16 juin 2009

Notre O.N.C.T. demande un droit de réponse
après la publication d'une interview de Christian Laborde
dans le quotidien "L'Indépendant"

Voir en cliquant ici la reproduction de ce qui a paru hier dans l'Indépendant


Monsieur le rédacteur en chef,

Dans votre édition d'hier, vous avez consacré un long article au livre écrit par monsieur Laborde, livre qui est une véritable apologie du meurtre et de la violence. "Ouvrons le feu, vidons nos kalachnikovs, nos flingues planqués dans nos greniers sur la racaille confessée qui se rend aux arènes !" peut-on y lire notamment.
Cette banalisation par votre journal de propos inacceptables à l'encontre d'une communauté culturelle de notre pays appelle de notre part divers commentaires.

Depuis longtemps la menace planait et il semblait évident qu'un jour ou l'autre l'activisme animalier radical toucherait le fond de sa logique de haine, d'intolérance et de mépris de la vie humaine. Et ce qui pouvait arriver s'est produit : en Angleterre en mars dernier, un homme qui accompagnait une chasse à courre est mort décapité, victime d'un attentat animalier. De nombreux pays anglo-saxons classent depuis longtemps les saboteurs de la chasse parmi les (éco)terroristes et ont adopté des lois sanctionnant sévèrement leurs actes de violence contre la chasse, les fourreurs, les boucheries, les laboratoires… Actes de violence qui, en France, touchent aussi le monde taurin, ainsi que la signature de l'ALF sur un restaurant parisien saccagé cet été le démontre après que divers attentats, au fusil, par incendie ou à la lettre piégée aient déjà été perpétrés contre des personnalités du monde taurin.
Jusqu’où peuvent aller la haine et l’ignorance lorsqu’elles animent des esprits aveuglés par l'intégrisme ? C’est la triste question que viennent de poser les hunt-saboteurs anglais avec la mort du suiveur de l’Equipage Warwickshire Hunt, Trevor Morse, décapité par la pale du gyrocoptère d’un saboteur qui tentait de l’effrayer pendant un laisser-courre. Un drame qui sonne comme un avertissement : les saboteurs et autres cagoulés ne sont pas de pacifiques défenseurs des animaux, mais des extrémistes fanatisés prêts à toutes les folies pour faire avancer leurs idées destructrices dont on retrouve les relents nauséabonds dans le pamphlet irresponsable de monsieur Laborde : "Ouvrons le feu, vidons nos kalachnikovs, nos flingues planqués dans nos greniers sur la racaille confessée qui se rend aux arènes !" Pour mesurer la violence xénophobe du propos, il suffit de remplacer dans le texte le mot "arènes" par, au choix, ceux de "synagogue" ou "mosquée". Si tel était le cas, c'est le GIGN qui se chargerait de déloger au petit matin l'auteur de ce texte.
La communauté culturelle des aficionados serait-elle si indigne de l'ordre républicain pour que d'élémentaires mesures de précautions ne s'appliquent pas à elle ? A quand une victime dans le monde taurin français ? A quand la prise de recul nécessaire que les citoyens sont en droit d'attendre des medias qui, en véhiculant ces thèses, les cautionnent au risque d'encourager le passage à l'acte de quelque déséquilibré ?
Pluralité de l'information oblige et en vertu du droit de réponse que nous demandons au nom des deux millions de citoyens français qui se rendent chaque année dans une arène et que l'Observatoire National des Cultures Taurines représente, nous ne doutons pas que vous aurez à cœur de nous consacrer dans votre journal le même espace que celui qui a permis à monsieur Laborde de développer ses thèses.
Dans cette attente, veuillez agréer monsieur le rédacteur en chef l'expression de mes sentiments respectueux.

André VIARD



Édition du lundi 15 juin 2009
France-Monde.

Christian Labore danse avec les taureaux

La saison des corridas va débuter. Christian Laborde n'en peut plus de voir son Sud souillé par le sang des taureaux. L'amoureux de la petite reine a le sang chaud. Dans un pamphlet virulent, l'écrivain et journaliste écorne, encorne les aficionados. Et va sur le terrain les affronter.

Vous vous élevez contre ce qui est perçu comme une tradition culturelle dont le grand Sud-Ouest serait le dépositaire ?

Ceci est faux, parce que l'apparition de la corrida ne date que de 1853 à Bayonne. Il faut voir que cette apparition de la corrida en 1853 se fait en violation de la loi Gramont qui date de 1850 et qui, elle, considérait comme un délit toutes les cruautés faites aux animaux. Il y a donc une loi qui dit que cette pratique de la corrida hispanique est contraire à la loi.

Vous employez deux mots, le mot tradition et le mot culture.

La corrida est une tradition et l'on me demande de la respecter en tant que telle. Je ne respecte que les traditions respectables. La tradition de la corrida parce qu'elle est cruelle n'est pas à mes yeux une tradition respectable. En ce qui concerne le mot culture, la corrida n'est pas une culture. Une tradition c'est ce qui se perpétue, la culture est quelque chose d'ouvert, c'est ce que l'on ajoute à la vie et qui est sans arrêt interrogé, renouvelé, remis en cause. La corrida n'est pas au service de la vie, elle est au service de la mort.

Comment se fait-il qu'elle tend à perdre du terrain en Espagne, notamment en Catalogne, alors qu'en France, il se trouve de nouvelles villes pour organiser des corridas...

Je pense que c'est la loi du business. Si je m'en tiens au dernier sondage paru dans El Pais, seulement 15 % de la jeunesse espagnole s'intéresse à la corrida et 25 % des Espagnols toutes tranches d'âges confondues. Il lui faut de nouveaux territoires. Elle essaie de conquérir d'avantage le Sud de la France.

Un business subventionné ?

Le fait que le spectacle tauromachique n'existe plus que grâce à l'aide de l'argent public, cela pose une question de l'utilisation des deniers publics. Il semblerait que la majorité des Français soit plutôt hostile à ce type de pratique, or on n'en utilise pas moins l'argent public pour l'organiser. Si les conseils généraux au nom du respect de l'homme et de l'animal cessaient de subventionner à tour de bras ces spectacles sanglants, je crois que la corrida reculerait.

Dans votre livre vous n'y allez pas de main morte : la foule est traitée de "salope" et vous appelez à sortir les flingues des greniers ?

Le propre du pamphlet c'est de pratiquer l'outrance, l'excès, l'insulte, l'outrage. C'est de la littérature de combat, violente. Face à la violence de la corrida, je réponds par un texte qui cogne. Il y a une tradition que je respecte, c'est la tradition du pamphlet. Il est virulent avec Léon Bloy, il est virulent avec les surréalistes, il est virulent avec Jean Hedern Hallier. C'est un texte épidermique. Je monte sur un ring, au nom de l'amour que je ressens pour ce bel animal qui est le taureau. On pourra me reprocher ce qu'on voudra, on ne pourra pas nier que jaillit de ce livre un amour de la nature et des animaux.

Vous vous élevez contre une théorie "scientifique" qui voudrait que le taureau ne souffre pas ?

C'est une vraie question qui est celle de la souffrance de l'animal. Oublions tous les autres discours. Lorsqu'on parle de la souffrance de l'animal, les pro-corridas la nient et font référence à des travaux de vétérinaires espagnols qui disent que la bête ne souffre pas. Les anti-corridas disent au contraire que cette souffrance existe. J'ai voulu trancher la question. C'est ainsi que j'évoque donc Georges Chapouthier, biologiste et directeur de recherche au CNRS. Les scientifiques nous disent que la souffrance de l'animal est insupportable, atroce. C'est ce que met en avant le livre et c'est pourquoi ce livre dérange beaucoup les aficionados.

Au nom de la loi, que vous évoquez au début, il faudrait donc interdire la corrida. Ce ne peut être qu'une décision politique ?

En l'occurrence c'est la modification de l'article L 521-I du Code pénal. Comme vous le savez, cet article considère comme un délit les traitements cruels à l'endroit des animaux, traitements punis de prison et d'amende. Mais l'alinéa 7 dit que les dispositions du présent article ne concerne ni la corrida, ni les combats de coqs. Une loi nous dit qu'il est interdit de torturer en France, sauf dans les endroits où l'on torture depuis plus de cent ans. Il faudrait modifier la loi, mais il y a au Parlement des lobbies particulièrement bien organisés. Et nous avons l'exemple du Président de la République qui s'est rendu en Espagne rencontrer le roi avec une délégation française qui comprenait deux toreros. Cet exemple venant d'en haut ne va pas dans le sens d'une suppression de la corrida.

Et l'Europe ?

On a davantage à espérer de l'Europe et j'espère effectivement que le vote vert qui vient de s'effectuer en France aboutira à faire retirer la corrida du paysage européen.

Interview recueillie par Richard Pevni
"Corrida, basta !" de Christian Laborde. Robert Laffont. 139 p., 16 euros.

L'auteur sera présent à Carcassonne le 19 juin et à Perpignan le 20 juin.
Sites internet :
wwww.anticorrida.com
wwww.flac-anticorrida.org
www.allianceanticorrida.fr

Coup de sang

Christian Laborde aime les Pyrénées, les ours et les taureaux, «ceux qui de leur court passage sur terre ont dégommé les toreros». Christian Laborde est journaliste, sportif quand il écrit sur le Tour de France, poète quand il évoque Claude Nougaro dont il a l'accent, il peut aussi se faire pamphlétaire contre les aficionados, alors que s'ouvre la pire saison pour les taureaux, celle des ferias qui amalgament fête et corrida. En distribuant quelques coups de corne aux organisateurs, à leurs sponsors (Monsieur Jaune), aux élus départementaux qui votent des subventions pour ces spectacles, aux politiques toutes tendances confondues. Les pires, les ni pour ni contre, centristes comme Bayrou ou qui comprennent «la passion de ceux qui s'enthousiasment pour cela» (Royal). Seule Arlette Laguiller s'était prononcée pour la suppression de la corrida. Mais il est vrai que la "pasionaria" de Lutte Ouvrière ne courrait pas après chaque voix.
« Dézinguons la corrida », s'emporte donc Laborde, « vidons nos kalachnikovs, nos flingues planqués dans les greniers ». Le Sud de Christian Laborde n'en serait que plus beau. Un coup de sang pour que ne coule plus le sang des taureaux. Quand on pense que les républicains espagnols avaient interdit la corrida en 1937, avant que Franco ne la rétablisse... R. P
.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FSTF - N.D.L.R. :
A remarquer que le journaliste de l'Indépendant, Richard Pevni, laisse éclater sa partialité anti-taurine dans son commentaire intitulé "Coup de sang" (colonne de droite).
Il ne fait pas dans la dentelle en proférant de scandaleuses contres-vérités. L'Indépendant est-il un journal d'information ou de désinformation ?
Ce journal n'est pourtant pas gêné par ses scrupules anti-taurins quand il perçoit les redevances de la publicité que lui confient les organisateurs de corridas locaux.
Les aficionados de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les Cérétans en particulier, apprécieront !