|
.......
Six toros de Margé pour Pepín Liria, Luis Miguel Encabo,
Julien Lescarret
.......
Il fait beau,
l'arène est presque pleine, Marc Amestoy préside comme
il le fera pour toutes les corridas de toros de la feria.
Alain Juppé est en barrera.
.......
Très jolis taureaux de Margé (encaste Cebada Gago)
aux cornes irréprochables, aux robes variées, aux noms évocateurs
de leur origine andalouse. Très sérieux, ils prendront les deux
piques prescrites [*], mal données à une exception
près, plus ou moins sévères, sans rechigner. Ils présenteront
des comportements divers mais bien marqués. Tous réclamaient
une lidia appropriée et ne l'obtinrent pas, les deux
de Julien étaient presque intoréables.
.......
Le premier, Sevillano, 12-2002, sardo, après une première
pique laidement administrée et une deuxième plus brève, supporte
un tercio de banderilles déplorablement long, émaillé
d'une vingtaine de capotazos et recortes.
....... Pepín Liria, rouille
et or, entame la faena au centre. Le taureau fuit vers
les planches et le torero se résout à le toréer dans la querencia
sans se croiser et sans conviction. Demi-lame un peu tendue
et descabello, silence.
.......
Trianero, 01-2003,
choreado, bien mis en suerte par Luis Miguel
Encabo, lilas et or, part encaisser avec allégresse deux
excellentes piques administrées par Rafael Da Silva monté sur
Icône. Ovation.
....... Luis Miguel se fait applaudir
aux banderilles.
....... Le taureau est excellent,
vient de loin sur la muleta. Début en alternant deux séries
sur chaque corne, musique. Malheureusement Encabo perd sitio,
poder, temple, et chiffonne la suite. Une estocade
tombée d'effet immédiat soulève le public dont une petite majorité
demande l'oreille que le président, inflexible sous la bronca,
refuse en dépit du règlement mais non sans raison.
....... Vuelta fêtée, applaudissements
au taureau, et re-bronca à la présidence.
.......
Andalou, 01-2003, negro listón, s'endort sous la première
pique, en prend une petite seconde qui lui enlève la devise,
en aurait mérité peut-être une troisième comme la suite le montrera.
....... El Chano se fait
applaudir et doit saluer après deux très belles paires de banderilles.
....... Julien
Lescarret, sapin et or, qui devait vivre un très mauvais
après midi, entame le troisième tiers avec un taureau tardo,
hésitant qui ne paie pas de mine. Erreur ! Il s'agit d'un redoutable
assassin ! Sans prévenir, sans considérer le leurre, il fonce
violemment sur la poitrine de julien et provoque une spectaculaire
voltereta qui laissait présager le pire. Plus de peur que de
mal ! Seul le museau de l'animal a frappé le torero. Ensuite
l'assassin se défend sur place, bouscule encore Julien sur la
gauche. Un pinchazo et une entière. Applaudissements
d'encouragement au torero.
.......
Rociero, 09-2002, colorado ojo de perdiz, est accueilli
par Pepín Liria à genoux. Olé ! Le taureau pousse fort
sur la première pique, moins sur la seconde.
....... Il donne par la suite des
signe de faiblesse et perd sa charge. Pepín abdique rapidement
et s'en débarrasse d'une estocade habile.
.......
Jerezano, 01-2003,
encore un magnifique sardo aux redoutables cornes veletas,
probablement le meilleur du lot, bien reçu à la cape par Luis
Miguel Encabo, va deux fois au cheval avec alegría.
....... Le maestro se fait applaudir
aux banderilles et, comme ça devient trop systématique chez
lui, commence bien une faena qu'il finira mal. Toreo
marginal, rapide et superficiel, " pacotille d'ornements " comme
remarque ma jeune voisine. Cet excellent taureau méritait mieux.
Il finit gaillard, bouche fermée, prêt à continuer le jeu !
Quant à Encabo, il finit, lui, en empruntant les grands boulevards
!
....... Taureau très applaudi à
l'arrastre.
.......
Marismero,
04-2002, cinq ans et trois mois !, castaño, fut a peu
près contenu à la cape par un Julien encore mal remis
de ses récentes émotions.
....... Après deux piques, l'animal
montra quelques signes de faiblesse. Mais c'était un drôle de
tío qui réclamait un super lidiador. Julien perdit
rapidement les papiers et perpétuellement en grand danger, exaspéré
et exaspérant, offrit plus souvent son corps que le leurre.
....... Après l'estocade, un long
silence de soulagement s'établit sur les gradins.
.......
Pour résumer le tout, le type-même d'une corrida pour " toristes
".
________________________
[*] L'avis ci-dessous
a été imprimé sur tous les cartelitos de la feria.
C'est excellent ! Félicitations à la C.T.E.M. de Mont-de-Marsan
!
Toutes les arènes de France devraient suivre cette initiative
et, en particulier, si jamais elles regagnent un jour le sein
de l'U.V.T.F., celles de Nîmes.
|
Amis
aficionados,
Soucieux
de l'intégrité du spectacle proposé, dans le respect de
l'animal et de nos traditions tauromachiques, la Commission
Taurine Extra Municipale et le comité des Fêtes de Mont
de Marsan, vous informent que lors du 1er tercio, chaque
taureau recevra un châtiment adapté, jamais inférieur
à deux piques. Ceci devra se traduire par un minimum de
deux mises en suerte. Ces dispositions sont conformes
au règlement de l'UVTF et au statut d'arène de ère catégorie
française du Plumaçon. Il appartient à la Présidence technique
tous comme au maestro et à la cuadrilla, tous avertis
de cette disposition, de faire respecter le règlement
en particulier en modulant l'intensité de la 1ère pique.
Par
ailleurs les modalités de saisie des cornes mises en place
par l'UVTF pour toutes les corridas sont affichées au
patio de caballos des arènes.
|
|