Feria de Béziers 2007 : Quand des présidents dérapent !

....... Deux décisions prises par les présidents de la novillada non piquée du 12 août et de la corrida du 14 août n'ont pas manqué d'interpeller de nombreux aficionados.

....... Revenons sur les faits ; le 12 août avait lieu, à 11 h, l'une des désormais traditionnelles et appréciées novilladas non piquées avec des erales de MARGE. Les quatre représentants de cet élevage sont bien sortis et ont eu un comportement honorable. Le troisième, supérieur aux autres, s'est avéré d'une noblesse exceptionnelle ne voyant que la muleta, s'y engouffrant avec plaisir et sans fin, le jeune apprenti n'a même pas eu besoin de le solliciter. L'éleveur aura retenu avec plaisir le nom de sa mère !
....... Mais voilà que des gradins et du callejon, monte crescendo une pétition d'indulto jusqu'à ce que le jeune président lui accorde cette grâce, sans, bien sûr que le novillero, tout surpris, n'ait eu à participer à cette revendication.

....... Le 14 août, sort un toro de Puerto de San Lorenzo, le cinquième de l'après-midi. Il est manso, refuse le capote, se réfugie aux planches, recherche le toril, et se défend. Il confirme sa mansedubre à la pique refusant tout contact. Comme tout manso, c'est son auto défense qui domine alors et il utilise toutes ses forces et sa détermination à détruire tout ce qui s'approche de lui. Il met la cavalerie à terre, s'attaque aux planches et provoque la déroute du maestro et de sa cuadrilla. Le public hurle et demande son remplacement obtenu sans résistance de la présidence, alors qu'aucun aficionado n'ait décelé auprès du manso, le moindre signe d'atteinte physique à sa capacité de combattre.

....... Voici donc deux décisions qui sont totalement contraires au canon régissant le déroulement de la lidia. Elles ont été prises pour satisfaire la revendication du public dans un domaine où seul le président a le pouvoir de statuer. Chacun sait qu'à Béziers particulièrement, le public réagit majoritairement en fonction de ses impulsions émotionnelles, et non par une connaissance approfondie et raisonnée des situations qui, soit l'enchantent, soit le révulsent. Ce n'est pas le cas du président de la course qui est en principe choisi pour sa connaissance de la lidia et du toro, mais aussi pour sa personnalité, sa clairvoyance et sa capacité morale à arbitrer des situations difficiles. Or, ces deux présidents se sont laissés aller à la facilité, quelque en soient les raisons. Il y a là une forme de tricherie officielle qui sert désormais de justificatif naturel au désir de plaire, de vendre ou de faire semblant d'être ce que l'on n'est pas. Quand une telle supercherie concerne le sort des jeunes novilleros en devenir, imprégner à leur âge dans leur logiciel, l'idée que des adultes retors admettent sans remord de tricher, c'est leur permettre et les conduire à utiliser les mêmes méthodes.
....... Nous n'avons pas à être fiers de la banalisation de ces comportements et ne soyons pas étonnés qu'ailleurs, hors du ruedo, on nous habitue aussi de plus en plus souvent aux mêmes faux semblants.