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Depuis combien d'années n'avait-on pas vu
Feria aussi complète, aussi diverse, aussi triomphale.
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Ce n'est pas que les scories aient manqué :
....... Pourquoi tant de toros
au-dessous du poids plancher de 460 kg. auquel on les a affichés
(cf. José Tomás coupe 2 oreilles à gros "novillo"...) ?
....... Pourquoi tant de cornes
suspectes (cf. le toro qui saigne de la corne, le dimanche après-midi
après rupture de la pointe contre l'étrier du picador : il ne
saigne pas seulement au bout, mais sur toute la longueur - dans
les 15 cm - de l'étui corné tombé au sol) et tant de "pointes"
applaties au premier contact avec le burladero, le sol ou le
piquero ?
....... Pourquoi tant de ''toros''
déclarés nés en août et septembre 2003 ?...
...... Juré, craché, devant témoins
: la novillada inaugurale, haute, longue, maigre était affichée
à son poids réel au débarquement... mais pourquoi le miura de
540 kg. semblait-il tellement plus corpulent que le plus gros
des novillos affiché 538 kg ???
....... Pourquoi ces vueltas al
ruedo à répétition et sans autre justification qu'une grande
noblesse du toro alliée avec une belle charge : de la rigolade
! Bref, il y a encore matière à faire mieux.
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Cela étant dit, quel bonheur !
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Un grand lot de novillos (Tabernero Orive et Tabernero
de Vilvis) le jeudi, solide encasté vif. La vuelta à celui
de Camille Juan avait une justification. Il faut dire que les
novillos ont dépassé leurs opposants.
....... Chechu, banal, avec
deci delà un beau geste isolé.
....... Oliva Soto avec du
métier mais bien peu d'âme.
....... Camille Juan avec beaucoup
de volonté et d'aficion (ce n'est pas une nouveauté !) mais
peu de personnalité ; il a quand même su affronter son dangereux
premier et l'améliorer, ce qui n'est pas rien, et il coupé une
oreille avec une estocade de gala ; il a su mettre en valeur
son formidable second en le faisant venir de loin, "à la Rincón",
et il avait 2 oreilles au bout de son épée, hélas...
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Le vendredi, la miurada a atteint des sommets. Les toros,
très lourds et de cornes moyennes quoique sérieuses, ont eu
quand même le défaut de manquer un peu de force : les toritos
de Garcigrande et Domingo Hernandez, qui leur rendaient 100
kg, le dernier jour, ont secoué la cavalerie bien plus qu'eux
! Cela étant, à part le sobrero sorti en second, noble et faiblissime,
ils ont tous été "miuresques", tout en n'étant pas intoréables
: les toreros en ont donné la preuve, à l'honneur de leur personne
et de leur profession.
....... On signalera un Fundi
vraiment majuscule avec ses deux toros, tant par sa qualité
technique que par son engagement total, comme à vongt ans :
merci, Maestro !
....... Padilla a assis
le "padillisme" sur un travail de grande technique, et moins
d'engagement.
....... Rafaelillo est en
train de devenir... pour son malheur et son bonheur ! un grand
spécialiste des toros durs : une volonté sans faille, un don
de soi complet, une technique déjà de haute tenue ; le successeur
du Fundi ?...
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Deuxième course intense sans un moment d'ennui le samedi
matin.
....... Que dire de Mendoza
? Un extraterrestre ! Il nous a saoulés de prouesses inattendues,
mais sans oublier de toréer. Magique...
....... Et quel régal, la manière
dont Juli a résolu les problèmes de ses toros ! Le voir
toréer est un bonheur.
....... Quant à Juan Bautista,
son classicisme a été de haut niveau, et ses deux estocades
a recibir des modèles à montrer dans toutes les écoles. Nous
planons ! Le charme va-t-il durer ?...
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Le samedi après-midi avait perdu ses Fuente Ymbro au
profit des Vázquez... hélas !
....... César Jiménez n'a
pas eu son rayonnement arlésien, mais il a été bien.
....... Daniel Luque a manifestement
besoin de "se faire", ce qui normal à son stade. Mais il a montré
de bien belles promesses.
....... Il faut dire que Perera
a écrasé la course. On dissertera pendant l'hiver pour savoir
si le rabo était justifié, et l'on dira oui ou non selon qu'on
apprécie ou non l'encimisme avec lequel il a fait monter la
pression à la fin. N'empêche que son toreo classique a atteint
une plénitude, une domination et une sûreté rares ; et que son
incimisme a manifesté son absolue domination d'un toro qui avait
beaucoup de caractère et des aigus notables (quand bien même
auraient-ils été raccourcis !). Va pour le rabo !
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Le dimanche matin :
....... Palomo Linares a
été la déception du jour, gâchant son formidable "toro-artiste"
sorti en premier par manque de technique ; et comme son toreo
ne dit pas grand-chose...
....... Par contre, Javier Conde
a fait deux très bonnes faenas dans son style baroque et inimitable
; il les a gâchées à l'épée.
....... César
Rincón a fait l'effort de donner une belle faena dans son
style à lui, donnant beaucoup d'espace au toro et ravivant bien
des souvenirs d'anthologie ; le public lui a fait savoir de
façon très chaleureuse toute sa gratitude.
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La corrida ''de expectación'' n'a pas été ''de deceptión''.
....... Pour être fidèle à sa poisse
légendaire, Denis Loré, sous le coup du décès de son
père survenu pendant la Feria, a tiré les deux haricots noirs
du jour ; il s'en est sorti avec sa torería habituelle, et ses
deux estocades entières en s'élançant tout droit ont permis
de faire tomber deux fois une oreille.
....... La divine surprise est
venue de Josemito Adame, encore supérieur à ce qu'il
avait réalisé à Arles la semaine d'avant ; joie de toréer, fin
et efficace capeador, banderillero sûr et très sincère, muletero
impeccable de sitio et de temple, estoqueador parfait : 2 et
2 oreilles exigées par le public.
....... Quant à l'enchantement
majeur, il a été donné, comme espéré, par José Tomás.
Que dire qui n'ait été dit ? Détente et quiétude absolues, temple
et lenteurs stupéfiants, économie de moyens, don de soi... avec
gros impact, justifié ! sur le public (2 oreilles). Une pure
merveille. Son second était bien plus rugueux ; l'abordant avec
le même calme, il a fini par le conquérir et le soumettre (1oreille).
....... A la fin, dans des arènes
sous le charme, la cuadrilla a tenu à porter elle-même Denis
Loré dans un tour de pistes a hombros, pour manifetser sa grande
estime pour le torero et l'homme. Puis Denis a invité ses deux
compañeros à le rejoindre pour une seconde vuelta triomphale
à tous les trois. Bien que Denis n'ai coupé "que" 2 oreilles,
ses compañeros l'ont invité à sortir avec eux, et même en premier,
par la porte des consuls, avec l'approbation unanime d'un public
complice de l'hommage.
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Nimes a fait le plein d'émotion pour passer l'hiver...
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Voir
ici les photos de cette feria par Burladeros
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Voir
article de Jacques Durand dans Libérarion
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