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Six novillos de La Campana pour José Ramón García "Chechu", Joselito Adame,
Roman Pérez (Romain Fluet) .......
Un lot de novillos de La Campana homogène dans sa médiocrité, trop gras
les deux premiers, tous trop mous, trop faibles, débilement nobles, sans tempérament,
aux cornes honteusement amoindries, certaines se mettant à saigner après un choc
contre la barrière ou le peto. .......
Le premier, lourd gras et noir,
au berceau large mais court, est convenablement reçu dans la cape de José Ramón
García "Chechu". Il subit une vilaine pique dans le dos puis replacée et "carioquée"
dont il sortira finalement seul. Il prendra une deuxième pique avec plus de classe.
Adame réalise un quite par gaoneras et, à l'issue de la troisième,
novillo et novillero trébuchent simultanément et chutent avec un
bel ensemble, symétriquement, chacun de son côté. Ils s'en relèvent l'un et l'autre
sans mal. ....... Devant ce novillo exempt
de mauvaises intentions, mais lent et lourd, " Chechu " entame prudemment. Le
bicho de plus en plus mou s'éteint et la faena très parallèle, sans
la moindre vibration, est bien ennuyeuse. Conclusion par bajonazo de gala
! .......
Joselito Adame a du mal
a retenir dans sa cape le second novillo, negro tostado, listón,
gras et court sur pattes. Il subit une vuelta de campana puis, piqué dans
le dos, s'affale sous le cheval. Deuxième pique symbolique. Après trois bonnes
paires de banderilles, Joselito " brinde " à Robert Margé. Le novillo
est pratiquement paralysé de faiblesse mais le rusé Joselito va s'ingénier à le
faire bouger. A juste distance et en s'exposant, il déclenche des derechazos,
poursuit à gauche avec plus ou moins de bonheur et entretient l'intérêt par quelque
démonstrations de "trémendisme" qui lui vaudront une voltereta.
Estocade entière et desprendida, efficace. Une oreille. Une partie du public
applaudit la dépouille du taureau à la grande surprise de ses mânes qui venaient
tout juste de toucher à l'empire des morts.
........ Roman Pérez tombe sur un novillo
plus petit que les précédents et aux cornes fort discrètes. Belle entame par enchaînement
de véroniques, chicuelinas et largas. Vuelta de campana,
bicho faiblissime qui s'endort sur une unique petite pique. Tercio
de banderilles écourté. Brindis au public. .......
Le taureau se révèle, au troisième tiers, " comme lui-même enfin… " : une " bédigue
" (du provençal = vieille brebis) faible et noble, fade, crevée… Faena
mollement à l'unisson ponctuée d'adornos sans signification. Faute de toréer
un animal exténué, il faut toréer le public. Une belle estocade dans tout le haut.
Deux mouchoirs s'affichent simultanément au palco alors que la demande
d'une première oreille n'était même pas majoritaire ! La présidence aurait-elle
souhaitée distinguer, par chauvinisme national, notre arlésien, Romain
Fluet ? Pas si fluet que ça d'ailleurs, puisqu'il a pratiquement le trapío
d'un troisième ligne aile des années 60. .......
Le quatrième, colorado, toujours cornicorto, est pour " Chechu
". Il pousse sur une unique pique trasera et précautionneusement dosée.
Banderilles réduites à deux paires. ....... Dès
l'entame de la faena le novillo, noblissime, mou et faible, se couche.
Il faudra le relever plusieurs fois. " Chechu " s'efforcera de le toréer avec
douceur, sans soulever l'enthousiasme populaire. Une entière desprendida,
quatre descabellos. .......
Le cinquième pour Adame est
noir, cornicorto. Il s'endort sur une pique et en sort seul. Changement.
Trois paires de banderilles, bien ! ....... D'assez
bons enchaînements à la muleta. La deuxième partie de la faena,
après un désarmé, baisse de ton. Elle se terminera dans la querencia près
de la barrière. Un premier avis au bout de huit minutes ! Une estocade en bonne
place en entrant droit ? Un nouvel avis deux minutes après le premier ! Descabello
concluant, vuelta au torero. .......
Le denier, cornigordo, cornicorto, est bien reçu à la cape par Romain.
Il supporte deux piques dont une, longue et " carioquée ". Il est bien banderillé.
....... Roman Pérez "brinde" à Joselito
Adame. Entame facile, musica ! Mais le novillo se montre mou et lent, sans
alegria, et le novillero à l'unisson. Avis à huit minutes et vingt
secondes ! Comment expliquer ces accélérations du chronomètre présidentiel si
ce n'est que la main qui l'étreint lui communique une particulière
sensibilité le conduisant à battre plus vite afin d'écourter des
faenas ennuyeuses ! Trois pinchazos, une demie épée tendue. .......
Même si cette novillada se distingua par le nombre des trophées accordés,
elle fut, pour l'aficionado, la moins intéressante des trois de " Carcassonne
Toros 2007 ". |