"Nuit du toro" le 10 août à Vic-Fézensac

La novillada sans picador

....... En ouverture de " La nuit du Toro ", le Club Taurin Vicois proposait, à 18 h, une novillada sans picador de 3 erales des Frères Gallon, tous très bien présentés, de trapío et arborant de belles cornes pour leur âge.

....... Mario Guirao, de l'Ecole Taurine d'Hagetmau, fut rapidement débordé par la caste du premier, qui serrait à gauche, et suivait bien les banderilleros. A relever, deux séries de la droite, manquant de sitio, un pinchazo et une entière qui permirent au novillero de faire une vuelta. Arrastre applaudi.

....... Thomas Dufau, élève de Richard Milian, sert deux belles véroniques au 2ème eral, noble ; une saine concurrence s'établit au quite où Mathieu Guillon, également élève de Richard Milian, donna trois véroniques extra terminées par une demie superbe. En réponse, Thomas Dufau servit d'estimables chicuelinas.
....... La noblesse du novillo permit à T. Dufau une série de la droite avec sitio, mais des naturelles un peu profilées. Quel dommage qu'avec son style, il ne se croise pas davantage ! Malgré une épée basse, le public obtient une oreille discutable.

....... Mathieu Guillon se croise dans les véroniques qu'il administre au troisième eral, de trapío et cornes impressionnants. M. Guirao sort pour un quite par chicuelinas. Malgré les charges courtes, M. Guillon, lidiador, tira des naturelles agrémentées de quatre molinetes avant d'estoquer d'une entière bien placée.

Novillada nocturne, une somptueuse mansada !

Six novillos de Valdellán pour Antonio Joao Ferreira, Octavio García " El Payo ", Alberto Lamelas.

....... Paseo à 21h30, température agréable, à peu près un tiers des gradins occupés.

....... Les novillos de Valdellán, tous de trapío et de cornes respectables, mansos et violents cinq fois sur six, ne pouvaient que réjouir les aficionados expérimentés et nostalgiques. A la sortie de la course, l'un d'entre eux, et non des moindres, résumait par : " C'était du bétail tout à fait comparable à celui qui devait se voir en 1900, un régal ! "

....... En face, il fallait de la lidia et du courage. La lidia ne fut pas toujours sans faille mais le courage ne fit jamais défaut. Le premier novillo, negro, bragado, meano, pour Antonio Joao Ferreira, fut le seul à montrer quelques signes d'une discrète bravoure. Il prend une première pique bien placée, une deuxième trop en arrière et une troisième cafouillée. Banderilles partagées avec Lamelas.
....... Antonio Joao conduit le novillo au centre pour une bonne entame à droite puis alterne avec élégance sur les deux cornes. Très bonne estocade entière. Une oreille. Applaudissements à l'arrastre.

....... Le deuxième novillo, noir, échoit à " El Payo ", bleu et or. Il pend une première pique en se défendant et une deuxième idem. Lamelas alterne au quite.
....... A la muleta l'animal est violent et se défend sur place. Le torero n'a pas beaucoup de solutions. Il s'en débarrasse par une estocade engagée et entière mais trop en avant. Palmitas.

....... Alberto Lamelas va attendre son premier adversaire a porta gayola, se fait bousculer et décoiffer, poursuit par largas nerveuses. Le novillo est noir et très bien armé. Au cour de la première pique, il vise le cou du cheval, se défend, sort seul. Deuxième pique semblable mais plus brève, troisième encore plus brève. Picador applaudi. Joli quiebro aux banderilles.
....... Courageuse bagarre à la muleta, mais sans parvenir à une quelconque domination. La fin va s'en ressentir, novillo difficile à cadrer, deux pinchazos, un avis, encore deux pinchazos, une épée entière al encuentro mais trop plate pour être efficace, deuxième avis, une demie épée en avant encore inefficace, troisième avis. Le novillo est reconduit au toril bouche fermée.

....... Le suivant, noir, légèrement vizco, très manso, est judicieusement enfermé dans une carioca lors de la première pique est poursuivi par le picador jusqu'au centre du ruedo pour en prendre une seconde, le tout sous les sifflets d'une majorité du public qui ne comprend pas que le picador a bien fait ce qu'il convenait de faire. La partie éclairée du public applaudit. Les banderilles sont réduites à deux paires.
....... Antonio Joao Ferreira va montrer une grande détermination au cours d'un travail heurté et courageux. Il en termine par une grande estocade légèrement tombée et le public lui fait faire la vuelta.

....... Le cinquième novillo, negro, bragado, révèle toute sa violence dans la cape d'" El Payo ". Il renverse le picador qui restera un instant engagé sous le cheval, mais sans mal. Le bicho prend une pique au picador de réserve dont il sort seul avant de recharger, est ramené au premier picador pour encore quatre rencontres brèves mais furieuses. Tercio de banderilles particulièrement pagailleux.
....... A la muleta " El Payo " entame bien et entend la musique. Hélas le novillo se réserve. Le novillero insiste, parvient à construire une faenita et à enfoncer une épée. Il est gratifié d'une vuelta.

....... Alberto Lamelas reçoit encore le dernier novillo, negro, brochito, a porta gayola. Même violence et mansedumbre que ses frères, révélées dès la cape. Au cheval même scénario, quatre rencontres violentes dont la dernière avec le picador de réserve.
....... Lamelas se bagarre avec ce novillo difficile dont il ne fallait pas perdre la tête. Un peu dépassé il fait front dans un style " trémendiste " qui porte sur le public. Final par manoletinas serrées suivies d'un pinchazo puis d'une grand estocade a recibir. Une oreille.

....... Conclusion : novillada tout à fait intéressante grâce à du bétail particulièrement sérieux et trois novilleros qui ont fait front avec vergogne et courage !
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Le combat de l'arène comme nous l'aimons. Bravo !