Corrida du 11 août

Il est toujours intéressant de comparer les points de vue de deux excellents aficionados :

I

PREMIERE CORRIDA DE FERIA BEZIERS

....... Au cartel, Julián López "El JULI", José María MANZANARES, Julien MILETTO - Toros de Victoriano del Rio qui, détenant plusieurs fers, a fait sortir des " Domíngo Hernández " et " toros de Cortes ".

....... Moyennement présentés, exagérément lourds pour des toros d'ossature DOMECQ, sans caste, ni poder. Justifié donc, le peu d'enchantement des spectateurs avisés à la sortie des arènes.

....... Le premier toro sort légèrement bizco et sans force. El Juli lui réserve le minimum au capote. Puis, par des mises en suerte approximatives, il amène par deux fois le toro au cheval pour deux très petites piques sans engagement. Deux paires de banderilles tout aussi hésitantes.
....... A la muleta, il débute par une série de doblones dont on se demande l'utilité, puis série à droite et à gauche de profil en accrochant la muleta. Une entière, ce qu'il sait bien faire, conclue une faena a minima.

....... Son quatrième sort cornicorte avec plus de force. Le maestro aguante, lui sert une série de véroniques bien dessinées et la hiérarchie s'inverse rapidement. une seule pique sans grande opposition et beau quite du Juli avec une série de chicuelinas. Trois paires de banderilles dans le berceau, la cuadrilla suit le maître ! Brindis au public.
....... El Juli se croise, débute à gauche et enchaîne à droite une série alternée de naturelles et derechazos. On apprécie le double toque qui donne du rythme et soumet le toro à la vitesse maîtrisée du leurre. Le maître a parlé. Réponse : deux oreilles sur le sable après une entière légèrement tombée.

....... José María MANZANARES hérite d'un premier toro plein d'énergie. Il s'arrime et ne lui concède aucun terrain. Une pique correctement donnée et une deuxième rencontre en levant le palo. Trois paires de banderilles sérieuses posées par la cuadrilla.
....... La faena de muleta principalement droitière est alternée de bonnes séries bien croisées et d'autres trop profilées. Une épée entière légèrement tombée et silence justifié du public.

....... Son deuxième est mal présenté, faible et hésitant. MANZANARES le traite comme il se doit avec beaucoup de précaution. Une très petite pique applaudie par un public qui ne comprend toujours pas l'importance des piques ! Le maestro brinde le toro au public et lui signifie ainsi sa volonté d'insister et de tenter une faena à ce toro insipide. Il confirme avec des séries à mi hauteur, donne du temps et de l'air à ce pseudo fauve qui tient péniblement sur ces quatre pattes. Il n'y a rien eu d'esthétique dans cette faena, mais du savoir faire, de la stratégie et de la volonté. Deux pinchazos et une entière avec sincérité. Le public n'a manifesté aucune compréhension à la volonté de MANZANARES, d'honorer son contrat. Piètre public !

....... Julien MILETTO est mis en difficulté par son premier toro bien présenté, veletto et fougueux, mais il s'arrime et reprend la direction des opérations. Une pique et une deuxième rencontre après de bonnes et élégantes mises en suerte. La cuadrilla le suit dans sa volonté de bien faire et pose tois paires de banderilles de bonne facture.
....... MILETTO brinde a CANO, le célèbre photographe, et s'engage dans une faena soutenue par de bonnes séries à droite et à gauche maintenant dans le chiffon son toro qui finit difficilement. Une entière et une oreille méritée.

....... Son deuxième n'est pas beau, cornicorte, mais plus puissant que son premier. Il s'emploie à la cavalerie qu'il met à terre. Il ne recevra qu'une seule pique bien appuyée. Trois paires de banderilles hésitantes et brindis au public.
....... Il débute la faena à gauche par de jolies naturelles puis enchaîne tout aussi bien à droite, mais la muleta accroche les cornes ! Il se fait désarmer et perd le fil conducteur de sa faena. Deux pinchazos, une entière avec sincérité. Il a bien figuré au côté du maître absolu et de l'artiste.

....... Saluons aussi la présence de CANO, le photographe, dans le callejon. Il est l'initiateur, par une de ses photos de MANOLETTE, de l'affiche de l'édition 2007. Personnage attachant qui, à 95 ans, batterie d'appareils photos autour du cou, arpente allègrement les ruedos en ayant une attention pour tous. Bravo l'artiste !!!

II

....... Temps chaud et venté. Arène presque pleine. Six toros de Victorinao del Rio, petits, les deux premiers scandaleusement présentés.

....... Julian López "El Juli" ne trouve pas vraiment la distance au premier petit taureau qui prend deux piques, sans forces, et qui n'affiche pas une charge claire. Un entière tombée en arrière.

....... Son second adversaire est long et cornicorto, il n'aperçoit tout au long du combat les capes de la cuadrilla qu'à quatre reprises. En effet "El Juli" est étincelant dès l'entrée de l'animal par de superbes véroniques ponctuées par une demie de face. Mise en suerte au cheval par chicuelinas en marchant. Le taureau pousse bien dans cette unique rencontre. Chicuelinas "templées" et de nouveau une demie véronique profonde au centre de l'arène. Trois passes de capes des péons pour trois paires de banderilles parfaites.
.......
Bonne faena sur les deux cornes qui ira un petit peu " a menos " mais terminée par deux trincheras et dans la foulée un grand coup d'épée en s'engageant. L'estocade de la feria. Deux oreilles sans discussion !

....... José María Manzanares ne s'accorde pas à son premier qui répète pourtant bien. Faena sans liant, décousue. une épée basse, salut au tiers.

....... Son deuxième provenant de l'élevage " Toro de Cortés " est mansote et faible. Faena distante, peu croisée, à oublier. Deux pinchazos et une entière en avant. Silence.

....... Julien Miletto a du mal à soutenir la comparaison avec ses deux compagnons de cartel. Il s'en sort plutôt bien à son premier, bien charpenté, qu'il réceptionne par des véroniques pieds joints. Il se fait prendre sans gravité sur l'une d'elles et repart au combat au centre de la piste. Un pique à peine prononcée révèle la faiblesse du taureau.
....... Le torero manque d'allonge à la muleta, il termine par des passes données dans les cornes qui portent sur le public. Odieuse épée dans le cou. Une oreille.

....... Il n'arrive pas à s'imposer à son dernier adversaire pourtant noble qui renverse le cheval lors de l'unique pique. Dépassé d'abord à la cape, Julien se fait accrocher la muleta et ne trouve pas la distance au dernier tiers. deux pinchazos, une entière.

....... Seule la leçon de tauromachie donné par le maestro "El Juli" au quatrième taureau de l'après midi aura était le fait marquant de cette corrida décevante quant au bétail, généralement noble, mais manquant de caste.

....... Voir vidéo reportage de Corrida Tv.