Novillada sans picador et corrida concours du dimanche 9 septembre

11h - Novillada sans picadors

....... Temps ensoleillé. 1/6e d'arène.

....... Les 6 novillos des héritiers de Christophe Yonnet étaient bien présentés et surtout charpentés, fins et hauts. Pratiquement âgés de trois ans, ils auraient pu sortir avec des picadors. Ils furent présents en piste et souvent dangereux. Les 2, 3 et 6 furent les plus nobles, le 4 impossible et les 1 et 5 difficiles.

....... Les jeunes adversaires du jour, comme les cuadrillas furent en dessous de la caste et du physique des taureaux arlésiens. Pas un ne planta les banderilles, ils tuèrent mal.

....... Miguel Navarro passa sa matinée complètement dominé, à sa décharge il hérita d'un assassin ( le 4 ) qui cherchait l'homme par de violents coups de tête.

....... Antonio Manuel Bravo nous fit surtout entendre sa voix à défaut de nous montrer un quelconque détail de toreo.

....... Daniel Palencia fut le moins mauvais, profitant de la noblesse de son dernier opposant, blessé à l'antérieur droit qui passait bien à gauche, pour couper la seule oreille du jour après une épée entière, tombée et efficace.

....... Pour résumer les deux novilladas, celle d'hier et celle d'aujour d'hui, le bétail français fut solide, intéressant et varié. L'arlésien " Tomasito " poursuit son bonhomme de chemin en non piquée. En ayant incontestablement été le triomphateur de ces courses matinales, il démontre que les espoirs placés en lui bénéficient toujours d'une excellente côte.

17 h - Corrida concours

....... Deux tiers d'arènes beau temps avec quelques rafales de vent.

....... Six toros délevages differents pour Denis Loré, Juan José Padilla, Francisco Javier Sánchez Vara.

....... Cette corrida concours, particulièrement mauvaise sensu stricto, restera dans toutes les mémoires grâce à un très grand manso de Miguel Zaballos, un grand André Floutier " Fritero " et un immense Denis Loré.

....... Une fois remplacés les Atanasio Fernández, Fraile, Coquilla, initialement annoncés, le défilé des toros s'est déroulé comme suit :
....... 1) Le El Sierro se casse la corne durant les piques et est remplacé par un Santafé Martón pratiquement invalide.
....... 2) Le Santafé Martón, hors concours, sans caste, sans bravoure, sans force.
....... 3) Le vieux Valverde (né 12 01, soit 5 ans et 9 mois) petit et gras,540 kg, large encornure, deux piques sans relief, mou et noble, le moins mauvais.
....... 4) Le Miguel Zaballos, un manso de gala mais le seul toro de la tarde !
....... 5) Le Tardieu, petite illusion à la pique mais plus rien à la muleta
....... 6) Le Gallon, mauvais d'un bout à l'autre.

....... Denis Loré n'avait pas grand chose à tirer du sobrero de Santafé Martón. Il le torea sobrement et dignement avant de s'en débarrasser sans conviction d'une épée basse.

....... Quand son deuxième taureau, le Zaballos, 04 03, noir bien armé, freina sans sa cape et donna ses premiers signes de mansedumbre, il était permis de penser que le malchanceux Denis était encore et comme toujours devant un animal impossible. C'est à la pique que ce dénommé Escudero, noir, 550 kg, joli et bien armé, montra sa farouche violence de manso con caste. " Fritero ", d'abord hué quand il franchit les lignes, amena son cheval dans tous les terrains de l'arène à la poursuite d'un adversaire qui s'échappait dès que la pique le menaçait. Avec une admirable autorité, il lui imposa néanmoins quelques brefs puyazos de qualité au centre. Le versatile public qui avait fini par comprendre, tant la démonstration était lumineuse, ovationna très chaleureusement.
....... A la muleta, ce taureau insuffisamment piqué, mobile, avisé et brutal dans des charges terribles, était le prototype de ceux que matador et public s'accordent pour juger intoréables et à expédier dans les plus brefs délais. ¡ Mata lo ! ¡ Mata lo !
....... Mais c'était l'avant dernière corrida d'un homme d'honneur. Denis mit en avant jambe, cœur et muleta. Il réussit à tirer, tant à droite que sur l'assasine corne gauche, des passes dont chacune était un exploit absolu, sans jamais reculer, sans jamais céder à l'animal assassin le pouce de terrain par lequel il se serait engouffré. Pour terminer, une estocade à la racontre volontairement provoquée, avec épée contraire jusqu'à la garde. Mort tardant à venir nécessitant deux descabellos. Une seul oreille, mais de quel poids !
....... Torero !

....... Juan José Padilla se défit assez sobrement ( une fois n'est pas coutume ! ) et relativement décemment du Santafé Martón insipide et du Tardieu sans aucune charge.

....... Francisco Javier Sánchez Vara hérite d'abord du petit gros et vieux Valverde qu'il torée bien de cape. Cet animal pousse mollement sur une première pique dont il sort pour recharger brièvement, puis en prend une petite deuxième.
....... Après un brindis à Eric Cantona, Francisco Javier entreprend une faena de qualité, essentiellement droitière, bien conduite et bien " templée ", réussissant à améliorer un animal qui n'avait rein d'évident au départ. Excellente estocade portée avec foi et en bonne place. Le taureau meurt debout avec caste. Une oreille. Applaudissements au taureau.

....... Le dernier taureau, le Gallon parvint au dernier tiers complètement arrêté. Sánchez Vara dut se résoudre à abréger et en termina par une épée profonde légèrement tombée et plate. Palmitas.

....... Très logiquement, aucun prix ne distingua un taureau. Pareillement le prix au meilleur picador ne fut pas décerné, pourtant la lidia de " Fritero " méritait d'être mise en valeur, ne serait-ce qu'à titre pédagogique.

....... Voir le reportage vidéo de Corrida Tv