Dimanche 16 septembre, 11 h, corrida de Juan Pedro Domecq

....... Six toros de Juan Pedro Domecq pour César Rincón, Javier Conde, Palomo Linares

....... Très beau temps, deux tiers d'arènes.

....... Les élèves de Juan Pedro Domecq, pas énormes (poids moyen d'après les chiffres annoncés : 496 k, faire mentalement la correction qui s'impose), aux jolis robes variées, aux têtes basses prolongées d'appendices cornus qui n'étaient ni complètement ridicules, ni terrifiants, se montrèrent plus ou moins bravitos, à l'exception du quatrième réellement brave et du ciquième, manso sans méchanceté. Ces taureaux noblement artistes partagèrent les mérites de rester debout et, plus ou moins, de se mouvoir.

Un joli melocotón............................Photo : Lilan Peille

....... Palamo Linares, blanc et argent, qui avait à " confirmer son alternative à Nîmes ", se vit céder le premier animal sorti, n°185, janvier 2003, 531 kg, le plus lourd, un joli melocotón, débordant de noblesse, doux et fondant comme un caramel mou. Réception insipide à la cape, remière pique bien placée, poussée selon les règles mais sans beaucoup de force, deuxième placée trop en arrière.
....... Palomo double élégamment (le meilleur instant de ses deux prestations). L'animal montre ses qualités lors des premiers redondos, tête basse, charge longue, demi-tour au large pour se préparer à repartir au premier frémissement du leurre en " templant ", lui-même, sa charge. Un taureau d'indulto poncien ! Linares s'applique à réciter sans la moindre personnalité ce qu'il a appris à l'école et le taureau fait seul la faena. Un pinchazo profond, une entière un peu en avant. Salut.

Le n° 154 pour Rincón...........Photo : Lilan Peille

....... César Rincón, ciel et or, reçoit le n°154, décembre 2002, 498 kg, noir par de belles véroniques en gagnant le centre, clôturées par deux superbes demies. Le taureau s'endort sous la pique puis recharge, se colle et est difficile à détacher. César dessine de bonnes chicuelinas et une larga. L'animal pousse brièvement sur une deuxième pique dont il sort seul.
....... Brindis au public, puis le maestro cite de loin et enroule d'excellents derechazos, souvenirs ! souvenirs ! Mais le toro perd sa charge et il faut se résigner à le toréer de près et à finir dans les cornes quand il se fait bloc de marbre. Un pinchazo, un avis, une entière trop tendue, salut au tiers très applaudi.

....... Javier Conde, blanc et or soutaché de noir, affronte le n° 107, février 2003, 460 kg, noir, morphologie d'un petit novillo. La cape reste précautionneuse. La lidia est abandonnée à qui veut s'en charger et le bicho va chercher tout seul une pique modeste, en prend une petite seconde et subit une vuelta de campana sur un recorte.
....... Le petit taureau, aux charge courtes mais sans aucune mauvaise intention, se fait paisiblement oublier pour laisser la vedette au grand comédien. Baroque suite d'adornos et de desplantes, à la limite du comique taurin. Une partie du public aime ça ! Derechazos en rond très théâtraux qui finissent de ridiculiser le pauvre bicho. Le tout assez long pour entraîner un avis. Un pinchazo, une estocade contraire légèrement atravesada et donc inefficace, un descabello, un deuxième avis, encore deux descabellos. Ouf ! Aplausos.

Le n° 128, un colorado...........Photo : Lilan Peille

....... Le quatrième taureau, n° 128, 505 kg, colorado, ojo de perdiz, juste de cornes, arrache la cape de César Rincón sur un extraño. Le Maître reprend l'affaire en main par une série de somptueuses véroniques et demie. Très bonne première pique poussé tête basse avec conviction. Deuxième brève mais prise encore avec classe. Banderilles difficiles.
....... Début appuyé à la barrière. Continuation par bons redondos, changement de main naturelle et pecho. Olé ! Le taureau est noble mais a du jus et transmet. La suite est un régal qui se poursuit jusqu'à l'avis. Une entière contraire dans tout le haut, un descabello. Une oreille, pour moi parcimonieuse. Le taureau est sifflé, mais pourquoi ? Ce fut le meilleur du lot.

....... Le cinquième taureau, n°142, décembre 02, annoncé à 489 kg, negro listón, encore anovillado, tête basse, cornes basses, est reçu prudemment à la cape par Javier Conde. Manso à la pique, il démonte le cavalier en reculant, deuxième rencontre dans le même style, il n'est pratiquement pas piqué.
....... Javier sait profiter de l'imbécile noblesse de l'animal et de son agréable mobilité pour débuter une faena classique et de qualité. Petite fantaisie, des naturelle sont données muleta et épées tenues dans la main gauche, mais l'épée est plaquée sur le tissu qu'elle n'agrandit pas. Les extravagances et adornos sont assez bien venus ou alors on s'y fait ! Un avis. Un petit mete y saco, deux pinchazos profonds, une estocade efficace. La demande d'oreille est minoritaire, elle est pourtant accordée, puis protestée par une majorité du public.

....... Le dernier taureau, n°146, juillet 2002, encore un novillo aux cornes proprettes, monte littéralement sur Palomo Linares à la cape. La mise en suerte au cheval est déplorable. Le taureau pousse sur une première pique "carioquée" sort seul de la seconde. Il est noble, mobile, mais Linares cafouille son toreo et donne des défauts à l'animal qui n'en avait pas. Une épée basse, donc efficace. Quelques applaudissements et salut au tiers.

....... Que retenir de cette course ?
....... L'heureuse et émouvante despedida nîmoise de Rincón. Torero ! Torero ! Torero !

....... Pour le reste, deux ou trois Juan Pedro "artistes" qui ont été complètement gâchés.

....... Voir le reportage vidéo de Corrida Tv