Intervention de JP DOMECQ aux
RENCONTRES INTERNATIONALES
DE DROIT TAURIN
Nîmes, 18 septembre 2009
Le thème proposé était « La règlementation de la corrida ». JP Domecq, annoncé sur le programme en tant qu’éleveur de toros, a formulé les propositions que je me dois de détailler ci-après…
Je précise que le señor s’est exprimé dans un français parfaitement maîtrisé, ce qui exclut tout risque de traduction approximative.
En préambule, JPD rappelle que le règlement taurin espagnol, mis en place dans le courant du XIX° siècle, doit son existence au souci des autorités de police de maitriser les risques de débordements populaires. Pour résumer, ce règlement s’inspire d’une logique d’ordre et n’a donc peu faire de la lidia…
Dès lors, selon JPD, il convient de repenser ce règlement de fond en comble, en s’appuyant sur trois principes :
- la corrida est une fête conçue pour le public : ce sont donc les choix de celui-ci qui doivent être le critère déterminant.
- seule une fédération constituée à l’échelle mondiale (sur l’exemple de la FISA pour le sport automobile) devrait être habilitée à promouvoir un règlement.
- ce règlement, par voie de conséquence, ne peut donc être l’affaire que du public et des professionnels.
Un premier commentaire à ce niveau : sur la représentation des professionnels, aucune angoisse… Sur celle du public, comment l’organiser ?
Ces principes étant posés, JPD fait part de quelques propositions, et au passage de quelques commentaires à même de les justifier :
- les vétérinaires : il faut les supprimer car de nos jours, ils ne sont là que pour assumer les exigences de trapio… Ce qui revient à les confiner dans un rôle de jury de concours de beauté. Accepter ou refuser un toro, cela devrait être le domaine exclusif de l’empresa.
- les tercios : il convient d’être moins rigide car c’est au torero de décider : s’il choisit notamment de prendre plus de risques en faisant moins piquer son toro, cela est son problème…
- les piques : il n’aime pas du tout… Certes l’épreuve est indispensable, mais c’est le problème de l’éleveur : elle doit donc être réservée au campo… et ne surtout pas faire l’objet d’un spectacle public.
- une proposition : pourquoi ne pas remplacer les piques par l’intervention d’un réjonéador, proposition faite en son temps par Alvaro Domecq.
- la longueur des faenas : c’est au maestro de décider et les avis ne devraient intervenir qu’à partir du premier coup d’épée.
- les trophées : le public doit être seul juge…
- l’indulto : cela doit devenir un système généralisé sur le principe du gagnant-gagnant : il serait normal que de plus en plus souvent, le public estime que le toro (vue sa prestation) a gagné et donc mérité d’être gracié.
Un deuxième commentaire – forcément angoissé :
- c’est quoi une fiesta brava gérée par les seuls toreros et imprésarios ?
- c’est quoi une fiesta brava gérée par le seul public ?
et plus gravement :
- c’est quoi une fiesta brava gérée par les seuls éleveurs ?
Je remercie JP Domecq de m’avoir fourni l’occasion de me poser de telles questions.
Jean-Louis MARC