Libres propos...
4 mars 2009
Attention ! |
D’un gâchis nîmois aux fourrures de Mme Carla Bruni Sarkozy
Petit panorama aigre-doux de notre actualité taurine
par Jean-Jacques Dhomps
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Au
nom de la Fédération, son doyen, René
Chavanieu, remet le trophée "El Tío
Pepe" à Bernard Astric représentant des clubs taurins Gardois |
Les taurins cultivent décidément l’art de compromettre les causes qu’ils défendent, surtout quand elles sont bonnes.
Ainsi, nous déplorons l’annulation de la quatrième édition du « Printemps des jeunes aficionados » qui aurait dû se tenir à Nîmes cette année du 11 au 15 mars.
Cette magnifique initiative semblait devoir s’inscrire indéfectiblement dans le paysage de nos inter-temporadas. Notre Fédération l’avait remarquée, appréciée et saluée en remettant le 24 février 2008, à la Coordination des Clubs Taurins Nîmois (ce n’était pas encore Gardois en 2007), son prix " El tío Pepe " (Jean-Pierre Daracq) qu’elle leur avait décerné dès 2007 pour leur "invention" et organisation bénévole de la deuxième édition de l’événement les 17 et 18 mars.
Il est à espérer que la panne 2009 ne constituera qu’un accident de parcours et que les Gardois vont renouer en 2010 avec le formidable succès populaire et médiatique de cette manifestation, l’une des meilleures vitrines qui soit de notre fiesta brava.
Petit lot de consolation, la IIIème journée des « Rencontres médicales autour des tauromachies » aura bien lieu comme prévu samedi 14 mars.
Voir programme en cliquant ici.
Au sujet, de l’O.N.C.T., je montrerai un peu plus de patience que certains épistoliers. L’Observatoire, dont la Fédération des Sociétés Taurines de France s'honore de partager la paternité, est à l’origine d’heureuses initiatives couronnées de succès. Il a efficacement tenu son rôle lors des rencontre « Animal et Société ». Son brain-trust est assez large et divers pour s’opposer à toute dérive solitaire et aventureuse. Certes, je le reconnais, sa communication vers l’afición n’est pas heureuse. Puisse-t-il se doter rapidement d’un mode d’expression qui lui soit propre, collectivement et impartialement contrôlé par les membres de son Bureau !
Par contre, je récuse des exigences hors de propos. Il est, par exemple, impossible que tous ceux qui ont des responsabilités à l’Observatoire partagent la même opinion sur le tercio de pique et la pique andalouse, par exemple. Ça n’a rien à voir avec ce qui est attendu d’eux. Il y a près de soixante ans que j’entends régulièrement les meilleurs aficionados se quereller à propos des piques et ça n’a jamais nui, ni à la respectabilité de chacun d’entre eux, ni au rayonnement de la culture taurine.
J’en viens, donc tout naturellement, aux piques et aux disputes intimes qu’elles entretiennent.
La Fédération a bien fait de remettre ce perpétuel débat sur le tapis. La vigueur des passions qu’il déchaîne prouve bien qu’il est plus que jamais d’actualité.
Quelles sont les deux voies aujourd’hui proposées pour réhabiliter le premier tiers de la corrida ?
1) Obtenir par sélection un autre type de toro plus fort et plus brave et faire respecter le règlement.
La première proposition même si elle était fidèlement mise en œuvre prendrait des dizaines d’années avant d’obtenir des résultats pour le moins incertains, quant au règlement il reste trop souvent lacunaire, loin d’être partout et par tous compris de la même façon. Quelle autorité peut aujourd’hui se targuer de parvenir à le faire appliquer ? Le premier tiers est à la dérive depuis plus d'un siècle, on pique mal à Madrid comme à Séville !
2) Autre solution, réformer.
Si les Andalous ont un grand mérite, c’est de nous avoir montré, même sans le vouloir, que des réformes péremptoires, décidées « à vue de nez », étaient mauvaises. C’est ainsi que leur nouvelle pique n’est pas moins traumatisante mais probablement pire que celle qu’ils ont prétendu remplacer.
Mon opinion, qui ne vaut peut-être ni plus, ni moins, que celle d’un autre, mais que je me permets d’exprimer est que toute modification de la pique et de la manière de s’en servir devra passer, à l’imitation de ce qui a été trop timidement tenté l’année dernière à Beaucaire et qui reste trop peu significatif, par des phases expérimentales.
L’U.V.T.F. retrouverait utilité, autorité et prestige en autorisant un petit nombre d’arènes candidates, pas trop grandes et si possible toristes, à organiser ces expérimentations. Pour cela, elle imposerait un cahier des charges précis et élaboré en commun avec chacune des parties prenantes et, en sus, l'Association Française des Vétérinaires Taurins, des représentants de l’afición.
Les professionnels qui interviendraient dans ces arènes seraient volontaires (intéressant moyen de promotion pour de jeunes matadors, picadors et banderilleros), ainsi que les empresas de caballos, les éleveurs et les organisateurs. Des vétérinaires analyseraient sur les dépouilles des taureaux les lésions provoquées par les piques et la manière dont ils ont été piqués. Les trois à quatre arènes qui tenteraient le coup ne manqueraient pas de recueillir un afflux de spectateurs toristes, informés, curieux, compréhensifs, patients et attentifs. Leurs appréciations et réactions répercutées par des responsables d’associations taurines seraient soigneusement recueillies. Un bilan global serait établi et publié au bout de quatre à cinq ans. S’il en émergeait une procédure satisfaisante suffisamment consensuelle, elle serait progressivement appliquée dans d’autres arènes plus vastes et, dans le meilleur des cas, au bout d’une dizaine d’années, des modifications du Règlement Taurin Municipal Français l’imposeraient partout en France.
De toute manière, rien ne se fera sans la collaboration volontaire et active des différents professionnels que j’ai énumérés. D’ailleurs, je connais déjà un petit nombre d’entre eux qui, sans oser l’avouer ouvertement – ils leur faut beaucoup de courage, le milieu des professionnels taurin n’étant pas moins conservateur dans son genre que celui des aficionados dans le leur - seraient disposés à relever la gageure. Qui dit qu’ils ne feraient pas des émules, surtout si le public suivait ?
J‘ai opté pour un parcours du type coq à l’âne, ce qui me permet d’évoquer, en passant, une belle perspective ouverte à l’orée de cette temporada par la saine concurrence entre des arènes toristes qui permettra de contempler des Escolar Gil à Aignan pour Pâques et à Vic pour Pentecôte. Goûtons cette phase « de expectación ». Alléluia !
Dans un ordre d’idée différent, autre nouvelle très heureuse, l’irruption de la tauromachie au Sénat que nous avons annoncée sur ce site dès le 18 février et dont je reproduis ici le passage du communiqué de presse dévoilant la composition du Bureau.
Création d'une commission " Tauromachie et élevage du taureau " La réunion constitutive de cette nouvelle section s'est tenue le mardi 17 février, à l'issue des débats de laquelle le bureau suivant a été formé : 1er Vice-président : M. Jean-Paul Fournier (Gard, UMP) ; Vice-présidents : Bertrand Auban (Haute-Garonne, PS) ; François Fortassin (Hautes-Pyrénées, RDSE) ; Jacqueline Panis (Meurthe-et-Moselle, UMP) ; Jean-Marc Pastor (Tarn, PS). Secrétaires : Didier Guillaume (Drôme, PS) ; Robert Tropeano (Hérault, PS). Cette réunion constitutive a permis de tracer les perspectives de travail et d'action, qui devraient principalement consister en des auditions de personnalités qualifiées et en déplacements sur le terrain, afin que l'aficion puisse continuer à s'exprimer librement. |
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Bravo à ces sénateurs !
Ils illustrent un mouvement qui s’amplifie depuis quelques années dans notre pays. La tauromachie est de plus en plus ouvertement considérée par un nombre de plus en plus important de nos élus comme un fait culturel et économique incontournable et même fort respectable.
Je pense qu’en dépit des esprits chagrins, l’émergence de l’O.N.C.T. a heureusement favorisé et accompagné cette évolution.
Parallèlement, il faut bien constater que si les terroristes animalitaires ne désarment pas, ils commencent à lasser tout le monde, le grand public compris. Nous assistons à un début de refroidissement de la complaisance médiatique dont ces extrémistes bénéficiaient jusqu’ici. Voir par exemple la vidéo d'un reportage diffusé sur Arte le vendredi 6 février (Attendre la fin de la pub initiale.)
Dans un autre genre qui se veut plus people, le mal fameux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals - Association pour un traitement éthique des animaux) qui exhibe traditionnellement la nudité de troupes de mercenaires féminins à Pampelune ou ailleurs (Plutôt à poil qu’en fourrure !), vient de trouver un objectif digne de ses ambitions, obtenir de Mme Carla Bruni Sarkozy, non seulement qu’elle renonce à porter des vêtement en fourrure mais encore que, dans un geste de repentir public, elle fasse don de ceux qu’elle possède, soit à des S.D.F.ou, encore mieux, à des professionnels de la vie animale sauvage. Ils seraient ainsi transformés en litière naturelle pour des bébés (sic) animaux orphelins !
Voir ici.
Ce genre de provocation ridicule n’amuse plus personne et va heureusement à l’encontre de son but. La fourrure sied incontestablement à Mme Carla Bruni. Le PETA réussit à accompagner les effets de mode en assurant la promotion de la fourrure auprès des jolies femmes et même des moins jolies !
L’actualité impose souvent des tête-à-queue incongrus et grinçants.
Sur un mode tout à fait sérieux, pour ne pas dire poignant, je termine avec une pensée pour le malheureux banderillero Adrián Gomez entouré le 1er mars, à Vista Alegre à Madrid, de l’affection de son épouse, de celle des toreros qui lui rendaient hommage lors du festival organisé à son intention et représentaient l’ensemble des professionnels taurins, des celle des spectateurs, de celle d’une afición mondiale parfaitement solidaire. Car si nous n’y étions pas, notre cœur y était.
Torero ! Torero ! Torero !
Photo du blog "Sentimientos y locuras" - Cliquer sur l’image pour en savoir plus.