Vendredi 14 septembre, le retour des Miuras !

....... Six toros de Miura pour José Pedro Prados "El Fundi", Juan José Padilla, Rafael Rubio "Rafaelillo"

....... Temps ensoleillé, ¾ d'arène.

....... Les toros de Miura, hétérogènes en âge ( de 4 ans et demi à 5 ans et 9 mois ) et en poids ( de 540 à 650 kg), divisèrent quelque peu le conclave : un moral de brute dans une carcasse imposante mais accompagné d'une faiblesse physique déplorable :
.... ...le 1° prend deux piques la deuxième à peine marquée,
....... le 2° est remplacé pour invalidité par un 2° bis qui prendra deux piques sur les genoux,
....... le 3°, seul, prendra deux piques en poussant,
....... le 4° pousse à la première mais n'accepte qu'un simulacre lors de la deuxième rencontre,
.......
le 5°, mansote, en prendra trois
.......
le 6°, manso, prend une pique au réserve puis s'endort à la deuxième, il se révélera faible.
....... Excepté le 2° tous furent applaudis à l'arrastre…

....... Grâce à l'aimable autorisation de leur auteur, nous reproduisons des photos de ces taureaux, prises au corral :

Leurs armures étaient larges mais pas forcément aiguës .........................................Photos : Lilian Peille

 

Long comme un train, 650 kg !..........Photo : Lilian Peille

....... El Fundi accueille en reculant son premier adversaire, n° 15, ( magnifique de présentation, fin et haut, charpenté, long comme un train, 650 Kg, justement applaudi à sa sortie). Il humilie bien dans la cape, mais trotte plutôt qu'il ne galope…il s'avise dés le tercio de banderilles.
....... El Fundi courageux gagne d'entrée le centre de la piste où il réalise une faena technique améliorant la charge à droite mais ne pouvant rien sur la gauche, impossible. Un pinchazo, Une entière un peu horizontale en place, mort bouche fermée. Une oreille.

Cardeno oscuro, au cou miuresque.....Photo : Lilian Peille

....... Son second, n°60, magnifique cardeno oscuro, au cou miuresque ( long ) bien armé ( la corne gauche finira quand même "escobillée"…) et de presque six ans est concentré dés son entrée en piste, regardant tout ce qui bouge avant de charger, un intelligent…Lors des banderilles, il met en difficulté notre chef de lidia ( exemplaire tout le long de la tarde ).
....... La tension est grande à l'entame du dernier tiers car l'animal est dangereux. Valeureux, Le Fundi débute au centre par deux séries à droite et une à gauche avec deux naturelles correctes. Le taureau qui passe un peu mieux à gauche, relève la tête brusquement au milieu de la passe. Sur une tentative à droite, le torero se fait accrocher mais il ne rompt pas et termine son combat par des passes de poitrines de belle facture et bien adaptées. Un avis qui suit une belle estocade engagée, en place et efficace... Une oreille.

 

Sobrero n° 45................ Photo : Lilian Peille

....... Juan José Padilla hérite de l'invalide 2°, n° 61, colorado, remplacé par un demi-valide 2°bis, n° 45, gris, un peu gras. C'est le taureau le plus noble de la course ( part de loin et humilie bien sur les deux cornes) mais hélas ! sa faiblesse ne lui permet pas de répéter et le public fait comprendre à Juan José d'abréger, ce qu'il fait d'une épée un peu basse.

Le 76 au berceau commode
.Photo : Lilian Peille

....... Le 5°, n°76, noir, est sans doute le plus costaud de la course, avec un beau morrillo et un berceau de corne " commode " par rapport à ses congénères. Padilla l'a vu et va le faire piquer salement lors de trois rencontres. Le Miura est un peu mansote mais se révèle relativement noble dans sa charge. Le cyclone de Jerez se moquera ensuite du monde dans trois paires posées sur la même corne droite ( dont deux à cornes passées ).
....... Faena mobile, non croisée, en reculant qui porte sur le public…quand je dis mobile c'est bien attendu plus Juan José qui passe que le taureau ! En particulier dans ces dernières manoletinas données un pas en avant suivi du même en arrière ! Une épée entière, en place malgré le passage par les boulevards, engendre une mort d'effet rapide ( bouche fermée ) qui fait tomber une oreille imméritée et des applaudissements justifiés à la dépouille.

65, negro, grassouillet, "escobillé"..Photo : Lilian Peille

....... Incident au 3°, n° 65, negro grassouillet et "escobillé", qui sort du toril alors qu'il reste des areneros en piste ! Rafaelillo n'en est pas troublé, ni sa cuadrilla qui exécute un bon tercio de banderilles ( rapide ) . Le bestiau n'est pas clair, il se défend plus qu'il n'attaque. Face à lui, un homme courageux nous sert un travail émotionnant au centre du ruedo, muleta tenue au milieu, jambe rivée au sol en chargeant la suerte, superbe ! Une grosse voltereta sur un pecho donné à gauche montre que le combat se solde par un match nul. Bon cadrage simplement en marchant, avec la muleta pliée le long du buste pour une épée engagée un peu tombée suivie de deux descabellos, soulagement dans le public et vuelta très fêtée pour le valeureux natif de Murcie. ( serait-ce la le nouveau Pepin Liria pour les corridas dites " dures ", en tout cas oui pour le pundonor ! ).

71, colorado... ............................Photo : Lilian Peille

....... Le dernier Miura, n° 71, colorado, oeil de perdrix, gras, se révèle manso et fuit les capes. Rafaelillo arrive pourtant à le fixer au centre avec deux véroniques "templées". Deux très belles paires de banderilles dans le berceau par José Mora avec une excellente brega de Maxime Ducasse nous font espérer que l'animal va se laisser faire au dernier tiers…
....... Hélas il n'en est rien ! Il démarre brusquement sans prévenir et cherche l'homme, en particulier à droite. Après une entame à genoux, Rafaelillo se fait accrocher sur un pecho à droite. Il enchaîne une à une quelques naturelles aidées méritoires au centre. Un entière engagée un peu tombée suivie d'un avis et un descabello libèrent un public qui souffre autant que le torero. Pour l'ensemble de son œuvre et sa vaillance indiscutable : une oreille méritée.

....... Les satisfactions de la course : le professionnalisme du Fundi, le pundonor de Rafaelillo, le fait de revoir les Miuras en France, ces taureaux au physique particulier, qui entretiennent une émotion certaine en piste, et révèlent les toreros, les vrais.
....... Les déceptions : la faiblesse des Miuras du jour, le fait que le meilleur soit tombé sur Padilla...

....... Voir le reportage vidéo de Corrida Tv