24 juillet après midi, corrida de Moisés Fraile à Mont-de-Marsan

....... Six toros de Don MOISÉS FRAILE (origine : Lisardo Sánchez) pour Jean-Baptiste JALABERT "Juan Bautista" (bordeaux et or), qui remplace Manuel Jesus "El Cid", Sébastien CASTELLA (parme et or) et César JIMÉNEZ (bleu marine et or)

....... 1er : Saute à la pose de la devise, se récupère mal au sol, boîte et est changé pour un sobrero du même fer.
....... Armé gacho, "remate" aux planches et révèle de suite sa noblesse. Il secoue et sort à genoux de la pique et n'est même pas égratigné à la 2ème rencontre, manquée.
........ Il suit les banderilleros dans la mesure de ses pauvres moyens.
....... Juan Bautista se montre un parfait infirmier dans un travail propre et classique à droite, plus accroché à gauche ; le toro finit aux planches et le torero en regardant le public.
....... Demi-lame a recibir qui résulte basse et en avant. Descabello après poursuite d'un péon. Oreille.

....... 2ème : Pousse un peu à la 1ère pique, s'agenouille ; 2ème "pique" levée de suite.
....... S'arrête poliment après la pose des banderilles pour laisser aux péons le temps de s'écarter sans hâte.
....... Entre deux génuflexions, il "boit" la muleta, se montrant il est vrai légèrement moins facile à gauche.
....... Echec de Sébastien Castella à la mort avec pinchazo, mete y saca, deux autres pinchazos, quart de lame basse et plate et 3 descabellos. Silence.

....... 3ème : Un manso qui fuit les capes et essaie de sauter les planches. Il secoue sous une 1ère pique trasera et vient de loin, mais au petit trot pour une 2ème, symbolique.
....... Banderilles sans histoire et corne droite en pinceau.
....... César Jiménez réveille un peu l'assistance en débutant la faena à genoux et au centre, puis sert deux séries en "citant" de loin ; le toro "encense" et cherche les planches à la sortie de chaque passe.
....... Pinchazo, grande grand coup d'épée un peu en avant et deux descabellos. Silence alors qu'un salut aux tiers m'aurait semblé normal pour la bonne volonté montrée.

....... 4ème : Distrait, long à fixer et finalement bien amené au centre par véroniques, chicuelina et demie. La mise en suerte, laborieuse, montre qu'il n'est toujours pas fixé, et Jacques Monnier pique en place, correctement (pas comme à Céret) ; de nouveau une pique prise en secouant et une autre levée de suite.
....... Banderilles plus ou moins bâclées. Deux séries de derechazos templés et ce sera tout : l'animal, faible, raccourcit sa charge, se défend sur place et finit par … chercher les planches. Quelle homogénéité dans le comportement de ce lot !
....... 4 pinchazos de profondeur variable. Avis et silence.

....... 5ème : Avec plus de trapío, armé légèrement bizco, c'est encore un fuyard. La mise en suerte, difficile, permet au moins de voir le professionalisme de la cuadrilla de Castella, qui évite à 3 reprises que le toro soit piqué au toril. Celui-ci obtient la chute à la 1ère rencontre, pousse un peu à la 2ème, brève, et arrive parado au 2ème tiers (2 paires correctes et une manquée).
....... Alors qu'il cherche le toril, le matador l'amène avec à propos au centre ; face un adversaire bronco, qui consent à charger si on lui met le leurre sous le mufle, il parvient à lui garder la tête dans la muleta.
....... 3/4 lame dans l'épaule enfoncée en deux fois. Avis et silence. Quelques sifflets à l'arrastre (enfin !).

....... 6ème : réception à la cape classique et propre, 1ère pique manquée, rectifiée et légèrement poussée, 2ème pour la forme.
....... Un péon prend le risque de banderiller en faisant venir le toro vers les planches, seule solution pour déclencher la charge.
....... Encore un faiblard … Jiménez, qui a vu son engagement à son 1er adversaire peu reconnu, a pris la mesure de la situation et sert des passes isolées à un morucho, générant un ennui profond.
....... Conclusion qui ne dépare pas : pinchazo, quart de lame et deux pinchazos prudents. Silence.

....... De toros, ce lot d'invalides fuyards n'a vraiment que le nom. Pour aller de l'éleveur chez le boucher, ces animaux n'ont pas besoin de faire le détour par une arène.
....... L'obligation des deux piques au minimum présente au moins l'avantage de ne pas voir le toro asssassiné à la 1ère ; à côté de cela, reconnaissons qu'avec ce type de bétail, la 2ème ne peut être que symbolique.
....... Cela me rappelle le mot d'un ami provençal qui me parlait d'un toro grâcié (avec beaucoup de légèreté, dans une arène du Sud-Est) : "Tu veux que je te dise ? Eh bien, comme piques, ce toro, il a pris un vaccin et un rappel !".

....... Présidence de Marc Amestoy.