Novillada de La Campana du samedi 25 août

....... Six novillos de La Campana pour José Ramón García "Chechu", Joselito Adame, Roman Pérez (Romain Fluet)

....... Un lot de novillos de La Campana homogène dans sa médiocrité, trop gras les deux premiers, tous trop mous, trop faibles, débilement nobles, sans tempérament, aux cornes honteusement amoindries, certaines se mettant à saigner après un choc contre la barrière ou le peto.

....... Le premier, lourd gras et noir, au berceau large mais court, est convenablement reçu dans la cape de José Ramón García "Chechu". Il subit une vilaine pique dans le dos puis replacée et "carioquée" dont il sortira finalement seul. Il prendra une deuxième pique avec plus de classe. Adame réalise un quite par gaoneras et, à l'issue de la troisième, novillo et novillero trébuchent simultanément et chutent avec un bel ensemble, symétriquement, chacun de son côté. Ils s'en relèvent l'un et l'autre sans mal.
....... Devant ce novillo exempt de mauvaises intentions, mais lent et lourd, " Chechu " entame prudemment. Le bicho de plus en plus mou s'éteint et la faena très parallèle, sans la moindre vibration, est bien ennuyeuse. Conclusion par bajonazo de gala !

....... Joselito Adame a du mal a retenir dans sa cape le second novillo, negro tostado, listón, gras et court sur pattes. Il subit une vuelta de campana puis, piqué dans le dos, s'affale sous le cheval. Deuxième pique symbolique. Après trois bonnes paires de banderilles, Joselito " brinde " à Robert Margé. Le novillo est pratiquement paralysé de faiblesse mais le rusé Joselito va s'ingénier à le faire bouger. A juste distance et en s'exposant, il déclenche des derechazos, poursuit à gauche avec plus ou moins de bonheur et entretient l'intérêt par quelque démonstrations de "trémendisme" qui lui vaudront une voltereta. Estocade entière et desprendida, efficace. Une oreille. Une partie du public applaudit la dépouille du taureau à la grande surprise de ses mânes qui venaient tout juste de toucher à l'empire des morts.

........ Roman Pérez tombe sur un novillo plus petit que les précédents et aux cornes fort discrètes. Belle entame par enchaînement de véroniques, chicuelinas et largas. Vuelta de campana, bicho faiblissime qui s'endort sur une unique petite pique. Tercio de banderilles écourté. Brindis au public.
....... Le taureau se révèle, au troisième tiers, " comme lui-même enfin… " : une " bédigue " (du provençal = vieille brebis) faible et noble, fade, crevée… Faena mollement à l'unisson ponctuée d'adornos sans signification. Faute de toréer un animal exténué, il faut toréer le public. Une belle estocade dans tout le haut. Deux mouchoirs s'affichent simultanément au palco alors que la demande d'une première oreille n'était même pas majoritaire ! La présidence aurait-elle souhaitée distinguer, par chauvinisme national, notre arlésien, Romain Fluet ? Pas si fluet que ça d'ailleurs, puisqu'il a pratiquement le trapío d'un troisième ligne aile des années 60.

....... Le quatrième, colorado, toujours cornicorto, est pour " Chechu ". Il pousse sur une unique pique trasera et précautionneusement dosée. Banderilles réduites à deux paires.
....... Dès l'entame de la faena le novillo, noblissime, mou et faible, se couche. Il faudra le relever plusieurs fois. " Chechu " s'efforcera de le toréer avec douceur, sans soulever l'enthousiasme populaire. Une entière desprendida, quatre descabellos.

....... Le cinquième pour Adame est noir, cornicorto. Il s'endort sur une pique et en sort seul. Changement. Trois paires de banderilles, bien !
....... D'assez bons enchaînements à la muleta. La deuxième partie de la faena, après un désarmé, baisse de ton. Elle se terminera dans la querencia près de la barrière. Un premier avis au bout de huit minutes ! Une estocade en bonne place en entrant droit ? Un nouvel avis deux minutes après le premier ! Descabello concluant, vuelta au torero.

....... Le denier, cornigordo, cornicorto, est bien reçu à la cape par Romain. Il supporte deux piques dont une, longue et " carioquée ". Il est bien banderillé.
....... Roman Pérez "brinde" à Joselito Adame. Entame facile, musica ! Mais le novillo se montre mou et lent, sans alegria, et le novillero à l'unisson. Avis à huit minutes et vingt secondes ! Comment expliquer ces accélérations du chronomètre présidentiel si ce n'est que la main qui l'étreint lui communique une particulière sensibilité le conduisant à battre plus vite afin d'écourter des faenas ennuyeuses ! Trois pinchazos, une demie épée tendue.

....... Même si cette novillada se distingua par le nombre des trophées accordés, elle fut, pour l'aficionado, la moins intéressante des trois de " Carcassonne Toros 2007 ".