22 juillet, corrida de Margé à Mont-de-Marsan

....... Six toros de Margé pour Pepín Liria, Luis Miguel Encabo, Julien Lescarret

....... Il fait beau, l'arène est presque pleine, Marc Amestoy préside comme il le fera pour toutes les corridas de toros de la feria. Alain Juppé est en barrera.

....... Très jolis taureaux de Margé (encaste Cebada Gago) aux cornes irréprochables, aux robes variées, aux noms évocateurs de leur origine andalouse. Très sérieux, ils prendront les deux piques prescrites [*], mal données à une exception près, plus ou moins sévères, sans rechigner. Ils présenteront des comportements divers mais bien marqués. Tous réclamaient une lidia appropriée et ne l'obtinrent pas, les deux de Julien étaient presque intoréables.

....... Le premier, Sevillano, 12-2002, sardo, après une première pique laidement administrée et une deuxième plus brève, supporte un tercio de banderilles déplorablement long, émaillé d'une vingtaine de capotazos et recortes.
....... Pepín Liria, rouille et or, entame la faena au centre. Le taureau fuit vers les planches et le torero se résout à le toréer dans la querencia sans se croiser et sans conviction. Demi-lame un peu tendue et descabello, silence.

....... Trianero, 01-2003, choreado, bien mis en suerte par Luis Miguel Encabo, lilas et or, part encaisser avec allégresse deux excellentes piques administrées par Rafael Da Silva monté sur Icône. Ovation.
....... Luis Miguel se fait applaudir aux banderilles.
....... Le taureau est excellent, vient de loin sur la muleta. Début en alternant deux séries sur chaque corne, musique. Malheureusement Encabo perd sitio, poder, temple, et chiffonne la suite. Une estocade tombée d'effet immédiat soulève le public dont une petite majorité demande l'oreille que le président, inflexible sous la bronca, refuse en dépit du règlement mais non sans raison.
....... Vuelta fêtée, applaudissements au taureau, et re-bronca à la présidence.

....... Andalou, 01-2003, negro listón, s'endort sous la première pique, en prend une petite seconde qui lui enlève la devise, en aurait mérité peut-être une troisième comme la suite le montrera.
....... El Chano se fait applaudir et doit saluer après deux très belles paires de banderilles.
.......
Julien Lescarret, sapin et or, qui devait vivre un très mauvais après midi, entame le troisième tiers avec un taureau tardo, hésitant qui ne paie pas de mine. Erreur ! Il s'agit d'un redoutable assassin ! Sans prévenir, sans considérer le leurre, il fonce violemment sur la poitrine de julien et provoque une spectaculaire voltereta qui laissait présager le pire. Plus de peur que de mal ! Seul le museau de l'animal a frappé le torero. Ensuite l'assassin se défend sur place, bouscule encore Julien sur la gauche. Un pinchazo et une entière. Applaudissements d'encouragement au torero.

....... Rociero, 09-2002, colorado ojo de perdiz, est accueilli par Pepín Liria à genoux. Olé ! Le taureau pousse fort sur la première pique, moins sur la seconde.
....... Il donne par la suite des signe de faiblesse et perd sa charge. Pepín abdique rapidement et s'en débarrasse d'une estocade habile.

....... Jerezano, 01-2003, encore un magnifique sardo aux redoutables cornes veletas, probablement le meilleur du lot, bien reçu à la cape par Luis Miguel Encabo, va deux fois au cheval avec alegría.
....... Le maestro se fait applaudir aux banderilles et, comme ça devient trop systématique chez lui, commence bien une faena qu'il finira mal. Toreo marginal, rapide et superficiel, " pacotille d'ornements " comme remarque ma jeune voisine. Cet excellent taureau méritait mieux. Il finit gaillard, bouche fermée, prêt à continuer le jeu ! Quant à Encabo, il finit, lui, en empruntant les grands boulevards !
....... Taureau très applaudi à l'arrastre.

....... Marismero, 04-2002, cinq ans et trois mois !, castaño, fut a peu près contenu à la cape par un Julien encore mal remis de ses récentes émotions.
....... Après deux piques, l'animal montra quelques signes de faiblesse. Mais c'était un drôle de tío qui réclamait un super lidiador. Julien perdit rapidement les papiers et perpétuellement en grand danger, exaspéré et exaspérant, offrit plus souvent son corps que le leurre.
....... Après l'estocade, un long silence de soulagement s'établit sur les gradins.

....... Pour résumer le tout, le type-même d'une corrida pour " toristes ".

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[*] L'avis ci-dessous a été imprimé sur tous les cartelitos de la feria.
C'est excellent ! Félicitations à la C.T.E.M. de Mont-de-Marsan !
Toutes les arènes de France devraient suivre cette initiative et, en particulier, si jamais elles regagnent un jour le sein de l'U.V.T.F., celles de Nîmes.

Amis aficionados,

Soucieux de l'intégrité du spectacle proposé, dans le respect de l'animal et de nos traditions tauromachiques, la Commission Taurine Extra Municipale et le comité des Fêtes de Mont de Marsan, vous informent que lors du 1er tercio, chaque taureau recevra un châtiment adapté, jamais inférieur à deux piques. Ceci devra se traduire par un minimum de deux mises en suerte. Ces dispositions sont conformes au règlement de l'UVTF et au statut d'arène de ère catégorie française du Plumaçon. Il appartient à la Présidence technique tous comme au maestro et à la cuadrilla, tous avertis de cette disposition, de faire respecter le règlement en particulier en modulant l'intensité de la 1ère pique.

Par ailleurs les modalités de saisie des cornes mises en place par l'UVTF pour toutes les corridas sont affichées au patio de caballos des arènes.