Samedi 6 septembre, autre regard sur la novillada de Urcola de Victorino Martín

Regard d'un très jeunne fille mais déjà vieille habituée de Rieumes
où elle débuta comme arenera :

Six Urcola de Victorino Martín pour Daniel Martín, Ruben Pinar et Javier Cortes

17 h, une petite bruine ne cesse de tomber. Elle se transformera en véritable averse aux quatrième et cinquième novillos. Les arènes sont loin d'être pleines.

Nous avons eu cinq novillos bien présentés la plupart faibles, eteints après les piques, quelquefois nobles mais fades du fait de leur faiblesse, et un sixième qui était un dangereux terroriste.

Le premier abîme sa corne droite en tapant dans la barrière. Daniel Martín donne de la cape et l’amène au milieu de la piste.
Il va sur le cheval tête haute pour une première pique dans l’épaule avec six coups de pompe. maintenant je les compte ! La deuxième pique est dans le même genre mais plus brève.
Il n’est placé que deux paires de banderilles.
Le novillo a une bonne charge, est noble mais un peu fade. Daniel Martín, très calme, donne de bonnes séries à droite et à gauche. Ça ne porte pas sur le public.
L’excellente estocade, la meilleure du jour, est contraire. Elle n’est pas tout de suite efficace et donc sifflée. Deux essai de descabellos, un avis, bon descabello.
Quelques spectateurs applaudissent le novillo.
Silence pour le novillero qui, selon moi, aurait mérité des applaudissements et une vuelta.

Le deuxième novillo, noir, commence par éviter les capes et chercher le toril.
Il prend une petite pique mal placée et une deuxième pique symbolique. Il s’effondre.
Deux paires de banderilles seulement.
Les jolis derechazos de Ruben Pinar entraînent la musique. Il torée bien mais se place quelquefois trop de profil. C'est un peu superficiel à mon goût.
Un pinchazo est suivi d’une estocade entière, basse mais efficace.
Ruben sera suffisamment applaudi pour saluer du tiers de la piste

Le troisième novillo, noir, paraît très vif et est très applaudi pendant son tour de piste. Javier Cortes est bon à la cape.
La pique est sur le côté, en arrière de l’épaule.  Le picador essaye de la replacer mais la met au même endroit. Le novillo s’endort dans le caparaçon. Ensuite, il s’effondre dans la cape de Cortes qui demande et obtient le changement de tercio.
Une nouvelle fois, nous n’avons droit qu’à deux paires de banderilles.
L’animal meugle, donne des coups de corne à droite et à gauche. Il est très difficile à gauche mais Javier Cortes se croise très courageusement, s’applique et tire deux excellentes série de derechazos. Ensuite le novillo n’a plus de charge.
Javier cortes montre qu’il ne maîtrise pas l’épée. Le compte est le suivant : trois pinchazos, un avis, deux pinchazos, un tiers d’épée mal placé, deux pinchazos, une demie épée, deux descabellos. Ouf !

Le quatrième novillo noir, plus gros que les précédents a de vilaines cornes.
A la cape, Daniel Martín trébuche et se fait piétiner heureusement sans mal.
Le picador profite de l’affairement de la cuadrilla pour aller chercher le taureau vers le centre de la piste sans qu’il ait été mis en suerte. «  Pique à la mode du XVIIIème siècle » murmure mon voisin, un brillant aficionado de Saint-Amans-Soult.
Cette première pique est sévère, trop en arrière et je compte sept coups de pompe. La deuxième donnée dans les mêmes conditions est également très sévère. Le public hurle son mécontentement et commence à s’en prendre à la présidence.
La pluie qui se met à tomber plus sérieusement ne calme pas les esprits.
Voici un novillo qui a pris deux piques et qui aurait pu en prendre trois si elles avaient été mieux données.
Cette fois-ci, nous aurons trois paires de banderilles ou plutôt deux et demie.
Le novillo bouscule le novillero. Réfugié près de la barrière, il le cherche derrière sa muleta. Courageusement Martín essaye de le tirer vers le centre mais n’y parvient pas et se fait désarmer. Combat confus dans le terrain du novillo, puis Daniel s’en tire par une série de molinetes qui provoquent les applaudissements du public. Un pinchazo, une demie épée, une oreille !

L'averse redouble d’intensité quand apparaît en piste, le cinquième animal, un joli negro listón aux belles cornes. Ruben Pinar donne des véroniques en tablier dont le novillo sort par une splendide vuelta de campana qui va le laisser abasourdi et dont il ne se remettra pas. Cela ne l’empêche pas de prendre une unique forte pique.
Il tombe sous la première paire de banderilles. Le président arrête le tercio après la deuxième.
Ruben Pinar montre qu’il a du métier. Il s’applique à toréer, en le maintenant debout, un novillo qui chancelle et raccoucit sa charge. Très bon numéro qui, après une estocade basse, et donc d’effet rapide, lui vaut une oreille.

Il ne pleut pratiquement plus quand se présente en piste le dernier novillo, dénommé Primaverito, noir, né le 22 février 2005. Il n’a l’air de rien mais pourtant il va mettre le feu en piste et sur les gradins  !
Première pique en arrière et le taureau semble s’endormir. Le public s’agite quand, ni Javier Cortes, ni le président, ne demandent le changement de tiers. La deuxième pique, encore très en arrière, n’est pas pour rire, onze coups de pompes ! La bronca enfle parce que le président ne sort pas son mouchoir blanc. J'étais assise à côté de la présidence et j'ai profité de tout. Une furieuse spectatrice blonde se rue devant la tribune et hurle : « Alors président vous ne voyez pas que vous le tuez ce taureau ! ». « La suite lui prouva que non ! » comme chantait Georges Brassens. Troisième pique encore en arrière avec neuf nouveaux coups de pompe. Le novillo sort de là, frais et dispos, comme narquois, la tête plus haute que jamais. Malgré mon jeune âge, j’ai entendu plusieurs fois le professeur Roumengou expliquer que pour faire baisser la tête à un taureau, il fallait le piquer dans le morrillo.
C’est la panique dans la cuadrilla ! Ce novillo reste impassible toujours tête haute. Quand personne ne l’attend, sans prévenir, il démarre comme une fusée en poursuivant violemment ses cibles jusqu’au bout. Le tercio de banderilles est terrible ! Il n’en prendra que deux paires selon un technique que je ne connaissais pas. Le banderillero se place derrière le novillo et l’appelle de la voix, puis, dès que l’animal se retourne, il plante comme il peut. « A la media vuelta » précise mon savant voisin tout excité d’assister à la renaissance de suertes oubliées.
Avec la muleta Javier Cortes fait front courageusement et personne ne lui reproche d’aller chercher l’épée d’acier au bout de deux petites minutes, j’ai chronométré.
Mais à partir de là que tout a chaviré, le calvaire allait durer, épée d'acier en main, 13 minutes (2+13=15) ! Javier qui me reste très sympathique et qui torée bien, ne parviendra pas à tuer. Il serait trop cruel de détailler, les pinchazos, les épées de travers portées au quart de cercle et à bout de bras que son gentil compagnon, Ruben Pinar, de l’abri du callejón, par dessus la barrière, retirait au fur et à mesure. Mais il ne put suivre la cadence et, à un moment donné, nous avons vu une tentative de nouvelle estocade alors qu’une précédente épée restait plantée dans le flanc de l’animal. C'est très vilain ! Et le président qui n'y est pas pour grand chose se fait copieusement enguirlander ! Il faut constater en passant que le gentil Javier ne sait pas porter un bajonazo. Lors de l'une de ses multiples tentatives d'estocades par les grands boulevards, il se fait poursuivre, rattraper, soulever et porter quelques instants sur la corne. Il s'en tire sans trop de mal physique mais moralement très affecté, il finira en pleurs.
Dans les gradins c’était la furie ! Nous avons entendu : «  Et alors Président qu’est-ce que tu fais, là-haut  ? » Le Président était-il invité à descendre en piste ?
Et puis, d’un autre spectateur à la voix puissante : « Tu le vois bien Président que ce petit est incapable de tuer, remplace-le par un autre matador ! »
Heureusement des minutes qui paraissent longues finissent par passer et le troisième avis est sonné ! Avec l'autorisation du président, le novillo est "puntillé" de derrière la barrière. Une libération pour tout le monde !

Bravo aux trois novilleros qui furent vaillants dans des conditions difficiles !
Bravo au président inflexible dans la tempête !
Je n’ai pas beaucoup d’expérience et de recul mais je crois qu’une course comme ça, je ne l’oublierai pas de si tôt.
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Note de l'auteur (autrice ?) :

Merci à mon Grand père d'avoir tapé ce texte que je lui ai dicté. Il ya apporté quelques corrections, y a remplacé quelques périphrases par un peu de vocabualire spécialisé, mais il n'en a pas modifié le sens et il a toujours respecté mon opinion même quand il ne la partageais pas tout à fait. De ça aussi, je le remercie.
Je tiens à préciser que cette reseña m'a donné beaucoup plus de mal que mon premier devoir de philo que j'ai rédigé presque en même temps.

Dodo ....................................................................