Six novillos de Adelaida Rodríguez pour Alberto Lamelas, Marco Leal, Mario Aguilar
Beau temps, tendidos convenablement remplis.
Ce lot de novillos s’avéra bien décevant. A l’exception du petit premier, ils présentaient un beau trapío et faisaient illusion à leur apparition en piste.
Ensuite plus rien ! Trop gras, faiblissimes, (six piques en tout, une pour chacun, la plupart infimes), trop mous, trop fades…
Alberto Lamelas, violet et or, commence avec un petit gras, noir, corne droite éclatée, par des afaroladas de rodillas suivies de véroniques plus volontaires que posées.
Banderilles avec Marco Léal, rien de remarquable.
Une petite pique unique et Léal intervient par gaoneras.
L’animal est noble. A la sortie d’une naturelle, il manque d’enfouir la tête dans le sable. Faena proprette, longuette, bien terne !
Une estocade caída et atravesada. Un avis, descabello au cinquième essai. Salut au tiers.
Le cinquième becerro est encore accueilli par des passes de rodillas. Cet animal sera le seul à prendre une véritable pique, "carioquée" et "pompée" bien entendu ! Quite par tafalleras puis changement de tercio.
Lamelas cloue une demie paire à corne passées, poursuit par un quiebro médiocre, suivi par un autre quiebro aux banderilles courtes, cette fois-ci dans le flanc.
Le novillo ouvre la bouche mais tient debout. Faena volontaire, mais rustre et désordonnée. Une demie lame en avant. Un descabello.
Marco Leal, marine et or, a du mal à fixer un noir, bragado, meano, aux jolies cornes. Selon le barème du jour, il ne prend qu’une petite pique.
Banderilles partagées.
Brindis au public.
La faena commence bien par de bons derechazos bien allongés. Puis le faible animal commet un extraño et, à partir de là, présente des cornes plus aventureuses, ça va moins bien. Toujours volontaire, Marco poursuit de manière heurtée et torée aussi bien le public que le novillo. Doblones pour cadrer. Vilain bajonazo, une oreille.
Le cinquième, negro meano, brocho, un peu plus haut et un peu moins gras, prend sans gloire sa toute petite ration de fer et tombe à la sortie.
Marco pose d’excellentes banderilles.
Brindis à Paul Bonnet.
Début de la faena à genoux, continuation par circulaires et poursuite dans les cornes pour épuiser les charges de l’animal.
Un pinchazo, une entière trop basse, un avis, une oreille non majoritaire.
Mario Aguilar, vert et or, reçoit le gras cinquième, noir et bizco par de jolis parones.
Le bicho tombe sous la pique et ne sera pratiquement pas piqué.
Mario torée suavement l’invalide par des séries sur les deux cornes fluides et élégantes, à mie hauteur. Des trois novilleros de la tarde, il est le mieux conformé pour toréer ce type de bétail.
Une estocade jusqu’aux doigts, un peu tombée. Une oreille.
Le dernier, noir, le plus gros du lot, est très applaudi à l’arrastre. Mario Aguilar le reçoit à nouveau par des véroniques en parones. Petite pique prise sans aucune classe et le gros mou se dégonfle comme une baudruche.
Il autorise une série de très belles naturelles puis la mollesse et la fadeur deviennent irrémédiables.
Un pinchazo, un tiers d’épée tombée.
***
En conclusion :
Si ces deux jours à Rieumes n’ont pas été aussi bien que ce qui était espéré ce n’est pas la faute des organisateurs, les gens du club taurin local, qui ont joué de malchance. D’abord l’annulation de la programmation des Coquillas qui se sont entretués au campo, puis la catastrophique météo du samedi qui a découragé au dernier moment nombre d'aficionados de venir se mouiller.
Pourtant, les Rieumois avaient bien joué le coup en remplaçant les Coquillas par les Urcola de Victorino. Si samedi après midi le temps avait été beau et les tendidos plus pleins d’aficionados expérimentés, la course aurait pris davantage de relief car ces novillos ne furent pas tout à fait inintéressants. Ils laissèrent même soupçonner à la partie la plus attentive du public des possibilités latentes. Ils permirent, en tous cas, de prendre date avec le sorcier de Galapagar. La suite dans quelques années…
La meilleure course fut sans contexte la non piquée. Elle irradia de vivacité de nolesse et de "caste" la matinée de dimanche. Bravo aux Bonnet ! Leurs novillos sont à revoir à Rieumes et peut-être, un jour, en piquée !
Comme à l’accoutumée le Club Taurin de Rieumes avait soigné l’accueil, une belle et permanante convivialité, même sous la pluie frisquette du samedi, était au rendez-vous. Les enfants, très nombreux comme toujours ici, ne boudèrent pas leur plaisir de participer à la fête.
Les habituels antis du dimanche à qui, s’est-il murmuré : « il avait fallu laisser un os à ronger », étaient cantonnés entre le parking proche et un parking surnuméraire, parfaitement inutile mais rendu obligatoire afin que les « amis des taureaux » puissent faire aux personnes qui en venaient ou y allaient, une « haie de déshonneur », comme il disent. Quelle étonnante prévenance pour ces tristes individus qui commencèrent à quinze et finirent à cinq dans l’indifférence générale et sous la surveillance d’une dizaine de placides policiers eux aussi surnuméraires.
Une mention toute spéciale aux "Aficionados prácticos" qui, sous la conduite d’Hervé Galtier, animèrent superbement les débuts de matinée : le samedi pluvieux, par du toreo de salón à l’abri dans une salle de sport, le dimanche radieux, dans l’arène avec de vrais petits erales… Très plaisant et sympathique spectacle !
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