31 août 2009
Nous ne publions pas le petit compte-rendu qui suit de la corrida du 23 août 2009 à Bilbao dans nos « Regards sur la temporada » puisqu’ils ne se portent que sur la française.
Nous avons estimé, par contre, qu’il devait figurer ici parce que tout ce qui touche aux toros de Victorino intéresse les aficionados français mais aussi parce qu’il est exemplaire de la manière dont un honnête aficionado peut rapporter une course : sobriété, précision, objectivité, pas d’affirmation qui ne soit étayée…
Les "Victorinos" de Bilbao
Pour cette 8ème et dernière des Corridas Generales 2009, les Sres Victorino Martin père et fils ont envoyé un lot imposant en poids (577 kg de moyenne annoncé à l'apartado), trapio et armures, présentation "bilbainesque" oblige. Très typé "Saltillo" le 2, très armés les 2, 4, 5 et 6.
A la pique :
A noter des mises en suerte bâclées, voire absentes, le toro étant placé systématiquement trop près la 2ème fois : à la 2ème raie, voire entre les raies. Quelle pitié, mais tout le monde a l'air de s'en moquer comme de sa première barboteuse ...
Aux banderilles, nous avons droit au cirque du "ciclon de Jerez" pour les 1 et 4, à un tercio à peu près correct pour le 6 ; pour les trois autres, c'est soigneusement bâclé, dans la peur. Il faut dire aussi que les toros n'ont pas facilité les choses, attendant parfois les hommes, puis les poursuivant de façons très diverses.
Quant au 3ème tiers, le 1er toro était sans doute le moins difficile, sans être un enfant de chœur, loin s'en faut. Les cinq suivants se sont tous montrés violents, cherchant à accrocher les hommes en permanence. Le fait qu'il n'y ait heureusement pas eu de cogida tient pour moi du miracle, et j'avais rarement, peut-être jamais, ressenti un tel danger en piste. Nous avons eu droit à cinq belles divisions du public à l'arrastre, entre ceux qui ont vu de vrais toros, durs et qui vendent chèrement leur peau, et ceux qui n'ont vu que cinq alimañas, inaptes à l'expression du toreo dit moderne.
Pour les hommes :
Un détail croustillant illustrant le comportement du joyeux respectable : par deux fois, une fraction de ce dernier a réclamé la musique pour une faena du genre combat de rue, et ce à l'approche de la 10ème minute !
Bernard Desvignes
N.D.L.R. : Voir des images de cette corrida sur "Ferias Taurinas - Digital +" en cliquant ici.