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14 octobre 2010

André Viard visite la " Tauromachie " de Goya au musée de Castres


Francisco José de Goya y Lucientes - La Junte des philippines - 1815 - huile sur toile 3,27 x 4,47 m - Musée de Castre

Autoportrait aux lunettes,1800
Huile sur toile 0,62 x 0,49 m
Musée de Castres

Le "Musée Goya" de Castres (Tarn) est, immédiatement après le département spécialisé du .Louvre, le musée français qui présente la plus importante collection d'art hispanique. Renseignements. Visites.
Tous les plus grands maîtres de la peinture espagnole y sont représentés à l'exception du Greco.
Goya y tient une places prépondérante. Outre le fameux "Autoportrait aux lunettes", le "Portrait de Francisco del Mazo", la monumentale "Junte des Philippines", il renferme tout l'œuvre gravé de Goya et en particulier les 40 estampes de la 3ème édition de "La tauromachie" (édition Loizelet) riche des 33 planches de la première édition et des 7 planches additionnelles révélées par cette troisième édition. Cette "Tauromachie", habituellement recluse dans des réserves privées de lumière par souci d'une bonne conservation, fait l'objet d'une exposition temporaire, visible jusqu'au 28 novembre 2010.
Prochaine exposition dans six ans ! A moins que ce musée qui ne présente que le tiers de ses magnifiques collections ne s'agrandisse et ne s'équipe de salles à l'éclairage spécialement adapté.

Visionner ici grâce à YouTube les 33 planches composant la première édition

L'association des "Amis des musées de Castres" à prié André Viard de venir exposer son point de vue de professionnel face à ces gravures. Son intervention prit pour titre : "Quand un matador de toros s'affronte à "La tauromachie de Goya".
Donc, mercredi matin 13 octobre, pendant près de deux heures André Viard a déambulé devant les estampes, faisant revivre et s'animer ces scènes tauromachiques sous les yeux des auditeurs subjugués. Il les a guidés, avec érudition et passion, sur le parcours historique qui va des chasses pratiquées par les anciens espagnols, passe par les épisodes plus ou moins attestés de Charles Quint et du Cid à cheval tuant les taureaux à la lance, suit avec les fantasmatiques maures-toreros, inspirés par Nicolas de Moratín, jusqu'à parvenir à cette tauromachie moderne qui s'est élaborée dans les deux dernières décades du XVIIIème siècle sous le regard passionné de l'artiste.
Et de dérouler le cortège chronologique ouvert par les terribles "taureaux-moustics" aragonais, suivis des lourds et mous castillans, pour voir apparaître enfin le taureau actuel, le sévillan, que Goya a certainement vu avant son exil en France puisqu'il le montre dans l'une de ses dernières peintures taurines de Bordeaux.
Après avoir mimé le recibir de Pedro Romero et le volapié de Costillares avec la complicité d'un spectateur aficionado qui a tenu le le rôle du fauve, notre torero contemporain note encore que Goya a puissamment construit, et comme "sonorisé" en force, ses scènes taurines parce qu'il était sourd et voulait traduire par les traits du burin un bruit de fond devenu inaudible mais inoublié.
Il est le premier(1) qui ait ainsi transposé la tauromachie, sans la trahir, dans son propre univers plastique, approfondi de mystère et teinté de surréalisme avant la lettre.
Ainsi, la corrida espagnole était devenue source d'art pour la première fois tandis que, dans les salons de la Duchesse d'Albe, que fréquentait Goya en même temps que les grands novateurs qu'il a représentés, Costillares, Pedro Romero, Pepe Illo, tous trois issus du petit peuple, elle acquérait ses lettres de noblesse. Depuis la source ne s'est jamais tarie et le prestige jamais démenti.

Et André Viard de conclure que, quand Pepe Illo périt tragiquement dans les arènes de Madrid en 1801 comme Goya le relate avec une froide précision dans deux de ses estampes, toute l'Espagne prit le deuil parce qu'il était, en dépit de centaines de prédécesseurs tués par les toros, le premier "véritable" torero mort dans l'arène.
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(1) N.D.L.R. Ses talentueux suiveurs transposèrent eux aussi les toros, sans les trahir, dans leur imaginaire, comme (cette rapide énumération est loin d'être exhaustive) : Eugène Delacroix, Gustave Doré, Edouard Manet, Mariano Fortuny, Pablo Picasso, Juan Gris, Raoul Dufy, André Masson, Juan Miró, Francis Picabia, George Braque, Salvador Dalí, Antoni Clavé, Albert Dubout, Eduardo Arroyo, Francis Bacon, Fernando Botero, Antonio Saura, Miquel Barceló, ...
Et la liste n'ira que s'allongeant encore parce que la tauromachie fonctionne indéfiniment, désormais, comme une formidable source d'inspiration artistique...

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Ci-dessous, une copie d'un point d'actualité sur le site, "Terres Taurines", du 14 octobre 2010 :

 

Actualité

LA TAUROMACHIE AU MUSÉE GOYA

Dans le cadre de l'exposition des tauromachies gravées de Goya au musée qui lui est consacré à Castres, André Viard est intervenu hier matin pour apporter sur la vision du génial peintre le regard du praticien deux siècles plus tard. Une intervention suivie par un public de passionnés pas forcément aficionados, lesquels ont pu ainsi découvrir dans une oeuvre qu'ils connaissent dans le détail les différences existant notamment entre la pique et la vara larga, le toro navarrais ou castillan. À travers cette matinée originale, les "Amis du Musée Goya" ont voulu permettre à la tauromachie d'investir un musée dans lequel elle est forcément présente, le musée de Castres possédant, outre la collection complète des gravures taurines, diverses autres oeuvres de Goya, ainsi qu'une collection imposante retraçant l'histoire de la peinture espagnole du moyen-âge à nos jours. L'expo des "Tauromachies" gravées est en place jusqu'à fin novembre, puis les oeuvres retourneront dans l'obscurité pour six longues années : trois mois d'exposition au public pour six années en milieu protégé, tel est le prix à payer pour leur assurer le meilleur état de conservation possible. On ne saurait trop conseiller aux aficionados de faire le détour, tant l'oeuvre de Goya mérite d'être admirée telle qu'il la grava, plutôt qu'au travers des reproductions que l'on en trouve dans les livres.

. Renseignements. Visites.

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A côte de "La Tauromachie", l'exposition temporaire présente ausssi la série des "Disparates"
dont la planche reproduite ci-dessous fait partie

Francisco José de Goya y Lucientes - Disparate de tontos / Lluvia de toros, 1815-1817
Eau-forte, aquatine et pointe sèche, 296 x 434 mm

Quelques autres chefs d'œuvre du musée de Castres :

Borassa
Luis Borassa - La flagellation du christ,
Huile sur bois, 84 x 61cm
Mates
Joan Mates - Saint Jean à Pathmos - Elément de retable
Huile sur bois, 78,5 x 92 cm
Pacheco

Francisco Pacheco - Le Christ servi par les anges dans le désert, 1616.
Huile sur toile 2,68 x 4,18 m

Ribera
José de Ribera - Saint Augustin, vers 1636
Huile sur toile 1,26 x 1,00 m
Velasquez
Diego Velázquez de Silva- Portrait de Philippe IV, 1634-1636
Huile sur toile 2,00 x 1,20 m
Murillo
Bartolomé Esteban Murillo - La Vierge au Chapelet
Huile sur toile1,66 x 1,25 m
Picasso
Pradal
Pablo Picasso, Portrait d'homme écrivant, 1971.
Huile sur toile 1,00 x 0,81m
Carlos Pradal, Chanteur et guitariste de flamenco, 1982.
H/T 0,97 x 1,30 m

 

Deux peintures françaises du XIXème, au temps du " Voyage en Espagne " :

Dehodencq
Giraud
Alfred Dehodencq - Combat de novillos, 1850
Huile sur toile 0,73 x 1,029

Eugène Giraud - La mort du toréador ou la Devisa, 1869
Huile sur toile 1,15 x 1,515m