Panorama de la " Feria du riz 2007 "

....... De cette décevante Feria, d'ailleurs boudée par le public, émergent trois noms : Joselito ADAME, César JIMÉNEZ et Denis LORÉ.

....... Outre le vent, à la limite du supportable le vendredi, les toros sont la principale cause de la déception.

....... Les Bañuelos étaient disparates de corpulence (égalisée à l'affichage....), de morphologie et de tête ; de peu de forces et de peu de caste, ils n'ont dû leur intérêt qu'à la difficulté de certains exemplaires pour le torero, particulièrement le 2e du Juli.
....... Emergent 2 toros : le rat-cerf sorti en 5e, auquel Juan Bautista a donné une bien belle faena classique, malheureusement gâchée à l'épée ; et l'excellent 6e, aussi bon que... laid ! auquel Joselito Adame nous a régalés de temple, surtout à gauche, et de joie de toréer (2 oreilles méritées).

....... Le lot de Los Bayones était à peine moins disparate d'aussi peu de qualité.
....... Curro Díaz
a pu quand même montrer quelque beaux gestes épars.
....... Mehdi Savalli s'est discipliné à son 1er, toréant avec une certaine qualité, mais a été fort vulgaire à son second.
....... César Jiménez a réussi à être moins raide et compassé, surtout à son second ; on sent la patte Joselito (présent au callejon, avec discrétion) à tout moment... le jour où César arrivera au relâché de son maître, il sera éblouissant ; il nous a déjà régalés (par contre il n'a aucun respect du toro à la pique, ce qui serait à sanctionner sévèrement...).

....... La corrida concours a relevé de l'escroquerie, aggravée par la malchance (2 toros accidentés en début de lidia) : au programme, pas d'Atanasio (mais un El Sierro : acceptable), ni de Fraile (mais un Santafé Martón : ???), ni de Coquilla (mais un Gallon...)!
....... On s'en tiendra aux seules choses intéressantes. En gros, les toreros ont fait jouer le jeu aux piqueros, chose rarissime ! Sánchez Vara a fort bien tiré parti d'un Valverde bizarre et dangereux à sa sortie en le prenant avec beaucoup de douceur et en s'imposant peu à peu (1 oreille).
....... Comme d'habitude, Denis Loré a tiré, avec le saltillo de Zaballos, l'os du jour. Haut, léger, armé veleto et astifino, c'était un manso de gala monté sur des pattes de fer, avec un moteur inépuisable et des intentions homicides prononcées. Fritero a fait honneur à sa corporation en allant essayer de le piquer dans tous les terrains, jusqu'aux medios ; un nombre incalculable de rencontres brutales suivies de fuite, dans tous les terrains... jusqu'à une vraie pique poussée avec rage dans les tercios. [en l'absence de prix possible, la somme pour le meilleur piquero aurait pu être attribuée à Fritero pour la qualité de sa lidia à cheval !]
....... Qu'allait pouvoir faire Loré avec ce redoutable adversaire, certes noble mais qui fonçait pour tuer, long à droite mais très court à gauche et se retournant avec méchanceté comme un chat ? Déterminé comme un jeune en quête de gloire, posé comme le vieux briscard qu'il est, il l'a pris à droite avec fermeté et douceur ; puis il a osé prendre la gauche, aidée d'abord puis naturelle. Le miracle s'est produit : il a laissé ce toro dominé des 2 côtés et réduit. Seul le vent avait fait quelque poussière... Merci, maestro ! Ca, c'est de la tauromachie, de la vraie, de la grande. Les arènes subjuguées faisaient silence et aucun braillard n'avait lancé son "música !" Pour une fois, le ciel est revenu avec le grand estoqueador qu'est Loré. En volapié, le toro l'aurait certainement cueilli à la sortie ; alors il a provoqué la charge comme pour un recibir, et quand le toro a eu fait un pas en se découvrant, il s'est élancé à sa rencontre tout droit, comme un lion : entière contraire dans tout le haut. Arènes en ébullition. Malheureusement, l'épée était légèrement fuyante et elle n'a pas tué tout de suite (2 descabellos) : la récompense est passée de 2 à 1 oreille. Mais la vuelta al ruedo a été triomphale, arènes debout et frappant des mains en cadence. Denis légitimement heureux. Quel moment !

....... Il y avait 2 novilladas sans picador. Les François André ont été intéressants ; mais seul Tomasito a montré de la qualité et de la personnalité : en voilà un qui promet... et qui n'est pas du tout sur le registre de Mehdi ! Preuve que les écoles ne formatent pas leurs élèves autant qu'on se plait à le dire...

....... Les Christophe Yonnet étaient trop gros et trop durs pour des apprentis, gênés par le vent et dépassés ; chacun a fait de son mieux, mais Palencia a montré de bonnes dispositions.