Novillada et corrida du samedi 8 septembre à Arles

11 h - Novillada sans picador

....... Temps ensoleillé, du vent. 1/6e d'arène.

....... Les 6 novillos des Héritiers de François André étaient bien présentés pour une non piquée : de la tête et du trapío. Tous gris ou blanc, ils auraient mérité un petit coup de jet d'eau le matin de la course afin d'enlever leurs déjections qui les rendaient plutôt verts ou jaunes...
....... Au moral ils affichaient une réelle noblesse : charges longues, envie de répéter, humiliant bien le tout avec une certaine allégresse. Supérieur les 1, 3, 4 et 6, faible le 2 , compliqué le 5. A noté les cornes du 3 qui saignaient abondamment, lamentable…bilan : 3 arrastres applaudis et vuelta au dernier.

....... José María Arenas (Albacete) ne su pas endiguer la caste vive de ses nobles adversaires : pechos accrochés, naturelles en reculant, épées mauvaises.

....... Andrés Rocha ( Portugal) fut vaillant, bon à la cape, élégant, il perdit les trophées aux épées.

....... Thomas Joubert " Tomasito " (Arles) fut de loin le meilleur. Il nous gratifia des seules passes "templées" de la matinée à la cape comme à la muleta à son premier et donna une leçon de domination au centre de l'arène à son dernier. Coupant à chaque fois une oreille. Un seul bémol une odieuse épée dans le cou de son dernier adversaire…que l'on mettra sur le compte de l'apprentissage !

17 h - Corrida de Los Bayones

....... Six toros de Los Bayones pour Curro Diaz, César Jiménez, Mehdi Savalli.

....... Beau temps, une demi-arène. Raymond Juan préside, Bruno Lupérini et Robert Chay l'assistent.

....... Les Bayones homogènes, annoncés de 500 à 530 kg, pas trop mal cornés, étaient, à l'exception du premier compliqué et du quatrième trop faible, bons pour les toreros. Chacun prit deux piques. Le sobrero d'Escudero de Cortos, brave et noble, fut probablement le taureau de l'après midi.

....... Curro Diaz, rose et or, auteur de quelques très jolis gestes, n'est pas favorisé par le sort.
....... Il reçoit le premier, Ganaflero, n° 30, 12 02, 530 kg, noir, assez bien présenté, qui donne de violents coups de cornes dans la cape. Bonne poussée lors d'une première pique pompée et "carioquée", rechargée. Deuxième pique dans le même style. Bonne entame à droite, suit une belle série à gauche interrompue par une petite voltereta. Le taureau finit mou et imprévisible. Un pinchazo, une superbe entière en bonne place. Mort longue, puntilla à répétition, salut au tiers, taureau applaudi.

....... Le quatrième, Cantino 1, n° 11, 09 03, 500 kg, negro entrepelado salpicado, armé large, pousse sur une première pique, et s'agenouille lors d'une deuxième plus brève. Curro Diaz travaille ce taureau trop faible avec beaucoup d'application et sans émotion. L'animal finit sans charge … Belle épée qui couche le taureau sans autre recours. Salut au tiers, taureau sifflé.

....... César Jiménez, bleu et or, voit Cantino 2, le premier animal qui lui était destiné retourner au toril pour boiterie. Vient un sobrero d'Escudero de Cortos qui se casse une corne, deuxième mouchoir vert.
....... Sort alors celui de Los Bayones qui aurait dû apparaître en cinquième position, Magnifico, n° 72, 02 03, 560 kg, negro bragado meano, cornigordo. Il sort seul d'une première pique et en prend une seconde plus longue. Quite de Mehdi par navarraises. Banderilles rapides.
....... Le taureau ferme la bouche et se montre dispos pour une longue faena. Il part de loin répète noblement et César s'engage dans un exercice très classique et de bon goût même s'il peut y manquer un petit zeste de vibration de part et d'autre. Bonne estocade a un tiempo, oreille, applaudissements au taureau.

....... En cinquième position, à la place du précédent initialement prévu, César Jiménez recevra le deuxième sobrero de Escudero de Cortos (Asociación) n° 69, 540 kd, noir, correctement présenté. Au cours de cette première confrontation, César cherche plus à étudier et juger l'animal qu'à se mettre en valeur. Celui-ci pousse droit et fort sur une première pique " pompée ". Il en reçoit toujours avec bravoure une petite seconde. La cuadrilla banderille rapidement.
....... Le taureau a du moteur et est noble à souhait, presque fade. Entame au centre par enchaînement spectaculaire de derechazos à genoux. La suite est un plaisir pour les yeux et peut s'assimiler à quelque exercice de clavecin bien tempéré : goût, " temple ", mesure et élégance, cadences maîtrisées, changements de main délicats et bien venus, pures naturelles, circulaires irréprochables… Il n'y a rien à jeter. Si seulement il y avait eu un peu plus de sentimiento et d'émotion ! Deux pinchazos suivis d'une entière légèrement desprendida réduiront la récompense à une oreille.

....... Il ne restait plus à Mehdi Savalli, fuchsia et or, que le rôle du faire valoir. Son premier adversaire est Cantinillo, n° 69, 07 03, 520kg, noir, bien armé. Il le reçoit par largas de rodillas, poursuit par de puissantes véroniques, le conduit à la pique par chicuelinas marchées. Le taureau pousse fort sur une première pique bien maintenue. Mehdi demande le changement mais le président laisse donner un deuxième petite pique. Deux premières paires de banderilles correctes, alternées sur les deux côtés. Un violín " explosé ", les deux banderilles par terre, un deuxième violín à peu près.
....... Début à la barrière, suite au centre avec un animal noble et fade. Cette candeur permettra à Mehdi de terminer par un numéro dans les cornes qui chauffera le conclave. Le grand bajonazo final exacerbe les bravos ! L'oreille du public est indiscutable mais très courageusement le président n'accorde pas la deuxième.

....... Oreanito, n° 48, 07 03, 520 kg, noir présente une armure relativement modeste, il freine dans la cape de Mehdi et pousse tète haute sur la première pique. Il partira de loin pour prendre la seconde mais donnera quelques signes de faiblesse. Bon quite de Mehdi, qui est en progrès à la cape, par chicuelinas interrompues par une demi-véronique. Passons sur un très médiocre tercio de banderilles.
....... Le taureau est noble à la muleta et la première partie de la faena est bonne. Muleta basse, Mehdi, pèse sur le toro. Hélas ! comme Zorro, la musique arrive tardivement, quand on ne l'attendait plus et Mehdi repart pour un prolongement qui n'en finit plus… Sourire aux dents blanches et yeux dans les gradins, il torée sans retenue un public complice. Le taureau est pratiquement absent des débats… tandis que, pour sa part, le président a oublié son chrono… Un mete y saca, trois pinchazos et enfin una media lagartijera tempèrent l'enthousiasme populaire et enlèvent tout espoir d'oreille.

....... Les trois matadors sont applaudis. César Jiménez sort a hombros.

....... Cette course ne marquera pas les annales mais fut relativement agréable à suivre.

....... Voir le reportage vidéo de Corrida Tv