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De cette décevante Feria, d'ailleurs boudée par le public, émergent
trois noms : Joselito ADAME, César JIMÉNEZ et
Denis LORÉ.
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Outre le vent, à la limite du supportable le vendredi, les toros
sont la principale cause de la déception.
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Les Bañuelos étaient disparates de corpulence (égalisée
à l'affichage....), de morphologie et de tête ; de peu de forces
et de peu de caste, ils n'ont dû leur intérêt qu'à la difficulté
de certains exemplaires pour le torero, particulièrement le
2e du Juli.
....... Emergent 2 toros : le rat-cerf
sorti en 5e, auquel Juan Bautista a donné une bien belle
faena classique, malheureusement gâchée à l'épée ; et l'excellent
6e, aussi bon que... laid ! auquel Joselito Adame nous
a régalés de temple, surtout à gauche, et de joie de toréer
(2 oreilles méritées).
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Le lot de Los Bayones était à peine moins disparate d'aussi
peu de qualité.
....... Curro Díaz a pu quand
même montrer quelque beaux gestes épars.
....... Mehdi Savalli s'est
discipliné à son 1er, toréant avec une certaine qualité, mais
a été fort vulgaire à son second.
....... César Jiménez a
réussi à être moins raide et compassé, surtout à son second
; on sent la patte Joselito (présent au callejon, avec discrétion)
à tout moment... le jour où César arrivera au relâché de son
maître, il sera éblouissant ; il nous a déjà régalés (par contre
il n'a aucun respect du toro à la pique, ce qui serait à sanctionner
sévèrement...).
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La corrida concours a relevé de l'escroquerie, aggravée par
la malchance (2 toros accidentés en début de lidia) : au programme,
pas d'Atanasio (mais un El Sierro : acceptable), ni de
Fraile (mais un Santafé Martón : ???), ni de Coquilla
(mais un Gallon...)!
....... On s'en tiendra aux seules
choses intéressantes. En gros, les toreros ont fait jouer le
jeu aux piqueros, chose rarissime ! Sánchez Vara a fort
bien tiré parti d'un Valverde bizarre et dangereux à sa sortie
en le prenant avec beaucoup de douceur et en s'imposant peu
à peu (1 oreille).
....... Comme d'habitude, Denis
Loré a tiré, avec le saltillo de Zaballos, l'os du
jour. Haut, léger, armé veleto et astifino, c'était un manso
de gala monté sur des pattes de fer, avec un moteur inépuisable
et des intentions homicides prononcées. Fritero a fait
honneur à sa corporation en allant essayer de le piquer dans
tous les terrains, jusqu'aux medios ; un nombre incalculable
de rencontres brutales suivies de fuite, dans tous les terrains...
jusqu'à une vraie pique poussée avec rage dans les tercios.
[en l'absence de prix possible, la somme pour le meilleur piquero
aurait pu être attribuée à Fritero pour la qualité de sa lidia
à cheval !]
....... Qu'allait pouvoir faire
Loré avec ce redoutable adversaire, certes noble mais
qui fonçait pour tuer, long à droite mais très court à gauche
et se retournant avec méchanceté comme un chat ? Déterminé comme
un jeune en quête de gloire, posé comme le vieux briscard qu'il
est, il l'a pris à droite avec fermeté et douceur ; puis il
a osé prendre la gauche, aidée d'abord puis naturelle. Le miracle
s'est produit : il a laissé ce toro dominé des 2 côtés et réduit.
Seul le vent avait fait quelque poussière... Merci, maestro
! Ca, c'est de la tauromachie, de la vraie, de la grande. Les
arènes subjuguées faisaient silence et aucun braillard n'avait
lancé son "música !" Pour une fois, le ciel est revenu avec
le grand estoqueador qu'est Loré. En volapié, le toro l'aurait
certainement cueilli à la sortie ; alors il a provoqué la charge
comme pour un recibir, et quand le toro a eu fait un pas en
se découvrant, il s'est élancé à sa rencontre tout droit, comme
un lion : entière contraire dans tout le haut. Arènes en ébullition.
Malheureusement, l'épée était légèrement fuyante et elle n'a
pas tué tout de suite (2 descabellos) : la récompense est passée
de 2 à 1 oreille. Mais la vuelta al ruedo a été triomphale,
arènes debout et frappant des mains en cadence. Denis légitimement
heureux. Quel moment !
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Il y avait 2 novilladas sans picador. Les François André
ont été intéressants ; mais seul Tomasito a montré de
la qualité et de la personnalité : en voilà un qui promet...
et qui n'est pas du tout sur le registre de Mehdi ! Preuve que
les écoles ne formatent pas leurs élèves autant qu'on se plait
à le dire...
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Les Christophe
Yonnet étaient trop gros et trop durs pour des apprentis, gênés
par le vent et dépassés ; chacun a fait de son mieux, mais Palencia
a montré de bonnes dispositions.
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