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Version
du 23 septembre 2007, pour ne rien oublier un peu de recul n'était
pas superflu !
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Voilà une tarde de toros qui fera couler beaucoup
d'encre et de salive, surtout parmi ceux qui n'y ont pas assisté
! L'auteur de ces lignes a fait de Madrid en Espagne, de Céret
et Vic en France, ses plazas de prédilection.
Pourtant, s'il a assisté, du haut des amphitéâtres,
à cette corrida Nîmoise par le hasad de circonstances
familiales de dernière minute, il ne l'a pas regretté.
L'univers taurin n'est pas réductible, bien heureusement,
à des a priori !
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Quatre toros de Domingo Hernández (le 1, le 2, le
5 et le 6) et deux de Garcigrande (le 3 et le 4) pour
Denis Loré, José Tomás, Joselito Adame
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...Il fait très beau, les arène sont pleines. Monsieur
Perroti préside, assisté de Messieurs Dumas et
Reynaud.
....... Avant le paseillo,
des peintures sont appuyées contre les burladeros.
Quatre artistes Nîmois les ont dédiées à
Denis Loré. Elles seront vendues le samedi 29 septembre
avec des photographies et des trajes de luces au profit
de "Sang
pour sang", une association cartitative nîmoise
(parrainée par Denis Loré) qui vient en aide
aux enfants leucémiques.
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Encore des taureaux d'origine J. P. Domecq, légers ( trois affichés
à 460 kg), aux cornes modestes, parfois indignes. Reconnaissons,
toutefois, que cinq sur six ont pris deux piques véritables,
seul le 5 a été à peine piqué en deux rencontres. Leurs comportements
furent variés : mobiles et très nobles les 1 et 6, brave et
violent le 2, manso dangereux le 4, noble le 3, mansote,
noblote et manquant d'allant le 5. Dans tous les cas,
ils furent tous propices aux triomphes de leurs opposants. Tous
abandonnèrent, de manière assez logique, au moins une oreille,
c'est assez rare pour être souligné.
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Joselito Adame, blanc et argent, confirmait à
Nîmes l'alternative qui lui avait été conférée à Arles dix jours
auparavant ! Ce sympathique et doué jeune homme, à qui nous
souhaitons une longue carrière, n'est peut-être pas au bout
de ses peines, il se murmure que dans un proche avenir des confirmations
d'alternative pourraient être imposées à Eauze, capitale de
l'Armagnac Taurin, ainsi qu' à Palavas-les-Flots, indiscutable
capitale des plages taurines françaises. Et pourquoi pas
à Bayonne, première ville taurine de France selon
l'Histoire ?
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Le premier taureau sorti, Mesoreno, n° 100, septembre
03, quatre ans à peine, châtain, était le plus lourd du lot,
annoncé à 564 kg. Admirons la précision, à 1 kg près
! Joselito le reçoit classiquement par de belles véroniques.
Le taureau pousse à la pique et subit une petite carioqua.
Il revient seul au cheval, pousse un petit peu et sort seul.
Adame "quite" par gaoneras. Il est excellent aux banderilles,
conduites rapidement et sobrement en alternant sur les deux
cornes. Après la pseudo confirmation, il "brinde"
au public. Début par statuaires limpides, continuation par derechazos
profonds, deux séries de naturelles lumineuses interrompues
par de gracieux molinetes… Jamais le tissu n'est accroché,
la cadence est parfaite. Conclusion par manoletinas allurées.
Une entière très engagée, contraire. Un avis juste avant que
le taureau ne s'écroule. Deux oreilles sans discussion.
....... Par contre, vuelta
au taureau tout à fait imméritée ! A ce train, il faudra bientôt
honorer d'une vuelta tous les dépouilles de toros
dont les deux oreilles ont été coupées et "indulter", sans doute,
tous ceux à qui serait évitée, du même coup, l'ablation posthume
de la queue !
.......
Denis Loré, bleu turquoise et or, aura vécu un
après midi intense à l'occasion de sa corrida de despedida
dans sa ville natale. Son contexte familial immédiat était particulièrement
malheureux, il venait de perdre son père, il y avait à peine
48 h, et devait l'enterrer le lendemain lundi.
....... Mais il était bien là,
" l'homme de bronze ", acclamé, sérieux et très concentré. Le
hasard ou la providence, comme il vous plaira, avait pris soin
de lui réserver les deux seuls toros du lot réellement
difficiles. Il ne pouvait pas en être autrement !
....... Violín, n° 52, décembre
02, negro bragado meano, 492 kg est salué par de bonnes
véroniques, la demie et une serpentine. Il pousse ensuite tête
haute sur le cheval monté par Nicolas Bartolli jusqu'à
l'entraîner sur vingt mètres et le plaquer contre la barrière.
Il est ensuite difficile à décoller du peto. Denis fait
un quite par chicuelinas serrées et remet en suerte
à bonne distance. L'animal prend une pique sérieuse mais dont
il sort seul. Il en prendra encore une troisième en partant
de loin. Bartolli est très applaudi.
....... Brindis à
Jérôme Fesquet. Début au centre par molinetes
rageurs. Le taureau a une charge violente qui se fera de plus
en plus courte et sort de tous ses assauts en relevant la tête
et en se retournant vite. Denis tient le coup et, jambe avancée,
réussit à délivrer de valeureuses naturelles. L'animal est encore
plus dangereux à droite et pourtant le maestro parvient à allonger
quelques derechazos méritoires. Il s'engage dans une
terrible estocade entière, dans tout le haut, non sans se faire
cueillir et soulever par la corne droite à la hauteur de l'aine.
Il s'en tire à moindre mal par une longue déchirure de sa taleguilla,
de l'entrecuisse à la ceinture, qui nécessitera d'être contenue
par un très large plastron d'élastoplaste. Une oreille de poids.
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Cantaor, n° 14, septembre 03, salpicado, affiché
à 460 kg, aux cornes agréables pour le torero, est un novillo.
José Tomás, émeraude et or, donne d'emblée le ton en
enchaînant de majestueuses véroniques, trois chicuelinas
et une larga. Le novillo pousse fort sur la première
pique puis s'endort. José fait un quite par gaoneras.
Deuxième pique en partant de loin. Banderilles rapides.
....... Brindis au public.
Le taureau est un peu mou et lent mais répète sans se lasser,
noble, encore meilleur à gauche qu'à droite. Tout ça ne peut
déplaire maestro qui va donner une parfaite démonstration de
son toreo de rêve. Sous la musique et le délire des gradins
c'est le défilé des aguantes impassibles,
des naturelles infinies, des précis et précieux
changements de mains…. Entière contraire un peu tendue, descabello
fulgurant. Deux
oreilles.
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Ronquillo, n° 17, novembre 2002, colorado, est
lui aussi affiché à 460 kg. Il se montre bronco dans
la cape puis chahute en manso le cheval de "Fritero"
et prend encore deux piques de manso. "Fritero"
ne s'en laisse pas conter, " fluctuat nec mergitur ". Il est
applaudi.
....... Denis "brinde" à
ses frères. Entame au centre avec un taureau vif et brusque
qui donne de la tête et se retourne très vite. A droite ça passe
ou ça casse, Denis ne recule pas et ça passe ! C'est encore
plus difficile à gauche où ça ne passe plus. L'entière dans
tout le haut est foudroyante. Une oreille que Denis, peu convaincu
mais visiblement ému, s'empresse d'enfouir sous son gilet. Il
fait la vuelta sous une intense ovation, les yeux embués.
Puis il est entouré de ses proches quand l'ancien matador
de toros Bernard Carbuccia " Marsella " lui coupe
la coleta. L'émotion collective est à son comble !
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Bribón n° 108, décembre 02, affiché à 477 kg, aux cornes
"délicates et fragiles", est distrait et fuyard
dans la cape de José Tomás. A la pique, il secoue tellement
le peto qu'il démonte le cavalier. L'excellent cheval
de la cavalerie Heyral poursuit la lidia seul
et se penche à peine pour contenir un bicho qui manque
de force. Cavalier remonté et deuxième rencontre anodine, l'animal
n'est, pour ainsi dire, pas piqué.
....... Pourtant, et c'est ici
que le bât blesse, il ressort de ses chocs contre le peto
et les étriers, la corne droite en sang sur toute sa longueur.
Il a perdu une bonne partie de l'étui corné dont le pitón
! Voir
ici deux photos de Campos y Ruedos. Tous les spectateurs
des premiers rangs ou munis de puissantes jumelles, comparant
la taille de ce qui reste, l'os sanguinolant à nu, avec celle
de l'autre corne, sont obligés d'en déduire que le pitón,
proprement dit, ne devait pas être bien long ! La corne avait
été probablement fragilisée par une"usure
naturelle" ! Comme il arrive souvent aux toros
de Nîmes !
....... De toute manière le public
feint de ne pas considérer l'accident. Il ne veut pas se gâcher
son bonheur.
....... Adame réalise un joli quite
par chicuelinas.
....... L'animal, tardo,
ne permet pas le lié. José Tomás s'en accommode et administre
une nouvelle démonstration. Par son sens du placement, par son
aguante, il tire passe après passe pour faire de chacune
un monument... Manoletinas finales, un pinchazo,
un avis, deux tiers d'épée, une oreille.
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| Le
petit Inglés, n° 16.......................Photo
: Lilian Peille |
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L'heureux public n'est pas encore au bout de son bonheur.
Apparaît le petit Ingles, n°16, né octobre 02. Il a bien cinq
ans sonnés mais est affiché à 460 kg. Il est noir avec de petites
cornes. Mal mis en suerte, il va taper aux planches.
Au cheval, il s'endort contre le peto. Deuxième pique
dans le même style d'où il est difficile de le décoller. Joselito
Adame s'illustre par trois zapopinas flamboyantes
terminées par une larga. Tendidos en ébullition.
Trois paires de banderilles encore meilleures que ses précédentes.
....... Nouveau brindis
au public. L'animal est mobile, idéalement noble. Cambio
dans le dos au centre, longs derechazos, jolis changements
de main, naturelles parfaites, adornos de bon goût, entrain,
allégresse, légereté, plaisir de toréer communicatif ! Une énorme
estocade entière et encore deux oreilles.
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Les trois toreros sortiront a hombros par la porte des
Consuls. Tomás et Adame insisteront pour que Denis Loré passe
devant eux tandis qu'ils sortiront côte à côte, derrière lui.
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Si nous dressons un bilan de cette tarde qui devrait
rester dans les mémoires à des titres divers, nous rappellerons
les critiques que nous avons formulées dans les lignes qui précèdent
: taureaux bien petits pour une plaza qui se veut de
première catégorie et, surtout, de trop nombreuses cornes suspectes.
La plupart de ces animaux auraient pu apparaître lors d'un festival.
L'épisode de la corne sanglante aurait dû
soulever la protestation des gradins. Mais le public nîmois
est "moderne".
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Ceci dit, ces toritos ont plus secoué les cavaliers
que les gros et faibles Miuras du vendredi et ont constitué
le meilleur lot commercial de cette feria des vendanges. Ils
étaient mobiles, donnaient du jeu, méritaient des toreros possédant
art et technique et les ont eu.
....... Ils
ont permis :
....... A Denis Loré de connaître
une despedida particulièrement digne et très fêtée.
....... A José Tomás d'administrer
une indiscutable démonstration.
....... Au pétillant Joselito Adame
d'amplifier son précédent triomphe arlésien et de s'installer
tout de suite sur une orbite haute.
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Bref, ce fut une corrida "torériste" tout à
fait réussie qui a pu retenir l'attention des "toristes"
présents. Dans tous les cas, une grande majorité
des 12000 à 13000 personnes qui remplissaient les gradins
est sortie heureuse !
Quant aux toristes, ces rabat-joie, ils ont aimé les
adieux taurins de Denis Loré, éprouvé l'envie
de revoir au plus vite Joselito Adame, assisté à
un formidable numéro de José
Tomás en festival (alors qu'ils avaient payé une
place de corrida) et sont restés méditatifs.
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Voir
les photos de Burladeros
.......
Voir
le reportage
vidéo de Corrida Tv
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