Le « sorcier de Galapagar » a encore du pain sur la planche ! Ses Urcola issus de « Galache de Hernandinos » étaient les petits pains au lait des vedettes des années 50, et ils avaient fini dans l’insignifiance, comme « guirlaches » (sorte de nougat).
En 2008, ceux de Rieumes, pas très corpulents mais bien suffisants pour une placita, avaient peu de force et peu de caste, tout en montrant un reste de qualités défiant ledit sorcier. On reconnaîtra aux 3 novilleros d’avoir donné le meilleur d’eux-mêmes et de s’être montrés dans l’ensemble au-dessus des toros : c’est grâce à eux que la novillada a été « entretenue ».
Daniel Martín connaît le travail et le fait fort bien ; mais il n’a guère montré de personnalité ni d’art. Ruben Pinar, lui, regorge de l’une et de l’autre, sans se commettre dans le moindre étalage : il est manifestement prêt pour son alternative.
Javier Cortés , moins expérimenté mais tout auréolé de son triomphe aux novilladas de promotion de Madrid, a montré à son 1er des gestes empreints de classe.
Son second lui a appris l’humilité, a tel point qu’il en pleurait encore une heure après la course. Ce gaillard (le novillo !) n’a pas mis la tête une seule fois dans les leurres et a mis la cuadrilla comme le maestro en déroute dès le 1er tercio : réservé puis fusant avec vitesse et violence, avec des trajectoires imprécises. Il aurait fallu un autre métier pour le liquider proprement, à défaut d’autre chose. Dans un nombre d’entrées a matar impossible à dénombrer, le pauvre novillero s’est acharné à mettre une épée en haut… en fuyant : il ne sait sans doute pas faire le bajonazo qui, en la circonstance, aurait été pardonnable. Après que le novillo ait encaissé 2 ou 3 demi-épées en travers, et alors qu’il semblait « descabellable », il a coursé au grand galop un banderillero qui voulait lui faire faire une vuelta aux planches ; tragédie évitée de justesse. Quelques instants après, c’est le novillero qui traversait les ¾ de la piste recroquevillé sur la tête du novillo qu’il s’apprêtait à descabeller ! Ne voulant sans doute pas risquer la tragédie, le président a un peu accéléré la montre et sonné le 3e avis… comment le lui reprocher ?
Sans doute dépassé, lui aussi, par la situation, Daniel Martín ne s’est guère montré pour aider son compañero en difficulté. Ruben Pinar, lui, a été là tout le temps : enhorabuena !
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