Autre regard sur la novillada de Adelaida Rodríguez du dimanche 7 septembre


Rieumes : 2600 habitants ; charmante bourgade de la Haute-Garonne proche du Gers. Les arènes démontables comptent 2400 places ; le club taurin (160 bénévoles) fête ses dix ans, jalonnés de procès et de courage.
Grâce leur soit rendue de perpétuer, entre Arles et Bayonne, une tradition (naguère) mise en sommeil dans les  années  soixante-dix à Toulouse.

Cette course d’Adelaida Rodriguez (encaste Atanasio Fernandez, Lisardo Sanchez) fut très bien présentée ; la plupart des novillos avaient plus de trois ans et demi, parfois quasiment quatre. Hélas ils furent relativement faibles et ne purent supporter qu’une seule pique ; ils firent néanmoins preuve d’une certaine bravoure au 3ème tiers.

Les novilleros au cartel : Alberto Lamelas, Marco Leal et Mario Aguilar, montrèrent chacun leurs qualités et leur courage.

Alberto est toujours aussi « tremendiste », mais il manque de profondeur et de temple (le public l’a applaudi, il a de plus effectué une vuelta).

Marco a bien progressé ; il pose toujours aussi  bien les banderilles et a obtenu une oreille à chacun de ses adversaires.

Mario nous a beaucoup plu : il a obtenu un trophée au premier et fut très applaudi au deuxième. Le public est sorti satisfait (il remplissait presque entièrement les arènes).

Le club taurin rieumois (C.T.R.) peut être fier de son travail et de l’aspect didactique de son programme (prácticos, becerrada, novillada non piquée). Peut-être songe-t-on à une arène stable (en dur) sur ce terrain tout à fait propice ? La course de toros ne subsistera que si on l’explique aux jeunes ; c’est ce que s’efforce de faire le C.T.R. avec le soutien professionnel de Stéphane Fernandez Meca.

Sur le chemin du retour, les anti-corridas nous ont traités d’assassins. Dans les champs, les tournesols ont perdu de leur éclat ; au loin nous apercevons  le magnifique clocher de l’église de Poucharramet, il nous rassure et nous incite à relativiser les outrances humaines