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8 octobre 2010

Quand un président a le courage de ne pas accorder la grâce à un taureau
Corrida de Garcigrande à Úbeda, 4 septembre 2010

Nous avons maintes fois exprimé ici notre aversion pour cette multiplication d’indultos sans critères(1), la plupart du temps dans des plazas de 3ème catégorie, qui édulcorent notre fiesta, la ridiculisent et la décribilisent. C’est comme proposer « Ferdinand le taureau  » - gracié celui-ci avec juste raison par Walt Disney - à la place de cette fastueuse tragédie qui sublime la mort.

Lundi 4 septembre, lors d’une corrida à Úbeda (Jaén) où les indultos ne se comptent plus, le président de la course, Monsieur José López Garrido, s’est permis de refuser la grâce d’un bicho de Garcigrande, demandée bruyamment par le callejón, une partie du public - peut-être majoritaire mais, au vu des vidéos, les mouchoirs blancs ne l'étaient pas - par le matador (?), Daniel Luque, par le ganadero, Justo Hernández.

Toute la presse « bien pensante et domecquisée  » crie maintenant  au scandale. Voir, par exemple, l'article paru sur Mundotoro.com sous le titre et la photo qui suivent :

Luque la lía y el Palco no indulta

Publicación: 04/10/2010 (20:07)

De cet atrticle nous traduisons les passages suivants, presque comiques :

Scandale et polémique à Ubeda. Le président s'est posé en star de la course et s'est entêté de manière absurde à ne pas accorder la grâce à un grand taureau de Garcigrande alors que la demande du public était unanime.
..............
Luque a toréé, à plaisir, le troisième qui chargeait avec longueur, classe, promptitude, impeccable trajectoire, sur les deux cornes. Le sévillan termina son œuvre en toréant de la gauche avec beaucoup de profondeur. Le public unanime demanda la grâce durant plus de dix minutes sans que le président, José López Garrido, surnommé "El Zapatero", y consentît et, même, ordonna au matador qu'il utilisât l'épée sous peine de sanction. Malgré ses réticences, Luque ne trouva plus d'échappatoire et tua d'une estocade dans le haut sous les protestations générales du public..

Voici, pour éclairer le débat, l’article 60 du nouveau règlement andalou, nous le livrons en espagnol, nous le commenterons en français  :

“Artículo 60. El indulto.
1. En las plazas de toros permanentes, exclusivamente en corridas de toros o novilladas con picadores y al objeto de preservar la raza y casta de las reses, cuando una res por sus características zootécnicas y excelente comportamiento en todas las fases de la lidia sin excepción y, especialmente, en la suerte de varas, sea merecedora del indulto, podrá concederlo la Presidencia del espectáculo, de manera excepcional, cuando concurran todas las circunstancias siguientes:
a) Que sea solicitado mayoritariamente por el público.
b) Que lo solicite el diestro a quien haya correspondido la lidia de la res.
c) Que muestre su conformidad el ganadero o mayoral de la ganadería a la que pertenezca.
2. Ordenado por el Presidente o Presidenta del espectáculo el indulto mediante la exhibición del pañuelo naranja, se proceder, sin más, a la devolución de la res a los corrales para proceder a su cura y regreso a la ganadería.
3. Concedido el indulto a la res, si el diestro fuera premiado con la concesión de una o de las dos orejas o, excepcionalmente, del rabo, se simulará la entrega de dichos trofeos.
"

A l’intention de ceux qui ne lisent pas l’espagnol, nous soulignons que ce règlement précise bien que le taureau devra présenter des caractéristiques zootechniques adéquates et que son comportement aura dû être excellent dans toutes les phases du combat et spécialement durant le premier tiers et puis, que le président pourra (et non devra) accorder la grâce de manière exceptionnelle pourvu, qu’en outre, elle soit demandée par la trilogie : majorité du public, torero, ganadero. (aucune mention du callejón, ça va de soi).

Il ne fait aucun doute que le remarquable et courageux président a tenu compte de l’insuffisante présentation de cet animal anovillado, de la discrétion de ses cornes et de son manque de présence aux piques.
Les braillements d’un public excité par le grossier et irrespectueux Daniel Luque n’y purent bienheureusement rien changer.

La video de Mundotoro où manque, bien entendu, l’épisode des piques et aussi celui des banderilles, montre le 3ème tiers, estocade comprise. Cette vidéo est intéressante parce qu'elle donne une idée de ce qu'était Áspero, le mal nommé, petit taureau noblissime jusqu'à l'absurde, encore plus inoffensif que le virtuel "Ferdinand" de Walt Disney, et montre, surtout, l'indigne comportement de Daniel Luque face à un tel animalicule. S'il est une vertu qui se perd dans la toreria moderne c'est bien celle du pundonor. Cliquer ici.

Justo Hernández

Les propos tenus après la course par le ganadero,  Justo Hernández, pieusement recueillies par Mundotoro, sont repris, dans un contexte moins révérencieux, sur l’excellent blog taurin, « Aficionados al toro ». Cliquer ici.

Ils méritent d’être reproduits ici, suivis de leur traduction

« Algo pasa aquí cuando la estructura del toreo permite que el tonto de un pueblo pueda llegar a ser el presidente de una plaza de toros, el amo y señor de un espectáculo que debería ser democrático… »
 « A la gente así hay que eliminarla de este mundo, porque lo único que hace es hacerle daño a la Fiesta. »

« C’est ce qui arrive quand l’organisation de la fiesta permet q’un idiot de village puisse accéder à la présidence d’une plaza de toros, le maître et seigneur d’un spectacle qui devrait être démocratique… »
« Ces gens-là doivent être éliminés de notre monde, parce qu’ils ne font que causer du tort a la fiesta »

En dépit de ces insultes et de la bronca médiatique, le président, José López Garrido, a persisté et signé en demandant un sanction à l’égard de Luque.

Du site ÚBEDA EN LA RED, nous traduisons :

5 octobre 2010 – publié par Eugenio Santa Bárbara

" Une sanction à l’égard de Daniel Luque a été demandée par José Luis Garrido, Président de la course célébrée hier à Ubeda, après la polémique survenue à propos du non indulto du troisième taureau de Garcigrande, nommé Áspero.

Le dossier qui a été transmis à la Junte d’Andalousie pour qu’elle rende son verdict, récapitule les désobéissances du torero envers le palco, qui lui ordonna d’estoquer l’animal à plusieurs reprises, en dépit de quoi Luque persista à vouloir gracier le taureau. Finalement, et après deux avis, le sévillan dut tuer le taureau qui fut primé d’un tour de piste à l’arrastre."

Attendons avec curiosité le verdict de la junte.

Á José López Garrido "El Zapatero", la Fédération des Sociétés Taurines de France, adresse ses très vives félicitations, ce n’est que grâce à des hommes de sa trempe que la corrida  pourra se régénérer.

Á l'égard de Justo Hernández, qui devrait être éliminé, pour reprendre sa terminologie brutale, du monde des éleveurs de taureaux de combat, elle ne cache pas sa profonde désapprobation. Si notre prix du "plus mauvais geste taurin de l'année" se définissait avec une base de recrutement européenne, Justo serait en bonne position pour l'emporter.

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(1)
Notre communiqué du 7 novembre 2008

Libres propos du 7 novembre 2008
Libres propos du 9 décembre 2008