial, conscient, respectueux et ancré dans notre inéluctable réalité
de vie et de mort. .......
Et que retentissent encore longtemps
les clarines à las cinco de la tarde... Elisabeth
NAVARRO Expert Psychologue, Aficionado CANNES, ARLES
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10 2007 D'un
Psychiatre Nîmois .......
Sans être un "aficionado" fervent,
le respect que j'ai pour l'art de la tauromachie me conduit à être co-signataire
de la lettre du Dr Jean MALER . Toréer exige une totale maitrise de soi, une spiritualisation
complète de ses réactions, un courage trempé dans la peur que le torero doit controler
pour dominer la puissance du taureau qui blesse souvent et tue parfois. .......
L'adolescent ne se trompe pas sur la difficulté de s'identifier à ces valeurs
héritières de la chevalerie. Il y en a de pire, je crois, susceptibles d'induire
une perturbation de leur sens des valeurs. .......
Reste le spectacle du "moment de la vérité", celui où le mythe s'accomplit
dans le réel, et où le torero "se joue la vie". Il en est "d'interminables". Comme
l'indique clairement le Dr jean MALER, dans les régions de culture tauromachique
les explications reformulées à l'enfant par les adultes sur les origines du taureau
de combat et de la corrida en préviendront le caractère supposé traumatique. Dr
Claude BARAL Psychiatre des Hôpitaux honoraire 30000 NIMES |
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10 2007 D'un
Psychiatre Toulousain Voici
mes réflexions. Pour ne pas faire pompeux comme nos psychanalystes de service,
ni trop aride come une plaidoirie, je leur ai donné la forme d’une lettre écrite
à ma petite fille, que j’ai amené cet été à une course à Beziers, alors qu’elle
n’a pas quatorze ans. Dr
Joël Pon Psychiatre 31000Toulouse |
| .....
.. Ma Sasha
adorée,
...
....Je viens
ici te demander pardon.
....... Oui, pardon, car voilà
que l'on m'accuse d'avoir été un mauvais grand-père et d'avoir égaré ton âme sur
des chemins périlleux. Vois tu, je n'avais pas conscience de cela en t'accordant
que tu m'accompagnât - alors que tu n'as pas quatorze ans - à une corrida de la
Feria de Beziers où notre Sébastien national côtoyait le fabuleux Centaure Pablo
Hermoso de Mendoza. ....... J'aurais
dû te refuser cet instant, mais je pensais alors que chaque aîné avait le droit
de proposer à ses enfants et petits-enfants les modèles culturels que sa tradition
lui a légué et que son bon sens lui inspire. Eh bien non, c'est à Paris ou au
siège Européen, là-haut, que ton avenir culturel se décidera. Toi qui a toujours
été plus foie gras que Mac Do, plus Giacomo* que Tekno, moins Coca Cola que Veuve
Cliquot ( Oh ! à peine ! ), moins Harry Potter que Cyrano, tu auras sans doute
du mal à te couler dans le moule prêt à porter, prêt à penser que ces Jésuites
te préparent. Aseptisée la conscience, moralisée l'existence, bâillonné le bon
sens. Comme l' écrivait Marcel Pagnol, " ils en ont fait des fougasses, de notre
libre arbitre ". Notre belle culture Latino-Méditerranéenne si riche, colorée
et inspirée passe sous les fourches caudines des diktats d'une insipide culture
Anglo Saxone rigoriste et moralisatrice. Vrai, si cet après-midi là, je t'avais
abandonnée à la maison, engluée dans un canapé, gavée d'images débiles de pseudo
idoles débraillées d'une accablante facticité, surlookés déshabités ayant vendu
leur âme pour un instant de gloriole, personne n'aurait trouvé à redire.
....... Permet moi donc, ma petite Sasha de tenter
de justifier ce qui cet après-midi, avait guidé ma démarche : *
Je n'oublie pas que tu adores Rossini et que je te passe l'ouverture
du Barbier de Séville lorsque nous sommes ensemble en voiture… 1 |
|
| .......
Je pensais tout
d'abord que tu avais quelque chance d'aimer une chose que, pour ma part, j'aime
passionnément : la course de taureaux et que tu avais un espoir d'y trouver matière
à vibrer car il y a la un bel exercice éthique, esthétique et ludique.
....... Je pensais ensuite,
douce Sasha t'apprendre à vivre et maîtriser tes émotions, à assumer des sentiments
difficiles et douloureux comme l'angoisse, la peur, la tristesse. Je savais que
tu serais angoissée en ayant peur que le méchant toro ne blesse l'homme ou le
cheval, mais que tu serais triste lorsque tu verrais mourir ce brave torito. L'angoisse,
la peur, la tristesse, les contes pour enfants en sont aussi remplis et ils ont
dans les livres la même fonction que cet affrontement sur le sable d'une arène.
Leurs sorcières maléfiques, leurs ogres terrifiants, leurs méchants loups dévoreurs
de gentilles grand-mères servent à apprivoiser l'angoisse et la peur. Tiens, tant
que j'y pense, il faudra leur dire de supprimer aussi le dragon enfermé dans la
cave du château de la Belle au Bois dormant qui t'avait fait si peur lorsque nous
sommes allés à EuroDisney. Mais ce que ne savent pas ces thuriféraires de l'interdit,
c'est que toutes ces émotions sont nécessaires dans la tête d'un enfant et que
leur maîtrise se fait par la présence rassurante d'un adulte qui les réconforte.
Même l'expérience de la souffrance née de la mort de l'autre, fut-il homme ou
animal, s'apprend près d'un parent attentif et chaleureux qui saura trouver les
mots pour consoler et rassurer. Car cette palette d'émotions difficiles fait partie
de la dure réalité de la vie et leur apprentissage est bénéfique sinon nécessaire.
A moins que ces censeurs ne préfèrent que tu ne les expérimente toute seule en
croisant sur les chemins de l'école un pittbull pas très catholique, prêt à te
dévorer. Tiens cela me fait penser que je les trouve étrangement silencieux sur
le sujet, sans doute aveuglés par leur idéologie partisane…Pourtant, le sujet
me paraît bien plus grave puisque plusieurs enfants ou aïeuls y ont laissé la
vie… Donner l'unique vision d'un monde uni, gentil, poli, 2 |
|
| soumis
est une hérésie, une idéalopathie toxique.
....... Je pensais aussi chère
Sasha, t'inviter à un spectacle où se cultive l'authenticité, la noblesse d'âme,
où se déclinent un certain nombre de valeurs positives que ces partisans feignent
d'ignorer. Je te souhaite de t'inspirer dans ta vie du courage dont ce frêle torero-héros
fait preuve face à ce fauve. J'aimerais que tu t'appropries sa sincérité, son
authenticité, sa spontanéité, sa volonté, son abnégation. Ici pas de play back,
pas de maquillage. Le geste pur et limpide, inspiré par une âme diaphane. Ainsi
prenant à ton compte un peu de ses vertus, tu réaliseras la démarche d'identification
au héros que moi-même, en d'autres temps, je suis aussi venu chercher ici. Je
souhaiterais à beaucoup d'avoir ces modèles -là. En quelque sorte, il y a là un
peu comme une école, une école de la vie qui apprend que ces vertus que tu intériorises
t'anoblissent et te grandissent , qu'elles te donnent ta dignité, un sentiment
positif sur toi même que tu feras plus tard rejaillir sur les autres. Tu te souviens
Cyrano ? "
…Mais chanter, Rêver, rire, passer, être seul, être libre, Avoir l'œil
qui regarde bien, la voix qui vibre, Mettre quand il vous plait, son feutre
de travers, Pour un oui pour un non, se battre, ou faire un vers." .......
Je savais aussi
en t'emmenant avec moi que ta sagesse candide retiendrait deux leçons : La première
leçon nous vient du torero dans l'exercice de son art et nous livre que l'adresse
et l'intelligence prennent toujours le dessus sur la violence aveugle, sur l'agressivité
primaire. Là est l'habileté de.l'homme qui assure ainsi sa suprématie sur le règne
animal. L'homme qui observe, qui réfléchit, qui analyse, qui s'adapte, qui esquive
parfois sort vainqueur de son affrontement avec un toro, comme il sortira vainqueur
des joutes avec ses semblables. 3 |
| | ...
.... La
deuxième leçon nous est donnée par le toro (car il n'y a pas que les hommes qui
nous donnent des exemples et des leçons) et nous invite à vivre et mourir en harmonie
avec nous-même.Car le toro est un fauve respectable qui aime les grands espaces
et les combats. Il est fait comme cela et Dieu l'a voulu ainsi. Comme d'autres
fauves, il a cette agressivité offensive que nous devons reconnaître et respecter,
même si ceux qui voudraient t'interdire de venir voudraient te faire croire qu'un
tigre est un chat. Alors, pour l'avoir observé, pour l'avoir éprouvé ( combien
de petits bergers de ton âge, en des temps plus anciens, ont déguerpi devant sa
menace dans la lointaine Andalousie ? ), l'homme veut lui donner au moment de
mourir l'occasion de révéler les vertus de sa race en montrant ce qu'il est vraiment.
Et nous voyons bien qu'il a à cœur de révéler l'essence de son âme : une bravoure,
à toute épreuve, une noblesse inflexible, une complicité joyeuse qui montre qu'il
aime ce qu'on lui propose. Non, sincèrement, je ne pense pas qu'un toro préfèrerait
mourir, d'un seul coup, d'un seul, derrière la tête, au fond d'un couloir obscur
sans avoir pu révéler son coeur. Non ! comme Cyrano, c'est debout et la corne
à la main qu'il préfère mourir, pourfendant les mensonges de ceux qui tiennent
des discours caricaturaux et réducteurs, la sottise de ceux qui passent à côté
de valeurs essentielles, les préjugés de ceux qui n'ont pas cherché à le comprendre,
la lâcheté de ceux qui tentent de prendre les enfants en otage pour tenter de
le faire disparaître. ....... Oui
! au fond, je sais bien que ton cœur saigne devant la souffrance du toro. Comme
le mien peste et compatit devant une mort qui tarde à venir. Nous ne sommes pas
les brutes assoiffées de sang que l'on prétend que nous sommes. Mais je t'invite
un instant à une petite leçon de calcul. Un toro a près de cinq ans lorsqu'il
meurt. Avant, pour m'avoir accompagné une fois à Zahariche, tu sais toute la vigilance
et tous les soins attentifs dont il est l'objet. C'est un petit roi dans son élément
naturel, dans un environnement écologique. Il a l'eau fraîche des étangs pour
étancher sa soif, les mille fleurs du campo pour calmer ses appétits, l'ombre
des chênes verts pour 4 |
|
l'abriter des ardeurs du soleil, un large espace pour déambuler.
Cinq ans d'une vie douce et paisible ou le seul risque de danger est représenté
par l'agressivité de ses congénères. Cinq ans de farniente et vingt minutes de
souffrance à la fin de sa vie. Rapporté à la vie d'un humain dont l'espérance
de vie moyenne est de près de quatre vingt ans de nos jours, cela fait ? Je sais,
tu as déjà la réponse : cinq heures et demi. C'est-à-dire que si l'homme avait
le même rapport que le toro, il ne devrait souffrir que cinq heures et demi dans
sa vie. Et là, vois-tu je pense à tous ceux qu'une terrible maladie fait souffrir
des années durant, à tous ceux que la famine taraude longtemps avant de les emporter,
à tous ceux qu'une mort violente fauche en nombre par un matin clair après une
vie de misère, à tous ceux qu'un joug totalitaire empêche de parler, empêche de
penser des années durant. Alors véritablement, avant de tenter de tuer notre belle
complicité de cette après-midi Biterroise, il me semble, vois-tu, qu'il y aurait
d'autres priorités. Sans doute nos donneurs de leçons n'y ont-ils pas songé. Mais
lorsqu'ils ont réfléchi cela, c'était l'été, et les touffeurs estivales les avaient
ramollis au fond de leurs fauteuils moelleux. Et le Monstre du Loch Ness ne faisant
plus recette, il fallait inventer d'autres monstres… .......
Ainsi, ma douce Sasha, il faudrait que je m'excuse
d'avoir perdu ton âme alors que je pensais moi, la construire et l'élever en te
proposant des étayages forts et nobles : l'authenticité, la sincérité, le courage,
la dignité. Alors que je pensais l'éveiller à une certaine idée de la culture
où la tradition, l'esthétique, le respect, la convivialité avaient leur mot à
dire ? Eh bien, non ! je ne renierai pas ma démarche et ne reléguerai pas cette
intime et affectueuse complicité que nous avons eu cet après midi là. C'est décidé
si loi il y a un jour, je la transgresserai, et plagiant le bon Victor Hugo qui
dans " Jeanne au pain sec " passait outre l'interdit, préférant la complicité,
j'affirmerai après lui : " Eh bien moi, je t'irai mener aux corridas " 5 |
| .......
Et ces donneurs
de leçon de morale n'auront pas été complètement inutiles, car vois-tu dans la
vie, il faut toujours positiver, et il est un autre auteur que je proposerai à
ta curiosité éveillée. Il s'appelle Molière. Et sais-tu quelle belle pièce il
a écrit qui illustrera notre sujet : Tartuffe !
....... Voilà, ma douce
Sasha, ce qu'un grand-père peut justifier à sa petite fille qui n'a pas quatorze
pour l'avoir amenée, un jour, a las cinco de la tarde voir un homme et un toro
révéler leurs âmes au travers du plus beau des duels complices. .......
Je t'embrasse
comme je t'aime : fort ! 6 |
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10 2007 D'une
Pschyatre de Digne-les-Bains .......
J'adhère totalement à
l'avis du Dr Jean Maler et je souhaite que son intervention aboutisse povitisement. .......
Je vous adresse ce que j'avais
écrit dans "La
Gazette du Cercle Taurin Carcassonnais" de janvier 2003. Depuis j'ai
assisté à de nombreuses corridas et je conserve le même avis. .......
Interdire la corrida aux enfants
serait aussi absurde que de l'interdire au 3ème âge... ou aux femmes
! Dr Andrée
Barthez Mestre Psychiatre des hôpitaux honoraires 04000 Digne-les-Bains |
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10 2007 D'un
Neuropsychiatre Toulonnais .......
Mon ami, le Dr Maler m'a alerté
au sujet d'une pétition émanant d'un certain nombre de confrères réclamant l'interdiction
des corridas aux enfants de moins de 16 ans. .......
Je tiens à faire savoir que je conteste radicalement leur position et que
je considère que la corrida véhicule des idéaux de courage, de négativation devant
la mort et de maîtrise de soi qui mériteraient plutôt d'être encouragées. Dr
Jean-François Kervella Neuropsychiatre 83000
Toulon |
| 16
10 2007 D'un
Psychiatre de Villeneuve-les-Avignon
.......
Je vous demande de me considerer
comme cosignataire de la lettre du Docteur Jean MALER.
Docteur Bernard AUTHEMAN, Médecin psychiatre 30400
VILLENEUVE LES AVIGNON |
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10 2007 D'une
Psychanalyste Parisisienne .......
Il est ridicule d’utiliser la psychanalyse ou la psychiatrie ou la psychologie
en tant que perspective clinique pour expertiser quoi que ce soit. La clinique
est une affaire de sujet et chaque sujet est différent. Un sujet peut être traumatisé
par une situation qui ne sera en aucun cas traumatique pour un autre sujet. La
clinique n’a donc rien à dire sur la relation de quiconque avec la corrida. Et
certainement pas à l’emporte pièce dans des déclarations générales. Les experts
ont tous été ridicules dans l’affaire d’Outreau quand ils ont interprétés des
dessins et des comportements sans avoir été confrontés à des sujets. Ils ont été
ridicules quand ils ont pris position sur le PACS en expliquant par exemple que
des enfants ne pouvaient pas être élevés par des personnes du même sexe. L’expertise
psychologique est la plaie de notre société et les psychanalystes et autres qui
s’y livrent n’engagent qu’eux-mêmes et pas leur discipline… .......
S’agissant de la corrida, il
est absurde de vouloir en interdire l’accès aux moins de 16 ans. Ce serait l’assimiler
à un film pornographique hard et on sait que déjà la discussion a toujours été
vive à propos de ce type de censure… .......
De nombreux animaux domestiques
sont traités, sous couvert de bienveillance, comme des animaux en peluche. Mais
de même, les adeptes du cognitivisme et du comportementalisme, ce petit fascisme
de la société libérale, voudraient nous traiter comme des rats de laboratoires
ou plutôt comme ils traitent les rats quand ils leurs inoculent des substances
chimiques inutilement pour les rendre fous. .......
Le torero risque sa vie… et c’est pourquoi la corrida a passionné tant d’artistes
et suscité une telle littérature. Certes, on rétorquera que dans de grands événements
sportifs (la course automobile pu le ski) l’humain risque autant sa vie sans mettre
à mort un animal. Et c’est exact. Mais, si l’on en vient à interdire la corrida,
sans la moindre réflexion sur ce qu’est notre relation à la catharsis, au sacré
ou à la mort, alors on ouvrira la voie au pire du pire, c’est-à-dire à cette idée
folle selon laquelle nous n’aurions plus jamais le droit de tuer l’animal : il
nous faudrait alors interdire tout autant la pêche à la ligne (puisque le hameçon
est une arme blanche), tout forme de chasse, toute forme de lutte contre les sauterelles
et les insectes, toute plantation d’OGM (destinés à la lutte contre les parasites)
et il nous faudrait, non seulement devenir entièrement végétaliens, mais accepter
la présence des poux et de la vermine partout. Certes, l’abattage industriel a
quelque chose d’horrible, mais ce n’est pas en l’interdisant que l’on réduira
l’horreur qu’il nous inspire, mais par des décisions raisonnables d’amélioration
de la condition animale. .......
Dès que l’on veut fabriquer un
“homme nouveau” bien lisse et bien gentil dégagé de toute part d’ombre et de toute
honte on fabrique du fascisme et une criminalité bien plus dangereuse que celle
que l’on voulait combattre… Donc, soyons raisonnables et combattons les nouveaux
fascistes de l’antispécisme. Ils haïssent autant l’homme que l’animal qu’ils prétendent
défendre.” Elisabeth
Roudinesco, psychanalyste, historienne, chargée de conférences
à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (IVe section) et Présidente de la Société
Internationale d’Histoire de la Psychiatrie et de la Psychanalyse. Dernier
ouvrage paru : La part obscure de nous-mêmes, Une histoire des pervers,
Ed. Albin Michel, 2007. .......
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10 2007 D'un
Psychanalyste Parisisien .......
Ce qui traumatise un enfant,
ce n'est pas la rencontre avec la violence elle-même, mais l'absence de sens,
liée le plus souvent à l'absence d'un dialogue avec ses parents. Quand un enfant,
seul devant la télévision, entend raconter qu'un chien a tué un autre enfant,
le traumatisme peut être terrible, d'autant qu'il fait vaciller la confiance portée
à cet animal qu'il peut apprécier. Or les parents qui emmènent leurs enfants aux
arènes sont, à ma connaissance, respectueux de leur sensibilité. Aux arènes, ce
qu'ils disent à leurs enfants, ce que ceux-ci retiennent, ne va pas dans le sens
de la cruauté, mais au contraire de l'admiration pour le courage de l'homme ou
la bravoure de l'animal. Les enfants peuvent ainsi réévaluer ce qui apparaissait
d'abord comme violent et qui prend alors un tout autre sens pour eux. Il s'agit
donc d'une sorte de catharsis. Et si on allègue qu'il y a des parents irresponsables,
il faudra demander si on ne va pas interdire la possession de chiens ou de télévisions
à tous les parents de jeunes enfants. Roland
Chemama, psychanalyste
à Paris |
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10 2007 D'un
Psychanalyste qui n’a jamais vu de corrida :
....... “Que la mort, la mise à mort d'un taureau
puisse être un traumatisme pour un enfant est une idée absurde. N'importe quel
enfant de la campagne jusqu'à une période très récente ne peut que témoigner de
ce que la mise à mort des animaux est une composante importante de la vie, un
événement ritualisé non quelconque, associé le plus souvent à un moment de fête.
Ce qui est traumatisant, comme toujours, c'est le discours qui entoure et soutient
l'événement, non l'événement en lui-même. En l'occurrence ce qui peut être dérangeant
pour les enfants ce sont précisément ces discours sur un traumatisme éventuel,
qu'ils n'auraient pas inventé tout seuls... .......
Pour les adolescents, la chasse, improvisée, puis plus institutionnalisée
(le permis de chasse, etc.) jouait le même rôle. Tout cela est en fait très banal
et très normal. Les violences sophistiquées que les adultes s'infligent, violences
psychiques et physiques, dans le cadre du couple parental ont une gravité, elle,
bien réelle, d'un autre registre, et qui joue un rôle décisif dans la structuration
du sujet. Les violences sociales, symboliques et politiques aussi, tout cela est
bien connu. Là aussi il faut redire qu'une émission, un film, etc. n'est jamais
traumatisant en lui-même : ce qui compte c'est le contexte, la parole, la présence
des adultes, etc. ....... Je ne parle pas de
la dimension du combat et de sa ritualisation, de l'identification (aussi bien
au torero qu'au taureau, il me semble), car je sortirais de mon expérience. Mais
la dimension culturelle de cette pratique est suffisamment avérée. Elle me semble
beaucoup moins abrutissante que le football et les course de formule 1, beaucoup
moins susceptibles de susciter les pires formes de la haine raciale et chauvine
qu'on trouve chez les "supporters".”
Bertrand Ogilvie, psychanalyste à Paris |
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10 2007 D'un
Neuropsychiatre, Psychanalyste et ancien Torero : .......
Il a été dit qu'il convenait d'interdire l'assistance a une corrida aux enfants
de moins de 16 ans, en raison de la situation traumatisante qu'elle représentait.
Je ne peux adhérer à cette opinion et je me permets d'en donner les raisons. .......
Scientifiquement, depuis Freud,
il est reconnu qu'une situation est traumatisante :
.......- Premièrement lorsqu'elle produit une quantité
d'excitations trop grande pour être régulée par l'appareil psychique, c'est le
cas des grandes catastrophes naturelles, ou simplement de certains films. .......-
Deuxièmement lorsqu'elle peut renvoyer à des faits vécus passés douloureux, ou
à des fantasmes qui ont leur importance car ils constituent une réalité psychique.
.......
Il en résulte qu'il convient de prévenir les premières situations citées. On ne
peut le faire pour les secondes car un incident anodin peut les déclencher ; par
exemple le fermeture brusque d'une porte peut réveiller chez un enfant le souvenir
d'une absence des parents vécue comme un événement douloureux et entraîner une
turbulence intense. .......
Cela étant, il est donc possible que la mort d'un animal puisse apporter chez
un enfant une excitation trop grande, traumatisante, et il appartient à l'adulte
de la prévenir. Cela se fait par la parole qui explique les situations dans leur
vérité avec des mots justes. Ainsi il conviendra de dire aux enfants côtoyant
des animaux de ferme, comestibles, leur destin : l'homme pourvoit à tout ce dont
ils ont besoin, les protège d'autres animaux, comme le renard, mais il y a une
nécessité pour l'homme de se nourrir et un jour ils devront être saignés, fusillés,
électrocutés.Dans le milieu rural, cette vérité est dite à l'enfant sans solennité,
peu à peu, à partir des actes quotidiens de la vie, du récit de petites fêtes,
du présent offert au voisin pour la mort du cochon, etc. .......
Il en est de même pour la corrida. Un enfant habitant la région des élevages de
toros de corrida est au courant de leur combativité exceptionnelle. Il a assisté
à l'expérience des tientas dès les classes primaires. Il a vu une vache entrer
dans une arène, située à côté des prés de l'élevage, foncer plusieurs fois sur
le picador qui jugera sa bravoure, puis sur le torero qui appréciera son jeu dans
le ballet qu'est aussi la corrida, et il a pu observer que cette vache alors qu'elle
est encouragée à sortir de l'arène par une porte ouverte sur les pâturages et
le reste du troupeau, refusera de sortir pour continuer le combat. Il sait qu'un
toro mâle fera la même expérience et que, si les deux sont sélectionnés, leur
fils représentera l'élevage dans une corrida. .......
Aussi, ce jour-là, l'enfant comprendra les applaudissements accompagnant
la combativité du toro, face aux picadors, banderilleros et au matador. Il percevra
l'admiration des aficionados s'identifiant au toro, évoquant chez chacun Bayard,
Cyrano de Bergerac, le meilleur Belmondo, et ces applaudissements seront donnés
debout, quand il quittera, mort, l'arène, pour un derniers hommage. .......
On comprend que la corrida peut surprendre un spectateur non averti et en particulier
un enfant, mais on comprend aussi qu'une explication des origines du toro de corrida
dans toutes ses données détraumatisera.
.......
Mais le psychiatre à l'égard de la corrida a plus à dire
que la façon de prévenir un traumatisme. Le torero lui apparaît
comme un personnage fondamental dans l'arène et tout autant au
dehors. Dans l'arène parce qu'il doit solutionner la force et
la combativité du toro pour réaliser avec lui une œuvre artistique
comparable à un ballet. Celle-ci réussie, on pourra voir souvent
le torero, avant que le toro mort soit emporté hors de l'arène,
de la main lui envoyer un baiser et lui adresser une caresse sur
le front pour le remercier de sa complicité dans cette œuvre.
Nous le savons tous, les plus grands artistes et les plus grands
littérateurs qui ont rencontré la corrida s'en sont abreuvés.
Il serait dommage, pour ne pas dire cruel, d'en priver les enfants
jusqu'à l'âge de 16 ans.
Hors de l'arène,
la conduite du torero reste un exemple. Il doit pour réaliser
son œuvre accomplir des gestes techniques précis aux bons moments,
demandant maîtrise de soi, ténacité et courage.
....... Au cours de son éducation,
l'enfant rencontre les exigences de ses parents, il les apprécie
parce qu'elles lui sont expliquées et les perçoit comme nécessaires,
et puis il apprécie aussi la valeur rencontrée chez d'autres personnes.
La conjonction de ces deux aspects de valeur établit en lui ce
que la psychanalyse appelle " l'idéal-du-moi " et qui est une
sorte de programme d'obligations à accomplir dans la vie courante
pour pouvoir s'apprécier soi-même. Le torero, pour l'enfant habitué
des corridas, a cette place adjacente à celle des parents.
....... Cette place, bien sûr, n'est
pas réservée au torero, d'autres enfants la rencontrent ailleurs,
mais interdire une valeur acquise pour des enfants et empêcher
l'ouverture pour d'autres serait désolant.
Dr
Jean Maler
30400 Villeneuve-lez-Avignon
6 octobre
2007 |
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Dr
Bernard AUTHEMAN
médecin psychiatre
30400
Villeneuve les Avignon |
Dr
Andrée Barthez Mestre
Psychiatre des hôpitaux honraire
Digne-Les-Bains |
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Dr
Claude BARAL
Psychiatre des Hôpitaux honoraire
30000 Nîmes..........
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Dr
Jean-François Kervella
Neuropsychiatre
83000 Toulon |
JOELLE
TESSIER
Assitante sociale
LE CANNET 06110 |
Dr Bernard
Grimaud
Neuropsychiatre
34070 Montpellier
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Du
Professeur Marcel Rufo dans "La Provence" du 30 septembre 2007
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