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Carcassonne s'est taillée une
réputation de placita sérieuse avec des lots de novillos très bien présentés :
2007 est resté fidèle à la tradition avec 3 lots magnifiques, de 3 encastes différents
: murube, juanpedro et atanasio.
....... * Ce diable de Capea est en train
de parvenir à ses fins : remonter les murube qu'Antonio Ordóñez avait tant aimés
mais qu'il avait désespéré de récupérer. Manifestement, ses toros sont mieux nourris
que voici quelques années où ils sortaient obèses ; ils y ont beaucoup gagné en
mobilité, et un peu en solidité. Avec de grandes carcasses et peu de cou, ils
semblent se prêter assez mal à la tauromachie moderne... pourtant, ils ont une
charge de grande classe, régulière, douce qui permet au torero de s'exprimer.
Mais que l'on ne s'y trompe pas : ces toros ne sont pas aussi faciles à toréer
qu'on pourrait le croire quand le torero connaît bien son métier ! Avec leur tendance
à se pencher vers le torero et à se raccourcir quand l'homme ne domine pas parfaitement
son sujet, ils ne pardonnent pas l'approximation : Le Santo l'a appris
à ses dépens, qui n'a réussi à trouver le sitio parfait que pour une série de
3 derechazos, et l'a perdu aussitôt ! On signalera particulièrement les novillos
sortis en 1, 2 et 4, qui présentaient les oreilles sur un plateau... à qui pouvait.
Ces toros ne manquent plus guère que d'un peu plus de solidité, et de régularité
dans la bravoure. .......
* Carcassonne a tenté le juan pedro : à boire et à manger. Oh ! tel ou
tel aurait eu de quoi effrayer un Ponce, le dimanche matin de Pentecôte à Nimes
: l'encierro de la Campana était costaud ; ou même trop gras (cf. le 1er). Mais
les forces étaient bien limitées et les cornes raccourcies : n'a-t-on pas vu 2
exemplaires saigner d'une corne après remate au burladero ou/et dans le picador
?... Muy malo ! Par contre, on a retrouvé la charge du juan pedro : "pour se régaler".
Joselito Adame s'est régalé avec maturité, Román Pérez aussi avec
aisance technique et joie de toréer, tandis que le Chechu toréait sans
âme. .......
* Les atanasio de Vicente Muñoz, charpentés, armés et, semble-t-il,
intacts auront été la grande déception de la feria en raison d'une lamentable
faiblesse, qui a rendu 3 exemplaires sur 5 impossibles. Le 1er, noble et mobile,
a donné à Camille Juan l'occasion de réaliser une bonne faena. .......
Le sobrero santacolomeño de Granier,
lui, avait de la solidité ! Mais il manquait de fond, et le 1er de l'escalafón
(Pepe Moral) n'a pas voulu le voir une seule seconde, récoltant la seule bronca
de la feria. .......
* A signaler la grande qualité
des novillotes de Granier lors de la finale du bolsín : mobiles, nobles mais jamais
naïfs, ils ont été passionnants, et ont permis à Cayetano Ortiz, de Béziers,
de montrer un toreo efficace, élégant, et avec de l'inspiration. Sans que Thomas
Dufau, de Nimes, nettement surclassé, ne démérite ! |