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avons trouvé ce texte sur : http://psychanalyse-et-animaux.over-blog.com/article-12615447.html
Les
corridas espagnoles et portugaises doivent être interdites aux
moins de seize ans
(21/09/07)
Nous
sommes à une époque où les débats sur la corrida prennent de
l'ampleur dans tous les pays où elle est pratiquée, portés par
de profondes mutations à la fois dans le rapport de l'individu
contemporain à la violence et dans la relation entre hommes
et animaux.
Nous sommes aussi à une époque où on se préoccupe de façon croissante
de la violence dont les jeunes peuvent être témoins, victimes
ou auteurs, cela d'autant que les chiffres des violences aux
personnes augmentent en France au fil des années.
Le
moment est donc venu de prendre en compte l'impact de ce spectacle
sur les enfants et les adolescents.
En
effet, il y a dans la corrida une violence centrale et une souffrance
imposée qui associent certaines caractéristiques fondamentales
:
-
cette violence et cette souffrance sont imposées dans le cadre
d'un rapport radicalement inégal, à savoir par des hommes à
un animal contraint à être présent ;
- cette violence et cette souffrance imposées à l'animal n'ont
pas d'utilité concrète, elles ont pour unique raison d'être
le plaisir de l'homme ;
- cette violence et cette souffrance imposées à l'animal sont
constituées en spectacle.
D'une
façon générale, il est légitime de redouter chez le jeune spectateur
de corridas les conséquences suivantes :
- Des effets traumatiques
La réaction normale d'un enfant à la vue d'un animal saignant
sous les coups d'un homme est toujours au départ une réaction
de rejet, de gêne, et de peur. Certains enfants dans une corrida
vont être heurtés par certaines scènes, et pourront d'autant
moins en faire part que leur entourage adulte déniera le caractère
traumatisant du spectacle en alléguant l'art, la tradition et
la culture.
- Une accoutumance à la violence
Les adultes qui emmènent des enfants à des corridas les entraînent
qu'on le veuille ou non à une forme de violence très crue, réelle
et non pas fictive même si elle est circonscrite à l'arène,
et pour tout dire la leur enseignent en alléguant l'art, la
tradition et la culture.
-
Une fragilisation du sens moral
On
constate abondamment que bien des difficultés dont souffre notre
société ont pour racine des incohérences du système de règles
de l'individu. Il semble difficile d'apprendre à nos enfants,
dans les écoles et dans les familles, que la violence est condamnable
et qu'on ne doit pas faire souffrir les autres êtres, mais qu'à
côté de cela la violence gratuite peut être légitime voire recommandée
et qu'on a le droit de faire souffrir certains êtres en alléguant
l'art, la tradition et la culture.
L'enfant
voit parfaitement que le taureau a été contraint à venir dans
l'arène et qu'on lui inflige longuement des blessures puis la
mort, sans motif de défense ou de protection. L'enfant apprendra
même que l'action de blesser l'animal par les piques durant
le premier tercio s'appelle le "châtiment". Cela peut déstabiliser
les critères du juste et de l'injuste.
-
Une perturbation du sens des valeurs
ll
n'est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle de
la souffrance, du sang et de la mort comme pouvant revêtir une
valeur esthétique qui primerait donc sur tous les autres aspects.
Il n'est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle
de la souffrance, du sang et de la mort comme pouvant se justifier
par une tradition, qui devrait donc l'emporter sur tout autre
type de considération.
Il n'est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle
de la souffrance, du sang et de la mort comme inséparables d'une
identité culturelle, alors même que l'enfant est en quête de
modèles identificatoires.
Enfin, il n'est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle
d'hommes tourmentant, et de plus sans motif, un animal jusqu'à
la mort, alors même que notre société est en train de repenser
en profondeur nos rapports avec les animaux et avec la nature.
Il va de soi que ces réflexions s'appliquent à plus forte raison
à ce qu'on appelle les "écoles taurines", comme il en existe
en France à Arles, Nîmes, Béziers ou Hagetmau, où les enfants
peuvent être admis à 10 ans voire moins et ne tardent pas à
s'exercer sur des veaux dans le cadre de "becerradas" puis de
"novilladas".
On
ne manquera pas de nous rétorquer que les cahots éducatifs et
moraux qui secouent nos sociétés ressortissent à des facteurs
causaux bien plus vastes et complexes. Nous en sommes bien entendu
conscients, mais ceci ne saurait tenir lieu de réponse à la
préoccupation ici exprimée.
En
tant que psychiatres et psychologues, nous demandons en conséquence
que le spectacle de la corrida ne soit plus autorisé aux moins
de seize ans.
D'après
la presse, ce rapport serait signé par :
"Une trentaine de médecins, psychiatres et psychologues,
représentés par le Dr Jean-Paul Richier
(Hôpital Paul-Guiraud à Villejuif, Val-de-Marne "
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