Bandeau FSTF

10 décembe 2010

L'indulto n'est pas le seul moyen d'assurer
une progéniture à un toro d'"exception" !

Commencer par voir ou revoir, via "Feria Tv", en cliquant ici, la rencontre essentiellement muletera entre Buenasuerte, toro de Victotiano del Rio, et Julian López "El Juli", le 12 septembre dernier à Dax.

Se reporter ensuite au fait divers rapporté par Jefferson Desport avec un plaisant humour dans le journal Sud-Ouest du 8 décembre. Il montre que, faute d'un indulto, il a été permis d'assurer, quand même, une descendance posthume à ce toro et à l"un de ses frères d'armes, tous deux ayant révélé au combat des qualités idéales pour le toreo "modernissime"

8 décembre 2010 14h28 | Par jefferson desport

De précieux testicules de toros étaient dans la voiture flashée à 171 km/h

Le 12 septembre, l'éleveur taurin Victoriano del Rio est flashé à 171 km/h. Il ramenait les attributs de toros d'exception pour tenter d'en prélever le sperme en Espagne

Des attributs de Buenasuerte toréé par El Juli, Victoriano del Rio a réussi à faire prélever 50 paillettes. Photo archives David le déodic

Sans le savoir et surtout sans les toucher du doigt, la justice dacquoise vient de voir « passer » sous son nez les deux paires de… testicules les plus rapides de l'Ouest. Et de l'histoire de la tauromachie. Ceux que transportait, le 12 septembre, l'éleveur de toros braves Victoriano del Rio. Expliquons-nous car, si cette petite histoire pourrait à coup sûr entrer dans les annales des excès de vitesse landais, elle n'a rien de graveleux. Bien au contraire.

Alors, remontons le temps. Les aficionados s'en souviennent. Ce 12 septembre, qui est désormais un jour saint dans la cité thermale, se tient la dernière corrida de Toros y Salsa. Un ultime rendez-vous qui, comme on le sait, voit les trois toreros du jour écrire, face aux toros de Victoriano del Rio, une nouvelle page de l'histoire des arènes de Dax. Et quelle page ! Morante de la Puebla coupe deux oreilles. El Cid, trois. El Juli, trois et la queue. La première depuis onze ans et la fameuse corrida des Samuel Flores.

Toutefois, si chacun garde en mémoire l'alegría qui submergea les arènes à ce moment-là, ce que l'on sait moins, c'est que ce succès est directement à l'origine de la convocation, avant-hier, de Victoriano del Rio devant le tribunal de police de Dax.

Direction l'abattoir

Voici pourquoi : sitôt la corrida terminée, l'éleveur, qui possède un sens des affaires redoutable - il n'a pas fait fortune dans l'immobilier par hasard -, ne perd pas de temps en embrassades et en effusions. Avec son frère, il file en direction de l'abattoir d'Hagetmau où sont acheminés les toros de la corrida. Le ganadero n'a alors qu'une idée en tête : récupérer, sans perdre un instant, les précieux attributs de ses défunts protégés. Ce qui est fait quelques minutes après leur arrivée à l'abattoir, où ils récupèrent les testicules des deux meilleurs toros de cet après-midi historique. Ceux de Buenasuerte, le premier toro du Juli, qui lui avait déjà coupé les deux oreilles et la queue… Et ceux d'Aldeano, le premier toro du Cid. Le fauve avec lequel le torero de Salteras a retrouvé le chemin de la lumière.

Erreur d'aiguillage…

Dans la foulée de cette ablation post mortem, ces inestimables bourses, objet de toutes ces attentions, sont délicatement placées dans un récipient rempli de glaçons. Désormais bien au frais, les testicules réfrigérés rejoignent la voiture de Victoriano del Rio qui prend aussitôt, pied au plancher, la direction de sa propriété de Guadalix de la Sierra, dans la banlieue de Madrid. Du moins, le croit-il. Car, dans la précipitation, l'éleveur ne prend pas la route de l'Espagne, mais celle de… Bordeaux. Constatant sa méprise, il fait demi-tour à Castets. Et reprend sa course contre la montre. Chaque minute perdue compromettant, en effet, un peu plus la possibilité de prélever le sperme des deux toros et la perspective de leur donner une noble et heureuse descendance. Or, si le temps est compté, ce qui devait arriver arriva. Sur la RN 10, Victoriano del Rio croise un radar qui le flashe à 171 km/h au lieu des 110 autorisés. Les gendarmes, qui ignorent tout de la raison de cet excès de vitesse, font leur travail. L'éleveur se voit retirer son permis de conduire sur-le-champ et doit s'acquitter d'une caution de 750 euros. Interdit de conduite, il laisse le volant à son frère qui se charge donc du retour.

120 paillettes à l'arrivée

Voilà pourquoi Victoriano del Rio a été invité, lundi soir, à s'expliquer devant le tribunal de Dax. Toutefois, si l'éleveur ne s'est pas déplacé, son avocat, Me Philippe Lalanne, aficionado reconnu et ex-membre de la commission taurine, a soulevé un vice de procédure. Le procureur requérant, lui, quatre mois de suspension du permis de conduire et une amende de 150 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 3 janvier.
En attendant que la justice se prononce, reste une question : quid de ce précieux chargement ? Sur ce point, les aficionados seront heureux d'apprendre qu'à son arrivée à la ganaderia, au petit matin, Victoriano del Rio a été accueilli par le vétérinaire de l'élevage. Lequel s'est mis immédiatement au travail. Selon nos informations, cet homme de l'art a pu extraire 50 paillettes de Buenasuerte et 70 d'Aldeano. Reste à savoir si leurs « enfants » auront le pied aussi lourd sur l'accélérateur que leur propriétaire. Une certitude, entre la bourse ou la vie, Victoriano del Rio a choisi : il prend les deux. Il est vrai que certaines choses vont souvent par paire…

 

Enfin les hispanophones cliqueront avec intérêt su la photo ci-dessous pour ouvrir une page de "Pueblo de Mayorga" qui n'est pas particulièrement aimable pour Victoriano del Rio :

Victoriano del Rio