Novillada matinale du 15 juillrt à Céret

....... Six novillos de D. Miguel ZABALLOS (encaste Saltillo) pour Mamerto LOPEZ DIAZ (rose des sables et or), Alberto LAMELAS (coq de roche et or) et Julien DUSSEING "El Santo" (bleu et or)

....... Lot homogène, très bien présenté et sérieusement armé, né entre janvier et février 2004, pesant de 450 à 500 kg, tous negros. Beaucoup de caste et de présence en piste : tous les novillos ont été applaudis à leur entrée, presque tous sont morts bouche fermée, et plusieurs ont été applaudis à l'arrastre ; dommage que la course soit allée quelque peu a menos, même si le 6ème a inversé la tendance. A noter un vent parfois gênant.

1er (480 kg), armé large ; violent dans la cape, il enferme le novillero dans les planches, puis le serre sur la mise en suerte. La pique, placée après le contact au cheval, est interminable et en vaut au minimum deux, le novillo malmenant le cheval en le poussant au centre ; les capes volent sur la deuxième mise en suerte, la pique étant de nouveau poussée et maintenue bien au-delà des clarines. A son tour, Lamelas se fait serrer lors du quite.
Les banderilles sont placées au petit bonheur, mais il faut reconnaître que le novillo est sorti parado d'un gros tercio de piques. Lopez Diaz baisse la main mais reste très prudent sur les deux premières séries à droite et conclut la troisième série d'un desplante peu opportun. Suivent deux séries de naturelles, à la limite de l'accrochage ; malgré un adversaire mobile, l'homme l'étouffe en le citant muleta sous le mufle. Entière caidita en basculant, à la limite de l'accrochage et en suerte contraire (!). Pétition sans objet, qui se termine en salut du burladero ; arrastre applaudi et regrets de ne pas avoir vu ce novillo correctement mis en valeur, à la pique et à la muleta.

2ème (450 kg) : beau playero, reçu a porta gayola, qui démolit violemment les planches, manquant de peu d'y clouer son opposant. La 1ère pique, prise sans mise en suerte, est placée dans l'épaule et vrillée, la 2ème, poussée, est correcte, et la 3ème, en venant du centre, est manquée, le cheval s'affaissant sous le choc. Banderilles partagées, avec Lamelas en poder a poder, puis dans un quiebro aux planches. Ce dernier débute la faena à genoux, provoquant un autre agenouillement (celui du novillo), puis se déroule dans une mise en danger permanente de l'homme, serré et souvent à la limite de la cogida. Final par pechos répétés et desplante, tous mal venus. La mise à mort est laborieuse avec un quart de lame en avant, longue attente, poursuite sur la tentative au descabello, reprise tardive de l'épée et trois quarts de lame en place. Salut aux tiers et arrastre applaudi.

3ème (470 kg) : autre playero qui fait lui aussi sauter les planches et se montre violent dans la cape. Bien mis en suerte, piqué par Marc Allian-Martin, il secoue puis pousse à la 1ère rencontre, puis, après avoir hésité à venir, bouge sérieusement le cheval à la 2ème. Il semble qu'une sorte de faux mouvement lors de la réception à la cape ait provoqué une blessure à un boulet. Le novillo désarme Cañada et suit aux banderilles, au moins sur la 2ème paire. Après avoir été averti, El Santo se montre volontaire et plus engagé que ses collègues de cartel, mais le novillo chute, puis s'arrête dans la passe ; la faena se dilue dans un à peu près marginal conclu par une série de pechos. Final en aidées par le haut et bajonazo ; le novillo se relève à la vue du puntillero. Salut aux tiers.

4ème (460 kg) : il domine Lopez Diaz au capote et prend trois piques en se défendant (1ère très en arrière, sortant seul). Le tercio de banderilles peut s'oublier : poses à la sauvette, par surprise, à côté, tout y passe. D'abord violent dans les doblones d'ouverture, ce novillo se montre ensuite noble et "fait l'avion", révélant cependant un fond de faiblesse. Nous avons droit à une longue séance de toreo marginal, avec usage et abus du pico ; face à un adversaire sans difficulté majeure, qui "offre ses oreilles", le novillero réussit à finir avec le leurre accroché et à se mettre en danger. Bajonazo d'école et salut au centre bien exagéré.

5ème (480 kg) : 2ème accueil a porta gayola de Lamelas, avec désarmé et poursuite à la clé! L'homme gagne du terrain à la cape. Trois piques prises avec une carence totale dans la lidia : 1ère en se défendant, 2ème manquée et replacée et en sortant seul, 3ème encore manquée et replacée ; le "chef de lidia" est resté très discret lors de cet épisode … Banderilles du novillero, avec une 3ème paire exposée. Bien qu'un peu faible, le novillo donne de violents hachazos et se retourne sur place. Lamelas doute, et la faena est émaillée d'avertissements et de poursuites, avec des passes de châtiment bien tardives. Conclusion par quart de lame dans l'épaule (avec un adversaire pas cadré), quasi-entière verticale et basse, et descabello. Salut aux tiers.

6ème (500 kg) : armé large et long, prend deux piques traseras, pompées et vrillées : un condensé de ce que l'on aimerait voir relégué au rang des mauvais souvenirs. El Santo banderille moyennement, sans plus, puis, à la muleta, fait passer le novillo à une distance plus que raisonnable, le corps cassé en deux. Avec le vent qui forcit et son adversaire qui s'arrête dans la passe, il choisit d'abréger (peut-être un peu vite ?) par passes de châtiment. Entière en avant, et le novillo meurt au centre. Silence.

A relever une curiosité, ou une incohérence, dans le comportement du public : après avoir montré vertement à Lopez Diaz sa désapprobation face au comportement de son picador (1er novillo), ce même public a laissé sortir Jacques Monnier dans un silence indifférent, complice, ou coupable, et ce malgré la façon scandaleuse dont a été piqué le 6ème novillo.