| La
novillada sans picador .......
En ouverture de " La nuit du Toro ", le Club Taurin Vicois proposait, à
18 h, une novillada sans picador de 3 erales des Frères Gallon,
tous très bien présentés, de trapío et arborant de belles cornes
pour leur âge. .......
Mario Guirao, de l'Ecole Taurine d'Hagetmau, fut rapidement débordé par
la caste du premier, qui serrait à gauche, et suivait bien les banderilleros.
A relever, deux séries de la droite, manquant de sitio, un pinchazo
et une entière qui permirent au novillero de faire une vuelta. Arrastre
applaudi. .......
Thomas Dufau, élève de Richard Milian, sert deux belles véroniques
au 2ème eral, noble ; une saine concurrence s'établit au quite où Mathieu
Guillon, également élève de Richard Milian, donna trois véroniques extra terminées
par une demie superbe. En réponse, Thomas Dufau servit d'estimables chicuelinas.
....... La noblesse du novillo permit
à T. Dufau une série de la droite avec sitio, mais des naturelles un peu
profilées. Quel dommage qu'avec son style, il ne se croise pas davantage ! Malgré
une épée basse, le public obtient une oreille discutable. .......
Mathieu Guillon se croise dans les véroniques qu'il administre au troisième
eral, de trapío et cornes impressionnants. M. Guirao sort
pour un quite par chicuelinas. Malgré les charges courtes, M. Guillon, lidiador,
tira des naturelles agrémentées de quatre molinetes avant d'estoquer d'une
entière bien placée.
Novillada
nocturne, une somptueuse mansada !
Six novillos de Valdellán pour Antonio Joao Ferreira, Octavio García " El Payo
", Alberto Lamelas.
....... Paseo à 21h30, température agréable,
à peu près un tiers des gradins occupés. .......
Les novillos de Valdellán, tous de trapío et de cornes respectables,
mansos et violents cinq fois sur six, ne pouvaient que réjouir les aficionados
expérimentés et nostalgiques. A la sortie de la course, l'un d'entre eux, et non
des moindres, résumait par : " C'était du bétail tout à fait comparable
à celui qui devait se voir en 1900, un régal ! " .......
En face, il fallait
de la lidia et du courage. La lidia ne fut pas toujours sans faille
mais le courage ne fit jamais défaut. Le premier novillo, negro,
bragado, meano, pour Antonio Joao Ferreira, fut le seul à
montrer quelques signes d'une discrète bravoure. Il prend une première pique bien
placée, une deuxième trop en arrière et une troisième cafouillée. Banderilles
partagées avec Lamelas. ....... Antonio Joao
conduit le novillo au centre pour une bonne entame à droite puis alterne
avec élégance sur les deux cornes. Très bonne estocade entière. Une oreille. Applaudissements
à l'arrastre. .......
Le deuxième novillo,
noir, échoit à " El Payo ", bleu et or. Il pend une première pique en se
défendant et une deuxième idem. Lamelas alterne au quite. .......
A la muleta l'animal est violent et se défend sur place. Le torero n'a
pas beaucoup de solutions. Il s'en débarrasse par une estocade engagée et entière
mais trop en avant. Palmitas. .......
Alberto Lamelas va attendre son premier adversaire a porta gayola,
se fait bousculer et décoiffer, poursuit par largas nerveuses. Le novillo
est noir et très bien armé. Au cour de la première pique, il vise le cou du cheval,
se défend, sort seul. Deuxième pique semblable mais plus brève, troisième encore
plus brève. Picador applaudi. Joli quiebro aux banderilles. .......
Courageuse bagarre à la muleta, mais sans parvenir à une quelconque domination.
La fin va s'en ressentir, novillo difficile à cadrer, deux pinchazos,
un avis, encore deux pinchazos, une épée entière al encuentro mais
trop plate pour être efficace, deuxième avis, une demie épée en avant encore inefficace,
troisième avis. Le novillo est reconduit au toril bouche fermée. .......
Le suivant, noir, légèrement vizco, très manso, est judicieusement
enfermé dans une carioca lors de la première pique est poursuivi par le
picador jusqu'au centre du ruedo pour en prendre une seconde, le tout sous
les sifflets d'une majorité du public qui ne comprend pas que le picador a bien
fait ce qu'il convenait de faire. La partie éclairée du public applaudit. Les
banderilles sont réduites à deux paires. .......
Antonio Joao Ferreira va montrer une grande détermination au cours d'un
travail heurté et courageux. Il en termine par une grande estocade légèrement
tombée et le public lui fait faire la vuelta. .......
Le cinquième novillo,
negro, bragado, révèle toute sa violence dans la cape d'" El
Payo ". Il renverse le picador qui restera un instant engagé sous le cheval,
mais sans mal. Le bicho prend une pique au picador de réserve dont il sort
seul avant de recharger, est ramené au premier picador pour encore quatre rencontres
brèves mais furieuses. Tercio de banderilles particulièrement pagailleux.
....... A la muleta " El Payo " entame bien et
entend la musique. Hélas le novillo se réserve. Le novillero insiste,
parvient à construire une faenita et à enfoncer une épée. Il est gratifié
d'une vuelta. .......
Alberto Lamelas
reçoit encore le dernier novillo, negro, brochito, a porta
gayola. Même violence et mansedumbre que ses frères, révélées dès la
cape. Au cheval même scénario, quatre rencontres violentes dont la dernière avec
le picador de réserve. ....... Lamelas se bagarre
avec ce novillo difficile dont il ne fallait pas perdre la tête. Un peu
dépassé il fait front dans un style " trémendiste " qui porte sur le public. Final
par manoletinas serrées suivies d'un pinchazo puis d'une grand estocade
a recibir. Une oreille. .......
Conclusion : novillada
tout à fait intéressante grâce à du bétail particulièrement sérieux et trois novilleros
qui ont fait front avec vergogne et courage ! .......
Le combat de
l'arène comme nous l'aimons. Bravo ! |