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Six toros de Valverde pour Luis Francisco Esplá,
Juan José Padilla, Francisco Javier "Sánchez Vara"
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Temps chaud, soleil, vent qui tombe progressivement. 3/4 d'arène.
Durée : 4 heures. Corrida longue due à la dramatique blessure
d'Esplá à son premier ( 3 cornadas dont une dans
le thorax ). Cet incident entraîna une suspension de plus d'une
demi-heure. Apparemment Padilla exerçant en coulisse une sorte
de chantage avec l'empresa, menaçant de suspendre la course
à cause d'un vent ( que nous avons connu bien plus gênant en
ces lieux ). La corrida repris finalement et règlementairement
en un mano a mano Padilla/Vara.
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Les pupilles de Valverde étaient tous bien présentés,
charpentés sans excès de poids exceptés le premier et le quatrième
un peu gros, type " barrique ". A part le premier ils prirent
tous au moins trois piques. Avec un intérêt constant pour le
cheval, des galops francs, des poussées fortes, en mettant la
tête, et ne sortant en général pas seuls. Le troisième, N°34,
negro long et haut, typé Valverde en reçu 4. Le cinquième,
N°38 un colorado ojinegro d'abord mansote,
pourtant mal lidié, se grandit lors du tercio de piques
pour finalement en recevoir 6 ( les trois dernières après le
changement de tiers ordonné par le président !) Ils autorisèrent
des tercios de banderilles dignes d'intérêts grâce à
leur promptitude dans les charges. Ils suivaient jusqu'aux planches.
Les deuxième, troisième et cinquième montrèrent de la noblesse
au dernier tiers : des charges allègres, une prédisposition
à répéter. Le cinquième fut même d'une soseria indigne.
Le quatrième, le plus faible, n'était pas franc dans sa charge.
Ces taureaux à la caste vive terminèrent debout, bouche fermée
et certains moururent en taureaux braves. Un très bonne corrida
pour l'aficionado à los toros.
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Luis Francisco
Esplá se fit donc prendre lors d'une passe de muleta,
en milieu de faena, à cause du vent (?) et surtout d'un
taureau peu clair. Peut être aussi ne s'était-il pas trop croisé
jusque là et le taureau "encasté" finit par gagner
la bataille des terrains…analyse bien attendu facile à faire
à l'abri dans les gradins. Quelle saisissante image que ce torero
d'abord alerte, goguenard même, superbe dans son riche habit
de lumière cassis et rubis, héros tout droit sortit d'une composition
épique du Titien, soudainement et brutalement pris et repris
comme un pantin, terminant en sang, inconscient, la chemise
en lambeaux, allongé sur le sol le visage livide vers le ciel,
rappelant la posture du torero mort de Manet. En une fraction
de seconde le héros redevient un homme, cette métamorphose à
la charge émotionnelle si forte nous fait oublier trop vite
la réalité : la corrida n'est pas virtuelle, un torero joue
sa vie à chaque seconde dans le ruedo, et cet homme-là
mérite notre plus grand respect.
....... Voir
photos de Pierre Charrain sur "Terres Taurines"
.;;;....Voir
Vidéo-reportage d'Alain Garres sur Corrida TV
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Juan José Padilla fut chahuté toute la soirée par une
frange du public qui n'avait pas apprécié son comportement pendant
l'arrêt de la course. Il fut pourtant digne face à son premier
noble adversaire qui s'abîma la corne droite dans une vuelta
de campana involontaire dans le sens où il l'exécuta seul, sans
" l'aide " des hommes à pied. Bonne réception à la cape ( une
véronique templée les pieds rivés au sol, deux chicuelinas serrées
et une revolera de bel effet ) et quatre piques qui ne furent
pas des assassinats. Trois paires de banderilles correctes,
une faena au centre sur les deux cornes, "templée",
parsemée d'adornos bien venus. L'estocade à peine tombée,
engagée, et d'effet rapide libéra une oreille, contestée par
une minorité du public, mais me semble-t-il méritée.
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Il ne voulu pas voir son cinquième, véritable clone du premier
: colorado ojinegro. Il servit donc une lidia
distante et précautionneuse qui ajoutée à la soseria
de son opposant fut terne et sans relief. Deux pinchazos
et une grande estocade.
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Francisco Javier Sánchez Vara fut, avec toute
sa cuadrilla, détendu, sérieux et professionnel tout
au long de l'après midi. Réceptions à la cape en gagnant le
centre, mises en suerte au cheval remarquables à son
dernier, paires de banderilles supérieures, en particulier au
deuxième et sixième, un souci constant dans ses faenas
de ne pas étouffer la charge de ses adversaires. Il montra une
quiétude et une envie de bien toréer exemplaires. Il est vrai
peu croisé, il manquait un peu d'émotion à ses combats.
....... Avec son dernier opposant,
il ne réussit pas à lier les passes.
....... Il perdit le bénéfice de
ses prestations à l'épée. Salut au tiers à ses deux premiers
et vuelta très fêtée à son dernier.
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Des nouvelles rassurantes d'Esplá en fin de course permirent
au public de sortir détendu de l'arène et de savourer pleinement
cette grande après-midi de taureaux.
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